Mauvaise passe suite, ou simple ajustement de routine ? Déjà ennuyé par un problème de micro-fissures sur les ailes de certains exemplaires de son A380, l'avionneur européen Airbus pourrait aussi devoir changer des rivets sur le nez de ses gros porteurs, selon le Financial Times Deutschland vendredi.
A380 : des fissures à 100 millions d'euros ?
Après la découverte de fissures, tous les A380 vont être examinés
Des fissures découvertes sur au moins un Airbus A380
A380 : des fissures qui inquiètent
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L'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) prépare une consigne pour échanger 6 rivets en aluminium contre des rivets plus résistants en titane sur le nez des A380, selon le journal économique allemand. Car en cas de choc extrême, comme une brutale dépressurisation, le radôme - la coupole protégeant l'antenne du radar sur le nez de l'appareil - risquerait de se détacher. L'échange des rivets devrait être fait dans les 8 prochains mois, selon la consigne en préparation de l'AESA. Il faut compter environ 3 heures et demi pour changer ces pièces, a déclaré un porte-parole d'Airbus au Financial Times Deutschland.
Airbus relativise
Un porte-parole d'Airbus a souligné que la directive de l'AESA n'était qu'"un projet en discussion" et a relativisé le problème. Ce projet, affiché sur le site de l'AESA, est ouvert à la consultation jusqu'au 14 mars. "Il s'agit là de la vie ordinaire d'un programme aéronautique et le délai de huit mois envisagé pour les compagnies prouve à quel point ce sujet ne relève pas d'une question de sécurité aérienne", a-t-il déclaré. Plusieurs dizaines de rivets fixent le "radôme", le capot en matériaux composites qui protège le nez de l'avion, explique-t-on chez Airbus. Selon le projet de directive, le problème de fatigue des six rivets en aluminium "pourrait conduire à la perte du radôme en vol en cas de dépressurisation brutale" s'il n'y est pas remédié. Airbus a résolu le problème sur les appareils en construction et a envoyé aux clients des recommandations pour intervenir sur les A380 en service, ajoute le projet de directive. "Tous les avions sont passés par là", tempère aussi uinporte-parole de l'AESA. Sur un nouvel appareil "il y a des ajustements qui se font, c'est tout-à-fait normal. C'est Airbus qui nous a alertés, c'est la preuve que le système fonctionne bien".
Début février l'AESA avait annoncé que l'ensemble des 67 Airbus A380 en service dans le monde devaient être inspectés en raison de fissures apparues dans la voilure de certains d'entre eux. Fin 2010 c'étaient les réacteurs Rolls-Royce équipant certains A380 qui avaient dû être révisés d'urgence, après l'explosion de l'un d'entre eux en plein vol d'un avion de Qantas.
Le constructeur Renault compte produire des véhicules électriques en Chine, devenue le premier marché
Automobile mondial et où il ne possède pas d'usine pour le moment, a annoncé jeudi son PDG Carlos Ghosn. "Le gouvernement chinois a dit récemment qu'il n'est pas possible d'augmenter des capacités ou de s'implanter en Chine sans apporter certaines innovations", a expliqué M. Ghosn lors d'une conférence d'analystes à l'occasion de la publication des résultats annuels du groupe. "Nous savons que nous devrons amener le véhicule électrique en Chine", a-t-il dit, ajoutant que cela pourrait se faire sous la marque Renault ou sous une autre marque.Selon la presse chinoise, Renault pourrait s'implanter dans la ville de Wuhan (centre), où le chinois Dongfeng possède une usine. Ce dernier coopère déjà avec le japonais Nissan, l'allié de Renault. Les constructeurs étrangers sont dans l'obligation de travailler avec un chinois pour produire en Chine. Le directeur commercial du constructeur français, Jérôme Stoll, avait éclaré le mois dernier qu'il espérait qu'un accord soit conclu cette année et que le groupe puisse commencer à produire des voitures à partir de 2014. La présence de Renault sur le premier marché automobile mondial est pour l'instant anecdotique, avec un peu plus de 24.000 voitures vendues l'an dernier, essentiellement des 4x4 Koleos. Le constructeur est toutefois en train d'élargir son réseau de concessionnaires, qui comprend 80 points de vente.
La direction de l'aciérie ArcelorMittal de Florange a annoncé mardi que la filière liquide du site, à l'arrêt depuis octobre 2011, ne redémarrerait pas au deuxième trimestre de cette année. Une nouvelle étape vers la fin programmée de l'usine, estiment les syndicats.
L'arrêt des hauts fourneaux était annoncé comme provisoire. Pourtant, il s'éternise. Et les syndicats de l'usine ArcelorMittal de Florange, en Moselle, tirent le signal d'alarme à deux mois de l'élection présidentielle sur les risques de fermeture du site. La direction a confirmé mardi à l'intersyndicale qu'aucun redémarrage des fourneaux n'était prévu avant la fin de 2012, et que la situation actuelle, qui se traduit par du chômage partiel pour 2600 des 5000 employés du site durerait au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre et pourrait se poursuivre sur l'ensemble de l'année, a dit la CFDT.
En octobre, le directeur du site de Florange, Thierry Renaudin, avait affirmé que la "mise en veille" du haut fourneau P6 était "conjoncturelle". Et ce fameux "P6" cristallise aujourd'hui toutes les inquiétudes et les derniers espoirs des salariés : il est le dernier du groupe sidérurgique encore en activité en Lorraine. Et il doit être en activité pour recevoir un projet européen Ulcos de captage de CO2, représentant un investissement de quelque 600 millions d'euros et sur lequel la Commission européenne doit statuer en juin-juillet. Les syndicats estiment que seul ce projet, qui ferait de Florange un site pilote pour la capture et le stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir. Mais le contexte ne laisse que peu d'ouvertures pour les salariés : après avoir décidé fin 2011 la fermeture définitive de ses hauts fourneaux de Liège en Belgique et la mise à l'arrêt de ceux de Florange et d'Eisenhüttenstadt, en Allemagne, ArcelorMittal a annoncé en janvier des suppressions d'emploi en Pologne et la fermeture de son aciérie de Madrid.
Et la direction a confirmé mercredi qu'elle allait présenter le 23 février aux représentants du personnel un projet de prolongation de la fermeture temporaire du site pour le deuxième trimestre. "Le projet qui sera présenté au comité (central d'entreprise, ndlr) du 23 février 2012 porte sur la prolongation de la suspension temporaire d'une partie des installations de Florange, pour le deuxième trimestre de l'année 2012 ainsi que sur le maintien de l'ensemble des mesures permettant le redémarrage des installations lorsque les conditions de marché le permettront", indique-t-elle dans une déclaration écrite.
"Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie"
Pour Edouard Martin, membre CFDT du comité central d'entreprise du numéro un mondial de l'acier, "cette annonce, c'est peut-être la mort programmée du site de Florange". "Lorsque le P6 avait été mis à l'arrêt, la direction avait affirmé que cette fermeture ne serait que provisoire. On comprend mieux maintenant comment celle-ci s'inscrit dans une stratégie globale d'ArcelorMittal pour rentabiliser ses sites côtiers", a-t-il ajouté. "Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie française", a prévenu le syndicaliste, en annonçant une mobilisation "tous azimuts". Une assemblée générale a été convoquée jeudi à 16h30 à Florange, a-t-il annoncé. "On ne va pas se laisser tuer en silence. On peut agir jusqu'en mai. Après, c'est rideau", a renchéri Frédéric Weber, responsable cédédiste du site, jugeant que "les politiques doivent mouiller leur chemise comme pour le fabricant de lingerie Lejaby".
"L'arrêt prolongé de l'outil (...) cache mal les véritables intentions d'ArcelorMittal, à savoir un arrêt définitif des installations (de Florange, ndlr) après les échéances électorales", a pour sa part jugé le maire de Florange, Philippe Tarillon. Selon lui, "il est temps que ce groupe, qui a annoncé un résultat net de 2,3 milliards de dollars (environ 1,69 milliard d'euros) pour 2011, arrête son comportement de prédateur financier et industriel et que l'Etat (...) oeuvre pour la ré-industrialisation de la vallée de la Fensch".