Connectez-vous S'inscrire
Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
Un webzine au service de l'innovation en Management
Les 4 Temps du Management

Futurologie

Numérique et écologie : les faux bons amis ?

Internet a complètement révolutionné nos échanges ces dernières années et a permis de fluidifier le transfert d’informations entre personnes mais à quel prix ? Aujourd’hui, le numérique est l’une des bêtes noires des écologistes et à juste titre !


Savez-vous finalement à quoi correspond la pollution numérique ? Nous vous expliquons tout cela dans une définition :

La pollution numérique est un terme que nous pouvons associer à l’ère du numérique et à Internet. Grâce aux nouvelles technologies, nous avons la possibilité de davantage dématérialiser des éléments du quotidien comme l’envoi de courriels au lieu de courriers postaux ou bien sauvegarder des données sur un cloud au lieu de les garder sur un disque dur, mais cela est énergivore et demande l’extraction et la production de matières rares pour tous ces objets numériques. La pollution numérique est engendrée par l’utilisation intensive et non contrôlée des nouvelles technologies. Cela provoque, émissions de gaz à effet de serre, pollution chimique, production de déchets électroniques et érosion et élimination de la biodiversité terrestre. 

Quel est le constat de cette pollution numérique ?

Depuis l’avènement d’internet et des différentes technologies, nous avons pu constater de nombreux phénomènes, les premiers ont été une nette amélioration des échanges entre individus en termes de vitesse d’envoi et de lecture de message donc un gain de temps considérable. Un meilleur partage de l’information s’est opéré notamment pour les entreprises afin de rentrer en contact avec leur audience et leurs clients. Une multitude de nouvelles pratiques ont émergé et ont façonné notre culture et nos rapports au monde. Depuis plusieurs années, le numérique agit dans l’ombre, par l’intermédiaire de nos actions sur le NET et dans l’utilisation que nous avons des objets numériques et connectés. Ce n’est plus une supposition, le numérique a des effets néfastes sur notre écosystème et notre santé. 
 
En général, afin que le secteur numérique puisse fonctionner, la consommation de l’énergie et des ressources naturelles est impérative. Les principaux acteurs de la pollution numérique sont les fabricants de matériels électroniques (smartphones, objets connectés, ordinateurs, consoles de jeux…etc.), les datas centers (en France, cette dernière consomme 10% de l’électricité globale consommée), les logiciels, et les applications. Aussi, la construction des outils informatiques émet beaucoup de dégâts à cause des ressources naturelles déployées. 

On vous donne quelques chiffres afin de vous situer à rapport au numérique

Le secteur du numérique est responsable à hauteur de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, nous pourrions de comparer au secteur aérien, ce qui est énorme ! En 2019, on nous annonçait que le numérique consommait 15% de l’électricité mondiale et que cela n’allait pas en s’améliorant pour les années à venir. L’empreinte carbone sera doublée d’ici 2025, ce qui une mauvaise nouvelle pour la planète... 

Notre quotidien est destructeur et nous ne nous en rendons pas forcément compte ! 

La consommation mondiale de streaming vidéo donc typiquement le visionnage de série sur Netflix ou simplement la tuto jardinage sur Youtube émet 300 millions de tonnes de CO₂ dans le monde par an. Les 2.7 milliards de vues de la vidéo Gangnam Style représente la consommation annuelle d’une petite centrale nucléaire !
 

Notre enquête auprès d’un échantillon de personnes préalablement sélectionnées

Le sujet de la pollution numérique prend désormais une dimension de plus en plus importante. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, nous avons réalisé une enquête via questionnaire auprès de la population. 

La pollution numérique : sujet connu ou inconnu pour nos enquetés ?

La pollution numérique est connu mais peu de personnes savent réellement ce à quoi cela fait référence. Aux jours d’aujourd’hui, certaines personnes ont une réelle conscience écologique car 43% des personnes ayant répondu au questionnaire ont déjà acheté du matériel reconditionné. Mais en parallèle, 60% n’ont jamais acheté du matériel numérique de seconde main. La génération des 18-30 ans commence à comprendre que le digital n’a pas que des bons côtés mais peu de personnes se rendent compte de l’ampleur réelle des dégats. Malheureusement, dû à un manque de sensibilisation de la population, très peu de personnes sont prêtes à réduire leur consommation de streaming, étant pourtant une des pratiques les plus polluantes. 

Une démarche de sensibilisation s’opère dans les entreprises : c’est un bon signe !

Nous avons remarqué, grâce à ce questionnaire, que les entreprises commencent à sensibiliser leurs salariés sur le sujet. Pourtant, la plupart des salariés interrogés aimeraient avoir des formations ou être d’avantage informés sur les différentes bonnes pratiques à adopter. Certaines habitudes sont déjà prises par beaucoup, comme le nettoyage de la boite mail (63%), la limitation des souscriptions aux newsletters (69%). Cependant, cela doit aller plus loin pour avoir un impact positif sur la pollution numérique dans le monde de l’entreprise. La communication des entreprises, notamment en interne, est peu présente sur le sujet car 84% des personnes considèrent ne pas avoir connaissance des actions mises en place par leurs entreprises. 

 
 

Finalement, quels seraient les gestes à adopter face à cette pollution ?

Voici une liste non exhaustive de ce que nous pouvons faire pour lutter, à notre échelle, contre la pollution numérique :
Limiter les consommations d'énergie
  • Ne laissez pas votre chargeur branché « à vide »
  • Fermez le plus souvent possible l'interrupteur d'alimentation de votre box et du récepteur TV
  • Limitez le nombre de programmes ou d'onglets ouverts et inutilisés
  • Désactivez les fonctions localisation, Wifi, Bluetooth
 
Alléger ses mails
  • Pensez à utiliser des sites de dépôt temporaire plutôt que l'envoi en pièce jointe
  • Pour les fichiers les plus lourds, l'idéal reste la clé USB !
  • Nettoyez régulièrement votre boîte mail et désinscrivez-vous des listes de diffusion qui ne vous intéressent plus (application Cleanfox) 
 
Recherche web : aller au plus court
  • Tapez directement l’adresse du site permet de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre
  • Utilisez des mots-clés précis et ciblez votre demande pour limiter la sollicitation des serveurs du moteur de recherche
  • Évitez de vider trop souvent le « cache » de votre navigateur, cette action ayant un impact sur la consommation de la bande passante
  • Supprimez fréquemment vos cookies et votre historique de navigation
 
Le stockage des données
  • Ne conservez que ce qui vous est utile, que ce soit en ligne ou sur vos équipements
  • Stockez et utilisez le maximum de données localement
  • Stockez uniquement le nécessaire sur le Cloud
 
Le télétravail
  • Allégez vos échanges sur messagerie :
    • Compressez la taille des pièces jointes
    • Ciblez les destinataires
    • Créez une signature sans image ni logo
    • Utilisez la messagerie instantanée de l’entreprise plutôt que d’envoyer un mail
  • Préférez les réunions en audio plutôt qu’en visioconférence
  • Privilégiez le wifi quand vous utilisez votre smartphone plutôt que la 4G
  • Modérez votre recours au streaming
  • Utilisez le net en pensant à quelques gestes simples : 
    • Mettez en favoris les adresses web fréquemment consultées ;
    • Fermez les pages internet une fois votre lecture terminée.
 
Les vidéos en ligne (steaming) 
  • Choisissez une résolution de vidéo adaptée à votre écran (écran d’ordinateur de 13 pouces, une résolution de 360 à 720 pouces)
  • Privilégiez la musique téléchargée ou les plateformes de streaming audio plutôt que les clips musicaux

Vous êtes une entreprise ? On vous donne aussi quelques conseils pour sensibiliser et informer vos salariés.

  • Mettre à disposition des infographies, des plaquettes de gestes adopter, des documents officiels et des rapports de situation ;
  • Proposer en interne des actions simples à mettre en place (essayer l’application CleanFox) ;
  • Organiser des groupes de travail sur la base du volontariat sur le thème de la pollution numérique ;
  • Mettre en place des défis d’entreprise (arrêter les mails inutiles, imprimer le moins possible, …) qui récompenseraient l’implication des salariés avec une prime ou des cartes cadeaux ;
  • Proposer aux élèves d’imaginer « l’école verte » pour en ressortir leurs recommandations. 

Qu’en est-il de notre avenir face à toute cette pollution ?

Aujourd’hui, le numérique fait des ravages en termes de pollution. Notre multiplication d’objets connectés (ordinateurs, smartphones, tablettes, montres, écouteurs, etc..) est un véritable problème. Le second problème est l’utilisation de ces objets connectés. Le streaming vidéo ou l’utilisation de la 4G plutôt que le wifi par exemple consomme énormément d’énergies. Notre mode de vie toujours plus développé et connecté devient problématique pour notre planète d’aujourd’hui et de demain. Pour cela, nous devons modérer nos habitudes de consommation et d’usage (comme illustré avec la BD et l’infographie ci-dessus). 
 
La pollution numérique est donc un phénomène que nous ne pouvons plus garder sous silence. Les impacts sont lourds mais surtout en constante évolution. Bien qu’il soit difficile d’entendre cette réalité, d’en prendre conscience et de se détacher de certaines habitudes, nous devons nous saisir de ce problème et agir. 
Cette phase de pédagogie, d’acceptation et d’adaptation pourrait être aussi longue que ce qui a pu se produire pour la mise en place du tri sélectif. Malgré les alertes et la pédagogie réalisées, il aura fallu attendre les années 1970 voire le début des années 2000 pour que le tri soit effectif en France. Toutefois, un article du journal Le Monde montre que le tri est encore effectué de manière partielle en France. Alors que la loi Grenelle prévoyait d’atteindre 75% de taux de recyclage des emballages ménagers, en 2013 nous étions encore à 67% en France. Le Monde révèle qu’en quatre ans, ce taux augmente mais seulement de trois points et cela serait dû à un manque de compréhension du tri, preuve que la pédagogie et l’accompagnement sont encore nécessaires. 
 
Tout l’enjeu de cette lutte contre la pollution numérique se trouve dans nos pratiques. La encore, tout comme pour le tri sélectif, c’est avec beaucoup de pédagogie, en accompagnant tout en proposant des moyens nous pouvons agir pour limiter cette pollution. Puisque les chiffres sont là, la question est de savoir qui a le pouvoir d’agir pour atténuer la tendance et réduire les chiffres. Tout ce qui se passe au niveau législatif et réglementaire impliquera un changement de comportement plus acceptable. De plus, cela permettra de développer des solutions pour un numérique responsable. C’est pourquoi en janvier 2021, le Sénat a proposé un texte de loi en ce sens pour informer sur l’impact de chacun, donner les clés pour le limiter et développer de leur côté des solutions pour un numérique responsable. En entreprise, il est possible de mesurer l’impact de ses équipements grâce à l’analyse de cycle de vie (ACV) qui indique l’impact d’un appareil de sa création jusqu’à sa revalorisation en fin de vie. Des chartes et labels permettent d’orienter les entreprises telles que la Charte du numérique responsable qui propose l’optimisation des outils et des pratiques avec un numérique qui se veut accessible, inclusif et durable. Enfin, nous sommes tous acteurs pour limiter notre impact à commencer par des gestes simples. La solution n’est pas de bannir le numérique, puisque c’est aujourd’hui un réel outil, mais plutôt d’apprendre à modérer nos usages. 

Bibliographie

     
  • Gouache, R. (2020, 22 novembre). Pollution numérique : quels enjeux pour les entreprises digitalisées ? Agence 1min30. https://www.1min30.com/inbound-marketing/pollution-numerique-2-1287504852/amp/

KUSNIERZ Natalia, LAUGA Manon, LAURENT Simon, LE-TOULOUZER Melissa, LOUKILI Imane, MAZELLE Mathilde, MENADIER Lou
Notez
Lu 12 fois

Nouveau commentaire :

Editorial | Le Temps de l'Action | Le Temps des Equipes et des Projets | Le Temps de la Strategie | Le Temps des Valeurs | Futurologie | Web TV du Management | Chroniques impertinentes