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Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
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Les 4 Temps du Management

Futurologie

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Un leader, un manager... vous vous représentez indéniablement une figure humaine. Et s’il s’agissait plutôt d’un pigeon ? D’un chimpanzé ? D’une abeille ? En effet, nos similitudes avec les animaux sont troublantes...


Vous voyez où on veut en venir ?

Les experts que nous avons rencontrés ont pu constater que certaines espèces, évoluant dans un même écosystème, entretiennent des relations particulières : c’est le mutualisme. Quésaco ? Prenons l’exemple du crocodile du Nil et du pluvier (un petit oiseau). Ce dernier n’hésite pas à se jeter dans la gueule du crocodile, pour le débarrasser des restes de nourritures coincés entre ses dents. Ceci représente pour le crocodile un soin buccodentaire appréciable, et pour l’oiseau une source de nourriture facile d’accès. D’après Alain Hambuckers, à l’intérieur de l’entreprise, en matière de management, les collaborateurs qui ont des fonctions très différentes peuvent aussi être considérés comme des espèces au sens biologique qui doivent interagir ensemble.” 
 
Le mutualisme est donc un phénomène que l’on peut également observer en entreprise. Bien sûr, vous ne débarrasserez pas les restes de nourriture de la mâchoire de vos collègues, du moins on l’espère ! La situation idyllique pour un manager serait d’encourager une collaboration et une entraide entre les collaborateurs.
 
Par ailleurs, l’Homme s’est souvent inspiré de l’animal dans ses innovations, qu’elles soient techniques ou technologiques : c’est le biomimétisme. 
 
 “Comment peut-on s'inspirer des animaux ?  Par exemple, les avions s'inspirent des ailes des oiseaux ou encore le martin pêcheur a inspiré l’Homme pour créer un modèle de TGV. Ça m'a toute suite fait penser au biomimétisme.”
Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Mais qu’en est-il des innovations managériales et comportementales ? Voyons pourquoi l’animal devrait être une source d’inspiration pour l’Homme en matière de comportement managérial.
 
Notre démarche ? Enquêter auprès des futurs managers via un test de personnalité présentant des situations d’entreprise, dont les réponses s’inspirent de comportement animal. L’objectif ? Savoir quel animal inspirera le manager de demain.

L’organisation, un facteur déterminant !

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Commençons par l’organisation au travail. Mais de quoi parle-t-on ? C’est très simple, il s’agit de définir qui fait quoi et comment, dans une entreprise, pour atteindre un objectif commun.

 

Voler vers la bonne direction...

 

Certains types de management privilégient les actions collectives aux actions individuelles. Prenons l’exemple des pigeons. Oui, vous ne rêvez pas, nous allons illustrer notre propos avec cet animal parfois déshonoré qui erre dans nos centres-villes. Figurez-vous que le pigeon détient une structure hiérarchique hybride et souligne l’importance du leader. 

 

Mais quel type de leader ? Le bon leader. En effet, près de 35% de nos futurs managers pensent qu’un leader impliqué, informé et compétent en tête de groupe mènera l’ensemble de l’équipe dans la bonne direction.  

Le leader permet de motiver et valoriser les collaborateurs, ce qui a comme avantage de booster la performance de l’équipe mais également les compétences et le potentiel de chacun. Eh oui, que serait une équipe si chaque individu prenait un chemin différent ? Le Chaos.


Organisé comme des abeilles...

 

D’autres préfèrent s’organiser par projet, c’est à dire adapter leur fonctionnement à partir et autour des projets à réaliser.  

Cette fois-ci, prenons l’exemple de votre insecte à rayures jaunes et noires préféré ! Vous ne voyez pas ? Vous savez cette petite bête qui vient vous bourdonner dans les oreilles. Tout comme en entreprise, l’abeille prône un management plutôt collaboratif fondé sur une bonne communication et une organisation non centrée.

 

En effet, près de 20% des participants se sentiraient à l’aise dans une structure fonctionnant par projet, dans laquelle chacun est autonome dans ses tâches. Selon Matthieu Dacher, “l’abeille communique à ses congénères dans quelle direction et à quelle distance il leur est possible de trouver une source d’aliment.”

 

Elles s’alignent vers un projet commun et partagé et mettent l’accent sur les performances individuelles pour atteindre une intelligence collaborative optimale. Afin de subvenir aux besoins de l’organisation, les abeilles agissent ensemble de manière coopérative. Elles vont occuper des rôles qui vont évoluer au fur et à mesure dans leur cycle de vie. Elles ont donc l’avantage d’être polyvalente et de remplacer d’autres membres lorsque cela s’avère nécessaire.  

Nous venons d'illustrer le management participatif par deux exemples concrets qui sont le pigeon et l’abeille. Alors oui, c’est beau, c’est sympathique mais vous allez nous dire que le travail d’équipe présente parfois quelques limites et qu’en fonction du nombre de collaborateurs et de leur efficacité, il est difficile d’avancer aussi rapidement qu’on le souhaiterait. 

 

Le chevreuil, grand solitaire de la forêt.

 

Certains managers préfèrent travailler seul et déléguer les tâches aux membres de l’équipe ce qui leur permet d’avancer à leur rythme. Bambi, c’est toi ? Oui, figurez-vous qu’à la base Bambi était un chevreuil et non un cerf. Enfin, ne nous éloignons pas du sujet et revenons-en à nos montons, ou plutôt à nos chevreuils. Le chevreuil est un animal plutôt sédentaire, qui vit seul une grande partie de l’année.   Mark Hewison nous précise que “le chevreuil est une espèce peu grégaire, c'est-à-dire qu'ils vivent souvent seuls ou en petit groupe familial.” 

 

Il arrive très rarement qu’il s’associe à d’autres chevreuils mais lorsque c’est le cas, il y a peu de communication entre les membres du groupe, chacun vaque à ses occupations. Si nous faisons le lien avec l’entreprise, il sera assimilé à un manager de type délégatif. Pour rappel, le management délégatif repose sur une grande autonomie de la part des collaborateurs et leur capacité à gérer certaines situations sans que le manager intervienne. Le travail individuel est donc privilégié.  

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

L’organisation est donc un élément primordial dans une équipe, qu’elle soit humaine ou animale, mais celle-ci peut se retrouver face à des modifications internes (arrivée d’un nouveau membre) ou externes (changement d’environnement). Il serait donc intéressant de comprendre comment nos amis les animaux, pourraient nous étonner.


Zoom sur la gestion du changement.

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Que ce soit dans notre vie professionnelle ou personnelle, nous sommes régulièrement confrontés à des changements. Ils font partie de l’écosystème dans lequel nous évoluons. La gestion du changement est donc intégralement associée au rôle du manager, qui doit être capable de trouver les solutions adaptées lorsqu’il est confronté à cette situation. 

 

Les animaux sont également confrontés à des modifications dans leur écosystème et doivent y faire face. Certains n’y arrivent pas et deviennent des espèces en voie de disparition et d’autres trouvent les ressources nécessaires pour survivre. L’adaptation se fait parfois de façon assez exceptionnelle. Prenons l’exemple du passereau migrateur nord-américain. 

 
Ce petit oiseau fait face à un changement qui touche le monde entier : le réchauffement climatique. Pour s’adapter, sa morphologie a évolué. Ils sont devenus plus petits et leurs ailes se sont allongées, incroyable non ?

Mais au-delà de cet aspect physiologique, ils ont également modifié leur comportement en adoptant des trajets plus courts et en partant quelques jours plus tôt. 


Vous me direz que c’est un phénomène particulier, et que pour s’adapter aux changements, un manager ne se verra pas pousser un troisième œil. Et vous aurez raison ! Le manager lui, doit prendre connaissance de la situation à laquelle il sera confronté et devra accompagner son équipe afin qu’elle accepte ce changement. Ceci peut passer par de la formation, du conseil ou encore des modifications en tout genre.  

 

Quand l’animal inspire le comportement...

 

Alors, comment le monde animal peut-il inspirer les managers en termes de gestion du changement ? Une petite bête très inspirante et déjà évoquée précédemment détient peut-être la réponse : l’abeille. En effet, elles sont capables de gérer cette difficulté de façon extraordinaire et sont une véritable source d’inspiration. Mais pour bien comprendre leur mécanisme, petit cours de comportement animal : il existe deux types d’abeilles, celles qui vont chercher du nectar et celles qui récolent le pollen. Tout comme les humains, elles sont toutes différentes. Certaines vont avoir une sensibilité au sucre plus forte que d’autres. Ainsi, elles vont se répartir les rôles en fonction de cette caractéristique. Mais le plus étonnant, c’est qu’elles sont capables de se réorganiser face à un changement ! Selon Matthieu Dacher, “si on retire toutes les abeilles qui allaient chercher le pollen, parmi celles qui restent, les plus sensibles au sucre vont aller chercher du pollen et vont recréer la même organisation.” 

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Elles font preuve d’une adaptation au changement concernant l’organisation de la ruche. Le fait que l’abeille soit une source d’inspiration se retrouve également dans les résultats de notre questionnaire, où elles représentent 30% et 20% des futurs managers sur les deux questions liées à la gestion du changement.

 

Ainsi, la première mise en situation est un parfait exemple de celui donné par Matthieu Dacher. Un peu plus de 30% des répondants vont relativiser en cas de démission d’un membre pilier de l’équipe. Le mot d’ordre est la “réorganisation”. Ainsi, le comportement de nos chères petites butineuses représente un modèle très inspirant de gestion du changement pour les managers.

D’autres animaux sont également des exemples :  nos amis éléphants, animaux inspirants le plus nos managers de demain, abordent ces situations comme des défis et font preuve d’innovation. Mais l’autre roi de la gestion du changement, c’est le pigeon ! Notre compagnon des villes est en effet, le champion de l’adaptation, parfois au détriment de l’aspect social.

 

Dans notre questionnaire, à la mise en situation évoqué plus haut avec le départ d’un membre important de l’équipe, il devance l’abeille avec plus de 55% (!) des votes de nos futurs managers. Ainsi, au-delà de la reconnaissance envers le collaborateur, l’anticipation et la réorganisation seront les qualités plébiscitées. 

 

Cependant, un changement mal géré peut entraîner des complications telles que la résistance de la part de certains collaborateurs. En plus des problématiques organisationnelles que cela engendre, le manager peut se retrouver face à une nouvelle gestion, celle du conflit.


Focus sur la gestion du conflit.

Les situations de conflit sont un aspect important du milieu de travail. Le conflit fait référence à une situation dans laquelle les intérêts, les besoins, les objectifs ou les valeurs des parties interfèrent les unes avec les autres.  
 
Les conflits interpersonnels sont un phénomène courant sur le lieu de travail et peuvent nécessiter une médiation de la part du manager. Différentes parties prenantes peuvent avoir des priorités différentes ; les conflits peuvent impliquer des membres de l'équipe, des départements, des projets, des organisations, des clients, des dirigeants, ou encore, des subordonnés. 
 
Le conflit est souvent le résultat d’une mauvaise perception et est lié à un manque de communication et à une perte de contrôle émotionnelle. Mais, le conflit est-il vraiment une mauvaise chose ? Pas nécessairement. Il existe d’ailleurs différentes façons de gérer les conflits, pour mieux le comprendre, retournons du côté du monde animal. 
 
La vie en groupe, chez tous les animaux, entraîne nécessairement des conflits d’intérêts. Le conflit est source de tension et de gêne. Il nécessite une réaction, parfois immédiate, de la part des animaux concernés. Mais alors, comment les animaux procèdent-ils pour résoudre les conflits qui les opposent ?
 
Pour répondre à cette question, intéressons-nous d’abord à un animal qui a tendance à adopter une approche agressive pour résoudre un conflit : le chimpanzé. 
 
Agressivité et Intimidation : le cas du chimpanzé.
 
Chez les chimpanzés, il n’est pas rare que les mâles se retrouvent en conflit pour une femelle ou pour détrôner un dominant affaibli. Dans d’autres cas, ils peuvent être en situation de compétition vis-à-vis de ressources essentielles comme que la nourriture et l’eau.  Dans ces situations, l’intimidation et l’agressivité sont la réponse spontanée.
 
On note une similarité dans le monde du travail, puisque les personnes dont le profil se rapproche du chimpanzé dans la gestion des conflits, ont tendance à vouloir dominer leurs interlocuteurs qu’ils considèrent comme des adversaires. Impulsifs, ces managers n’hésitent pas à adopter un comportement agressif pour régler un conflit et peuvent être autoritaires, intimidants et non coopératifs. Heureusement pour nous, seulement 4% de nos répondants optent pour cette approche. 
 
Et si on évitait le conflit ?
 
Contrairement au chimpanzé qui perçoit le conflit comme une lutte pour le pouvoir, le dauphin quant à lui évite toutes sortes de conflits ! Les personnes au style dauphin ne sont pas de nature conflictuelle. Elles ont tendance à se retirer, puis se réfugier à l’abri pour laisser passer la tempête. De ce fait, un manager utilisant le retrait en situation de conflit développe des stratégies plus ou moins efficaces. Pensez-vous que cette solution soit la bonne ? 10% des répondants de notre questionnaire le pensent. 
 
Le juste milieu…
 
Finalement, intéressons-nous à l’éléphant. Les personnes au style éléphant sont des pros de la négociation et par extension de la gestion des conflits. En effet, en cas de conflit, elles font en sorte que chaque partie soit finalement gagnante et que personne ne reparte frustré. Elles ne considèrent pas un conflit comme une menace et ne le néglige pas non plus en le prenant à la légère. Dans leur approche, le plus important est d’avancer ensemble, dans le meilleur état d’esprit. Elles ont bien conscience que les conflits font partie du jeu et elles déploient, en conséquence, des stratégies de communications assertives pour en sortir.
 
Ce type de manager est apprécié dans le milieu du travail. Il permet d’apporter des solutions rapides aux problèmes sans pour autant mettre à l’écart les membres de son équipe. Environ la moitié des répondants préfèrent trouver un terrain d’entente, ce qui insinue que les futurs managers misent sur le long terme en proposant des solutions acceptables pour tout le monde. 
 
Conflits et risques : quel lien ?
 
La source d’une gestion de conflit peut être la gestion d’un risque. Le manager doit être en capacité de gérer les conflits dans le cadre de la gestion de risques. Mais comment les managers doivent-ils se comporter face à celui-ci ? Et en quoi certains animaux sont devenus “experts” de l’organisation face à un danger imminent ? Voyons ça tout de suite.

Gestion du risque : Le contrôleur aérien et le suricate

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?
Tout comme dans le règne animal, le manager doit affronter des situations de stress dans un cadre de gestion du risque. Mais quel comportement adopter face à un risque imminent ? Nous pouvons prendre pour exemple le métier de contrôleur aérien qui nécessite beaucoup de sang-froid et de vigilance. Un ex-contrôleur aérien ayant le statut de chef de tour (équivalent au manager en entreprise) a répondu à nos questions, ce qui nous a permis d’établir un comparatif entre ce métier et le comportement des suricates.  
 
En parlant d’eux, Marc Hewison a évoqué la méthode des suricates pour prévenir le danger. En effet, leur système de surveillance des prédateurs est très élaboré. Faire le guet chez les suricates, c’est un vrai métier. Ils utilisent différents cris pour annoncer si la voie est libre ou si un prédateur arrive. Et quand bien même ils se retrouveraient devant un prédateur, ils ne se dégonflent pas, bien au contraire. Ils font face à l’adversaire et mise sur la coopération au sein de l’équipe pour le déstabiliser.  
 
“Chez les suricates, le garde prend beaucoup plus de risques. Il est dehors et c'est le dernier à rentrer dans le trou”.
 
Des procédures bien établies... 
 
Dans le contrôle aérien, pas de chacal ou de serpent à sonnette, mais des risques liés au trafic aérien pouvant survenir à n’importe quel moment. Comment le manager gère-t-il ces risques ? Comment gère-t-il son équipe face à ce danger ? La gestion du risque passe par le respect de la procédure. Ces procédures sont étudiées en amont afin d’éviter le stress et la surprise lors d’un risque imminent.
 
Tout comme les suricates, les contrôleurs aériens s’organisent en équipe et comptent les uns sur les autres : chacun sait ce qu’il a à faire et l’organisation se met en place naturellement. Mais pour en arriver là, l’anticipation et l’entrainement (via des simulateurs par exemple) sont indispensables. On notera donc que l’instinct animal chez les contrôleurs est moins développé que chez les suricates...  
 
Quelles sont les étapes à l’arrivée d’un danger ? Que ce soit chez l’humain ou chez l’animal, les étapes sont à quelques choses près similaires. D’abord, on identifie le risque (c’est un serpent à sonnette). Puis, on attire l’attention sur le risque (regardez ce qui arrive, c’est un serpent à sonnette). Ensuite, le manager donne des pistes de solutions, mais c’est à l’équipe de trouver le problème pour le résoudre (maintenant que vous savez que c’est un serpent à sonnette, que faites-vous face à ce prédateur ?). Enfin, ce n’est pas une personne qui doit gérer le problème seule, c’est à l’équipe entière (une stratégie de coopération de l’équipe de suricates pour faire fuir le serpent à sonnette), et ça marche.

Le comportement du manager : Homme versus animal.

 

Selon Christian Fongarnand, interrogé pour cette occasion, “un manager qui se croit meilleur que les autres, c’est un mauvais manager. Attention à l’excès de confiance ! Il peut avoir des conséquences dramatiques”. L’écoute est pour lui une qualité essentielle dans son métier lorsqu’on parle de gestion du risque, au même titre que le leadership. 

 

Prenons un exemple. Si un contrôleur aérien ne se sent pas capable de gérer la situation, le chef de tour peut le faire remplacer par un collègue. Après la crise passée, le chef de tour en parle avec cette personne, sans mettre aucune pression. L’objectif ? Établir un retour d’expérience : noter ce qu’il s’est passé, analyser le problème pour éviter qu’il se reproduise. Chacun des agents notent leurs erreurs pour faire une auto-critique permanente. On appelle ça le management de la sécurité. Notre ex-chef-de-tour-contrôleur-aérien témoigne : “il ne doit surtout pas y avoir de pression pour être capable de gérer le risque correctement, nous ne sommes pas dans un management punitif... jamais de sanctions de la part du manager pour une faute involontaire”.  

 

Contrairement aux suricates, (et c’est là que nous voyons la différence entre l’humain et l’animal), le chef de tour peut écarter un agent si celui-ci n’est pas en capacité de gérer le problème au sein de l’équipe. Les suricates, eux, n’écarteront aucun membre même si l’un d’entre eux se sent dépasser par la situation.  

 

Le contrôleur aérien, le suricate et l’éléphant. 

 

Nous retenons tout de même l’organisation mise en place, que ce soit chez les contrôleurs aériens ou les suricates. La procédure, le rôle du manager, l’esprit d’équipe qui s’organise naturellement... les points communs sont troublants.

 

Le contrôleur aérien possède tout de même une qualité supplémentaire extrêmement importante dans son métier et dans son rôle de manager : l’empathie. Une qualité qui nous rappelle fortement celle de l’éléphant que nous avons pu mettre en avant dans notre questionnaire. A la question posée sur la gestion du risque, 40% des managers de demain se sont positionnés sur la réponse de l’éléphant, qui fait intervenir la voix de son équipe et qui prend en compte chaque opinion afin de construire sa décision finale. Là encore, l’écoute est mise à l’honneur.

 

Le chef de tour a des qualités managériales basées sur l’organisation et l’équipe comme le suricate, mais un bon chef de tour sait également écouter les autres pour prendre la meilleure décision, et sait faire preuve d’empathie. Et devinez quel profil est notre chef de tour contrôleur aérien ? Éléphant bien sûr.

Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Cap sur le savoir-être...

Être manager c’est bien, mais peut-on dire que le manager fait l’homme ? Dans notre vie personnelle comme professionnelle, nous développons ce que l’on appelle notre savoir-être, c’est-à-dire notre manière d’agir et de réagir face à des situations auxquelles nous sommes confrontés. Inutile de préciser que faire preuve de savoir-être signifie se comporter de façon appropriée. Vous entendez parfois parler de soft skills dans jargon managérial. D’ailleurs parlons un peu du savoir-être de nos amis les managers. 
 
Qu’est-ce qu’un bon manager finalement ? 
 
Dans le meilleur des mondes, le manager est à l’écoute de ses collaborateurs. Expérience ou pas, on sait tous que ce n’est pas toujours le cas. Nous avons donc voulu tester nos futurs managers pour voir quelle serait leur réaction face à la demande d’un collaborateur. L’exemple est très simple, le collaborateur exprime à son manager, son souhait de développer de nouvelles compétences. Eh bien, figurez-vous que nos futurs managers sont de bons élèves ! À l’écoute de leur collaborateur, ils sont 70% à souhaiter lui donner l’opportunité de se former et estiment que la formation est quelque chose d’essentiel pour renforcer les compétences du collectif.  
 
Et les animaux dans tout ça ? On allait y venir, pas de panique. Cette tendance à être à l’écoute de l’autre et cette sensibilité au bien-être du collectif est fortement inspiré de nos amis les éléphants. Comme on vous l’a déjà fait remarquer, dans le règne animal, ce sont les big boss de l’empathie. Ils sont très attentifs au bien-être des individus qui les entourent, qu’ils soient de la même espèce ou pas. S’il faut aider, l’éléphant répondra naturellement présent !

Regardez ces éléphants aider un petit du groupe coincé dans point d’eau boueuse. De quoi inspirer nos managers, vous ne croyez pas ? Nous en tout cas, on retiendra que l’entraide est vitale d’autant plus lorsqu’un membre est en difficulté.


D’ailleurs chez les éléphants, “le manager” c’est la matriarche. En général, c’est elle qui a le plus d’expérience dans le groupe. Elle fait en sorte que chaque membre se sente à l’aise dans le groupe et transmet ses savoirs à chacun des membres. Le but ? S’assurer qu’un autre puisse prendre sa place s’il lui arrive quelque chose. Quelle sagesse, on applaudit ! C’est indéniable, les soft skills de la matriarche font d’elle une véritable leader.
 
Mais d’ailleurs, un bon manager doit-il être un leader ? 
 
Il y n'y pas une société où il n'y a pas de leader. Je crois que c'est une nécessité. Le leader n’est pas forcément quelqu'un d'autoritaire, loin de là. Ce n’est pas quelqu'un qui donne des ordres, c'est plutôt quelqu'un qui est suivi et qui va, à un certain moment, prendre des décisions pour la survie du groupe.”

Tous les managers ne sont pas des leaders, comme tous les leaders ne peuvent pas être des managers. Mais, si l’on en croit les mots de Jean-Marc Poupard, notre manager idéal devrait assurément être un leader. Et c’est vrai, ces deux profils réunis sont à la source de nombreuses réussites. Regardez Steve Jobs, entrepreneur accompli et fondateur d’Apple, connu dans le monde entier pour être l’un des leaders qui a marqué l’histoire, notamment grâce à ses discours inspirants et à son art de manager. D’ailleurs aujourd’hui, le cas Steve Jobs est souvent repris par les écoles de management et les entreprises pour améliorer le leadership des étudiants ou des collaborateurs. 
 
Du côté de notre manager de demain, deux tendances se dégagent en termes de leadership :
 
À hauteur de 35%, il y a d’abord ceux qui estiment qu’en tant que leader, ils doivent privilégier l’intelligence collective et l’effervescence intellectuelle. Côté animal, cette tendance est inspirée des abeilles, ce qui nous a laissé perplexe, car Matthieu Dacher, expert de ces drôles de petites bêtes nous expliquait que :  Il n’y a pas de chef chez les abeilles, c’est une organisation non-centrée, la reine n’est qu’une machine à pondre. Elle n’est pas du tout chef, elle ne coordonne rien du tout.”
 
Nous avons donc souhaité connaitre l’avis de Jean-Marc Poupard pour qui, dans un groupe, il doit toujours y avoir un leader :  “Il n'y a pas forcément un leader comme on peut l'entendre, sauf qu’il y a quand même une reine. Si elle n’est pas leader au sens où on l'entend habituellement, c'est autour d'elle que s'organise toute la société. S’il n'y a plus de reine, la société s'écroule.” Forcément, sans la reine toute cette organisation incroyable et cette intelligence collective n’existerait pas, car c’est elle qui fédère tout ça. Sans aucun doute, notre amie l’abeille a donc largement de quoi inspirer les managers-leaders !
Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Elle n’est pourtant pas la seule à inspirer nos futurs managers, qui sont 26% à estimer que leur leadership leur permet de laisser les autres s’exprimer, sans perdre de vue leur objectif final : avoir le dernier mot par la négociation. Cette tendance-là nous vient tout droit de notre camarade le chimpanzé.
Pour atteindre le sommet de la hiérarchie et surtout pour y rester, le chimpanzé doit avoir le sens de la négociation et être influant aux yeux du groupe. Sa tactique ? Nouer des alliances, prendre soin des membres du groupe et les laisser s’exprimer librement. Alors chers managers, prenez note, laissez vos collaborateurs s’exprimer et considérez-les comme vos alliés. De cette façon, tel un vrai leader vous parviendrez peut-être comme le chimpanzé à obtenir ce que vous désirez. 
Bio mimétisme et Management: tous des pigeons ?

Que faut-il faut retenir ? 
 
En tant que manager, la façon dont vous vous comportez est primordiale. Quel que soit le secteur d’activité dans lequel vous travaillez, vous devez adopter un comportement exemplaire auprès des membres de votre équipe, des autres collaborateurs ou encore de vos clients. Votre savoir-être, vos soft skills et les relations que vous entretenez avec les personnes qui vous entourent sont autant d’éléments qu’il ne faut pas prendre à la légère.
 
On vous a parlé de l’empathie chez l’éléphant, de l’abeille fédératrice et du chimpanzé négociateur, comme quoi, les comportements d’animaux tous aussi différents les uns que les autres peuvent être riches d’enseignements pour construire ou renforcer votre savoir-être. Gardez-le en tête ! 

Alors, finalement, quel animal inspirera le manager de demain ?

Le grand gagnant est l’éléphant ! Pour lui comme pour le futur manager, l’empathie et l’écoute restent les maîtres-mots. Il fait passer l’intérêt des collaborateurs avant tout et aime se lancer de nouveaux défis. Bien que l’aspect humain reste primordial pour lui, il attache aussi une importance capitale à l’organisation assidue dans le travail, comme l’abeille.  
 
Nous observons également que le profil du chimpanzé n’a pas eu un fort succès de par son comportement relativement autoritaire, estimé dépassé dans le monde de l’entreprise. 
 
Le profil type mélange tous les animaux. On retrouve l’éléphant par son aspect empathique ainsi que l’abeille avec l’organisation et la performance individuelle. Le dauphin se démarque par son écoute active, qualité indispensable pour le futur manager. Aussi, il utilise des traits de caractère du pigeon avec la reconnaissance et l’organisation collective. Enfin (et même si ce dernier animal reste à la marge), nous retrouvons un peu du comportement du chimpanzé avec la coopération.
 
“Dans le milieu animal, les choses se passent de façon beaucoup plus démocratique que ce qu'on veut bien nous faire croire habituellement. Ce n’est pas la loi de la jungle, c'est plutôt la loi de la coopération, de l'échange et de la négociation. Et c'est dans ce sens-là, à mon avis, que les managers feraient bien de s'inspirer fortement de ce qu’il se passe dans le règne animal. Pas pour le copier, mais pour s'en inspirer.”
 
Alors, désolés de vous décevoir, mais les managers de demain ne seront pas tous des pigeons. D'ailleurs, si vous avez envie de savoir quel animal inspire le manager qui est en vous, faites le test !
https://snowquiz.com/surveys/take?id=225010&c=10108349257HVVD&page=view



Nous tenons tout particulièrement à remercier les différents professionnels et experts du comportement animal, ayant pris le temps d’échanger avec nous : Jean-Marc Poupard – Mégane Suc – Matthieu Dacher – Alain Hambuckers – Marc Hewison. Nous souhaitons également remercier sincèrement Catherine Dos Santos pour son accompagnement tout au long de la réalisation de ce projet. 
 
Margaux Jean, Éloïse Fongarnand, Solène Jourde, Mattéo Imbert, Nisrine Khabbachi, Mehdi Hfoud, Wadii Halhal,
Étudiants Groupe ESC Clermont (Classe Master in Management).

Eloïse Fongarnand
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