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Futurologie

Le congé de paternité : entre progrès souhaité et poids des moeurs, quelle voie choisir ?


Le congé de paternité : entre progrès souhaité et poids des moeurs, quelle voie choisir ?

 
    Aujourd'hui, 55% des femmes sont contraintes d'arrêter ou de réduire leurs activités professionnelles après la naissance de leur premier enfant énonce Maxence Kagni pour BFMTV.
 
      C'est aussi parce que le congé de paternité, qui existe aujourd'hui en France, n'est pas encore pleinement accepté. Seuls 70 % des pères profitent des 11 jours après l'arrivée de leur enfant, et cela varie beaucoup selon leur âge et leur situation : 75 % des moins de 30 ans en profitent, contre 60 % des plus de 40 ans et 80 % des travailleurs indépendants, selon le ministère des Affaires sociales et le ministère de la Santé. Une grande partie du manque de popularité est attribuée à sa nature facultative.
Allonger le congé paternité voir en rendre une partie obligatoire permettrait de limiter la discrimination à l’embauche envers les femmes et leur permettre d’atteindre des postes à hautes responsabilités autant que les hommes.
Cette situation est de nature à contribuer de creuser les inégalités hommes-femmes encore très présente dans notre société.
 
Comment, dès lors, limiter les inégalités sur le congé parental dans la vie professionnelle avant et après la naissance d’un enfant
 
      Nous nous sommes alors penchés sur ce qui se passé en France puis chez nos pays voisins voire des autres continents. Dans le but de pouvoirs prendre exemple de leurs modalités concernant la durée du congé de paternité idéal.
Il est aujourd’hui important de voir comment développer le congés paternité en entreprise afin de permettre de limiter les inégalités et changer les mentalités.

Développer le congé de paternité pour limiter les inégalités et changer les mentalités en entreprise

 
        Lutter contre les inégalités hommes/femmes 
 
      Dans un premier temps, si aucun changement n’est effectué en faveur du congé de paternité, cela contribuera grandement aux inégalités entre les hommes et les femmes. En effet nous pourrons observer une réelle limite dans l’accès aux postes à responsabilité pour les femmes, en l’occurrence à travers le congé paternité, étant donné que celles-ci seront directement stéréotypées, avec le congé de maternité.
 
Il est donc important de changer les états d’esprit basés en parti sur les stéréotypes de genre, en envisageant de réviser le congé de paternité. Effectivement, si ce congé entrait dans les mœurs comme normal ou obligatoire, nous pourrions supposer qu’il n’y aurait plus ou plutôt moins d’inégalités sur ces postes-là. 
 
Ensuite, si aucun changement n’est effectué en faveur du congé de paternité, nous pourrons observer une continuité dans la vision néfaste de ce congé aujourd’hui. Cette vision néfaste actuelle existe entre autres, à cause des inégalités salariales entre les hommes et les femmes et également à tout un passé patriarcal encore encré. 
 
Toutefois, cette vision est vouée à diminuer car les mentalités changent avec les nouvelles générations notamment, et les égalités salariales commencent à se réduire. Alors, s’il est possible d’avoir un impact sur le congé de paternité et surtout la vision générale de celui-ci, il sera alors possible d’impacter positivement ces inégalités. 
 

       
        Les hommes moins impliqués dans la vie de famille
 
      Dans un second temps, si aucun changement n’a lieu, cela peut également avoir des répercussions sur la vie de famille à court, moyen et long terme.  
En effet, le père de famille a aussi sa place dans la fondation d’une famille. Il n’aura pas les mêmes réflexes, les mêmes tolérances que la mère et ainsi viendra compléter l’éducation de l’enfant. Cela appel donc à ce que le père soit présent le plus possible au côté de la mère, dans un premier temps pour trouver sa place dans la famille, pour justifier son rôle de père mais dans un second temps, il contribuera à donner une bonne image du congé de paternité.  
 
Aujourd’hui le congé de paternité est à 28 jours et semble être beaucoup trop peu par rapport aux responsabilités que la mère possède. Ne pas augmenter le congé de paternité engendrera une augmentation de la charge mentale de la femme qui devra assumer au bout d’un mois, l’éducation seule de son enfant.  
 

Des législations disparates entre les pays : quelle voie pour la France ?


        La législation française en matière de congé de paternité 
 
      Des militantes féministes, des syndicats et de nombreux pères de famille réclament depuis longtemps une prolongation du congé de paternité, qui a fait l'objet de plusieurs pétitions. 
 
Une immersion dans le congé de paternité en France commence par la découverte du caractère éphémère de son histoire : ce n'est qu'en 2002 que les pères ont enfin été autorisés à appuyer sur le bouton pause pour s'occuper de leurs nouveau-nés. Créé par Ségolène Royal, alors représentante du ministre de la famille dans le gouvernement de Lionel Jospin, le congé de paternité offre, à tous les pères qui travaillent, 11 jours consécutifs de congé, y compris le week-end, dans les quatre mois suivant la naissance. Pendant ces 11 jours optionnels, le salaire est suspendu et remplacé par une indemnité journalière versée par la Sécurité Sociale. À ne pas confondre avec le congé parental, qui peut durer jusqu'à trois ans à se partager entre les deux parents sans rémunération de l’employeur mais avec des prestations familiales de la CAF. 
 
Signes d'une volonté croissante d'égalité entre les femmes et les hommes, beaucoup se sont fait entendre en 2017 pour un congé paternité plus long et une meilleure rémunération. Une pétition lancée en octobre par le magazine Causette, qui a recueilli plus de 46 000 signatures, demandant que ce congé soit obligatoire et étendu à au moins six semaines, avec le même niveau d'indemnisation que le congé de maternité, car « être deux au début de la vie d’un enfant n’est pas trop pour partager d'émotions et de tâches. » - Nicole Guédeney.
 
Les femmes soutiennent également le congé paternité prolongé si les hommes veulent donner plus de temps à leur famille pour favoriser leur propre développement et une plus grande égalité professionnelle et sociale.  
 
Actuellement, la durée du congé de paternité a doublée de 14 à 28 jours, ce qui permet à la France de rattraper une partie du retard par rapport aux autres États d'Europe. C’est Emmanuel Macron qui a officiellement décidé le 23 Septembre 2020 d'allonger le congé paternité à "un mois" en 2021, ajoutant dans un message sur Instagram qu'il y aurait "sept jours obligatoires". La réforme concerne les pères d'enfants à naître ou adoptés -- ou "seconds parents" qui peuvent être des femmes.  "Cette décision est un pas en avant", a déclaré Emmanuel Macron. Il a rappelé qu'il s'agissait "d'abord et avant tout d'une mesure en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes", "la grande cause du quinquennat" et que "c'est dans ce domaine qu'il y a eu une très forte mobilisation" selon son discours à l'Elysée.
 


        D’autres pays du monde, plus progressistes que la France ?
 
      Les droits aux congés de paternité diffèrent d’un pays à l’autre. Une revue de ces droits permettrait de mettre en perspective la situation en France et de s’en inspirer le cas échéant.
 
          La situation disparate en Europe
 
      La durée du congé de paternité n’est pas la même dans le monde entier. Certains pays sont plus généreux que d’autres comme les pays scandinaves.
Ainsi le 1er avril 1993, la Norvège est le premier pays au monde à mettre en place le congé de paternité. Dans les pays scandinaves les parents ont la possibilité de se répartir les semaines. De plus, ils ont le choix de choisir deux options, soit ils optent pour 49 semaines payés à 100%, soit à 59 semaines payés à 80% de leurs salaires. Mais ils sont dans l’obligation de prendre 10 semaines chacun. Quant à l’Islande, les pères ont deux mois de congé de paternité payés, la Finlande c’est 54 jours. Et pour finir avec les pays nordiques, la Suède autorise les pères à prendre 48 jours de congés de paternité payés à 80% du salaire, tout comme les mères.  
 
Certains pays proposent quatre semaines comme la Slovénie et la Lituanie. Et d’autres quatorze jours comme la Pologne, le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni avec des taux d’indemnisation très divergent d’un pays à un autre.  En Autriche, les pères ont le droit à un mois de congé de paternité et c’est la sécurité sociale qui les indemnisera de 700 euros pour le mois.  
 
En Espagne depuis 2019, les pères ont droit à 8 semaines de congé payé mais en 2021 une évolution étend la durée à 16 semaines de congés de paternité, c’est-à-dire autant que les mères, on peut donc parler d’égalité. Le Portugal propose, quant à lui, 5 semaines de congé de paternité. Dans les pays les moins généreux, on retrouve l’Italie avec seulement 7 jours de congé de paternité et 2 jours en Grèce.
Certains pays d’Europe ne reconnaissent même pas son existence. C’est le cas de l’Allemagne, la Croatie et la Slovaquie.
 

         
          Les autres continents : des situations très opposées
 

      En Asie, le Japon et la Corée du Sud qui prévoient 12 mois pour le pays du soleil levant et 53 semaines pour la Corée du Sud, c’est un véritable record. Mais attention cette « avantage » à des inconvénients. Au Japon les 6 premiers mois sont indemnisés à hauteur de 67% et le reste à 50%. De plus, très peu de pères (seulement 1 sur 6) reste à la maison après la naissance d’un enfant à cause de la pression sociale.
 
      En Afrique c’est plus complexe encore. Dans les pays comme l’Algérie, la Tanzanie ou même le Mali les pères ont le droit à quelques jours d’absence mais non payés. Au Cameroun, en côte d’Ivoire, à Madagascar et autres, ils ont le droit à 5 jours de congés après la naissance du bébé rémunérés par les allocations familiales. A l’ile Maurice, par exemple, le père doit prouver qu’il vit dans la même pièce que son épouse pour qu’on lui accorde cinq jours de congé. Pour finir au Kenya le père peu prendre deux semaines de congé de paternité à condition que l’épouse soit reconnue par l’employeur.  
 

Nos recommandations managériales sur les congés de paternité : entre déstigmatisation et progrès social


      Afin de fournir aux manageurs du futur des recommandations en vue d’une société plus juste et plus respectueuse de la vie des employés, nous avons effectué une étude sur les perceptions des congés de paternité en France.

 
          Résultat de l’étude : vers une désigmatisation du congé de paternité
 
      Nous avons interrogé un panel de 112 personnes constitué de 70 femmes et 42 hommes âgé de 20 à 64 ans. Lors de notre enquête, nous souhaitions connaitre la part de personnes se considérant non substituable sur leur poste de travail. 45,5% d’entre eux ont répondu être indispensable.
Par ailleurs, sur les 112 personnes interrogés, 55,4% ont des enfants. Parmi eux, 45,3% en ont 1, 35,9% en ont 2, 10,9% en ont 3 et 7,8% en ont 4 et plus.
En revanche, seulement 7 hommes ont pris leur congé de paternité pour les raisons suivantes : la majorité pour aider leur conjointe ; ensuite pour passer du temps avec le nouveau-né ; puis pour l’un d’entre eux il s’agissait de « prendre des vacances ». Pour 6 de ces hommes, la durée de leur congé était le temps légal de 14 jours. 1 seul a eu un congés paternité de 30 jours. Aucun ne l’a interrompu. De plus, 71,4% ont pris ce congé en même temps que leur conjointe.
 
Parmi les hommes n’ayant pas souhaité bénéficier du congé de paternité, 10 ont affirmé que ce fut pour des raisons professionnels. Cela peut traduire une vision néfaste du congé de paternité en entreprise. 4 ont affirmé que la perte de salaire allait les impacter trop fortement. Pour cette raison, les femmes prennent leur congé plus que les hommes car leur salaire, dû aux inégalités, et souvent moindre et encaisse moins de perte.
 
Parmi les femmes interrogées, il y en a 64,2% pour lesquels leur conjoint n’a pas pris le congé de paternité. Parmi elle, 90% aurait souhaité qu’il le prenne, en majorité pour les aider à s’occuper du nouveau-né et être un soutien psychologique.
 
Nous pouvons, en revanche, supposer que les mentalités évoluent car 73,9% trouve que le congé de paternité n’est pas mal perçu. Parmi ceux qui le trouve mal-perçu, ils énoncent que le congé parental est historiquement associé aux femmes et que « les hommes doivent rester au travail ».
 
Nous avons interrogé le panel sur la durée idéale du congé de paternité. Pour 25% de l’échantillon, il devrait être équivalent au congé de maternité. 20,5% est favorable à un congé prénatal (6 semaines avant l’accouchement) afin d’aider la femme enceinte. 22,3% considère qu’un mois de congé de paternité suffise contre 17% à 2 mois. De plus, 64,3% de l’échantillon serait d’accord pour un congé de paternité débutant avant le terme de la grossesse.
 
Il semble donc que les hommes et les femmes interrogés souhaitent déstigmatiser le congé de paternité et allonger sa durée.
 


        Comment limiter les inégalités liées au genre ?


           Les congés de paternité : un instrument de limitation des inégalités de genre  

      En effet, en majorité et historiquement, ce sont les femmes qui prennent le congé parental : en France, 98% de femmes prennent le congé parental. Selon l’Insee, seulement un homme sur dix réduit ou cesse temporairement son activité contre une femme sur deux.

De fait, de nombreux salariés ne sont pas prêts à bénéficier du congé de paternité par sentiment de culpabilité vis-à-vis de leur employeur, les obligeant à un chômage technique.

En outre, en mars 2017, dans Le Monde, 72 % des mères contre 85% des pères avaient un emploi, dont 33 % à temps partiel. La discrimination existe toujours à l'embauche des femmes qui peuvent avoir des enfants et donc prendre plusieurs mois de congé de maternité. Ces inégalités pourraient certainement être réduite si les hommes bénéficiaient d'un statut similaire. 

       
        Inciter les hommes au sein de l’entreprise à prendre le congé de paternité

 
      Il reviendrait donc aux entreprises de mettre en place des mesures pour changer les mentalités et démocratiser le congé de paternité. Les Ressources Humaines et les Managers auraient la charge de limiter ces inégalités. Avant de passer par une législation, des règlements internes via les conventions collectives peuvent donc rendre le congé de paternité obligatoire pour contribuer ainsi à sa déstigmatisation.
De plus, selon la Commission Européenne « introduire le droit au congé de paternité dans tous les pays de l’EU devrait inciter les hommes à assumer une part plus égale des responsabilités familiales. Le constat est que les inégalités professionnelles liées à la naissance handicapent souvent les femmes » - Isabelle Mougere. Un texte a été voté par l’Union européenne qui a pour but d’obliger tous les pays de l’UE à reconnaitre le congé de paternité avec un minimum de 10 jours. Cette nouvelle règle doit être mise en vigueur dans tous les pays de l’UE en 2022.  
 

     
      Nous pouvons alors constater qu’un travail législatif mais avant tout un travail interne aux entreprises doit être fait afin de déstigmatiser le congé de paternité. De plus, cela permettra aux femmes de limiter la discrimination à l’embauche et limiter l’effet de plafond de verre. Enfin, augmenter sa durée permettrait de limiter la charge mentale des femmes à la naissance d’un enfant et à l’homme de trouver sa place dans la vie de famille. L’entreprise, quant à elle, pourrait jouir de tous les potentiels et compétences tout en devenant l’acteur principal du changement des mentalités dans un monde désireux de plus en plus de justice sociale. 




 

Bibliographie

  • « Congé parental : pourquoi les pères le prennent-ils si peu ? », Héloise Pons, 26/04/2021, Maddyness  
  • « Moins de 1 % des pères prennent un congé parental, malgré une réforme en 2015 », Le Monde avec AFP,      07/04/2021, Le Monde 
  • « Le congé paternité, sept pères sur dix y ont recours », La rédaction de LCI, 22/09/2020, LCI  
  • « Congé parental : ça coince toujours pour les pères français », Léa Guedj, 04/02/2019, France Inter 
  • « Prendre un congé parental total : une décision qui dépend essentiellement du nombre d’enfants et de       l’emploi occupé auparavant », Emmanuelle Crenner, Sante.gouv  
  • « Congé parental : une femme sur deux réduits ou arrête temporairement son activé professionnelle »,        Maxence Kagni, 31/10/2014, BFM Business  
  • « Congé de paternité : sa durée passe de 11 à 25 jours à compter du 1er juillet », 28/05/202, Service-Public.fr 
  • « Congé paternité : quels sont les pays les plus généreux ? », Isabelle Mourgere, 23/09/2020, TV5 Monde 
  • « Allongement du congé paternité », 16/08/2021, NOVRH  
  • « Congé parental : les pères sont peu nombreux à l’utiliser », Rédaction Europe 1 avec AFP, 02/03/2016,    Europe 1  
  • « Les hommes (toujours) peu enclins au congé parental », Le Figaro et AFP, 03/03/2016, Le Figaro
  • « Les limites des politiques publiques de soutien à la paternité », Danielle Boyer, Benoît Géroux, 02/2010, Cairn 
  •  « Congé paternité de 28 jours : pour Tristan Champion, la France peut aller beaucoup plus loin »,          27/07/2021, Cadre Averti  
  • « Les émotions négatives des professionnels de l’enfance confrontés à la situation de placement : l’éclairage      de la théorie de l’attachement », Nicole Guédeney, 02/2008, Cairn   
  • « Cinq an après la réforme du congé parental (PreParE), les objectifs sont-ils atteints ? », Hélène Périvier,    Grégory Verdugo, 06/04/2021, OFCE Sciences Po  
  • « Congé paternité : quels pays d’Europe sont les plus généreux ? », Tristan Gaudiaut, 01/07/2021, Statista  
  •  « Quels freins limitent encore le recours au congé de paternité chez les jeunes pères ? », Alix Sponton,     03/2022, Cairn, dans Céreg Bref 
  • « Apprendre à être « père au foyer ». Le congé parental à plein temps comme socialisation temporelle »,     Myriam Chatot, 02/2020, Cairn, dans Revue des politiques sociales et familiales 
 
 
 
 

CARGNELUTTI Loris, COULARDEAU Manon, DELAMARRE Camille, DIBICH Ahlam, DROGUET Antoine - Etudiants Groupe ESC Clermont (Master in Management)
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