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Ces surdoués que vous ne soupçonnez pas !


Elèves en échec scolaire, adultes en perdition face à un parcours professionnel chaotique ou des relations sociales inexistantes, c’est tout un pan de la population qui recherche aujourd’hui des réponses qui se trouvent parfois derrière une architecture cérébrale différenciée. A contrario, certaines études scientifiques s’opposent au postulat du handicap que représente la douance, arguant que les surdoués qui vont bien ne consultent pas forcément. Effectivement, il existe sans conteste tout une partie d’êtres humains dont le QI est supérieur à 130 et qui le vivent très bien.

Il existe cependant également une autre catégorie de surdoués : ceux qui ne rentrent pas dans la case de ceux qui vont mal mais qui sont suffisamment atypiques pour être dans le doute de qui ils sont vraiment, ceux qui ont une famille, des amis, un emploi mais qui évoluent dans un questionnement perpétuel et une recherche active et constante de leur « soi intérieur ».
 
On peut voir quotidiennement à l’œuvre des personnes extrêmement brillantes, des esprits vifs et précis. Généralement, elles ne sont pas surdouées mais sont dotées d’une intelligence très robuste et ont compris comment l’utiliser. Un surdoué n’a pas compris cela, il est affaibli devant ses ressentis, ses sentiments, tout cela le freine et crée des obstacles insurmontables devant lesquels il reste figé. Il débute, se bloque et cesse ses activités. Il s’intéresse à un sujet, s’impatiente et se retire bien avant de le maîtriser. En découle ce que le surdoué considérera comme une relative médiocrité, l’enfermant dans un cercle vicieux dont il aura bien de mal à sortir.

Ce qui fait la particularité des surdoués, c’est le cumul d’une intelligence puissante bridée par des émotions fortes, constantes et persistantes qui sont le manque de confiance en eux, l’hyper lucidité sur le vaste champ des possibles et l’hypersensibilité.
Les surdoués comprennent vite et travaillent efficacement. Quand on possède ces facultés, difficile d’accepter un quelconque irrémédiable échec. La souffrance ressentie par le surdoué se révèle alors étonnamment puissante, débouchant sur une perte totale de confiance en soi, trop lucide qu’il est sur la réalité de la survenance de ces échecs et la fatalité de la régularité de leurs apparitions. Si peu nombreux soient-ils, c’est tout un travail de reconstruction qui s’établit à chaque fois. Ce manque de confiance en soi se traduit par une discrétion absolue et une grande fragilité intérieure.
 
Les surdoués détestent la routine et les tâches répétitives. Trop conscients de l’éphémérité de la vie, il est une chose que le surdoué ne peut supporter : l’ennui. Il passe alors pour un être intolérant à la frustration, immature. Mais comment s’enfermer dans une mission, voire une vie qui ne nous convient pas quand le champ des possibles du monde est si vaste à explorer ? Certains pensent qu’il n’a pas conscience de la chance, du bonheur qu’il possède déjà, alors qu’il n’en a que trop conscience, et c’est ce qui le pousse à déplacer ses repères, à ne pas gâcher la chance qui lui est offerte de vivre une vie qui aurait un sens.
 
Les surdoués sont hyper-stimulés intellectuellement et hypersensibles émotionnellement. Cela engendre forcément un particularisme de vie qui peut créer de réelles difficultés d’intégration dans une société qui nécessiterait davantage de nuances. Parfois en haut de la vague, avec un débordement d’énergie, d’assurance, d’estime, de joie et parfois au creux, mélancolique, inquiet, désespéré, fataliste sur toutes les facettes de cette vie qu’il ne maîtrise pas. L’adulte surdoué est rarement lui-même. Il est cet autre-soi qu’il a appris à développer, faisant semblant de comprendre le monde dans lequel il vit là où les doutes et interrogations sont si forts que sans cette suradaptation, il n’aurait pas été possible d’avancer.
 
Les surdoués que l’on pourrait nommer « discrets », ont trouvé un pilier stable en leur famille et leurs amis et occupent un emploi, même s’ils peuvent évoluer parfois difficilement dans le monde du travail, qui demande à être moins naïf, moins ouvert, moins vrai. Mais, qu’ils soient heureux ou malheureux, qu’ils aient réussi à utiliser leurs capacités ou non, qu’ils soient reconnus pour cela ou non, ils ressentent au fond d’eux un profond vide ou un simple décalage, dans les deux cas un « je ne sais quoi » qui les rend imperceptiblement mais fondamentalement différents.
 
Or, pour comprendre un surdoué, il faut prendre en considération les personnalités qui l’habitent, les façades qu’il a érigées, les paradoxes qui gouvernent sa personne et les particularités qui façonnent son quotidien. Aujourd’hui, il serait vraiment primordial que le sujet devienne si banalisé qu’il soit possible d’en parler autour de soi sans craindre jalousie et incompréhension. Cela est encore beaucoup trop difficile dans notre société de jugement et de comparaison. Il est pourtant vital de pouvoir se construire sur ce que l’on est.
 
Recruteurs, managers et autres décisionnaires : découvrez ces surdoués discrets que vous ne soupçonnez pas, tenez compte des paramètres de leurs cerveaux et vous donnerez un second souffle à ces profils atypiques aux qualités insoupçonnables.

Présentation de l'auteure : Pauline Maillard-Cornu

Pauline Maillard-Cornu est Responsable Projets dans une société de gestion de fonds d’investissement. Diplômée de l’Ecole Supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand, elle s’intéresse de près à ce sujet passionnant qui reste méconnu. 

Pauline Maillard
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Commentaires articles

1.Posté par Aa le 09/01/2018 12:42 | Alerter
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Merci pour ce fabuleux article c'est rassurant et à la fois angoissant de se retrouver si parfaitement identifié. Quels professionnels de ces sujets peut on rencontrer pour être "aide"? Merci.

2.Posté par Pauline Maillard le 09/01/2018 14:12 | Alerter
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Merci pour votre commentaire. Vous pouvez faire appel à des psychologues spécialisés du sujet. Contactez l'AFEP ou l'ANPEIP de votre territoire (ce sont des réseaux pour les enfants mais ils connaissent bien les spécialistes locaux). C'est avant tout un long et fastidieux travail à faire sur soi-même pour mieux se comprendre et ainsi mieux s'accepter, découvrir ses capacités, son potentiel et oser (enfin !) mener à bien des projets qui réussiront. Bonne continuation.

3.Posté par Panerema le 11/01/2018 23:06 | Alerter
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Très intéressant cet article et une description des ressentis bien réels.
Mais les doutes sont tellement présents pour ces personnes, que pour un adulte de 30 ans non détecté, en échec professionnel, même s'il commence à comprendre comment il fonctionne, cela mène plutôt vers un état dépressif, et même les psychologues spécialisés ne détiennent pas la solution. C'est très complexe mais il faut rester positifs!

4.Posté par Bagherra le 04/11/2019 22:01 | Alerter
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Bonjour Madame,

Merci d'avoir écrit cet article qui me fait comprendre par son contenu, enfin, que certaines belles personnes, sont désireuses de faire en sorte d'apporter des solutions efficaces et qui de plus, sont animées par de belles intentions et donc douées d'un profond humanisme.
Pour ma part, je suis née en 1970 et je n'ai jamais été détectée. J'ai appris, en 2012, 9 mois après un licenciement abusif (domaine professionnel tertiaire), pour lequel je me suis battue et fait reconnaître mes droits, ainsi que ma dignité et mon honneur, auprès du Conseil de Prud'hommes (procès gagné en 2014), grâce à un spécialiste en neurologie, qui me l'a formellement dit que j'étais un cerveau droit. Cela m'amène à vous exprimer ma profonde déception et ma grande détresse face à cette vérité qui me fait comprendre, que mon entourage aussi bien familial, personnel, que professionnel était dans une totale ignorance de ma propre personne (je me permets de vous dire que je suis une femme humble, courageuse, empathique et toujours tournée vers l'humain,, malgré tout !) de mes particularités et capacités, alors que je ne les ignorais pas ! (sur-adaptation, au sein de mon univers professionnel qui ne me correspondait pas à cette époque, je l'avoue !).
Je m'étais reconvertie en 2000, vers un nouveau métier, dans le domaine de la Petite Enfance : mêmes difficultés et mêmes sentiments de profonde injustice et d'incompréhension générale, face à une hiérarchie qui m'a mal jugée et a ignoré mes réelles compétences, et surtout ma réelle motivation, sous les regards désabusés de mes collègues de travail, pour ces expériences auprès de groupes d'enfants, dans lesquels je commençais, pourtant à m'épanouir !
Je me suis tournée vers des thérapeutes qui pratiquent les thérapies alternatives (T.C.C.). Je me sens plus en accord avec moi-même, sans avoir changé véritablement, car j'ai toujours su garder mes valeurs intrinsèques et morales et j'en suis assez fière, malgré le harcèlement moral professionnel, dont j'ai malheureusement été victime, maintes fois, mais je le certifie auquel, je n'ai jamais consenti ! (manipulations institutionnelles). Suite à ce licenciement abusif, je n'ai pas pu rebondir efficacement et je suis malheureusement confrontée à la précarisation, ce qui ne me rend pas du tout service, car je suis propriétaire d'un appartement, en banlieue parisienne, dans lequel je vis encore actuellement.
Aujourd'hui, face à un contexte économique écrasant et un environnement personnel, sociétal et professionnel hostile à ma réinsertion professionnelle, je me cherche et j'envisage de passer des tests de personnalité, et surtout le fameux test WAIS IV.
Je souhaite rencontrer des spécialistes de la surdouance, afin de comprendre, encore mieux, mon mode de fonctionnement et je désirerais savoir vers qui je peux me tourner et obtenir enfin une aide, aussi efficace que salvatrice, afin de pouvoir avancer, enfin, vers un équilibre de vie plus satisfaisant, sans avoir à subir des expériences vouées à me mettre en échec à me retrouver ensuite dans des impasses (abus d'autorité, abus de pouvoir). Je vous remercie à l'avance pour votre réponse.
Bonne continuation.

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