Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Mercredi 8 Février 2012
4:01
Le Temps de l'Action

1.19 Eloge de la simplicité

Les entreprises sont ensevelies de normes et de procédures. Celles-ci avaient leur intérêt dans des formules stratégiques dont les fondements reposaient sur la recherche du volume et la maîtrise des coûts. Nous posons l'hypothèse, avec Didier noyé, directeur associé de l'INSEP, qu'aujourd'hui, cet acharnement obsessionnel à la procédure sert plus à diminuer une angoisse (E. Jaques, 1955) qu'à développer une réelle efficacité. Dans un monde complexe et qualifié de muti-polaire, où il devient urgent de développer une certaine créativité, il est important de se désencombrer l'esprit en recherchant la simplicité.



Introduction

Les 4 Temps du Management
Les lecteurs de cet article sont, au fait des pressions qui s'exercent sur les entreprises : exigences de plus de productivité, plus de rentabilité, plus de réactivité, plus de fiabilité, plus de satisfaction client, plus de développement durable …

Pour répondre à ces exigences, l'esprit humain a fait preuve d'une grande créativité pour inventer des organisations visant la performance : maîtrise des processus, organisation par projet, fonctionnement matriciel à n dimensions, juste-à-temps, déploiement de stratégie, gestion des emplois et des compétences, mutualisation des fonctions supports, externalisation, fusion, réorganisation … Hélas le résultat n'est pas toujours au rendez-vous et l'on a souvent construit des organisations inutilement compliquées. Des organisations ankylosées, dont la réactivité évoque plus le cheval de bois que le cheval de course. Le problème est que, avec le temps, rien ne s'arrange mais tout se tasse et tout s'empile. En matière de fonctionnement collectif, il arrive de joindre l'inutile au désagréable !

L'enjeu est important car les organisations inutilement compliquées n'atteignent pas leurs objectifs majeurs et deviennent très fragiles. Pour différentes raisons : stratégie incomprise, objectifs perçus comme contradictoires ou peu réalistes, découragement, coopération transversale insuffisantes, activités sans valeur ajoutée, effets pervers des règles adoptées, perte de sens …

Notons au passage qu'il ne faut pas confondre complexité et complication, comme Dominique Genelot l'a montré dans son ouvrage Manager dans la complexité. Le comportement d'un groupe humain est complexe car il y a une part d'imprévisible, et il faut agir, décider, dans l'incertitude. Le plan d'un moteur d'avion est compliqué, mais à force d'analyse on arrive à comprendre comment cela fonctionne. Le code du travail, lui, est devenu inutilement compliqué.

Un nouvel axe de progrès a été découvert par nombre d'entreprises : il faut sim-pli-fier. Simplifier ce qui est devenu inutilement compliqué. Certes, l'intention est louable, mais comment dépasser l'incantation ? Quels-sont les ingrédients de la simplicité ? Quels-sont les fondements de la simplicitologie ? Peut-on répondre simplement à ces questions ? Les lignes qui suivent esquissent une réponse en proposant 14 leviers pour la simplicité du fonctionnement des entreprises.

1. Principes généraux favorisant la simplicité :

Les 4 Temps du Management
1. Réduire le nombre d'éléments : avec moins de composants, moins de pièces, moins d'opérations, c'est plus simple.
2. Organiser mieux les éléments : en organisant, en regroupant les éléments, la situation est perçue comme plus simple.
3. Apprendre : c'est plus simple si on connait le mode d'emploi.
4. Donner moins de visibilité : montrer seulement ce dont on a besoin. Inutile d'encombrer le paysage avec ce qui ne sera pas utilisé; donner moins de transparence.

2. Principes managériaux favorisant la simplicité :

Les 4 Temps du Management
1. Réduire le nombre d'acteurs : moins de participants à la réunion, moins de contributeurs au processus.
2. Stabiliser les interlocuteurs : moins de changements d'interlocuteurs, moins de passages de relais, moins de mouvement brownien.
3. Supprimer les solutions : supprimer les solutions dont le problème à disparu et qui nous encombrent. Supprimer les solutions dont le problème ne mérite pas de solution.
4. Faire du neuf : inventer autre chose plutôt que de tenter de simplifier ce qui ne mérite pas d'exister.
5. Faire tout, tout de suite : la même personne fait tout en une fois, sans passer à une autre, sans stocks intermédiaires.
6. Décréter l'urgence : c'est plus simple de faire vite. Dans l'urgence on simplifie et on accepte. A condition de ne pas aller deux fois plus vite dans la mauvaise direction.
7. Donner le sens : si chacun comprend où l'on va et pourquoi, il y a besoin de moins d'instructions, moins de règles, moins de justifications, moins de recadrage.
9. Encourager les routines : innover sur les bons sujets, mais pour tout le reste, valoriser les bonnes routines collectives, les comportements réflexes, les automatismes qui simplifient le fonctionnement. Survivre, c'est aussi ne pas changer.
10. Diminuer le nombre de managers : l'organisation est plus simple s'il y a moins de chefs à 3 plumes qui managent chacun 3 personnes.
11. Décider seul : éviter de diluer la décision dans le collectif. Un seul porteur de la décision … à condition de très bien écouter les parties prenantes et les experts.

Conclusion

Les 4 Temps du Management
Le lecteur vigilant aura remarqué que l'auteur applique lui-même, fort pertinemment, le principe N° 2 " Organiser les éléments " en classant les principes proposés en deux sous-ensembles : principes généraux et principes managériaux. Les premiers sont directement inspirés d'un petit ouvrage fort stimulant : De la simplicité, de John Maeda* publié chez Payot (2007). Celui-ci propose quelques lois de la simplicité qu'il illustre par de nombreux exemples empruntés à la technologie et à la vie quotidienne. Le deuxième groupe de principes ressemble, quant à lui, aux inventions diaboliques que les consultants proposent pour faire de l'entreprise un lieu où ruissellent la performance et le progrès.

Nous invitons maintenant le lecteur à appliquer le principe N° 1 " Réduire le nombre d'éléments " en sélectionnant dans cette énumération 3 principes ; ceux qui lui semblent les plus bénéfiques pour son organisation. Il reste à persuader tous ses collègues de les appliquer. Ce ne sera pas le plus simple !

Nous terminerons cet éloge de la simplicité par une citation de Léonard de Vinci, précurseur de la simplicitologie et d'autres sciences : " La perfection est atteinte non pas quand on ajoute, mais quand on retire ".

Découvrir l'auteur

Les 4 Temps du Management
Didier Noyé possède une large expérience de l'ingénierie du changement et du développement des compétences. Il conseille les entreprises dans les domaines des ressources humaines, des pratiques de management et de l'organisation des projets de transformation.

Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages sur le management, la communication et la pédagogie. Il dirige notre département Editions avec la volonté de partager, de rendre accessibles les fondamentaux et les méthodes de management qui font la réussite d'Insep Consulting.

Consulter le site de l'INSEP
Bibliographie de Didier Noyé

* Note : Les 10 Principes de la simplicité selon John Maeda

Les 4 Temps du Management
John Maeda est un artiste, graphiste, enseignant et chercheur, de renommée internationale, qui prône le retour de la simplicité. Il s'inscrit dans le mouvement de la communication minimaliste qui considère que l'efficacité d'un message repose sur le dépouillement. Il rejoint d'une certaine façon la philosophie de Maurice Béjart , chorégraphe qui affirmait " qu'un geste est juste quand il est débarrassé de ce qui n'est pas l'essentiel ".

Les 10 principes qu'il a énoncés dans son dernier ouvrage " De la simplicité " une référence utile pour de nombreuses disciplines dont le management :
1. Réduction : Pour atteindre la simplicité le mieux est la réduction méthodique.
2. Organisation : Avec de l'organisation, un ensemble composé de nombreux éléments semble plus réduits.
3. Temps : En économisant son temps on a le sentiment que tout est plus simple.
4. Apprentissage : La connaissance simplifie tout.
5. Différences : La simplicité et la complexité ont besoin l'une de l'autre.
6. Contexte : Ce qui se trouve à la périphérie de la simplicité n'est absolument pas périphérique.
7. Emotion : Mieux vaut plus d'émotions que moins.
8. Confiance : Dans la simplicité, nous avons confiance.
9. Echec : Certaines choses ne peuvent jamais être simplifiées.
10. Loi cardinale : La simplicité consiste à soustraire ce qui est évident et à ajouter ce qui a du sens.

Il rajoute à ses 10 principes 3 clés :
1. Au loin : Plus semble moins si l'on s'en tient éloigné, très éloigné.
2. Ouverture : L'ouverture simplifie la complexité.
3. Puissance : Se servir de moins, en tirer plus.


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Didier Noyé - Directeur Associé de l'INSEP

Commentaires articles

1.Posté par GD13 le 16/05/2009 13:40
Une expérience vécue pour illustrer cette éloge de la simplicité:

Que de complications !

Je travaille dans une direction Marketing d’un siège social d’une entreprise du CAC 40 avec environ 150 autres salariés au sein de la même direction.

J’ai été amené la semaine précédente à graver des données sur un CD pour les envoyer à un partenaire de l’entreprise.

Les données à graver sont situées sur le disque dur personnel d’un collègue du service. Il se passerait bien de les sauvegarder sur son disque dur, mais une note nous a été transmise 6 mois auparavant en nous demandant de ne pas stocker trop de données sur le serveur de stockage, celui-ci étant saturé… En conséquence, il s’est acheté un outil de stockage personnel pour y stocker des données professionnelles (ce qui est normalement interdit pour des raisons de sécurité, mais toléré car de plus en plus pratiqué dans l’entreprise).

Après avoir demandé à mon collègue de venir au bureau avec son disque dur, je pars à la recherche d’un graveur (nos ordinateurs n’en sont pas équipés). Après avoir fait la tournée de tous les services, interrogé l’assistante du directeur, personne dans la direction n’a été en mesure de me procurer un seul graveur… Pas de graveur, pas de gravure… Pourtant, j’ai trouvé des CD gravables dans les fournitures ! Quelle aberration !

Je consulte alors mon chef de service qui m’a chargé d’effectuer cette gravure de CD. Je lui explique le problème de gravure. Je lui rappel en plus que les données sont sur le disque dur de mon collègue, ce qui implique que je ne peux pas immobiliser trop longtemps son matériel personnel. Il s’étonne alors que les données ne soient pas stockées sur le serveur de stockage… Je lui rappel qu’il nous a transmis une note nous contrindiquant d’y stocker des données trop lourde. Il me demande alors de quand même y stocker les données afin qu’elles soient en permanence disponibles pour le service… Sans compter la perte de temps dans mon travail, il y’a de quoi devenir fou.

Concernant la gravure, j’ai alors 2 options. Soit je grave chez moi sur mon ordinateur personnel, soit je dois lancer une procédure de gravure via le service de reprographie à distance (ce qui impliquerait alors que je mette les données à disposition sur un serveur spécifique, et que j’attende 1 ou 2 journée le temps de recevoir le CD gravé…). Ce sera plus rapide et plus simple de le faire chez moi…

Conclusion : Messieurs les managers, pensez s’il vous plait à nous simplifier la vie. On gagnerait beaucoup en efficacité ! Lorsqu’une mission sans la moindre valeur ajoutée devient aussi compliquée que cela, il est temps d’agir et de chercher des solutions simples !

2.Posté par FRAYSSE le 01/06/2009 23:29
Responsable du marché du revêtement de sol sur l'Auvergne, le Limousin et la Loire pour un fabricant de peinture j'ai,depuis le 1er janvier, la charge du développement du sol sur le reste du Rhône Alpes. Cette activité a toujours paru complexe aux commerciaux et aux vendeurs sédentaires (pas de tarif, pas de stock, délai de livraison long, pas de relation avec les fournisseurs, pas de connaissance technique...). La confiance était nulle et ils évitaient d'en parler par peur de perdre le client.
Mon travail a été de leur organiser cette activité : accés à un stock de proximité, accés au PA, livraison en 24H,contacts avec les fournisseurs, mise en place de formation produits...
D'autre part, ces formations contribuent à l'apprentissage du métier et à la simplification de leur travail par une meilleure capacité à répondre et à proposer les produits aux clients.
Enfin, la mise en place d'une organisation, l'approfondissement des connaissances leur font gagner du temps et plus qu'un sentiment la vente de revêtement de sol est devenue plus simple.
Ils ont repris confiance, confiance qu'ils transmettent à leur tour à leurs clients et les résultats sont là (+80%)...

3.Posté par Cyril L le 02/06/2009 13:42
Simplifier peut être complexe ! Vouloir simplifier de manière brutale peut conduire à un simplisme néfaste. La réelle simplification nécessite une analyse approfondie de ce qui est complexe et un exercice constant de distinction du standardisable et du différentiable

Responsable du marketing produit d’une grosse entreprise industrielle, j’ai eu pour mission de mener un projet transverse de ‘maîtrise’ de la complexité : Cette entreprise dont la stratégie commerciale consistait à ‘monter’ vers des produits plus haut de gamme rencontrait des problèmes tant industriels qu’organisationnels face aux conséquences indirectes de cette stratégie : séries plus courtes, multiplication des produits spécifiques pour marchés niches, etc.
En résultait une opposition de plus en plus fréquente entre les équipes marketing et industrielles, les premières mettant en avant la stratégie et les marges accrues des nouveaux produits, les secondes insistant sur les difficultés de mise en œuvre et les coûts liés à la profusion croissante de références à produire.

Une première analyse rapide montra, qu’effectivement, près d’un tiers des produits proposés au catalogue n’avaient ni un volume de vente ni une contribution au résultat de l’entreprise qui justifiait leur existence au catalogue : la première décision simple fut donc de s’attaquer à leur suppression.
Par ailleurs, une des usines, qui souffrait d’un catalogue de production particulièrement complexe avait des coûts industriels sensiblement plus élevé que les autres : il fut donc envisagé la fermeture de cette usine, en profitant des suppressions liées à la première décision et en transférant la production restante sur les usines bénéficiant d’une structure de coût plus avantageuse.

Hélas, la mise en œuvre de la première décision rencontra de nombreuses difficultés et, au bout d’un an, seule une poignée de références avaient été effectivement supprimées de l’offre : de fait, il s’avéra que les références ciblées était mécaniquement liées au renouvellement naturel (sur 5 ans) du catalogue : 16% étaient de nouveaux produits lancés dans l’année qui n’avaient pas encore atteint leur régime de croisière, et les autres étaient des produits en fin de vie, déjà en cours de suppression, mais qui, aussitôt éliminés étaient remplacés par d’autres produits en fin de vie.

Une analyse beaucoup plus approfondie des leviers de la complexité et de leurs coûts directs et indirects fut nécessaire. Elle nous amena à étudier les impacts sur la production (temps de non production liés aux changements de production, pannes et réglages machines induits…) mais aussi sur les stocks et la supply-chain, la qualité , la R&D, etc… y compris les effets organisationnels et administratifs (nombre de réunions, remises en causes de décisions…).

Ces études ont été constamment portées par un double questionnement essentiel :
- qu’est ce qui est commun, récurent ? la simplification passe par alors par l’automatisation, la standardisation,
- qu’est ce qui est différent, différentiant, exceptionnel ? la simplification exige alors la flexibilité et l’autonomie si une valeur est attachée à cette différence, la suppression simple dans le cas contraire.

Il est intéressant de noter qu’un des résultats de ces travaux fut de démontrer que la fermeture un temps envisagé d’une usine était une mauvaise décision : son coût industriel supérieur au autres était entièrement explicable par la complexité du portefeuille de produits qu’on lui demandait de fabriquer et le transfert de sa production vers les autres aurait eu comme effet au mieux de « diluer » les surcoûts et pire, de les augmenter !

Ce travail d’analyse complexe –qui dura 2 ans- ne put rendre ses fruits qu’une fois ses résultats eux-mêmes simplifiés et organisés de manière à donner à chacun la visibilité de ses actions sur le résultat d’ensemble : des méthodes et outils d’analyse simples ont été ainsi fournis au marketing pour lui permettre de décider ou non du lancement d’un nouveau produit avec une meilleure compréhension des marges effectives, aux équipes de R&D pour connaître l’impact économique de la standardisation de certains composants en fonction des longueurs de série envisagées, des équipes industrielles afin de pouvoir décider de produire une référence dans une usine plutôt qu’une autre en fonction de ses points communs avec les autres références, etc.

Au final, ce travail de fond aura permis de réduire de 20% le catalogue commercial avec un ciblage plus en phase avec la stratégie commerciale, un chiffre d’affaire et des parts de marché en hausse et des équipes mieux armées pour gérer de manière plus simple une diversité commerciale effective (celle perçue par le client) croissante.

Cette expérience m’a apporté ces lignes guides dans la recherche de la simplicité :

1. Se méfier du simplisme, ne pas hésiter à approfondir –et donc parfois complexifier- la réflexion stratégique afin de simplifier la vie opérationnelle
2. Sans cesse se poser la question : est-ce commun ? fréquent ? ou différent ? rare ? …et adapter son attitude en fonction.

De fait, le manageur en quête de simplification doit se comporter comme un bon informaticien : passer l’essentiel de son temps sur l’analyse et la structuration de son problème, se constituer une bibliothèque de ‘routines’ pour les actions communes et ne créer du code nouveau que sur la partie spécifique et valorisable de son programme…

4.Posté par Thomas Plunian le 11/05/2010 14:00
Oui chercher à simplifier c’est se flexibiliser, dans un environnement chaotique et toujours plus incertain. Cependant la course dans laquelle nous sommes favorise la vitesse à la sagesse, à l’image du pilote de F1 qui, la nuit, plus il accélère plus la porte de ses phares diminue. La clé est dans l’alignement des stratégies à court, moyen et long terme et dans la communication et l’adhésion de tous les collaborateurs de l’entreprise. Il faut donc, paradoxalement, prendre le temps de déterminer les objectifs, les moyens et les valeurs que l’on souhaite pour son organisation.

5.Posté par Boutet FANNY le 04/05/2011 14:46


La simplicité apparait ici comme la solution miracle, le remède pour vaincre la complexité grandissante que l’on observe dans les organisations d’aujourd’hui.
Cependant, il n’y a pas de yin sans le yang, ni de bien sans le mal, ou de tristesse sans bonheur. La simplicité n’est rien sans la complexité, ce sont deux principes qui se complètent et qui forment ensemble, un équilibre dans la vie, mais aussi dans les organisations. Je pense, en ce sens, que l’éloge de la « simplicitologie » dans cet article est exagérée, tout comme l’est la recherche absolue de performance et de productivité dans les entreprises, qui contribue à l’augmentation du management par la complexité. La simplicité est, dans cet article, la solution à des organisations « surmenées » qui ont été poussées à l’extrême pour atteindre des objectifs stratégiques. Elle permet de rééquilibrer le fonctionnement de l’entreprise pour ne laisser apparaitre que l’essentiel. Au contraire trop de simplicité nuit gravement aux organisations.

En mon sens, la simplicité n’est pas le remède à tout. Les entreprises vivent dans un environnement instable et complexe par nature. Chaque individu qui travaille dans une entreprise est complexe par nature, dans son fonctionnement biologique et mental. Dans ce contexte comment ne pas éviter la complexité ?

Une entreprise doit savoir se montrer adaptable à tout environnement, c’est un de ses gages de réussite. Et pour cela elle doit savoir gérer la complexité au quotidien.

6.Posté par BERNARD BOYER le 08/05/2011 11:31

Le texte de Didier Noyé considére que la complexité est née de la volonté des organisations d'améliorer leurs productivité, leurs rentabilité, fiabilité etc.....Ce postulat de départ fait abstraction de la complexité né des dévelopements de la technologie et de l'informatique à grande échelle qui a amené à produire des biens et des services de plus en plus complexes.
Par exemple, l'informatisation qui apportait le promesse de simplifier le traitement de données dans les entreprises a surtout permis de réaliser des états et documents de plus en plus élaborés et sophistiqués.
Par ailleurs, la technologie a rendu possible la production de biens matériels toujours plus complexes . La complexité d'une automobile d'aujourd'hui est à comparer à la simplicité d'une 2CV des années 60.
Les services n'ont pas échappé à cette évolution par le foisement d'offres et d'options en très grands nombres .Prenons l'exemple des prêts bancaires dont la multiplication des formules n'ont de limites que l'imagination des services marketing et financiers des banques .( taux variable avec modulation des mensualités, calcul de taux indexé à un panier de taux du marché monétaire, fenêtres de remboursements anticipés etc...)
Ces évolutions liés aux NTIC et aux technologies de l'informatique explique à mon avis en grande partie la complexité des organisations actuelles.
L'objectif de la simplification semble difficile à atteindre dans notre société actuelle car il va à l'encontre d'une évolution de fonds dans l'ensemble des champs de l'activité humaine.
cependant , il est évident que la fragilité de nos organisations les rends vulnérables à la moindre défaillance dans le processus de fabrication et que cette fragilité est pour le moi inquiétante.

7.Posté par HEIDI BONNIER le 17/05/2011 16:40
1) Comliquer: le propre de l'homme

Cet article de Didier Noye nous rappelle combien l’homme du fait de sa nature complexe a systématiquement tendance à compliquer.

Cette lecture a ramené à ma mémoire des expériences vécues en entreprise pouvant se résumer à dire que le fonctionnement de l’organisation n’est souvent qu’un éternel recommencement fait d’orientations stratégiques, de périodes de stabilisation puis de changement. En effet, dans un environnement fortement concurrentiel et incertain, les acteurs se succèdent, les stratégies changent, s’empilent, se suivent… et ne se ressemble pas ?
Il devient pourtant courant de voir des organisations qui après avoir mis en œuvre pléthore de plans d’action d’amélioration, choisissent de revisiter leur processus pour atteindre une certaine simplicité qui était déjà en œuvre quelques années auparavant. Bien sur ce n’est pas vrai dans toutes les entreprises et ces revirements de fonctionnement sont parfois nécessaires car ils sont la réponse aux contraintes imposées par un environnement instable. Cependant, il faut pourtant noter que trop souvent ces changements amenant de la complexité à la simplicité et inversement n’ont aucune cause sérieuse si ce n’est le maintien des archaïsmes managériaux de certains au détriment de l’intérêt collectif.

Il est également important de noter que cette recherche d’efficience concerne toute les entreprises y compris celles déjà considérées comme à la pointe de la performance. En effet sous la pression de la mondialisation se livre une course effrénée à la compétitivité. Mais une démarche d’amélioration continue mal conduite aboutit le plus souvent à :
• Des flux documentaires alourdis
• Des processus de décision embourbés du fait de la multiplicité des acteurs
• Des organigrammes illisibles tant le nombre de niveaux hiérarchiques est important ou le modèle matriciel compliqué
• Etc.…

Au final on se retrouve au sein d’une véritable « usine à gaz » ne permettant pas d’accroître la performance mais où l’on rencontre des salariés stressés, perdus…


2) LEAN, UNE PISTE VERS LA SIMPLICITE ?

Il me paraît important de développer la piste du Lean Manufacturing. Les principes de ce concept sont :
• Actions qui amènent de la valeur = VALORISEES
• Actions qui n’amènent pas de valeur mais qui sont obligatoires = CHANGEMENT DE CONFIGURATION
• Actions qui n’amènent pas de valeur et ne sont pas obligatoires = ELIMINEES

Les études Lean et les changements induits portent sur toutes les composantes des processus de l’organisation : flux d’informations, individus, outils de production… Peut-on dire que le Lean est la recherche de performance par la simplification?

Cependant, cette démarche est à utiliser avec précaution et réflexion car pratiquée à outrance elle peut avoir un effet néfaste sur l’organisation et générer de nouvelles complications comme nous avons pu le voir chez Toyota récemment.

8.Posté par Lenoir Aymeric, Alphon-layre Aurélien, Depienne Vincent le 25/01/2012 15:23
« Eloge de la simplicité »

Nous sommes globalement d’accord avec les idées abordées dans cet article. De plus nous trouvons cet article original et pertinent dans l’utilisation de ses préconisations dans la forme et l’organisation de son écriture.

Il est vrai qu’aujourd’hui les entreprises manquent de simplicité dans leur organisation, les individus manquent de marge de manœuvre. Ce problème affecte la motivation et la santé psychique des individus. Nous avons, par exemple, pu constater lors de l’une de nos expériences professionnelles (LaPoste), que la lourdeur de la procédure à la fin de chaque projet entraîne de la démotivation.

Nous pensons que cette théorie s’adapte à la majorité des situations, mais ne s’adapte pas à tous les cas. En effet, pour l’exemple de la réduction du nombre d’éléments, dans un secteur innovant où l’on doit être créatif, moins de composants implique moins de créativité. Les enjeux seront plus sur la simplification de la présentation de l’information plutôt que sur la suppression d’informations.

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