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Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
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Les 4 Temps du Management

Futurologie

Les influenceurs voyage, la nouvelle carte à jouer pour le secteur du tourisme


@dreamexplorers_
@dreamexplorers_

Si vous possédez Instagram, vous avez déjà dû voir ces magnifiques paysages venant de l'autre bout du monde. Derrière une photo paradisiaque, se cache peut-être un "influenceur", cette nouvelle génération de marketing d'influence, certains ont bien compris comment en tirer profit tout en parcourant le monde. Ce sont les "influenceurs voyage", globe-trotter partageant leurs expériences touristiques : hôtel, restaurant, services, activités, en partageant sur les réseaux. Comment le secteur du tourisme a su profiter de cette nouvelle tendance à moindre coût pour se promouvoir ? On vous dit tout dans cet article ! Voyager ou s’évader ? Tout comme la définition du verbe voyager l’indique, il s’agit avant tout d’un déplacement, d’une action permettant de découvrir de nouveaux horizons. Le voyage représente pour certains une passion, une raison d’être pour d’autres, un kit de survie leur permettant de rester connectées au monde ou bien une source de gain financier. Chaque individu a sa définition du terme voyage. Vivant dans la nouvelle ère où l’influence est devenue créatrice de multiples désir. Nous nous essayons de comprendre ce secteur incontournable de l’influence autour du tourisme. 

Après la difficile période d’enfermement territoriale à la suite de la crise sanitaire et pour donner suite à nombreuses recherches, nous estimons qu’une multitude d’individus seront désireux de découvrir ce monde qui leur semblaient interdit. De plus, selon une étude de 2018 d’Odoxa et Emakina, 40% des Français se basent sur les influenceurs avant d’effectuer un achat. Les influenceurs, d’après un podcast sur RFI, sont qualifiés comme étant des passionnés. Story Teller, créateurs de contenus, amplificateurs de réalités, vendeurs de rêves, passionnés. Qui sont ces rois du marketing à la tête de mini dictature virtuelle ? Selon Jessica Pommier, blogueuse voyage, “un influenceur est une personne qui crée du contenu photo ou vidéo, en général pour montrer sa vie, vendre un produit ou en mettre en avant un autre”. L’influenceur peut agir dans des domaines extrêmement différents, sur tous types de plateforme de réseaux sociaux. 

Représentant toutes les catégories sociétales, les influenceurs par leur confiance et leur authenticité font la puissance de leurs métiers. Ce nouveau phénomène impacterait considérablement la stratégie marketing des entreprises. Selon l’article de Fabien HONORAT, les utilisateurs des réseaux sociaux représentent 42% de la population mondiale, de plus Instagram, possèdent selon eux 2 millions d’annonceurs en 2017. Ces nouvelles méthodes de publications amènent les entreprises à repenser leurs méthodes de diffusions. Elle montre l’évolution de la consommation de la clientèle, mais aussi le désir de voyager à faible coût dans le plus bel endroit. Toutes ces modifications sociétales induisent les entreprises à bouleverser leur stratégie de marketing en se tournant vers des nouveaux canaux publicitaires. 

L’influence digitale est devenue source de revenu et de commerce pour les entreprises de tourisme, mais aussi pour les créateurs de contenus. Pour comprendre ce phénomène une enquête sous forme d’interview semi-directive auprès de 5 influenceurs, 3 agences de voyage et un hôtel a été conduit. Nous avons pu recueillir l’avis de notre échantillon sur les atouts ou les défauts de ce partenariat du point de vue des entreprises ainsi que du point de vue des influenceurs. Ces témoignages, nous permettrons un éclairage global sur la question : Quels sont les intérêts et les impacts pour ces marques notables ou méconnues de collaborer avec ces influenceurs ? Nous verrons ainsi comment cette influence transforme la stratégie marketing des entreprises de tourisme puis l’impact financier que ce nouveau phénomène crée et en fin nous comprendrons le bouleversement des compétences de ce nouveau métier. 


Le Marketing de l’influence au cœur des nouveaux métiers

@Loutresvoyageuses 10K sur Instagram
@Loutresvoyageuses 10K sur Instagram
Jusqu’au milieu du XXème siècle, les publicités ont plutôt pour objectif de faire connaître les entreprises que d’attirer les clients. Les effets de l’après-guerre offrent une croissance à cette nouvelle « société de consommation », les produits de consommation courante sont produits massivement, les bénéficiaires prennent progressivement l’identité de « consommateurs ». (Chessel M.E., 2012).  C’est le commencement de la gestion de la relation client : le Customer Relationship Management (CRM). A la fin du XXème siècle et au début du XXIème siècle, le marketing transactionnel laisse place au marketing relationnel. D’après Julie PELLET, responsable Brand Development chez Instagram, 62% des utilisateurs ont déjà planifié un voyage après avoir été inspirés en ligne. Elle ajoute que plus de 1/3 des Français cherchent des idées de voyage sur les réseaux sociaux. En effet, les bloggeurs ont réussi à fédérer une communauté de passionnés de voyage dont les marques peuvent en tirer un certain avantage plus moderne pour attirer les consommateurs et leur offrir une expérience unique.
 
Loutresvoyageuses sur Instagram a accepté de répondre à nos questions. Ce compte géré par Maeva et Killian, jeune couple, a choisi de faire le tour du monde depuis 6 mois et est actuellement au Vietnam. Originaires d’Aix-en-Provence et issu du monde de la restauration, c’est pendant le confinement qu’ils ont décidé d’ouvrir leur compte pour partager leurs précédents voyages. C’est à ce moment-là qu’une envie commune se crée : quitter la France pour faire le tour du monde et partager sur les réseaux. En 2 ans, c’est à présent plus de 10k d’abonnés qui les suivent avec un taux d’engagement de 10% (la moyenne sur Instagram étant d’environ 3%). 
 
Maeva et Killian collaborent principalement avec des hôtels 4 ou 5 étoiles, ils ont également travaillé avec un service de bagagerie, des cartes SIM, des lunettes de soleil. Leur objectif est de mettre en avant des produits, mais aussi des services qui correspondent à leur ligne éditoriale et qui sont susceptibles de plaire à leur communauté tout en donnant les bonnes adresses et des astuces sur leurs voyages. Refusez certaines collaborations, ils l’ont déjà fait, si le produit n’avait pas de sens ou d’intérêt pour eux, afin d’éviter une surconsommation. Le couple contacte eux-mêmes les établissements hôteliers pour leur proposer un partage sur leur compte et également des photos et vidéos libre de droit en échange de quelques nuitées (ils demandent généralement 3 nuits en demi-pension). Ce système leur permet de s’entrainer dans ces démarches, de se former à la photo, le montage, la retouche et à la création de contenu. Dans le but d’alimenter leur kit média qui est le CV de l’influenceur. Ce book regroupe leurs diverses collaborations et c’est un support qu’ils peuvent envoyer aux entreprises et qui contient leurs statistiques.
 
Maeva et Killian ne craignent pas de dire sur les réseaux (principalement Instagram) s’ils aiment ou pas un endroit ou un produit.
Il est important de dire la vérité, car c’est ce que les gens recherchent, Instagram montre du contenu superficiel en permanence alors que la vraie vie ce n’est pas forcément ça, on essaie de démocratiser cela !”, nous explique Killian.
Ils ont d’ailleurs des retours de leur communauté, comme quoi leur côté honnête plaisait beaucoup. Maeva et Killian pensent que les réseaux et l’influence sont la nouvelle télévision. Pour eux, les entreprises doivent se mettre à la page pour continuer d’attirer des gens. Le couple est unanime, « c’est une réelle plus-value pour les hôtels de collaborer avec des influenceurs », ils n’ont rien à payer et ils profitent d’une publicité gratuite sur un compte qui a de la visibilité.
  
L’hôtel Cap d’Antibes a aussi accepté de répondre à nos questions. Cet hôtel fait appel à des influenceurs dans une stratégie marketing de gain de notoriété : « On essaie d’avoir un combo entre ramener du trafic et des followers avec des partenariats ciblés même si cela ne nous rapporte pas des séjours cela nous permet d’augmenter notre communauté de manière qualifié ». L’hôtel explicite ainsi l’intérêt de ces collaborations pour la plupart gratuites engendrant néanmoins un Traffic d’influence important. 
 
Les agences de voyages ont un avis nuancé sur le métier d’influenceur. D’une part les entreprises craignent pour l’image diffusée et non contrôlée par eux-mêmes et la perte de temps potentielle, d’autre part les agences admettent que la publicité d’influence permet un gain de notoriété. En effet l’influenceur est très souvent associé à une personnalité de télé-réalité, les entreprises ont du mal à faire confiance face à cette image, les entreprises dénoncent une « étiquette difficile à changer ». Lors de nos entretiens avec ces derniers, la majorité reconnaissait un risque fort pour l’image de l’enseigne. En effet, une agence de voyage affirme que le risque serait : “l'atteinte à notre image déjà forgée de l'agence sur-mesure locale, intimiste et proche des gens”. De plus, le risque en termes de perte de temps est évalué par les entreprises :
la potentielle grosse surcharge de travail en ayant des demandes de personnes qui n'ont pas le profil pour ce type de voyage avec des budgets inadaptés, et au final perdre du temps à faire des propositions pour des dossiers qui ne vont pas à la conclusion”. 
 
Cependant, les entreprises apprécient les influenceurs proposant des contenus qui « sortent du lot » ainsi que leur maturité exprimée par leur volonté à travailler par eux même tout en bénéficiant des services issus des collaborations. Certaines agences franchissent ou serait prête à franchir le pas en choisissant avec soin l’influenceur en fonction des centres d’intérêt et du positionnement commun entre la marque et l’influenceur :
La passion du voyage, sa recherche de lieux/hôtels/activités d'exception, le type de communauté qu'il a (on ne cible pas les ados, étudiants, etc), sa sincérité et son humour”. Si la collaboration est effectivement une réussite en termes de cible et d’image, elle se révèle être une réelle opportunité de gagner de la notoriété et de la visibilité pour ces établissements.  

L’influence du voyage et les enjeux RSE et RH

L’histoire de la publicité nous apprend que les premiers influenceurs remontent au début du 20ème siècle. Dans les années 1920, certaines marques se lançaient sur le marché avec un produit unique. De fait, elles ont créé des personnages pour déclencher émotionnellement les décisions d’achat des consommateurs. Le plus populaire est le Père Noël, qui a été inventé par Coca-Cola. Aujourd’hui, le vieil homme barbu est devenu bien plus qu’un simple influenceur de marque. Les marques se tournent alors vers les célébrités, qui à la différence des personnages fictifs jouissent déjà d’un capital sympathie auprès du public en raison d’autres qualités. On peut alors parler dans ce cas de « star influente ». De nos jours, il y a de plus en plus de campagne de publicité via les réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Facebook…) faisant appel aux « influenceurs ». Leur rôle est de créer l’envie de s’intéresser à un sujet ou à un produit, grâce à un contenu de qualité et une relation de confiance entre l’influenceur et le consommateur. 

La confiance est une notion clé pour les consommateurs réclamant de la transparence. Elle s’exprime notamment dans la communication des partenariats que proposent les influenceurs. En 2017, l’autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a publié des règles de bonnes pratiques entre l’influenceur et le consommateur. L’influenceur doit être clair et explicite quand il s’agit d’un partenariat avec une marque et ce dans la première minute du contenu (instantanéité). Cela engage une notion de loyauté et de sincérité de l’influenceur envers sa communauté. 
 
A l’apogée de cette nouvelle ère d’influence, les perspectives métiers des ressources humaines et des stratégies RSE deviennent un enjeu pour les entreprises.En effet, la tendance actuelle de la publicité d’influence en dépit de la publicité traditionnelle pousse les entreprises à adapter leur stratégie RSE en fonction de ce changement de consommation, à devenir plus transparente et plus proche des consommateurs. En termes de stratégie RH, les influenceurs représentent une ressource humaine externe pour opérer la stratégie marketing d’une entreprise et peuvent potentiellement remplacer les ressources humaines internes en marketing.  Cependant, en échangeant avec notre interlocuteur de l’hôtel 5 étoiles Cap d’Antibes Beach nous avons pu comprendre que ce phénomène n’était pas perçu de la sorte : 
« Un influenceur ne remplace pas un journaliste, le journaliste s’adresse à un public alors qu’un influenceur s’adresse à sa communauté, tout cela est complémentaire, ce n’est pas comme si c’était une marque de vêtements, là je suis un hôtel, il y a moins d’influenceurs dans le tourisme. De plus, le contenu ne suffit pas à rendre mon hôtel viable, dans le cadre de l’hôtellerie cela ne remplace pas un poste de travail. ». 
 
Nous pouvons ajouter au vue de l’échantillon étudié que cette nouvelle tendance de communication permet difficilement la création d’un poste interne dédié à la relation avec les influenceurs. Cela peut s’expliquer par la nouveauté du métier d’influence encore faiblement considéré par les entreprises du secteur voyage ou par manque de ressources. Effectivement, les entreprises interviewées évoquent une potentielle perte de temps dans le traitement de ces partenariats et peu de ressources pour permettre de dédier un poste dans la relation entre influenceurs et entreprise. Du point de vue des influenceurs, des mauvaises expériences avec certaines enseignes ont effectivement été évoqués. Des problèmes de communication avec des personnes ne parlant ni Français ni Anglais. De plus les demandes sont jugées trop exigeantes (50 photos par jour libre de droits), trop de pression (il fallait envoyer des photos toutes les 5 minutes) et les influenceurs n’avaient plus forcément le temps de profiter de l’endroit et du moment présent à cause des nombreuses photos à prendre et à retoucher toute la journée et la soirée.  En effet, il s’agit d’un métier très prenant notamment par le fait qu’il ne sépare pas la vie privée et la vie professionnelle de ces passionnés.
 
Il n’existe pas de formation type pour le métier d’influenceur. Néanmoins, une formation de vidéaste, photographe ou un Bachelor Influence, Communication & Réseaux Sociaux (ISEFAC) est un atout pour se lancer dans ce métier. Les candidats devront se tourner vers des études de marketing et communication digitale. En effet, l’influenceur doit connaitre et pratiquer le content marketing, le Community management et surveiller sa réputation en ligne. Il est possible également de pratiquer l’auto-apprentissage. Tous les influenceurs ne viennent pas d’école de commerce ou de communication. Notre interlocuteur du Cap Beach d’Antibes retient que
« Tant qu’on y croit et qu’on a envie, il faut aller au bout de ces envies, il y en a beaucoup, il faut sortir du lot, c’est comme les petits garçons qui veulent devenir footballeurs ou les filles qui veulent devenir mannequins il faut sortir du lot. »
 
En 1968, Andy Warhol prononce la phrase suivante : « À l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale». Il fait référence à la célébrité fugace de ceux qui sont l’objet de l’attention de masse. Si à cette époque la fugacité de la gloire était présente, elle n’était pas accessible à tout le monde. Il fallait se distinguer par un talent, une action ou par son physique. Aujourd’hui, cette phrase prend tout son sens. Nous vivons une ère où tout le monde peut faire entendre sa voix avec plus ou moins de succès. Nous sommes tous des influenceurs potentiels. Le développement d’Internet a favorisé l’apparition et l’influence d’un plus grand nombre de leaders d’opinion dans la mesure où ceux-ci peuvent désormais exercer leur influence sans passer par les médias traditionnels, mais en passant par des blogs ou les réseaux sociaux. Pour devenir influenceur, il faut être hyper connecté, aimer la notoriété, le marketing, la communication et le partage d’expériences.
 
En 2020, l’entreprise Reech, spécialisée dans le marketing d’influence a réalisé une étude auprès de 1400 influenceurs français. On constate que les ¾ des influenceurs sont surtout des influenceuses, puisque 74% sont des femmes. Concernant l’âge, on peut parler de jeune, la tranche de 19-35 représente 70% des influenceurs avec une moyenne d’âge de 30 ans. L’hôtel Cap d'Antibes nous évoque notamment s’orienter vers les influenceurs voulant profiter des services, mais dans une tranche d’âge de 40 à 50 ans afin de correspondre à l’image de l’entreprise :

« Pour nous ce qui sont jeunes et qui ont 5 000 ou 10 000 followers ce n’est pas trop intéressant car ce n’est pas toujours ciblé, si sur leur mur ils prennent que des photos d’eux même ce n’est pas ce que l’on recherche. Faut qu’il reste relié avec l’esprit et la philosophie de notre hôtel ».  

L’étude nous apprends également qu’une minorité des influenceurs exerce cette activité à temps plein. La majorité ont un travail à côté ou sont étudiants : 
  • 39 % ont une activité professionnelle salariée,
  • 22 % ont une activité professionnelle indépendante,
  • 15 % sont étudiants/scolarisés,
  • 15 % sont influenceurs à plein temps,
  • 7 % sont en recherche d’emploi,
  • 2 % autres (mère au foyer, congé parental, arrêt maladie, invalidité, retraire…).
Il existe plusieurs catégories d’influenceurs, les nano-influenceur ont moins de 10K d’abonnés, les micro-influenceur entre 10K et 100K, les macro-influenceur entre 100k et 500K et les méga-influenceur avec plus de 500K d’abonnés. Plus le nombre d’abonnés est élevé, plus il y a de la visibilité et de la notoriété, moins il y en a plus le taux d'engagement, la conversion, l’interaction est forte. Les agences vont de plus en plus vers ces nano-influenceurs car la communauté est dite plus interactive que la communauté d’un méga-influenceurs, qui aura des abonnés par sa notoriété et moins du fait de ses interactions avec ses abonnés. 
 
Pour ce qui est du régime social, si l'influenceur est lié à une marque ou un contrat de prestation de services, il relève du régime des travailleurs indépendants (Régime Social des Indépendants) et s'il possède un contrat de travail, c'est alors le régime général des salariés et assimilés.
 

L’impact économique des influenceurs du monde du voyage sur les agences et les hôtels


Pour les influenceurs spécifiques aux voyages, peu d’élus arrivent réellement à vivre de leur passion. Il y a certaine contrainte pour ce métier : les voyages ne sont pas des vacances, mais bien un moyen de le rémunérer. Ils ont peu de stabilité et sont souvent coupés de leur entourage. Pour autant, les agences de voyages apprécient les partenariats avec les influenceurs afin de tester leurs services, avoir de la visibilité. Des avantages ont été perçus pour les agences qui travaillent avec des influenceurs. En effet, les agences ont évoqué faire face à une augmentation de leurs services fournis en travaillant avec des influenceurs. De plus, les coûts peuvent varier d’un pays à un autre et les partenariats se qualifient davantage comme des échanges de bons procédés. 
 
Loutresvoyageuses ont évoqué ne pas pouvoir vivre de leur activité. Grâce aux nuits d’hôtel offertes, ils économisent beaucoup en hébergement (entre 50€ et 150€ la nuit) mais ils n’ont pas encore eu de rentrées d’argent. Effectivement, ils voyagent uniquement grâce à leurs économies et espèrent pouvoir un jour vivre de cette activité. Ils voient de plus en plus de différence sur la professionnalisation de leur compte, avant on leur proposait un échange de services / biens et de plus en plus, on leur demande leurs tarifs (ils sont en ce moment dans la création d’une grille tarifaire). Entre influenceurs l'entraide est avérée, ils se conseillent sur les tarifs à exiger afin d'être cohérent entre eux. 
 
Grace à ce nouveau phénomène, les agences n'ont plus besoin de se rendre à l'étranger pour tester leurs services de manière continue. Les influenceurs de voyage ont le temps de tester en détail et de donner un retour neutre, non pas en tant qu'employés, mais en tant que voyageurs réguliers. Ce retour d'information permet aux agences de voyages d'améliorer leurs services et leurs produits pour attirer de futurs clients qui appartiennent au même groupe cible que l'influenceur.
 
À cet égard, la France se trouve dans une position relativement favorable au niveau mondial, avec un retour sur investissement de 52 %, contre une moyenne mondiale de 46%. Ce succès relatif des entreprises françaises peut être attribué au grand nombre d'influenceurs utilisés (109 en moyenne), la France étant un pays leader dans ce domaine, et leur rémunération est quelque peu inférieure à la moyenne des autres pays (22 104 dollars par an).


Quel est l’intérêt et l’impact pour ces marques notables ou méconnues de collaborer avec ces influenceurs ?

@brunomaltor - influenceur voyage - 364 K followers
@brunomaltor - influenceur voyage - 364 K followers
 

En conclusion, les modes de consommation évoluent avec une place des influenceurs de plus en plus importante dans le milieu du voyage. Ces nouveaux métiers sont un facteur clé de visibilité pour les entreprises, car ils permettent de compenser les publicités traditionnelles, de moins en moins appréciées par les consommateurs. C’est pourquoi les influenceurs sont persuadés que ce mode de promotion est un réel avantage pour les marques. Ils comparent d’ailleurs ce nouveau mode de marketing comme la nouvelle télévision, qui est un canal particulièrement utilisé la génération des 16-30 ans, comme pouvait l’être la télévision il y a une dizaine année. Nous avons pu constater que toutes les entreprises n’étaient pas encore touchées par cette tendance, notamment les agences de voyages qui ne se sentent pas toute encore concernées par ce changement de mode de communication. 
 
En effet, la plupart des entreprises du secteur du voyage mènent une stratégie marketing reposant sur leurs bases clients, privilégiant le retour d’expérience pour promouvoir leurs services. Nous avons pu comprendre que les limites de cette collaboration avec des influenceurs étaient liées à l’image de marque dans la prise de risque d’aller contre la stratégie initiale, et à la ressource “temps” lors de la définition des prérequis pour les entreprises vers les influenceurs. Cependant, toutes les agences ne partagent pas cet avis. Certaines voient les influenceurs comme une réelle opportunité pour tester leur produit et avoir un retour plus « neutre » qu’un salarié de leurs services. De plus, ils permettent d’augmenter la visibilité voire de créer un « buzz » pour l’entreprise. 
 
Du côté des influenceurs, ce métier est perçu comme un “graal”, car peu de personnes peuvent vivre de cette passion qui les anime. Cette opportunité est généralement réservée à une « élite » ayant une visibilité importante pour pouvoir en vivre pleinement. Beaucoup d’entre eux sont contraintes d’avoir un métier à côté pour financer leurs différents projets. L'influence sur les réseaux reste un domaine encore flou, sans réelles règles ou cadre défini. Certains influenceurs sont régis par une agence, car c'est un travail à temps plein pour eux et la gestion devient complexe quand on dépasse un certain nombre d'abonnés. Mais pour le reste, ils sont indépendants et c'est une activité parallèle qui peut selon leur notoriété leur générer une nouvelle source de revenu ou au moins des échanges comme nous vous l'avons démontré plus haut.
 
Finalement, cette étude a pu mettre en avant le fait que les entreprises et les influenceurs entretiennent des échanges de bons procédés dans la majorité des cas. Les entreprises permettent aux influenceurs de bénéficier des produits et de faire des économies en l’occurrence sur les coûts liés aux voyages. En contrepartie le respect du cahier des charges marketing de l’entreprise, parfois lourd pour ces entrepreneures, est attendu.
 
Alors Influenceur, vers la création d'un nouveau métier ? Aux regards des changements de consommations, il est certain que le métier d’influenceur est en voie de développement. Néanmoins, nous avons pu comprendre que seules les grandes structures dédiaient des postes à la gestion de la relation entre l’entreprise et l’influenceur et que ce type de poste représentait un coût pour les plus petites entreprises faisant appel à un influenceur de façon occasionnelle. Il serait intéressant de poursuivre notre étude spécifiquement vers les petites et moyennes entreprises pour connaitre le développement interne des métiers en lien avec les ressources externes que sont les influenceurs. 
 


 
 Angélique Raspail, Alexia Panzu, Oumaima Rouiched, Virginie Pesenti, Paul Richard, Styves Pouotong
 
 
Mots clés : Voyage, Influenceurs, Marketing, Influence, Tourisme, Réseaux sociaux, Web, Marketing d'influence

Bibliographie : 

Être influenceur voyage et maintenir l’envie du monde en temps de pandémie, Eugénie Pereira Couttolenc, « Être influenceur voyage et maintenir l’envie du monde en temps de pandémie », Mondes du Tourisme, 20 | 2021, mis en ligne le 15 décembre 2021
Les influenceurs, nouveaux porte-paroles des marques : contrats, obligations et statut, Fabien Honorat, "Les influenceurs, nouveaux porte-paroles des marques : contrats, obligations et statut", Légipresse, 2020/HS3 (N° 63), pages 131 à 138
Les influenceurs voyage : des acteurs incontournables du tourisme, Par Virginia Ramamisoa |, "Les influenceurs voyage : des acteurs incontournables du tourisme", MBA MCI, mis en ligne le 7 avril 2019.
Lorsque les influenceurs vous parlent voyage,Digital Keys, 20 aout 2018
Les influenceurs voyage, de plus en plus convoités par les agences de tourisme,Tourisme 21, Pubosphere, 5 juin 2019
Influenceur est-il un métier d’avenir ?  Romain Auzouy, "Influenceur est-il un métier d'avenir ?", RFI, 27 janvier 2022

Alexia PANZU
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