Connectez-vous S'inscrire
Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
Un webzine au service de l'innovation en Management
Les 4 Temps du Management

Futurologie

Bébé à la carte, un business de demain ?

Savez-vous qu’aujourd’hui, nombreux sont les pays qui ont autorisé de modifier génétiquement les futurs bébés avant même qu’ils naissent ? Alors que penserez-vous si cette nouvelle pratique devient accessible à tous les parents, même en France ?

Cette modification génétique des embryons, également connue sous le nom de ”l’eugénisme”, vous permettra de choisir la couleur des yeux, des cheveux, la musculature, la personnalité et le QI de vos futurs enfants, et vous permettra également de les empêcher d’avoir des maladies congénitales.

En 2030, cette conquête de la perfection sera-t-elle un business dans le futur ?


Bébé à la carte, un business de demain ?

Présentation des concepts clés de l’eugénisme

L’Eugénisme comporte divers aspects. Afin de mieux les comprendre, il est opportun de les explorer. L’eugénisme est une théorie qui ne date pas d’aujourd’hui, en effet, celle-ci remonte à l’antiquité. Cependant, celle-ci à bien évolué et s’apparente désormais à une science et à une idéologie.

Définition et origine :

Le terme d’eugénisme a pour étymologie le grec : eu, signifiant bon et gennân, qui signifie engendrer. Étymologiquement, cela désigne le fait que c’est un individu bien engendré, c’est-à-dire qu’il est de « bonne naissance ».

L’eugénisme peut être désigné comme « l’ensemble des méthodes et pratiques visant à sélectionner les individus d'une population en se basant sur leur patrimoine génétique et à éliminer les individus n'entrant pas dans un cadre de sélection prédéfini ». Lorsque des parents décident de choisir « l’enfant parfait » ou sans affections graves ils peuvent avoir recours à l’Eugénisme.

Il existe différents concepts de l’Eugénisme. En effet, nous retrouvons en premier lieu, la FIV qui signifie Fécondation in Vitro. Cette procréation assistée consiste à reproduire ce qui se passe naturellement dans les trompes c’est-à-dire la fécondation ainsi que les premières étapes pour le bon développement de l’embryon. Autre concept que l’on retrouve c’est la Gestation pour Autrui (GPA). Celle-ci permet aux parents infertiles de donner la vie. En effet, les parents vont faire appel à une mère porteuse qui comme son nom l’indique portera l’enfant jusqu’à ce qu’il naisse. Enfin, nous avons la technologie CRISPR qui permet de modifier ou corriger un gène responsable de maladie héréditaire. 

L’évolution : 

Auparavant, l’Eugénisme n’était pas pratiqué. Depuis quelques années, dans certains pays, l'Eugénisme se pratique. Au Canada des stérilisations sexuelles ont eu lieu, dans les années 70 même après l'abrogation des lois sur la stérilisation. Certains experts croient que le Canada est sur la voie d'une nouvelle forme d'eugénisme au 21e siècle.  En Chine et à Singapour, il y a la politique de l’enfant unique. Ce sont les seuls pays au monde à s'être dotés à la fin du XX e siècle d'une loi eugéniste qui vise la protection de la mère et de l'enfant et qui permet d’améliorer la qualité de la population. 

En Californie, l’état est à l'avant-garde du mouvement eugéniste américain, effectuant environ 20 000 stérilisations ou un tiers des 60 000 réalisés à l'échelle nationale ont été réalisés à partir des années 1909 jusqu'aux années 1960.  Enfin, pour le Royaume Uni, le pays autorise la conception de bébé afin d’éviter aux enfants d’être porteur de maladie dès leur naissance.

Actuellement, les pays autorisant des modifications génétiques d’embryons humains à des fins de recherche ne sont pas très nombreux. Nous retrouvons la Chine, le Royaume-Uni, la Suède, le Japon et les États-Unis
 
En Chine notamment, en 2018, le professeur He Jiankui a réalisé une expérience qui a fait beaucoup polémique. Il a modifié l’ADN de deux jumelles afin de les rendre résistantes au virus du VIH.

Ces bébés nommés Lulu et Nana sont nés après une fécondation In Vitro. Avant l’implantation dans l’utérus de leur mère, les embryons ont été modifiés. En effet, l’embryologiste à injecté de la protéine CRISPR Cas-9 dans ceux-ci afin de faire barrière contre le virus du sida. Le père étant séropositif, cette modification permet de protéger les jumelles de contracter cette maladie.

Les business de demain : Un marché financier ou une évolution de la société ?

Bébé à la carte, un business de demain ?
Un marché financier ou une évolution de la société ?
 
L’adoption de ces méthodes de modifications génétiques représente une réelle évolution des biotechnologies qui tire parti des dernières recherches scientifiques et technologies. Tout au long de l’histoire, l’eugénisme a connu de nombreux succès ainsi que plusieurs projets ont gagné des prix Nobel. Par conséquent, ceci accélère les démarches d’évolution des laboratoires et ouvre notre société sur d’autres offres. 

Le marché a déjà vu le jour en Belgique, qui a ouvert au grand public l’accès à faire le dépistage Prénatal Non Invasif. Il s’agit d’un test génétique qui permet de voir si un fœtus est porteur d'une anomalie chromosomique principalement la trisomie 21.

Un projet qui a coûté 26 millions d’euros à l’Institut national d'assurance maladie invalidité pour rendre le test accessible à 100 000 femmes belges et leur permettre d’avorter en cas de présence du syndrome si elles le souhaitent. 

Le test est coûteux mais il est bien moins cher que ce qu’une affection génétique coûte au long terme. Son prix était de 850€ en 2013 et il a passé à 260 € aujourd’hui grâce aux laboratoires privés qui font jouer la concurrence. La bonne nouvelle c’est que depuis juillet 2019, le test est remboursé par la sécurité sociale.

La modification génétique dans ce genre de maladie est une réelle solution pour éviter des coûts élevés au long terme. Malgré leur risque et coût que la famille doit supporter, de telles solutions valent la peine vu leur taux de réussite. Elles sont aussi une source potentielle de progrès pour l’humanité.
 
D’après les résultats de notre étude, 78,9% des répondants étaient prêt et favorable à une mutation génétique de leur bébé pour supprimer des maladies génétiquement défectueuses ou infectieuses. Un pas vers l’avant pour une évolution d’une société sans maladies graves et une nouvelle porte ouverte pour un business attractif. Cependant, 70,80% des interviewés pense qu’en 2030 la société ne sera toujours pas Eugéniste.

L'eugénisme peut donc être un business profitable dans le futur. Une relation Win Win qui permettra d’un côté aux parents d'aller au-delà de la protection de leurs bébés des maladies mais aussi de choisir leur physique, et d’un autre côté pour les laboratoires, médecins et futurs investisseurs de profiter de cette tendance et ouvrir le marché au grand public pour plus de gain.

Néanmoins, l’aspect éthique reste toujours un frein comme expliqué par nos répondants. Certes, le marché peut être rentable pour les différents acteurs mais est ce que la société peut considérer cela comme une évolution ou plutôt comme acte non éthique ou violation de liberté ?

L’aspect éthique :
 
Le concept de l’eugénisme a certes un marché qui peut sembler prometteur, avec l’aspect évolutif des méthodes de modification génétique. Cependant, l’aspect éthique fait débat depuis toujours et est d’autant plus contester depuis peu avec la possibilité de modifier certains aspects physiques de l’homme. L’éthique est donc devenue un sujet de controverse entre les chirurgiens et les scientifiques. Alors qu’en est-il vraiment ?

Des premiers débats ont commencé en 1882 avec le premier clonage animal de l’histoire. En effet, des scientifiques sont parvenus à reproduire artificiellement un oursin. De là, les expériences se sont multipliées pour enfin parvenir 1980 à cloner des espèces plus grosse (lapin, mouton, …).

Aujourd’hui, les chercheurs dont ceux de l’INRA (Institut de Recherche Agronomique) sont parvenus à cloner des porcs, des vaches ou encore des chèvres. En 2011, 100 veaux ont été clonés. 
Même si en aspect cela peut apparaître comme une révolution, la cause de défense des animaux à mis au grand jour le réel résultat de ces expériences. Seuls, 6 à 15% de ces clonages ont été réussis. Autrement dit, le taux de mortalité lors de ces opérations atteigne les 85 à 94%, des chiffres hallucinants créant une opposition d’opinions entre les chercheurs favorables malgré les conséquences de mortalité et les chercheurs en défaveur de ces expériences qui estiment que le taux de mortalité est bien trop élevé par rapport au taux de réussite. 

Alors à l’image de l’homme la prise de risque des scientifiques est plus complexe. Les interrogations sont nombreuses pour essayer d’inverser cette tendance qui pourrait provoquer un grand nombre de décès pour des opérations pas forcément vitale.

Autre point à mettre en avant est la liberté offerte aux enfants subissant ce genre d’opération. Ils ne sont pas décisionnaires de ce genre d’opérations et les parents peuvent prendre les libertés de façonner à leur image et non comme l’ordre naturel des choses. 

L’enfant aurait donc son sexe imposé, voir ses cheveux ou ses yeux, mais avec une telle vision la société finira par se cloner dans des normes physiques imposées par la société. L’enfant est donc comme on lui dit d’être et non comme il aurait dû être, ce qui représente un frein pour la liberté.

Lors de notre étude, le sujet de l’éthique est revenu comme un frein pour ce genre d’opération pour 88,4% des interrogés, démontrant ainsi que le monde n’est pas encore prêt à laisser leurs enfants être sujets d’expériences scientifiques.
Bébé à la carte, un business de demain ?

Eugénisme : Bénéfique ou maléfique ?

Ce business est-il profitable ?
 
La question de contrôler les naissances des « bons » enfants existe depuis des décennies. L’eugénisme est entré dans l’intimité d’un couple ou d’une famille, et, s’est alors déplacé de la sphère médicale vers la sphère privée. 

En effet, il est aujourd’hui possible de dépenser des milliers d’euros pour changer la couleur de ses yeux. En effet, en France, des ophtalmologues-chirurgiens surfent sur la vague de l’eugénisme pour proposer à leurs clients le changement de leur couleur de leurs yeux pour une opération d’une durée de 45 minutes, pour 5 600€. A ce jour, il existe un seul chirurgien, basé à Strasbourg. 

Ce business est profitable pour les chirurgiens car il est recommandé de revenir 6 mois après la première opération afin de faire des retouches « gratuites ». Le tarif incite alors les clients à revenir le plus tôt possible. Toutefois, le changement de la couleur des yeux n’est pas effectif pour la vie, et il faut réinjecter de la couleur régulièrement, et cela tous les 2 ans, pour un montant de 1 800€. 

Il s’agit de la technique de kératopigmentation, et les clients sont nombreux et à se déplacer vers le France pour effectuer ce changement, c’est notamment le cas de client venant de l’international, et plus précisément de Miami, New York ou Londres.  

Pour accroitre ses bénéfices, la Start up française envisage de mettre en place un « pack premier » incluant à la fois les billets d’avions, l’hôtel, et la restauration avec l’opération. De ce fait, l’entreprise pourrait avoir des bénéfiques plus important en margeant sur ces services. 

L’eugénisme d’État passe à une forme d’eugénisme privé. Si les réglementations dans les pays le permettent, des entreprises sont créer pour effectuer des techniques d’eugénismes sur les humains. Lors de notre étude, 30% des interrogés sont contre cette méthode pour l’aspect financier. 

L’avenir de l’eugénisme remet en question l’intervention de l’assurance maladie pour les modifications génétiques. Aux États-Unis, il est possible de choisir le bébé de ses « rêves », en sélectionnant le sexe, l’apparence physique et moral, pour une maudite somme de 20 000€. De nombreuses entreprise le proposent et sont en concurrence directes. Il existe un réel business concernant la vente et l’achat de sperme. Des sites internet proposent directement de cocher des cases pour déterminer si le donneur ressemblera à David Beckham, Georges Clooney ou bien Brad Pitt. Il existe un réel business profitant aux entreprises commercialisant le sperme.  

Les limites de l'eugénisme :
 
Les résultats de notre enquête sur l’eugénisme ont révélé que 17,4% des Français ne sont pas favorables à ce genre de pratique, ce qui laisse comprendre qu’ils existent des limites qui empêchent les gens à se pencher vers cette science. En effet, 55.9% des répondants considèrent que le manque de recul est le premier obstacle qui poussent les gens à éviter ce genre de pratique, en seconde position : l’aspect moral avec un pourcentage de 40.4%, et enfin 30.4% des Français estiment que c’est l’aspect financier qui les empêchent d’oser des modifications ou des transformations génétiques.

La science nous donne la possibilité de changer et de progresser certes, mais nous restons tout de même prisonniers d’une catégorisation sociale figée. Avec l’eugénisme, les gens ont désormais la possibilité de se modifier et de modifier leurs futurs enfants. Mais est ce qu’ils ont tous les moyens nécessaires pour satisfaire ce besoin ? La réponse est claire, nous vivons dans un monde où les besoins des individus se ressemblent, cependant leurs revenus diffèrent d’une classe sociale à une autre.

L’eugénisme conduit donc à un clivage entre les classes pauvres et les classes riches. Si les riches ont la capacité de dépenser de l’argent pour modifier leur QI, leurs corps, la couleur des yeux ou empêcher des maladies susceptibles d’attaquer leurs futurs enfants, en revanche une catégorie de personne n’a pas suffisamment de moyen pour le faire. Par conséquent nous seront face à des problématiques de discrimination entre les enfants qui appartiennent aux classes sociales aisées qui sont plus intelligents et privilégiés, et les enfants des classes moyennes ou pauvres qui sont naturels.   

Par ailleurs, l’aspect financiers n’étant pas la seule limite qui poussent les gens à refuser l’application de l’eugénisme, cette fois nous allons nous pencher vers la mentalité des Français comme barrière face à cette avancé scientifique. D’après les résultats de notre étude, nous avons constaté que 85.8% jugent que l’eugénisme est une pratique effrayante et choquante. Par conséquent on comprend que pour une catégorie de personne, cette science est se contredit avec la dignité humaine. Ceux sont des gens qui veulent respecter la nature humaine, car ils craignent de perdre des personnes dans leur société, qui sont censé être, de nature, compétentes ou intelligentes, ayant une manière de penser différente les uns des autres, des personnes qui vont faire avancer la société sans pour autant être modifiées ou transformées. 

Selon Blaise Mao. (4 août 2016) « Laurent Alexandre constate que la France est totalement schizophrène : …l’eugénisme est encore considéré comme un crime contre l’espèce Humaine passible d’une peine de prison »

Par conséquent, l’eugénisme se situe dans un cadre ou un contexte qui ne respecte pas les principes de liberté, d’égalités, de responsabilités et dignités des êtres humain. En revanche, le bébé de demain sera un "produit" commercialisé, qui satisfait les besoins des personnes supportant l’eugénisme et les business qui veulent en tirer profit.


Pour conclure...

Jusqu’à présent, la Chine reste le pays le plus avancé sur l’eugénisme et ouvre au grand public des offres adaptées à leurs besoins pour bénéficier des modifications génétiques. Depuis, d’autres laboratoires dans le reste du monde notamment en Belgique, Angleterre, et États-Unis proposent des services similaires.

Malgré son ancienne apparition, l’eugénisme reste toujours un sujet d’actualité. Se pencher sur un tel business peut pousser le lancement de différents services tel que la digitalisation du process via une application pour le choix des caractéristiques par les parents, pour le suivi de l’état de santé de leurs futurs enfants ou pour revoir des exemples de familles qui ont déjà optées pour cette technique.

Les investisseurs seront prêts pour un tel projet ? La communauté française pourra-t-elle dépasser les limites définies et faire de l’eugénisme un business de demain ?

Sources

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Eugénisme
  • L’hypothèse du “bébé sur mesure” Jean-Hugues Déchaux (2017) 
  • Réflexions éthiques et juridiques sur le transhumanisme dans une perspective de développement durable de l’espèce humaine - Bénédicte Bévière-Boyer (2020)
  • https://srvcl-ezproxy.esc-clermont.fr:2073/l-eugenisme -9782715404007
  • https://usbeketrica.com/fr/article/sur-la-piste-du-bebe-genetiquement-parfait 
  • https://srvcl-ezproxy.esc-clermont.fr:2073/revue-internationale-et-strategique-2018-1-page-60.htm#s1n3 
  • https://www.youtube.com/watch?v=2SFmnthGwA8
  • CRISPR-CAS9 : RÉVOLUTIONS SCIENTIFIQUES, ENJEUX STRATÉGIQUES Sébastien Abis, Clémence Hollemaert, IRIS éditions | « Revue internationale et stratégique »
  • https://srvcl-ezproxy.esc-clermont.fr:2073/revue-raisons-politiques-2003-2-page-187.htm#s1n1

Co-auteurs

Cet article est écrit par les étudiants du Groupe ESC Clermont "Master in Management" :  
  • Charlotte DUPLAIX
  • Salma EL ABBASSI
  • Fatimazahra FOUDIL
  • Carla GABILLAT
  • Hugues HETHEVE

Salma EL ABBASSI
Notez
Lu 107 fois

Nouveau commentaire :

Editorial | Le Temps de l'Action | Le Temps des Equipes et des Projets | Le Temps de la Strategie | Le Temps des Valeurs | Futurologie | Web TV du Management | Chroniques impertinentes


Recherche
Facebook
Twitter
LinkedIn
Google+
Viadeo

google-site-verification=zBXM1P-AZGEjk_uTepWbjj72lctplg2-eEDlKQ25ZtI