Connectez-vous S'inscrire
Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
Un webzine au service de l'innovation en Management
Les 4 Temps du Management

Futurologie

Le co-living une nouvelle solution pour aider les managers à loger ses salariés de façon 2.0 ?

Aujourd’hui les entreprises réfléchissent à des milliers de solutions toutes plus originales les unes que les autres pour que leurs salariés se sentent bien. Les managers essaient d’avoir un maximum d’idées au sein de leurs business.
Bien souvent, ils n’imaginent pas que le bien-être de leurs salariés dépend aussi de ce qui se trouve en dehors de tout cet environnement de travail et ils leur arrivent encore moins de penser que trouver un logement dans une grande métropole aujourd’hui est le principal casse-tête des nouveaux salariés.

Les lieux de travail dans notre société sont maintenant fortement inscrits au centre des métropoles et attirent toujours plus de monde. Une demande croissante, qui est de plus en plus difficile de loger, car dans un contexte de crise de logement, il n’est pas permis à tous, de se payer un logement acceptable à proximité de son lieu de travail.
Cette réalité n’est pas une généralité mais, vivre seul dans 15m2 c’est le quotidien de milliers de personnes et de salariés… Et oui, nous sommes aussi en plein milieu d’une crise sociale. Une crise sociale et de logement plus prononcée dans les grandes métropoles qui concentrent de nombreux sièges sociaux d’entreprises mais trop peu de logements vacants pour accueillir les nouveaux travailleurs.


Comment considérer l’idée que des salariés puissent être heureux, efficaces et efficients au sein d’une entreprise s’ils n’ont pas le temps de se consacrer à une vie sociale ou d’autres activités ?

Le co-living une nouvelle solution pour aider les managers à loger ses salariés de façon 2.0 ?

Aujourd’hui, la plupart des travailleurs doivent changer de ville au cours de leur vie pour le travail. Les générations X, Y et Z sont en effet beaucoup plus enclines à changer d’employeur, chose qui était beaucoup moins fréquente pour les générations des Baby Boomers et des Builders qui avaient davantage tendance à n'avoir qu'un seul employeur tout au long de leur carrière et donc à être assez peu mobile. A Paris, 4 personnes sur 5 ne sont pas originaires de la capitale. Alors, il est évidemment possible pour une entreprise de mettre en place un maximum de moyens et d’outils pour le bien-être des collaborateurs, mais si un salarié n’est pas épanoui dans son quotidien et dans sa vie en dehors du travail, l’entreprise prend le risque de ne pas le convaincre de venir travailler chez lui ou de le perdre, quel que soit son potentiel.
 

Pour répondre à ces problématiques immobilières et sociales, un tout nouveau concept venu tout droit des États-Unis et du Danemark fait son entrée sur le devant de la scène : le co-living. Les premiers opérateurs de coliving comme Opendoor en 2013 sont nés aux USA dans le but de répondre à de nombreux besoins humains, sociaux et géographiques. Nous sommes convaincus que ce nouveau concept peut-être une solution quant à la problématique du bien-être des nouveaux salariés dans les métropoles grâce à une formule de logement 2.0 proposée par le co-living.


Dans cet article nous souhaitons éclairer les managers sur ce concept innovant qu’ils pourraient mettre en place au sein de leur entreprise, en faisant le lien avec le bien-être au travail, la crise du logement et la crise sociale. Enfin pour terminer, nous tenterons de proposer des solutions concrètes aux managers afin qu’ils puissent mettre en place des actions concrètes à leur échelle.

 


Le co-living une nouvelle solution pour aider les managers à loger ses salariés de façon 2.0 ?

Le bien-être au travail, quels enjeux ?

Le co-living une nouvelle solution pour aider les managers à loger ses salariés de façon 2.0 ?

Selon le magazine en ligne “Chef d’entreprise”, “ce que l'on nomme "bien-être au travail" correspond à l'ensemble des facteurs plus ou moins identifiables susceptibles d'influer sur la qualité de vie des employés sur le lieu de travail. La sécurité et l'hygiène des locaux, la protection de la santé des salariés, l'impact physique ou psychosocial des tâches effectuées ou encore l'ergonomie de l'espace de travail, sont autant de critères soulevés par les employés. Souvent confondu avec la santé des travailleurs, le sentiment de bien-être au travail est un état d'esprit global et subjectif. Il peut être impacté par une multitude de facteurs.


Le bien-être au travail est un enjeu croissant pour les entreprises. Les avantages sont multiples: augmenter la productivité, améliorer l’image de l'entreprise, attirer de nouveaux talents, faciliter le recrutement, améliorer la qualité de vie des salariés, accentuer l’engagement des salariés et bien d’autres. Dans ce sens, la loi oblige l’entreprise à protéger la santé mentale de ses salariés à travers le code du travail.


A contrario, les conséquences de la non-prise en considération du bien-être au travail peuvent engendrer de l’absentéisme, du turnover, une perte d'efficacité et de motivation, une mauvaise image d’entreprise et de manière globale nuire à l’image employeur de la société. Avec la digitalisation des ressources humaines, les entreprises doivent faire attention à leur e-réputation, notamment sur les jobteaser, où les salariés ou les anciens collaborateurs de l’entreprise peuvent très facilement donner leur avis sur leurs expériences passées au sein de l’organisation. Dans la recherche d’un emploi, les futurs employés sont de plus en plus vigilants au bien-être au travail, une mauvaise réputation peut entraîner une non-candidature de la part de certaines personnes. Et au contraire, une bonne e-réputation attirent des talents qui ne se seraient pas à priori intéressés, dans un premier temps à cette entreprise.


Quand on parle de bien-être au travail, on pense souvent au terme  “flexibilité”. En effet, la flexibilité est associée à un travail où le collaborateur est davantage libre et responsabilisé par son entreprise. Une entreprise flexible met la qualité de vie de ses collaborateurs au centre de ses préoccupations. Une qualité et une souplesse de travail qui impacteront directement la satisfaction et la productivité des salariés.
 


Afin de favoriser le bien-être au travail, les entreprises peuvent modifier différents éléments comme par exemple l’amélioration: 

-       de l'ergonomie et l’esthétique de l'espace de travail;

-   des locaux et des espaces de convivialité (babyfoot, machines à café, espaces détentes, terrasses extérieures…);

-  des relations interprofessionnelles entre les collaborateurs (à travers des teams building, des petits déjeuner d’entreprise, des pots de départ et d’arrivée ou tout autres moments conviviaux passés dans un cadre moins formels que celui du travail);

-     des relations hiérarchiques : accessibilité des managers, organisation de point RH pour entretien annuels et discussions libérées;

-   des activités et services proposés par la société (cours de sports, restaurant d’entreprise, propositions d’achats de produits selon les périodes de l’année: vins, sapins de noël, avantages sur les produits vendus par la société…) ces différentes activités et services proposés permettent aux salariés de gagner du temps, parfois de l’argent ce qui permet ainsi de réduire considérablement leur stress et leur charge mentale.


Dans cet élan de toujours s’améliorer pour prévenir du stress et pour inciter les employés à communiquer sur les axes d’amélioration souhaités, des questionnaires peuvent être engagés par le service RH afin d’interroger les salariés (de manière anonymes la plupart du temps) sur leurs conditions de travail et la satisfaction qu’ils en tirent.


Les secrets du bien être au travail semblent être percés et accessibles à tous les managers, mais en pratique, certains employeurs ressentent une responsabilité encore plus forte d’agir davantage afin de développer leur marque employeur et ainsi leur business. Car en effet, certains candidats ou étudiants ont souvent tendance à réagir avec des remarques insinuants que le fait qu’une entreprise dispose de babyfoot et distribue des chèques restaurant ne signifie pas que les salariés vont être heureux dans ce travail [1].

 


Une notion de bien-être souvent critiquée

Nous partons d’un constat, celui qui montre que bonheur au travail et efficacité sont étroitement liés. Dans cette optique, beaucoup d’entreprises souhaitent offrir de meilleurs conditions de travail à leurs employés. D’après l’étude "Baromètre des salariés. La santé et le bien-être au travail" de BVA-BPI Group, seulement 15% des salariés estiment que leur entreprise œuvre pour améliorer leur qualité de vie au travail. Les nouvelles générations ne souhaitent pas se tuer au travail, alors les entreprises doivent proposer des environnements intéressants pour attirer de nouveaux talents. Le risque que courent les entreprises voulant favoriser le bien-être de leur salariés est de glisser dans le “baby-foot washing” ou le “syndrome du baby-foot”. Ce terme désigne le raccourci qui est fait dans beaucoup d’entreprises:  un baby-foot façon start-up suffirait à améliorer drastiquement le bien-être au travail. Plus largement, Instagram et d’autres réseaux sociaux nous diffusent des images de bureaux presque utopiques aux airs de Silicon Valley, pourtant la santé des salariés se développe au-delà de ça. 


Reprenons un exemple cité par le magazine “Challenges”. Une start-up constituée d’une centaine de salariés aux magnifiques bureaux, espaces de pauses, mobilier design et abondance de plantes vertes. Cette entreprise aux airs de paradis, photographié par “Welcome to the jungle” utilise pourtant des méthodes bien moins attractives que le laisse penser l’image qu’elle reflète. Du suivi des heures passées à coder pour les développeurs, à la remise en question systématique des décisions des employés par le fondateur de la start-up, la jeune entreprise se retrouve avec des salariés mécontents et démotivés par un management mené à tâtons par un fondateur qui perd de sa légitimité. Cet exemple drastique nous rappelle simplement que le bien-être des salariés dans une entreprise repose sur des atouts plus complexes que l'aménagement d’une salle de pause [2].


Améliorer la qualité de vie des salariés est un processus long et complexe. La stratégie à mener pour une entreprise souhaitant le faire doit être à la hauteur de la tâche. Le budget alloué à cette métamorphose est certainement plus conséquent que la plupart des dirigeants ne le voudraient. Pourtant il est essentiel de bien comprendre que ce processus requiert un véritable savoir en terme de management. Les relations humains ainsi que le travail n’ont pas cessé d’évoluer, aujourd’hui on peut imaginer qu’au-delà du bien-être, le bonheur et la qualité de vie au globale devrait être une des priorités stratégiques des entreprises et notamment sur le long terme.


Au delà de son travail l’individu rencontre aussi, dans sa vie quotidienne, divers problèmes plus importants les uns que les autres, favorisés par une société croissante et changeante. 


Une crise du logement bien installée

Force est de constater qu’il n’y a plus assez de logements disponibles pour faciliter l’accès aux grandes villes urbaines. Cette pénurie de logements entraîne donc inévitablement une flambée des prix de l’immobilier à l’achat et à la location.


Paris s’inscrit dans ce contexte avec des loyers qui sont 85 % plus élevés que ceux des autres villes. Cette augmentation place ainsi la capitale en 7e position des villes les plus chères d’Europe avec un loyer moyen de 3102 euros pour un quatre pièces selon ECA International (Employment Conditions Abroad). En parallèle, des conditions économiques plus instables qu’auparavant poussent de plus en plus de personnes à se tourner vers la location, faute de pouvoir accéder à la propriété, ou vers un mode de vie tournée vers le partage, telles que la location par chambre, la collocation ou encore loger chez une personnes âgés qui cherchent de la compagnie en échange de chambres louées à des prix très intéressants.


Le phénomène décrit, également présent à Londres, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Madrid et Milan, impose à ces villes de nouvelles alternatives de vie que sont la location par chambre et le co-living. En effet, plus les prix de l’immobilier sont élevés dans la ville, plus le partage de logement est prégnant.


Les chiffres sur la crise du logement sont sans équivoque, 5 millions de personnes sont considérées comme mal-logées en France. Le logement en France est globalement trop cher par rapport à la réalité des ressources et cela a un grand impact sur la société dans son ensemble. La première approche, celle de l’importance d’une interpellation de la société et du monde politique face à la gravité de ces situations dans un contexte de pays riche. Une deuxième approche repose sur la hausse continue de l’effort financier des ménages en matière de logement. Plusieurs facteurs se cumulent pour aller dans ce sens : d’abord la transformation de l’offre. Des logements plus grands et plus confortables sont logiquement plus chers alors que l’effort financier moyen des ménages s’est maintenu à un niveau pratiquement inchangé. Une troisième approche de la crise du logement prend en compte l’importance et l’accroissement des clivages territoriaux entre marchés locaux. À salaire égal, un ménage connaîtra des conditions de vie radicalement différentes selon qu’il habite dans une ville moyenne du centre de la France ou dans la région parisienne.


Ces différents points sont le constat d’une difficulté voir d’une quasi impossibilité à se loger de manière abordables et confortables dans les grandes métropoles. L’individu doit systématiquement faire un choix, qu’il soit économique, géographique ou se voit réduire son confort de vie. Et si, ils pouvaient tout avoir ? Et si, son entreprise était le vecteur de cette opportunité ? 


Le co-living, une solution 2.0 émergente

Le co-living une nouvelle solution pour aider les managers à loger ses salariés de façon 2.0 ?

Le co-living est une nouvelle tendance immobilière qui compte une vingtaine d’opérateurs aujourd’hui en France et plus d’une centaine en prévision d’ici 2025. Il s’agit d’un mix offrant le meilleur de la colocation, de l’hôtellerie qui met en avant l’aspect humain avec un fort esprit communautaire et des aspects pratiques et flexibles en offrant des services variés selon les opérateurs. Il est destiné aux personnes en transition, qui sont généralement des étudiants, des jeunes actifs, des jeunes seniors, ou encore des personnes en rupture.  Consultants et salariés corporates, expatriés et personnes en mobilité, nomades et indépendants (freelance, start-upers, professeurs, chercheurs...), personnes en transition affective (divorcés, couples). Le co-living est un produit transitionnel où les habitants n’y passeront pas toute leur vie.


Le co-living, dans cette ambiance de crise du logement et crise de la solitude dans les grandes villes va offrir pour le prix d’un studio, d’une « cage à poule », l’opportunité de partager de grands espaces communs avec un plus petit espace privé (comprenant tout de même lit, bureau, salle de bain et toilette privatif) d’environ 12m2 en moyenne. On peut donc aller dans sa chambre après une dure journée si on le souhaite où aller dans le grand salon et/ou jardin pour passer du temps avec les autres co-livers. Bien sûr, l’appartement, la maison ou la résidence de co-living est toujours très bien situé, généralement proche des transports, du centre-ville, du supermarché. Pas de difficultés pour aller au travail, faire ses courses ou aller boire un verre avec ses amis.


Pour les services compris avec le loyer, il y en a une multitude selon les opérateurs, mais les principaux sont : les charges eaux/électricités, le ménage, wifi haut débit, salle de sport, cinéma, espace de coworking ou encore sauna. Tout cela est construit et pensé pour laisser le temps aux colivers de se concentrer sur son travail et sa vie sociale. Quarters coliving décrit l’expérience ainsi : « Imaginez un endroit où vous entrez comme un « je » mais que vous quittez comme un « nous ». Quarters, c'est vivre avec des gens passionnés, inspirants et positifs, excités et ouverts à la découverte du monde. » (Quarters co-living)


L’origine du co-living : l’Utopie sociale

Si nous comparons avec le co-living, le phalanstère pourrait être à l’origine de ce nouveau concept immobilier[3]. Le phalanstère, très en faveur dans les milieux intellectuels du XIXème siècle, est un ensemble de logements organisés autour d'une cour couverte centrale, lieu de vie communautaire. Dans la pensée de Charles Fourier, le phalanstère est une sorte d'hôtel coopératif pouvant accueillir quatre cents familles (environ deux mille membres) au milieu d'un domaine de quatre cents hectares où l'on cultive les fruits et les fleurs avant tout.


Ces idées utopiques ont bel et bien été conçues par Jean-Baptiste André Godin, qui a bâti dans l’Aisne au XIXème siècle un grand « palais social » appelé Familistère pour les employés de son usine[4]. Le créateur a eu ces idées après avoir réalisé le tour de France pendant lequel, il a été bouleversé par la misère ouvrière dans les grandes villes. Ce qui est toujours le cas de nos jours, où trouver un logement acceptable sans parler de misère reste compliqué dans les grandes villes. Cette unité d’habitation, avec une telle communauté permettrait d’optimiser la production et l’harmonisation sociale. Tout ceci, possible grâce à la richesse collective.


L’idée du co-living est évidemment fondée sur ces valeurs de richesses collectives, où en payant notre chambre il est possible d’accéder à des lieux et prestations dont il ne serait même pas envisageable de bénéficier en vivant seul, et ce pendant une période de transition. Il n’est certainement pas question ici d’acheter pour y vivre toute sa vie.


Critiques et limites du concept

Selon Monique Eleb, sociologue de l’habitat, nous allons assister sans aucun doute, à un fort développement de la cohabitation, au sens large. Et le "co-living" en sera l'une des formes. Mais cela constitue un pari financier pour les investisseurs, car il y a un risque que cela ne marche pas, que la bulle spéculative se dégonfle. Tandis que la cohabitation en général, qui accompagne un mouvement profond de reconfiguration de la famille, semble un phénomène de beaucoup plus grande ampleur. Et de fait, plus pérenne [4]. 


Une des limites de ce concept réside dans le fait que ce mode de logement peut, ne pas convenir à tout le monde. En effet, les familles, les couples, les personnes âgées désirant de la tranquillité ou encore les personnes réservées et ne désirant aucune forme de vie en communauté sont potentiellement exclues de la clientèle des opérateurs de co-living.


Enfin, une critique que nous pouvons apporter au concept du co-living serait la crainte d’un aspect trop communautaire de ces résidences. En effet, certains salariés ont déjà un fort attachement à leur entreprise et ont cette tendance à ne voir que par le prisme de celle- ci quant aux relations sociales si l’on grossit le trait. Le développement de résidence de co-living entre salariés d’un même groupe pourrait encourager cet esprit communautaire qui pourrait ne pas plaire à certains salariés. De plus la limite entre vie professionnelle et vie privée est moindre. En effet, le co-living peut-être proposé par son entreprise, afin de faciliter l’arrivée d’un nouveau collaborateur. Les salariés sont donc amenés à travailler et en plus vivre avec des collègues de travail.


Ce concept présente différents points sensibles et notamment au niveau de la mentalité, beaucoup d’opérateurs se disent être acteur du co-living, où pour eux l’offre du co-living est définie par de belles et spacieuses commoditées incluant des services, alors que c’est plutôt de la résidence service.


Un des points qui serait fort intéressant pour les entreprises avec le co-living serait dans le cadre de l’organisation des déplacements pour ses salariés. Si nous rentrons dans les détails, une nuit dans un hôtel revient à environ 120€ la nuit alors qu’avec la même flexibilité et autant voir plus de services que l’hôtellerie pour certains opérateurs, le prix reviendrait à environ 900€ le mois. Le calcul est donc très rapide et le gain conséquent.


Le coliving, le véritable, c’est une expérience de vie, qui va marquer chaque individu qui entre dans la communauté. Le coliving, c’est l’opportunité de rencontrer des gens venant de différents horizons, avec des valeurs différentes et aussi similaires. C’est une plus-value sur tous les points de vue pendant une période de la vie.


Il faut néanmoins faire attention à ne pas s’enfermer dans la communauté au risque de ne plus être ouvert à l’extérieur. C’est pour cela que les grands espaces de co-living se doivent de donner l’opportunité aux colivers d’inviter des amis, d’organiser des ateliers spécifiques ou encore faire intervenir des conférenciers.


Il reste tout de même d’autres horizons pour le co-living, car aujourd’hui il est majoritairement destiné aux célibataires qui ont des moyens financiers aisés. C’est aussi dû au choix des opérateurs, mais des réflexions pour amener plus de couples, plus de familles, et au final de la mixité générationnelle pourraient clairement être de nouvelles pistes dans les villes. Des familles de différents horizons pendant quelques années ensemble, dans des espaces communs et privés évidement, seraient un réel apport d’ouverture sociale. Apprendre une langue par exemple de la manière la plus traditionnelle pourrait-être à la portée de bien plus de gens, tout cela grâce à un mélange de culture au quotidien.


Des alternatives à plus petite échelle

Le co-living une nouvelle solution pour aider les managers à loger ses salariés de façon 2.0 ?

Toutes les entreprises n’ont pas l’opportunité et les moyens nécessaires à la création d’une plateforme de co-living près de leur position géographique.


Il existe en France d’autres formes d’habitats partagés qui se rapprochent fortement du co-living, comme les résidences services qui proposent des logements et chambres individuels ainsi que des services additionnels et des espaces communs. La colocation est aussi une forme de co-living très prisée dans les villes où l’accès au logement est très compliqué pour des périodes de transition, il existe d’ailleurs des opérateurs de colocations organisées qui mettent en relation les colocataires en fonction de leurs critères comme Colocatère et Chez Nestor. Ces deux opérateurs sont nés d’un constat simple : les démarches pour louer un logement de courte durée sont beaucoup plus complexes en France qu’à l’étranger. Leur but était donc simple : rendre la colocation ultra-accessible dans de nombreuses villes avec des logements et des chambres entièrement équipés et meublés.


Cependant, la colocation ne comporte pas d’aspects de flexibilité contrairement au co-living, les colocataires doivent voir leurs noms apparaître sur le bail qui reste un bail simple à durée déterminée. Les PME peuvent commencer à inclure le principe de co-living dans leur façon de fonctionner en recherchant des partenariats avec ces plateformes d’opérateurs de colocation ou de co-living qui se multiplient en France comme The Babel Community à Marseille, Ecla à Palaiseau, La Casa à Neuilly-Plaisance, My Name is Bernard à Lille, Lime à Biarritz ou encore Cooliving à Pau.


Station F, le plus gros campus de startup au monde a ouvert en 2019 sa résidence de coliving pour ses entrepreneurs. Pourquoi ? "Nous voulions proposer cette offre depuis notre lancement en 2017 car le logement est le principal problème auquel doivent faire face nos entrepreneurs, particulièrement lorsqu'ils arrivent de l'étranger", explique Roxanne Varza, directrice de Station F. "Les loyers parisiens sont chers et trouver un logement nécessite d'être en CDI, de gagner trois fois le montant de son loyer et d'avoir un garant, ce qui est loin d'être évident.” [3] Cette résidence de co-living va donc pouvoir loger à partir de 399€/mois (à Paris) ses startupers qui dans 1 cas sur 3 ne gagnent pas encore de revenu. Au sein de cette résidence, les entrepreneurs auront la chance de vivre dans un environnement parfait pour réaliser leur projet. L’environnement est très dynamique.


Toujours dans la logique de partenariats, il est également possible de travailler avec des start-up pour mettre en relation des demandeurs de logements qui se correspondent en utilisant la data. Station F et sa résidence de co-living Flatmates utilisent déjà cette méthode avec succès pour améliorer toujours et encore le bien-être des co-livers. Cette méthode consiste à mettre en relation des profils qui se correspondent en fonction des attentes, des caractères et des centres d’intérêts, les co-livers se rencontrent et peuvent s’essayer à la vie en communauté. Si les profils ne correspondent finalement pas en réalité il est toujours possible de changer.


Les perspectives d’évolution autour du coliving sont bien réelles et très prometteuses. Sur le marché du travail, on remarque une tendance à vouloir privilégier le confort de son logement pour sélectionner le poste de son choix. C’est pourquoi le coliving est une opportunité en or pour les entreprises. Les perspectives d'embauches s'élargissent grâce au co-living pour proposer à un futur collaborateur un logement en plus d'un emploi. Ce qui facilite à la fois l'embauche et la mobilité salariale.


À l’heure actuelle, les résidences en coliving sont majoritairement remplies par des particuliers. Cela risque cependant d’être différent à l’avenir. Les entreprises commencent à se tourner vers cette solution qui peut permettre de convaincre de nouveaux collaborateurs pour les recruter ou des salariés en mutation professionnelle.
 

« Si le logement est offert, le jeune collaborateur acceptera le poste. Le logement fait partie du package avec l’offre d’emploi »

Kevin Cardona – directeur de l’innovation BNP Paribas Real Estate.
 

Cet aspect de co-living pour les professionnels est très intéressant sur plusieurs points. C’est aussi lors de l’entretien avec Jean-Baptiste Mortier, PDG du groupe Kley, que cette idée de communauté professionnelle est ressortie. Proposer du co-living à des grands groupes comme Total ou encore Michelin, pour qu’ils puissent attirer encore plus de talents dans les grandes villes. Le but ne serait pas de faire travailler et dormir les collaborateurs ensemble, mais plutôt de mélanger ces travailleurs de différentes entreprises ensemble, toujours selon leurs personnalité, hobbies, …etc.


A plus petite échelle, certaines entreprises prennent les questions de facilitation d'accès au logement très à coeur. Par exemple, en proposant des collaborations avec des agences immobilières (avantage financier sur les frais d’agence par exemple) ou encore certains services RH facilitent l’accès aux informations concernant le logement dans la région et les aides associées, ce genre de démarche permet de faciliter la prise de décisions de futurs collaborateurs à venir travailler pour l’entreprise en question, soucieuse de l’épanouissement personnel des salariés.

 

Conclusion

Le co-living, la colocation 2.0 est aujourd’hui un nouveau concept de fond, de l’économie collaborative grandissante. Le partage de plusieurs chambres privées, de grands espaces communs proposant des services et un accès à une nouvelle communauté, est un sujet qui intéresse de plus en plus de personnes ne pouvant pas accéder à ce type d’offres seules dans les grandes villes. Mais le co-living est un mode de vie et non un mode de travail. Son voisin le coworking qui lui est dédié au travail serait peut-être plus approprié pour proposer aux entreprises des solutions de logements pour leurs salariés, que ce soit pour y vivre ou dans le cadre d’un déplacement tout en gardant cette ancre dans le monde professionnelle. On parlerait donc peut-être d’un coworking 2.0 qui ouvre ses frontières au logement, mais les thèmes et les axes choisis par les acteurs de coliving peuvent aussi être axé sur la réalisation d’offres seulement pour des sujets professionnels en relation B2B.


La situation actuelle de crise sanitaire dans laquelle nous vivons va permettre à l’économie collaborative comme après la crise de 2008 de prendre de l’ampleur et donc à tous ses acteurs tel que le co-living dans le segment du logement de se développer. 


Partager les frais de logement entre opérateurs de co-living, entreprises et collaborateurs seraient un bel exemple de partage. 


Cette idée de partage entre ces acteurs, par effet second, sera un levier pour d’autres sujets tels que le bien-être en entreprise, les problèmes de logements, de solitude et donc à la fin une économie financière. 


D’un point de vue environnemental, vivre à plusieurs en communauté, permettra de faire des économies d’énergie en consommant à plusieurs sur une même et seule maison plutôt que sur plusieurs maisons par exemple. La force économique de plusieurs colivers permettra aussi d’investir dans des immeubles plus intelligents en terme de consommation d'énergie. 


Le co-living, acteur naissant de l’économie collaborative, aidera donc probablement dans un futur proche ainsi qu'à son échelle la planète et ses habitants.

 


Bibliographie / Sitographie

- Girardeau, S., 2020. Bien-Être Au Travail : Effet De Mode Ou Véritable Préoccupation Des Entreprises ? | Monster.Fr. [online] Monster.fr. Available at: <https://www.monster.fr/recruter/conseil-en-ressources-humaines/gestion-ressources-humaines/ambiance-travail/bien-etre-au-travail-une-ambition-et-ses-limites/> [Accessed 27 March 2020].

- Driant, J. (2013). Crise du logement ? Quelles crises ?. Savoir/Agir, 24(2), 19-25. doi:10.3917/sava.024.0019.

- [1] https://www.reinventersontravail.com/pourquoi-installer-un-babyfoot-ne-rendra-pas-tes-employes-heureux/

- [2] https://www.challenges.fr/start-up/le-syndrome-du-baby-foot-ou-les-travers-qui-minent-l-esprit-start-up_473852

- [3] https://www.latribune.fr/technos-medias/innovation-et-start-up/co-living-station-f-ouvre-flatmates-pour-loger-ses-startuppers-821818.html

- [4] « Le coliving, c’est l’entre-soi de jeunes qui se cooptent et qui ont de l’argent ». Consulté le 22 février 2020, à l’adresse https://www.lexpress.fr/styles/le-coliving-c-est-l-entre-soi-de-jeunes-qui-se-cooptent-et-qui-ont-de-l-argent-m-eleb_2108366.html

Marine Jarrige, Axel Morter, Jeanne Ronger, Marie Prouhèze, Benjamin Métais et Maxime Le May
Notez
Lu 746 fois

Editorial | Le Temps de l'Action | Le Temps des Equipes et des Projets | Le Temps de la Strategie | Le Temps des Valeurs | Futurologie | Web TV du Management