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Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
Il est temps de réinventer le management

Philosophie (360)

Le risque d'être soi-même

Auteur :
Martin Blais


Résumé :

Le risque d'être soi-même- Mémoires. Québec, Edition à compte d'auteur, 7 novembre 2006, 463 pp.

Tout le monde raconte sa vie ; parfois, c’est assommant, mais ce n’est pas obligatoire qu’il en soit ainsi. Le récit d’une vie peut être intéressant par la manière de raconter ; il peut l’être par les événements vécus. Les personnes âgées ne font que ça, raconter leur vie : " La vieillesse est encline au bavardage ", note Cicéron. Et elles insistent sur les plus sombres épisodes ; car, si vous voulez émouvoir, racontez des malheurs. Les auteurs de téléromans connaissent bien ce trait de la nature humaine, et ils l’exploitent à l’excès pour émouvoir les téléspectateurs. C’est pourquoi on dit, avec raison, que les gens heureux n’ont pas d’histoire… à raconter. Les gens aiment tellement raconter leur vie que le problème, quand vous causez avec une personne, c’est de trouver un moment pendant la conversation pour parler un peu de la vôtre. La plupart des gens cherchent des oreilles ; l’organe qu’ils détestent le plus, c’est la langue… des autres.
Tout le monde raconte sa vie, c’est un fait. Ceux qui aiment écrire le font avec leur plume ; les autres, avec leur langue. On la raconte d’ordinaire quand on a du passé d’accumulé ou qu’on a vécu, même jeune, des événements hors du commun : on s’est arraché à la drogue, on a attenté à sa vie, on a acquis une renommée mondiale. Il est quand même normal qu’à vingt, vingt-cinq ou trente ans, on parle davantage de ses projets d’avenir que de son passé.

Deux raisons particulières me poussent à raconter ma vie. D’abord, comme enseignant, j’ai vécu quelque chose de singulier : 43 années d’enseignement - rien de singulier là, pensez-vous - ; la singularité, c’est d’avoir enseigné à tous les niveaux, soit de la première année du primaire jusqu’au doctorat, à la Faculté de philosophie de l’Université Laval, en passant par l’école normale, le cours commercial (sténographie et comptabilité), le cours classique et la direction d’écoles. Un éventail aussi large de niveaux d’enseignement et de matières enseignées, c’est sûrement une expérience singulière au Québec, quant à l’étendue du registre : une personne qui aurait enseigné uniquement en 1re année en saurait davantage que moi sur la 1re année. Le cynique Pascal dirait qu’elle sait " tout de rien ".
Deuxième raison. Frère mariste, j’ai été condamné à trois années d’exil par un organisme du Vatican qui arborait le nom prétentieux de " Sacrée " Congrégation des Religieux. Je la voyais mieux avec un s minuscule. Bien peu de Québécois ont vécu une telle expérience. Des amis et des connaissances m’ont souvent demandé de leur raconter ce qui avait pu m’attirer une telle sanction. Forcément, je résumais. Dans le récit qui suit, ils auront l’aventure au complet ; ils en connaîtront les tenants et les aboutissants. " - Martin Blais -

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