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Anthropologie du Management et des Organisations

Mardi 21 Octobre 2014
5:42

Editorial

La résilience : une nouvelle aptitude à développer chez les individus comme dans les organisations


Les 4 Temps du Management
La figure idéale de " l'homo oeconomicus " fabriquée par et dans les cinquante glorieuses est celle d'un homme stable, rigoureux, appliqué, obéissant. Ces qualités étaient adaptées aux besoins des entreprises engagées dans des stratégies de volume. Elle a été suivie ensuite, à partir des années 1970, par celle des gestionnaires, chargés de trouver des solutions pour augmenter coûte que coûte la productivité des machines, du travail et du capital, alors que nos marges régressaient et qu'en réalité notre modele economique était en train de s'écrouler.

Dans un environnement en mutation constante, caractérisé par une imprévisibilité de plus en plus grande des menaces et des opportunités, il devient nécessaire de se réinventer souvent. Cela suppose une certaine capacité de résilience. Notre existence devient un voyage permanent. Nous ne sommes plus des sédentaires mais des nomades.

A travers ces différentes recompositions, nous apprenons peu à peu que notre identité n'est pas réductible à l' image du moment. Nous ne sommes propriétaires de rien, tout au plus locataires de l'éphèmère. Ce que nous appelons notre " Je " est constamment appelé à devenir un " Autre ".

Mais cette métamorphose permanente n'est pas si facile car nous avons des attachements, des convictions, des représentations qui nous structurent. Celles-ci ont parfois plus de légitimité encore que le réel qui semble s'imposer. C'est grâce à celles-ci aussi que nous pouvons résister, exister et combattre ce qui dans un premier temps apparait comme une fatalité. C'est ce qu'ont magnifiquement réussi les salariées de Lejaby. Elles sont parvenus, grâce à leur obstination, à se recréer mais différentes, autres tout en conservant ce qui étaient leur ADN : des savoir-faire uniques acquis au fil du temps.

Les organisations comme les individus sont aussi soumis aux mêmes lois. C'est en restant identiques qu'elles sont condamnés à disparaître. Aussi, doivent elles développer une réelle capacité de résilience. Cela suppose de ne jamais perdre de vue qu'un au-delà est toujours possible même si nous ne sommes pas encore capable de l'imaginer. Désormais nous devons concevoir que " nous ne sommes pas là où nous pensons ".

Dans ce 33° Webmagazine, vous trouverez 4 articles utiles au management du changement et des transitions :
- 1.33 Pour faciliter le changement, n'oubliez pas de synchroniser les temporalités des acteurs !
- 2.33 La psychanalyse expliquée concrètement aux manager : (Leçon 2 : La structure de la personnalité) par Georges Trepo, professeur honoraire à HEC Management
- 3.33 La renaissance de Lejaby : analyse d'un cas de résilience stratégique et organisationnelle " made in France "
- 4.33 Accompagner les remaniements identitaires des encadrements promotionnels de proximité : une proposition expérimentale inspirée de l’anthropologie des rituels de passage par Philippe Trouvé, Directeur de la recherche au groupe ESC Clermont (France Business School)

Le concept de résilience par le psychiatre Bruno Cyrulnik





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Commentaires articles

1.Posté par André - Pierre le 04/01/2013 13:08 | Alerter
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La question à été posée en quatrevingt-treize, et la réponse donnée est qu'une Nation n'est composée que d'hommes.
Ainsi pour que l'homme puisse s'enrichir, épanouir la société et l'entreprise , il fallait lui donner la stabilité.
Aujourd'hui nous sommes dans une démarche de destruction massive, d'ou une politique de stress généralisé (les hommes vivent moins vieux et développent des maladies), et d'instabilité.
Croire que ceci n'est pas voulu, serait une erreur grossière, ceci n'est qu'un aspect de la guerre moderne entre les civilisations.
Cordialement

2.Posté par Komla kossi david le 14/01/2013 07:52 | Alerter
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L’auteur met un accent sur le fruit de l’imagination. En donnant libre cours à notre pensée, nous acceptons de « résilier » avec notre esprit conservateur. D’un moment à l’autre, l’être humain s’attache à son habitat, à ses acquis ou à sa culture... Mais force est de constater que tout change au fil du temps. La meilleure façon de s’adapter dans cet environnement « caméléon » , c’est de suivre l’évolution des choses avec un esprit ouvert accompagné d’imagination et d’innovation. C’est le moyen idéal de s’affirmer. Il sera difficile de faire dos à son histoire, mais le monde change et nous devons changer avec lui.

3.Posté par Etienne Chomarat, Joseph Tixier, Clément Gévaudan le 18/01/2013 14:19 | Alerter
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Il parait en effet vrai/évident que les organisations (tout comme les individus) doivent s’adapter aux évolutions rapides de leur environnement, des marchés.

Suzanne Berger, dans son ouvrage Made in Monde, les nouvelles frontières de l’économie mondiale (seuil, 2006), décrit très bien comment même les grandes entreprises à intégration verticale des 30 glorieuses ont du changer de modèle afin de survivre. La fragmentation des processus de production, la concurrence accrue des pays émergents, la liberté de commerce accrue, les ont contraintes à abandonner des activités et souvent elles ont du se recentrer sur leur cœur de métier, sur une spécialité plus circonscrite.

En même temps elle montre comment certaines activités ont, si on reprend le terme de cet article, eu moins besoin de cette capacité de résilience. L’exemple des clusters du Nord de l’Italie sont un exemple d’activités qui résistent bien mieux aux chocs et qui n’ont pas forcément eu beaucoup besoin de changer pour résister. Ceci notamment car elles n’ont jamais suivi une logique de concurrence par les prix.

L’article ci-présent peut nous pousser à adopter une vision qui peut aussi paraitre fataliste. Une sorte de fatalité de l’adaptation contraindrait toute organisation. Mais ceci est-il vrai pour toute organisation ? Et n’y a-t-il pas des environnements qui permettraient une stabilité plus forte ?

Dans un autre article du site il est décrié la mort de l’agriculture paysanne en France, et dit qu’aujourd’hui l’agriculture « c’est une multinationale ». Ceci ne nous parait pas complètement vrai. Beaucoup promeuvent aujourd’hui l’agriculture familiale et paysanne (et les techniques de l’agroécologie, de la bio...) comme modèle agricole soutenable. En effet ce type de modèle peut être associé à une grande productivité, à une proximité avec les consommateurs, et à des techniques agricoles qui permettent une certaine autonomisation du producteur face aux fournisseurs d’intrants chimiques et aux subventions. Ainsi l’on peut penser que ce type de modèle peut survivre longtemps et ne pas nécessité une grande capacité de résilience.

(D’une manière plus générale on peut penser qu’une organisation autonome/qui n’est pas fortement dépendante de beaucoup d’autres activités aura moins besoin de cette capacité de résilience dont il est question ici)

Maintenant, si ces modèles ont du mal à émerger plus en avant c’est aussi du fait de choix politiques. En effet il est plus difficile pour l’agriculture paysanne de survivre si les Etats subventionnent les multinationales, s’ils leur accordent des droits de propriétés sur des quantités phénoménales de terres, et enfin si le crédit leur est plus facilement accessible.

La question pourrait en fait être celle-ci : augmenter la capacité de résilience aux chocs ou bien diminuer l’exposition aux chocs ?


4.Posté par Huggy le 20/03/2013 16:58 | Alerter
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En physique, la résilience est la capacité d'un matériau à revenir à sa forme initiale après avoir subi un choc. Ce qu'on peut aisément extrapoler à la capacité à encaisser un choc, sans dommages (importants). Je crois qu'il ne faut pas rajouter trop de choses autour de ce mot qui possède déjà un sens très fort quand on l'attribue à l'homme.

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