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Management : Les 4 Temps du Management
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Les 4 TEMPS du MANAGEMENT

Il est temps de réinventer le management


Editorial

Travailler mieux pour gagner plus... Appel à l'Intelligence de l'Action ?


Le propos peut paraître provocateur mais entre " les 35h " qui, finalement, nous proposent de travailler moins pour gagner moins, et la loi " TEPA " sur les heures supplémentaires qui propose de travailler plus pour gagner " guère " plus, on peut se demander quel est le meilleur équilibre pour " vivre mieux ". Nous ne pensons pas que la solution, si elle existe, se trouve dans ses deux hypothèses. L'idée généreuse du partage du temps de travail a contribué à diminuer le pouvoir d'achat en s'accompagnant souvent d'un blocage des salaires, alors que le coût de la vie a augmenté, de façon sensible (la dernière enquête de 60 millions de consommateurs le prouve).

Quant à celle qui consiste à augmenter le temps de travail par les heures supplémentaires, les premières analyses montrent que seules des catégories de personnels bien spécifiques sont touchées et que les résultats ne seraient pas (encore) à la hauteur d’espérances.

Les résultats mitigés de ces deux démarches, laissent à penser que la solution, si elle existe, se trouve peut-être ailleurs. Ce n'est pas la quantité de travail qui fait la richesse d'un pays. C'est la valeur ajoutée créée. Ceux qui en douteraient, pourront aisément vérifier cette hypothèse en consultant les deux tableaux statistiques que nous avons associés à cet article.

Avant et après les 35h, les pays d'Europe du Nord ont créé et créent plus de richesse par habitant que la France, même si, paradoxalement, la productivité horaire du travail d'un salarié français est supérieure. Ces pays ne travaillent pas plus que nous en termes de quantité d'heures travaillées. Ils créent pourtant plus de richesses. Alors comment font-ils ?

Les 35 h auraient pu réussir si on avait pris en compte une réflexion stratégique sur les portefeuilles d'activités, en s'interrogeant sur la Valeur Ajoutée. Au lieu de cela, on s'est acharné dans les approches productivistes qui ont conduit à une intensification du travail, avec tout le stress qui peut lui y être associé. On le présente souvent ", pudiquement," sous le terme de ", troubles musculosquelettiques," pour reconnaître finalement qu'il génère des risques psychosociaux dont on commence à avouer les coûts (démotivation, absentéisme, problèmes de santé).

L'augmentation mécanique, des heures supplémentaires, apportera certes plus de flexibilité pour l'entreprise lui permettant, ainsi, de traiter une augmentation passagère du volume de commandes des clients, mais, cela peut avoir un impact négatif sur la création d'emplois, puisque les heures supplémentaires vont se substituer aux créations d'emplois potentielles qui auraient eues lieu sans elles. L'analyse montre, en plus, que ces créations d'emplois sont, d'abord, liées aux départs en retraite massifs des " papys boomers " (600 000 à 800 000 départs à la retraite chaque année jusqu'en 2012).

La proposition qui consiste à chercher à augmenter le temps de travail, ne permettra donc pas de sortir du dilemme dans lequel notre économie française se trouve aujourd'hui. Dans les 2 cas, les solutions envisagées relèvent d'un même paradigme : celui de la compétitivité prix, basée sur le volume. Or c'est précisément à ce niveau que nous sommes confrontés à la concurrence des bas coûts du travail des pays émergents.

L'alternative que nous proposons, depuis le début de la création de cette Lettre, va sembler paradoxale : elle consiste à se demander comment travailler moins, mais mieux, pour gagner plus ou, pour être encore plus clair : gagner plus en travaillant moins mais mieux. A travers cette hypothèse, la question qui est posée est donc celle de l'intelligence de l'action.

C'est celle-ci, aussi, que se pose Richard Koch, dans son dernier livre de management, en explorant le principe des 20/80. Il nous livre un guide pour faire " la révolution du temps ". Nous n'avons pas résisté à vous la faire partager. Certains de ces principes peuvent nous inspirer pour réorienter nos énergies dans un sens moins masochiste - (Ref article : 1.11 Le principe des 20/80 en Management). L'intensification du travail dont parle Michel Gollac (Ref article : 4.11 L'intensité du Travail : formes et effets) peut mettre en péril la qualité du management et contribuer à une certaine décomposition des règles de civilités (Ref article : 2.11 Règles de civilités et signes de reconnaissance en Management). Enfin, Philippe Zarifian nous rappelle que la stratégie de service est aussi une orientation à développer, si on veut aller vers la compétitivité Hors Prix - ( Ref article : 3.11 Stratégie de Service et Valeur de service). Elle complète, heureusement, les pistes envisagées, au niveau de l'innovation et de l'exportation.

Cette dernière apparaît de plus en plus comme l'alternative majeure aux formules stratégiques passées. Il est vrai, qu'il est d'autant plus difficile de s'en séparer, qu'elles nous ont assurés jusqu'à présent, notre richesse. Mais le monde a changé et nos esprits le doivent aussi.

En 100 ans la création de richesse par habitant a été multipliée par 5 tandis que le temps de travail des salariés a été divisé par 2 Ces 2 Tableaux statistiques démontrent que nos propos ne relèvent pas d'une simple boutade mais d'une réalité. Nous ne nous méprenons pas ! Cet éditorial n'est pas un appel à la " paresse " mais une invitation à sortir d'une certaine forme de masochisme collectif. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les origines de masochisme, nous vous invitons à lire, ou à relire en e-book gratuit, le chapitre 2 sur l"' Ethique de la Besogne " dans l'Ethique protestante et l'Esprit du Capitalisme de Max Weber

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