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Futurologie

Les smart cities sont-elles dans une démarche "éco-contrôle" plus durable ou juste l'écho d'un contrôle ?


Les smart cities sont-elles dans une démarche "éco-contrôle" plus durable ou juste l'écho d'un contrôle ?
Qui d’entre nous n’a jamais aperçu ou utilisé une poubelle qui fonctionne avec un badge ou qui s’ouvre quand elle sent le contact ? Qui dit poubelle intelligente dit smart city, ce concept qui ne cesse d’évoluer et qui restera toujours d’actualité au fil des années. Aujourd’hui, la France compte plus de 27 smart cities, et ce chiffre continuera d’augmenter afin de répondre aux nouveaux besoins des citoyens. De plus, le thème “smart cities” englobe l’utilisation des énergies renouvelables et ressources naturelles et donc l’introduction de la notion d’écoresponsabilité.
La question qui se pose est surtout orientée vers l’impact de l’utilisation de ces ressources sur le développement durable qui est un sujet majeur, jouant un rôle sur la continuité de l’existence des générations futures. C’est ainsi que nous avons choisi de traiter la question de recherche suivante : Les smart cities et le développement durable, quelle relation et quels impacts ?

Pour y répondre, nous allons essayer dans une première partie de définir les concepts clés de notre question de recherche et la relation entre ces notions, en mobilisant une analyse documentaire. Dans une deuxième partie, nous allons présenter notre méthodologie de recherche, les résultats de notre investigation, pour finir par les recommandations que nous souhaitions apporter pour la résolution de notre problématique.
Selon Orsoni (2015), une smart city peut être définie comme un écosystème qui relie deux concepts clés : la croissance urbaine et le développement durable. Les villes intelligentes (deuxième appellation des smart cities) visent à optimiser les ressources énergétiques grâce à l’utilisation des nouvelles technologies et donc à urbaniser les villes grâce à la technologie. Ce concept dit durable, permet aux résidents d’améliorer leur qualité de vie et croissances économique et écologique. A l’aide du recueil d’une multitude de données, la gestion des ressources est basée sur une économie circulaire efficace. En effet, au sein d’une smart city, le transport, l’électricité, l’approvisionnement, la gestion des déchets ou encore les systèmes d’informations sont automatisés, pensés et gérés de façon durable et économique.

Les smart cities présentent plusieurs avantages. Selon Statista (2016), plus de 8 décideurs sur 10 pensent que les smart cities peuvent augmenter les possibilités d'innovation. Une ville intelligente a le potentiel par le biais d’avancées technologiques, d’assurer une meilleure communication, d’améliorer le service de transport, d’optimiser des ressources naturelles voir de réduire l’empreinte environnementale. L’amélioration de l’infrastructure servira à promouvoir la ville auprès des entreprises, ce qui permettra de créer plus d’opportunités d’emploi.
Plus de 81 % des décideurs interrogés ont cité "des opportunités accrues d'innovation", 77% ont décrit "des rendements accrus" et 70% ont déclaré "une meilleure visibilité dans la ville". Toutefois, qui dit avantage, dit inconvénient.

Selon Danielou (2014), l’inconvénient des smart cities repose essentiellement sur la facette de vie privée et sociale. Les caméras seront contrôlées, étant donné que le citoyen de ces villes intelligentes dépendra presque entièrement des réseaux. Les données peuvent ainsi, être facilement manipulées.
A travers ce qui précède, nous pouvons dire qu’il existe une relation entre la notion de smart ci l’écoresponsabilité. Effectivement, la dépendance de la smart city aux ressources durables, nous amène à définir ce qu’est l’éco-responsabilité. Selon l’ADEME, la notion d’éco-responsable représente les actions qui visent à limiter les impacts de l’activité quotidienne des collectivités sur l’environnement.

Il s’agit en fait, d’adopter de nouvelles formes et de nouveaux choix de gestion (organisation de travail, achats, sensibilisation). Il s’agit d’une notion qui comporte plusieurs enjeux et qui touche tout le monde. Par exemple, Chaque agent produit en moyenne 80 kg de papier par an, dont 17 % seulement sont recyclés. Les émissions totales de CO2 des collectivités territoriales – pour les fonctions bâtiments, éclairage public, parc automobile – atteignent plus de 2 millions de tonnes par an). Haeckel (1986) définit l'écologie comme « la totalité de la science des relations de l'organisme avec l'environnement, comprenant au sens large toutes les conditions d’existence ».

Selon un article publié sur Transport Shaker en 2020 « Smart city et développement durable : quels liens », les smart cities et le développement durable ont le même but avec les mêmes piliers. L’objectif est de réduire les inégalités sociales dans ces nouvelles villes, protéger l’environnement en réduisant l’impact, et mettre en place une viabilité économique. On finit donc par constater que ces deux systèmes ont les mêmes enjeux, proposant ainsi des villes saines et sécurisées pour les citoyens.

Selon la même source, Silve (2020) précise que les smart cities et le développement durable ont de nombreux enjeux communs. Leurs défis sont basés sur une meilleure utilisation des ressources et notamment des ressources naturelles afin de préserver l’environnement pour les générations présentes et futures. L'objectif est également, de mettre en place une égalité sociale basée sur un accès à l’éducation, la santé, la sécurité, les moyens de transports, l’information, etc.

D’un autre côté, il paraît que les smart cities utilisent et font appel à plusieurs technologies et donc à l’intelligence artificielle, ce qui nous amène à investiguer la relation qui peut exister entre ces deux notions. Selon Baraud-Serfaty (2019), l'intelligence artificielle permet de consolider l'instrumentation de la ville intelligente et accroître le poids des plateformes. Selon le même auteur, l'intelligence artificielle permet de renforcer l'efficacité des smart cities et de contribuer à sa généralisation. L’exemple le plus parlant est celui d’Alibaba qui a réalisé le plus grand investissement en IA en 2018 afin de rendre plus performant son « système intelligent pour les villes intelligentes ».

L’investigation empirique a conduit à la conclusion qu’il existe une relation entre les smart cities, le développement durable et l’intelligence artificielle. Il s’agit d’une relation de dépendance, de complémentarité où chacune de ces notions vient au service de l’autre. C’est une relation qui vise à optimiser l’utilisation des ressources et outils technologiques tout en promouvant et en facilitant la vie des citoyens.

Afin d’apporter une dimension plus concrète à notre question de recherche, nous nous sommes informés sur le terrain par le biais d’une enquête qualitative. Nous avons choisi d’interviewer des professionnels ayant une expérience dans le domaine des smart-cities mais aussi des citoyens qui ont des connaissances à ce sujet. Nous avons également fait une   analyse documentaire basée sur l’article de Dial "Smart cities : quelles sont les principales menaces ?" afin d’avoir des résultats plus détaillés.

A travers ces investigations, il s’avère que les smart cities sont perçues comme des villes du futur, où tout est interconnecté et où le quotidien est facilité grâce à la technologie. Elles sont, selon les répondants, plus écoresponsables et offrent de meilleurs services aux citoyens.

Parmi les exemples de villes citées par les répondants, on compte notamment, Singapour, Rotterdam ou encore Paris, dans lesquelles, des solutions d'éclairage automatique, de batteries électriques pour alimenter les bâtiments ou encore de métros automatisés ont été mis en place.

Plusieurs concepts sont remontés lorsque nous avons abordé le thème des smart cities avec les interviewés. Parmi eux, nous pouvons principalement noter l’économie circulaire, la consommation responsable, la réduction de l’impact sur les ressources naturelles, le recyclage et la durabilité.

Selon les répondants, les smart cities présentent plusieurs avantages. Elles facilitent les tâches quotidiennes tel que la maintenance des équipements, la gestion des poubelles et assurent leur bonne organisation afin de garantir aux résidents un meilleur confort de vie. De plus, ces smart cities permettent d’optimiser les ressources matérielles et énergétiques nécessaires au fonctionnement d’une ville. La sécurité est aussi un avantage puisque ces villes connectées sont dotées de caméras de surveillance et de moyens de sécurité avancés.

Néanmoins, les interviewés ont aussi pu relever quelques inconvénients et notamment le coût, ce qui signifie que seules les personnes aisées peuvent les habiter actuellement. Cela entraine ainsi, une fracture sociale puisque c’est un projet qui ne peut pas être destiné à tout le monde à moyen terme. De plus, il y’a un risque de cybercriminalité et de gestion de données.

Les interviewés estiment qu’il existe une relation entre le développement durable et les smart cities. Leur objectif commun est de préserver la planète et de respecter l’environnement. Selon les interviewés, les villes intelligentes sont en mesure de connaître la consommation des habitants et par conséquent de l’utiliser plus intelligemment. Le meilleur exemple à prendre pour illustrer cela est l’éclairage intelligent qui consiste à adapter automatiquement le niveau d’éclairage dans les rues en fonction de la météo, l’heure, la fréquentation.

Le développement durable est donc un axe central qui participe à l’essor des smart cities. Plusieurs autres exemples ont été développés par les répondants. Le premier concerne la gestion des déchets dans les villes intelligentes, avec le développement de nouveaux moyens afin de limiter les déplacements des camions à poubelles de trouver de nouvelles alternatives à la gestion des ordures. Le second consiste à fermer un volet à une heure précise pour garder la chaleur plus longtemps et de minimiser les besoins en termes de chauffage. Cependant, sur le long terme, les smart cities peuvent avoir un côté néfaste sur l’environnement, au vu de la grande consommation des ressources naturelles que sa mise en place engendre.

L'intelligence artificielle est définie par nos interviewés comme une intelligence non-humaine capable à la fois d'automatisé les actions de l'Homme et de s'adapter aux changements en ayant des raisonnements précis. Il est clair que l'IA peut avoir un impact positif sur les smart cities. Ces villes représentent l'innovation technologique au service de l'Homme et de la planète.

L'IA ne peut être que bénéfique puisqu’elle vise à aider les villes à développer leurs progrès technologiques, en permettant d'aider ainsi à mieux comprendre les attentes et les données des habitants. Cela permet par exemple, d’optimiser le fonctionnement des villes afin de réduire leurs et d’optimiser le temps des citoyens en leur facilitant la vie.

Pour l'environnement, l'IA a un impact positif mais aussi négatif. Elle peut permettre de mieux comprendre les choses et donc de prendre les bonnes décessions en termes d’écologie, mais son utilisation entraine une surconsommation de l’énergie et donc de la pollution. 
Durant la crise sanitaire, certains projets de grande ampleur ont été mis à l’arrêt. Néanmoins, cela a entrainé une utilisation plus importante du numérique et des technologies. La limitation des déplacements a provoqué plusieurs changements comme l’émergence du télétravail.

 Le nombre de smart cities ne cessera d'augmenter dans le futur. Les métropoles seront dans un futur proche, des villes intelligentes. Cependant, leur avenir reste incertain, car les conséquences sur l'environnement sont encore difficiles à appréhender. 

Afin de faire face aux principales menaces apportées par les smart cities, nous allons élaborer une courte liste de recommandations qui peuvent être destinées à des villes qui souhaitent se diriger vers un avenir plus durable et responsable.

En ce qui concerne la prise de conscience des citoyens sur les menaces écologiques, nous préconisons de mettre en place des campagnes de communication pour informer les habitants sur le sujet des smart cities. Il s’avère que ce concept prend de l’ampleur mais reste cependant peu connu dans le monde. Les villes ayant mis en place un processus intelligent peuvent ainsi participer à des salons ou des conférences afin de communiquer sur les besoins essentiels des villes nouvelle génération.

L’objectif à travers ces campagnes est principalement de promouvoir le changement et d’inciter les citoyens à avoir une attitude plus éco-responsable. La cybercriminalité présente dans les smart cities est sous-estimée. Il est essentiel de mettre en place un système de défense sécurisé pour contrer ces fléaux et ne pas exploiter la data des habitants à d’autres fins, commerciales par exemple. Les villes peuvent mettre à disposition des formations à leurs collaborateurs afin qu’ils puissent être en mesure de gérer la donnée en toute conformité.

Ces formations pourront également jouer un rôle dans la réduction des inégalités et de la fracture sociale. Effectivement, les citoyens les plus modestes ayant suivi ce type de formation, deviendront acteurs clé du fonctionnement de la smart city et pourront ainsi, dégager un certain revenu leur permettant de pouvoir vivre au sein de celle-ci. 

Pour conclure, nous pouvons dire que les investigations théoriques et pratiques réalisées afin de pouvoir répondre à notre question de recherche, nous ont permis de conclure que les villes intelligentes offrent la possibilité de connaître la consommation des habitants et ainsi de l'utiliser de manière plus intelligente. Le développement durable est par conséquent, un élément primordial qui contribue au développement des villes intelligentes.

Plusieurs exemples se rapprochant de notre vie quotidienne ont été cités (poubelles intelligentes, volets automatiques). De même, certaines recommandations pour faire face aux menaces qui peuvent être identifiées dans les villes intelligentes sont mises en évidence, comme la sensibilisation des citoyens aux menaces écologiques par le biais de stratégies de communication. Cela favorise le changement et motive les citoyens à être plus éco-responsables, c'est-à-dire à prendre soin de l'environnement.

En général, il a été souligné que les villes intelligentes permettent d’offrir une meilleure qualité de vie en proposant de meilleurs services qui facilitent la vie quotidienne des citoyens. En outre, elles optimisent les ressources nécessaires à leur fonctionnement et assurent la sécurité en étant reliées à des caméras de surveillance et à des moyens de sécurité avancés.

Les répondants et auteurs montrent également l'impact de l'intelligence artificielle sur les villes intelligentes. L’IA contribue au développement des avancées technologiques qui participent à une meilleure compréhension des attentes et des données de leurs habitants pour une prise de décision écologique.

Enfin, ils identifient certains inconvénients tels que ceux liés au coût, qui limite la participation de tous les citoyens car ils sont initialement exclusifs à une certaine catégorie sociale. C’est pour cela qu’il faudra encourager dans ce sens l’implantation de nouvelles entreprises ce secteur afin de créer une certaine concurrence, qui va d’un côté permettre à cette nouvelle technologie de se populariser et donc bénéficier d’économies d’échelles afin de faire baisser leurs coûts. 

 Un autre inconvénient est le risque de cybercriminalité et de gestion des données, effectivement, il est primordial de penser à un système infaillible en ce qui concerne le trafique de données. L’une des recommandations est alors d’opter pour un système de blockchain comme ce qui est le cas pour la cryptomonnaie. Et ce afin de sécuriser l’ensemble de flux des données générées par ces villes intelligentes.

Les smart cities peuvent avoir un impact négatif sur l'environnement en raison de la forte consommation de ressources naturelles impliquée dans leur mise en œuvre, et qui est engendrée à cause des ressources nécessaires pour la production de l’ensemble des composants électroniques et numériques mis en place dans ces villes intelligentes à savoir les caméras de surveillance, les capteurs...

Enfin, l’utilisation de ces mêmes composants entraîne une consommation excessive d'énergie, et qui se traduit par de la pollution puisque l’ensemble des équipements installés restent en marche continuellement.

Tableaux des interviewés

INTERVIEWES PROFESSION DUREE D’ENTRETIEN
Alain Decoulare Ingénieur génie civil 40 min
Laurent Chaput Responsable avant-vente à Modis Groupe Adecco 40 min
Lucie Bosche Manager à Sephora 40 min
Gregory Abautry Chef de projet à la mairie 40 min

Bibliographie


Ikrame Boulala
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