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Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
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Les 4 Temps du Management

Futurologie

Consommation responsable, locale... une nouvelle tendance ?


Proximité, consommation locale, traçabilité des produits, économie circulaire, consommation de produits biologiques, tourisme local et nature, sont ces pratiques s’offrant une notoriété sans précédent. Elles viennent bousculer l’échiquier des modes de consommation sur le territoire français et plus particulièrement dans certaines régions. Notre article vise ces « nouveaux modes de consommation », et l’impact qu’ils ont sur les acteurs de la distribution, du tourisme ou encore des industries. Les comportements des consommateurs sont la cible de notre sujet. Des acteurs locaux répondent à la demande de leurs consommateurs, en s’engagent avec conviction dans ces nouveautés. La région Auvergne-Rhône-Alpes est un bel exemple que nous nous permettrons d’étudier, car elle s’implique avec insistance dans ses « nouveaux modes de consommation », grâce à la force de certains acteurs, son attractivité touristique et ses atouts naturels.

Modes de consommation, quelles sont les nouveautés ?

Les nouveaux modes de consommation s’élèvent en opposition à une pratique de « surconsommation » et ouvrent la voie à des consommateurs plus curieux de ce qu’ils achètent, plus orientés vers la proximité et la traçabilité des produits ou des services. Portés sur des valeurs environnementales et économiques, certains consommateurs basculent vers l’économie circulaire, pour lutter contre une forme de gaspillage, les produits biologiques, l’occasion.
En 2020, plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits biologiques, 13 % en consomment même tous les jours !
 
Avant la crise sanitaire, la plupart des consommateurs préféraient avoir l’avis d’un vendeur avant d’acheter. Ainsi, la majorité des consommateurs pratiquaient le ROPO (Research Online Purchase Offline) : ils recherchaient le produit qui les intéresse en ligne et l’achetaient en magasin.

Avec la crise sanitaire que nous traversons, les consommateurs ont pris de nouvelles habitudes. Ils ont pu revoir leurs priorités : sport, bien-être, télétravail et consommation. Les commerces sont donc poussés à adapter leurs offres. Tout d’abord, nous pouvons voir que la consommation évolue en fonction des prix. En effet, les 18-24 ans ont, pour la plupart, vu leur budget de consommation diminuer. Ainsi, 40 % d’entre eux ont modifié leurs habitudes de consommation en diminuant leurs consommations.

Une consommation beaucoup plus responsable émerge de nos jours, car les consommateurs sont désormais plus vigilants par rapport au contenu de leurs courses alimentaires. Désormais, 57 % des consommateurs affirment être prêts à payer plus cher pour consommer de manière plus responsable. La seconde main devient aussi importante dans nos nouveaux modes de consommation puisque 64 % des consommateurs déclarent avoir déjà acheté ou vendu des produits de ce type.
La consommation de service, elle, a subi une diminution de 10 % à cause de la mise en arrêt de certains loisirs et de certaines pratiques touristiques. Le tourisme n’a pas complètement été arrêté puisque le tourisme local est en pleine renaissance. En effet, de nouveaux espaces ont profité de la crise sanitaire pour se mettre en avant. Ce changement de cap répond à une demande liée aux considérations sociétales telles que le dérèglement climatique par exemple.

Des consommateurs qui se responsabilisent...

Le changement des modes de consommation est une conséquence des envies personnelles d’améliorer nos attitudes ou des conséquences de nos actes, de plus en plus ciblées. Le contexte actuel met en exergue des pratiques nouvelles, et souligne une appétence des consommateurs à plus d’éthique dans leurs actes. Nous pourrons comparer la consommation avant et après le confinement en France.   

Avant la crise sanitaire, il y avait une baisse considérable des chiffres d’affaires des grandes surfaces (GMS). Les modes de vie effrénés des Français poussaient à la consommation, à la rapidité des achats, à la simplicité. Les consommateurs ne passent plus leur temps à faire des courses dans les GMS. Certains préfèrent faire leurs courses pendant la pause déjeuner ou en ligne, et d’autres s’orientent vers les magasins de proximité ou les « drives ».  
En revanche, selon une enquête faite durant les confinements, il s’est avéré que plus d’un Français sur 5 déclare avoir changé son mode de consommation pendant ces périodes.  
 
Cependant, les Français sont également confrontés à une baisse de pouvoir d’achat, influençant leur mode de consommation. En général, avant ou après cette période, les consommateurs français ont, de plus en plus été attirés par des produits issus de l’agriculture biologique et/ou locale. Ils ont davantage une volonté d’acheter moins, mais mieux. Les notions de qualité, de durabilité et de traçabilité des produits s’installent dans les critères de choix. 

… grâce à de nouvelles tendances

Cette période de crise a accéléré les nouvelles tendances de consommation, caractérisée par plus de ventes en ligne, le fait-maison, le sur mesure, le local, etc. Désormais, les consommateurs ont changé leurs habitudes d’achat : ils recherchent la nouveauté, des produits de qualité et des bons plans.
 
  • L’achat groupé
L’achat groupé est devenu un véritable phénomène, en particulier pour le secteur du e-commerce. Le principe de l’achat groupé est simple : des plates-formes ou des sites web proposent ou fabriquent des produits dont les prix baissent en fonction du nombres d’acheteurs. Cette pratique a été démocratisée la première fois par l’enseigne Groupon qui offre de bons plans sur des produits à prix négociés. Aujourd’hui, il existe plusieurs acteurs qui offrent des achats groupés : Selectra (comparateur des fournisseurs d'électricité et de gaz), FioulRéduc (pour les consommateurs de Fioul), Lookingo (un site de deal dédié à l’univers de la gastronomie).
 
  • Le fait maison revient en force
La vague du DIY « Do It Yourself » ou encore en français le « faire soi-même », s’est amplifié pendant le confinement et devrait se poursuivre. Les Français sont devenus plus friands de ce type de concept qui répond à une recherche de plaisir et d’autonomie, et une défiance vis-à-vis des ajouts artificiels dans les aliments. Depuis plusieurs années, le salon ID créative est devenu le salon référence en région Auvergne-Rhône-Alpes dédié aux loisirs créatifs et au faire soi-même. Ce salon offre la possibilité aux visiteurs de participer aux ateliers d’initiation, de fabriquer des choses dans plusieurs domaines : la décoration, la broderie, la mercerie, la couture, le bricolage, la peinture, la cuisine...
 
  • Le tourisme vert :
Créée dans les années 80 par des biologistes du Costa Rica, la notion d’écotourisme s’est développée face à un besoin grandissant pour l’environnement. Selon une définition, l’écotourisme est une forme de voyage responsable visant à préserver la biodiversité et les ressources culturelles d’une zone naturelle.
L’écotourisme est un générateur d’emplois pour les habitants et pour le développement de nouvelles infrastructures. De plus le tourisme vert permet la multiplication d’espaces protégés. Selon l’organisation mondiale du tourisme (OMT), l’industrie touristique contribuerait pour près de 5 % à l’émission des gaz à effet de serre. Il apparaît donc inévitable de réguler ses déplacements le plus judicieusement possible et de minimiser son empreinte carbone en voyageant plus proche de chez soi.
  • La transition alimentaire :
Le terme "transition alimentaire" a commencé à émerger au sein des débats publics à partir des années 2010.  (Vers une alimentation durable : Un enjeu sanitaire, social, territorial et environnemental majeur pour la France, (Rapport d'information n° 476 (2019-2020) de Mme Françoise CARTRON et M.Jean-Luc FICHET, fait au nom de la délégation sénatoriale à la prospective, déposé le 28 mai 2020). Aujourd'hui, il permet de définir les actions mises en place dans un objectif de changement de comportements alimentaires en travaillant en concertation avec les acteurs locaux de l'agriculture, de la distribution et de la commercialisation. En 2021, suite à la crise épidémique du coronavirus, l'Etat lance un programme de relance économique appelé "France Relance" au sein duquel il réabonde les filières économiques du pays et notamment les filières agricoles et alimentaires. 80 millions d'euros sont abondés dans la mesure "structurer les filières locales au travers des projets alimentaires territoriaux" (PAT). Le PAT est une labélisation nationale qui émane d'une volonté de l'état français à avoir une nouvelle stratégie alimentaire sur le territoire.
 
On peut essayer de faire une transition dans son mode d’alimentation que l’on peut avoir à quotidien et se tourner vers des produits certifiés, labélisés : AOP, LABEL ROUGE et/ou encore BIO.
Cette transition peut être aussi en privilégiant le circuit court c’est-à-dire qu’il existe au maximum un seul intermédiaire entre la production et la vente de produits. On retrouve ainsi : la vente directe à la ferme, les magasins de producteurs locaux souvent sous forme de coopératives.

La Région AURA, vers une transition écologique :

Les enjeux du développement des entreprises, du tourisme vert et de la transition alimentaire se développent aussi à l’échelle régionale à travers un soutien aux filières locales et alimentaires. En effet, la Région AURA est Autorité de Gestion des Fonds Européens (FEADER : Fonds Européens Agricoles et de Développement de l’Economie Rurale) qui permettent le financement des projets liés au soutien des structures agricoles de son territoire. Ces financements viennent soutenir les projets agricoles à des échelles plus locales : départementale, intercommunale et communale.
 
Par ailleurs, le FEADER dispose aussi de la mesure LEADER (Liaison Entre Action de Développement de l’Economie Rurale) qui permet par l’intermédiaire de subventions européennes de soutenir des projets liés à une diversité d’enjeux autour du développement local dont les entreprises, les agriculteurs, le tourismes vert... En 2020, 30 territoires de la région Auvergne-Rhône Alpes (13 en Auvergne et 17 en Rhône Alpes) poursuivent cette stratégie.

L’Isère : le département qui mise sur l’autonomie alimentaire

« Avec quatre projets alimentaires territoriaux à son actif et deux en préparation, le département montre que collectivités et habitants peuvent travailler à relocaliser une partie de leurs approvisionnements, tout en s’engageant dans la transition agricole et alimentaire » Terre dauphinoise - N° 3455 - jeudi 13 mai 2021
 
Ces dernières exercent ces actions à travers différents projets, par exemple : Les Projets Alimentaires Interterritoriaux (PAIT). Auparavant, ces questions étaient principalement discutées d’un point de vue économique et agricole sur le territoire, ce qui se comprend quand on sait que c’est l’une des premières ressources de notre belle région.

La « Région Alpine » est d’ailleurs précurseur dans ce domaine avec la création de son projet alimentaire interterritorial (PAIT), labélisé PAIT en septembre 2020 par le ministère de l’Agriculture. Elle est donc soutenue financièrement par l’État via des appels à projets avec le PNA (programme national alimentaire) et le plan de relance de 2021.
Conscientes de l’importance des enjeux, de l’urgence à agir et souhaitant mettre en places des actions en faveur du développement de l’agriculture, de sa diversification, et de la mise en place de circuits courts de proximité, ce sont 372 communes qui sont aujourd’hui concernées par ce PAIT.
Leurs buts : "favoriser la transmission du foncier agricole et de l'emploi agricole en augmentant ainsi les productions locales pour une meilleure qualité alimentaire." (Association SERA Santé Environnement Auvergne-Rhône-Alpes).

L’eldorado vert soutenu par sa région

Pour la région AURA, le Covid a été un véritable tremplin touristique pour faire découvrir ses paysages et ses commerçants locaux. Entre enthousiasme et incertitudes, certains sites de la région ont compté une augmentation de 53 % par rapport à 2019 comme le massif du Sancy d'après France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, L'Auvergne, eldorado des touristes à l'heure du coronavirus.  
 
« En quelques années, l’écotourisme - ou tourisme vert - est passé d'un tourisme occasionnel pour anciens hippies à un véritable phénomène de société » (futura science) 
Au-delà d’avoir un nom, il existe désormais des certifications internationales pour identifier les lieux qui ont une véritable démarche respectueuse de l’environnement comme « la clé verte », écho label permettant aux potentiels touristes d’identifier des lieux ou des établissements qui répondent à des critères d’écotourisme. 
Par rapport aux questions de notre siècle qui se tourne vers l’écologie, puis par rapport à la crise sanitaire que nous sommes en train de subir, la région Auvergne-Rhône-Alpes s’est engagée pour un tourisme bienveillant qui s’accroche aux axes suivants pour pouvoir rendre notre région plus dynamique : 
 
  • Valoriser un tourisme durable 
  • Inciter les mobilités douces 
  • Créer du lien entre les habitants de la région et les visiteurs 
  
Ces points sont totalement en adéquation avec l’écotourisme, car ils permettent à la région de prendre conscience de nos actions et des impacts environnementaux, économiques et sociétaux.  Ils utilisent le tourisme bienveillant et raisonné comme « fil rouge ». Le but étant qu’il soit profitable durablement et équitablement pour chacun de ses acteurs ou de ses habitants. Pour pouvoir suivre ça de plus près, la région a décidé de mettre en place des indicateurs qui sont au nombre de 38 et qui permettront de savoir combien d’établissements écoresponsables se trouvent dans la région, la croissance du tourisme… 
 
Toujours dans cette même optique la région avait déployé via les réseaux sociaux la promotion du tourisme de proximité, et en 2021 un nouveau dispositif d’expérience et de services durables pour une clientèle interrégionale verra le jour. Elle a pour objectif de favoriser le tourisme de proximité au profit de la consommation locale. 
 
Au-delà de la mise en place des certificats, la région Auvergne-Rhône-Alpes s’est associée en 2020 avec TIC TAC TRIP pour inciter les visiteurs à utiliser les modes de transports collectifs… Pour être plus précis, nous pouvons prendre l’exemple de l’Auvergne, qui contient cinq AOP fromagères, des vins classés, des eaux minérales avec ses sources, des lentilles du puy, la gentiane... le territoire propose au tourisme une attractivité culinaire pouvant être proche. 

Le challenge des entreprises locales

La demande se fait telle de la part des consommateurs, que les entreprises du secteur privé, les coopératives et producteurs s’organisent et font preuve d’innovation permanente afin de répondre au mieux à cette demande. Aujourd'hui, l’engouement est tel que l’on retrouve en Auvergne-Rhône-Alpes : 98 Biocoop (citer le site Biocoop avec leur carte), 94 La Vie Claire (citer le site de la vie clair avec leur carte), et plus de 150 marchés et Halles sont recensés (par le site : le petit futé.com).
 
Le réchauffement climatique et ses enjeux poussent aussi de nombreuses entreprises du secteur privé à innover, se réinventer et même créer des nouveaux business modèles, de nouveaux modes de consommations dans notre région. Le secteur des énergies en est tout aussi impacté et challengé.
 
Par exemple, le Groupe Gaz Électricité de Grenoble cherche, grâce à ses offres d’électricité et de gaz, à démocratiser l’accès à l’énergie durable pour que les consommateurs prennent part à la transition énergétique. Les consommateurs peuvent alors choisir la part d’énergie verte qui sera incluse dans leur offre, et aussi déterminer d’où provient leur énergie renouvelable produite maison. Les ouvrages de production d’énergies renouvelables sont développés et exploités par la filiale GEG ENeR qui fait partie du Groupe GEG. Avec la nouvelle offre Yéli que le Groupe a développée, le consommateur a le choix entre différentes offres d’électricité et de gaz que voici :
 
  • L'offre Yéli curieux avec jusqu’à 25 % d’électricité verte et/ou de gaz
  • L’offre Yéli sympa avec entre 25 % et 50 % d’électricité verte et/ou de gaz
  • L’offre Yéli motivé avec entre 50 % et 75 % d’électricité verte et/ou de gaz
  • L’offre Yéli impliqué avec entre 75 % et 100 % d’électricité verte et/ou de gaz
  • Et l’offre Yéli militant en circuit court, avec 100 % d’électricité verte et/ou de gaz

GEG propose aussi à ses clients deux options :
  • Verser 1 € par mois sous forme de don à une association engagée dans l’agriculture durable, ou à un projet de maraîchage
  • La possibilité de participer à une campagne de financement participatif pour un projet de développement d’un site de production.
Ainsi, les consommateurs peuvent choisir à quel point ils souhaitent être acteurs de la transition énergétique.

Consommateurs : tous acteurs du changement

Au travers de la tendance de ces nouveaux modes de consommation, les consommateurs jouent un rôle clé dans l’émergence de nouveaux produits et dans l’adaptation de l’offre. Les crises présentent toujours un moment charnière des évolutions. Il nous a semblé intéressant de mesurer l’impact de la crise du Covid-19 sur les façons de consommer des biens et des services. Avec plus d’une centaine de sondés, on relève que trois quarts des personnes indiquaient faire attention de façon générale avec 63 % qui ont fait évoluer leur mode de consommation depuis mars 2020.

Ces évolutions concernent essentiellement les voyages et les denrées alimentaires. En cause, les contraintes logistiques liées à la fermeture des frontières et aux différents confinements. Cette évolution est principalement due aux préoccupations écologiques actuelles et à une volonté de la part des consommateurs de soutenir l’économie locale. En revanche, cette façon de consommer dite « responsable » ne s’adapte pas à toutes les bourses : le Made in France, naturellement plus cher, ne permet pas aux ménages modestes et à certains étudiants d’être acteurs de cette transition écologique. On observe que cette refonte des habitudes est, la plupart du temps, réfléchie auparavant : les consommateurs se renseignent sur les différentes solutions proposées.
 
En ce qui concerne la consommation alimentaire, du point de vue des consommateurs on observe une méfiance vis-à-vis des origines et de la traçabilité des produits qu’ils consomment. Ils considèrent également que le contrôle des provenances est chronophage.
 
On note aussi un fort développement du tourisme national principalement lié aux restrictions et à une volonté de voyager moins loin et de découvrir notre pays.

De nombreux enjeux sont encore d’actualité...

Si les circuits courts séduisent de plus en plus consommateurs comme producteurs, ces pratiques restent minoritaires face aux traditionnelles grandes surfaces. Plus local, ce mode de consommation tente de se faire une place sur le marché malgré les nombreux défis à relever.
 
À quelques centaines de mètres des supermarchés de la commune puydomoise, l’AMAP (=Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) de Chamalières voit défiler tous les lundis, un ballet incessant de cageots et de sacs cabas. Dans la petite salle associative, une centaine de personnes ont dit non aux grandes surfaces. « Ici, on ne fait que dans le local », lance le président de cette AMAP, panier de légumes sous le bras.
 
D’après les adhérents de cette AMAP, cette façon de consommer provient majoritairement d’une prise de conscience écologique et environnementale. Leurs clients ont pour la plupart, changé leur façon de manger depuis dix ans et viennent ici pour trouver fruits et légumes de saison. Un point noir émerge cependant dans les AMAP. Le prix. « On peut penser que les tarifs pratiqués en vente directe sont plus attractifs, mais c’est faux. Il y a quelques abus. Je mange mieux, c’est certain, mais je peux facilement ajouter 10 € par rapport aux mêmes courses dans un supermarché » souligne une adhérente.
 
Un avis que semblent accepter certains maraîchers de Luzilat, à une trentaine de kilomètres de Chamalières. « Je ne ramène rien à mon exploitation quand je sors de l’AMAP, puisque tout est préparé sur commande. Mais plusieurs heures de préparation sont nécessaires. Contrairement aux producteurs travaillant avec les grandes enseignes, on doit tout gérer nous-mêmes. Le prix en pâtit ».

Mésentente entre le local et les géants de l’agroalimentaire

En effet, les producteurs recourant aux circuits courts doivent gérer leurs ventes, commandes, marketing, comptabilité... Seuls. « Nos structures sont trop petites. Impossible d’aller vers les grandes surfaces qui cassent nos prix. On se débrouille et on apprend sur le tas », confesse le maraîcher.
Nous nous intéressons par la suite à un producteur local de fromage de brebis. Sa charge de travail n’a cessé de grimper lorsqu’elle a tourné le dos aux grandes surfaces : « Je n’étais pas rentable avec eux, même si je pouvais davantage me concentrer sur mon élevage ».
 
La Coop des Dômes milite pour l’économie locale et environnementale. Elle dresse ce constat : « Les circuits courts gagnent en notoriété, les supermarchés s’y mettent aussi, malgré une grande façade marketing, ils répondent à une demande. Malheureusement, les grandes structures raflent la mise et non l’agriculteur du coin ».
 
D’après une animatrice de territoire de la Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme, « les AMAP en ville sont en déclin. Nombreuses sont celles qui ferment. Générant ainsi les AMAP plus grosses, mais le nombre de producteurs présents est à la baisse. C’est plus un phénomène de mode, même si le système est loin d’être mort ».
 
Les partisans du circuit court sont lucides sur la situation : « Nous rêvons d’un monde où les circuits courts seraient la norme. Mais la mainmise des grands industriels agricoles risque de retarder ce moment de quelques décennies », regrette le président de l’association Nature et Progrès dans le département.
 
« Tout le monde n’est pas prêt »
Le calibrage pose également problème. « Les légumes des maraîchers ne rentrent pas dans les standards de la grande distribution. Ils n’ont pas la forme nécessaire pour leurs étales ».
 
Le gérant d’un supermarché de proximité de Clermont-Ferrand se défend pourtant du contraire. « Je suis pour les circuits courts. J’essaie d’en instaurer dans mon magasin, mais de nombreux producteurs refusent à cause de mon enseigne. Certains me proposent des produits plus chers qu’ils ne les vendent en vente directe ». Pour lui, le problème ne vient pas que des producteurs : « il y a une demande. De plus en plus de consommateurs souhaitent manger local, j’y réponds. Mais la majorité continue à manger des produits transformés venant de n’importe où. Même si les adeptes des circuits courts sont de plus en plus plus nombreux, ils restent minoritaires. Tout le monde n’est pas prêt à changer ses habitudes alimentaires », lâche le commerçant.
 
D’après une étude menée par une agence de conseil en développement durable, Eutopie, la part des circuits courts dans l’aire urbaine de Clermont-Ferrand ne représente que 2,53 % des marchés alimentaires.
Selon la même étude de 2017, la situation agricole de cette zone permettrait pourtant de nourrir 74 % de la population. Une enquête sur le même sujet est actuellement menée par la Chambre de l’Agriculture du Puy-de-Dôme.
Le directeur du pôle territoire et alimentaire de la Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme nous indique que 4 000 hectares de terrain supplémentaires dédiés à la production sont nécessaires ». Début 2019, la Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme recensait seulement 10 % des producteurs fonctionnant en circuits courts sur un total de 7 300 exploitations.

Bibliographie

 
http://ceed-diabete.org/blog/vers-une-modification-des-modes-de-consommation-en-france/

https://www.20minutes.fr/economie/909249-20120402-pres-9-francais-10-veulent-changer-mode-consommation

https://www.yeli.fr/fournisseur-electricite?gclid=Cj0KCQjw5PGFBhC2ARIsAIFIMNdNK3ndNF68E0_ZDZeEWseqU-uUxf2Rp_6wDcQHIHQSy7sQ8f6T2UEaAoVsEALw_wcB

https://achetonsgroupe.org/les-infos-groupees/comment-fonctionne-un-achat-groupe/

https://srvcl-ezproxy.esc-clermont.fr :2059/forecasts/757872/ranking-e-commerce-fashion-sites-revenue-france

https://www.mieux-vivre-autrement.com/le-fait-maison-des-economies-et-un-art-de-vivre.html/

https://www.agencebio.org/vos-outils/les-chiffres-cles/

http://basedoc.aurg.fr/seam/resource/directMedia/n0HhVqqYr1I37cVdgqntDcKLtnSE0jfS?binaryFileId=2593&cid=48619

https://www.sera.asso.fr/index.php/le-projet-alimentaire-interterritorial-pait-de-la-region-alpine-se-finalise/ 

https://www.aurg.fr/article/93/2205-un-pait-pour-notre-territoire-

https://www.economie.gouv.fr/plan-de-relance/profils/collectivites/structurer-filieres-locales projets

https://www.jeune-loire.fr/enjeux-du-dispositif/origine-enjeux-territoire/leader-quest-cest

Vers une alimentation durable : Un enjeu sanitaire, social, territorial et environnemental majeur pour la France, Rapport d'information n° 476 (2019-2020) de Mme Françoise CARTRON  et M. Jean-Luc FICHET, fait au nom de la délégation sénatoriale à la prospective, déposé le 28 mai 2020 : https://www.senat.fr/rap/r19-476/r19-476_mono.html
 
Larranaga, E., & Soulard, L. (2018). Le retail face aux nouveaux modes de consommation : S’adapter ou disparaître. Dunod.
 
Salvador, M. (2018). Les produits alimentaires locaux, des éléments de l’authenticité de l’expérience touristique. Management Avenir, N° 104(6), 57‑78.

Article co-écrit par

César Rouve, Céline Ulatowski, Solène Vignaud, Anaëlle Viho, Charles Villatte, Fadwa Yasmine, Imane Zabiri

Anaëlle Viho
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