Les lecteurs de cet article sont, au fait
des pressions qui s'exercent sur les entreprises : exigences de plus de productivité, plus de rentabilité, plus de réactivité, plus de fiabilité, plus de satisfaction client, plus de développement durable …
Pour répondre à ces exigences, l'esprit humain a fait preuve d'une grande créativité pour inventer des organisations visant la performance : maîtrise des processus, organisation par projet, fonctionnement matriciel à n dimensions, juste-à-temps, déploiement de stratégie, gestion des emplois et des compétences, mutualisation des fonctions supports, externalisation, fusion, réorganisation … Hélas le résultat n'est pas toujours au rendez-vous et l'on a souvent construit des
organisations inutilement compliquées.
Des organisations ankylosées, dont la réactivité évoque plus le cheval de bois que le cheval de course. Le problème est que, avec le temps, rien ne s'arrange mais tout se tasse et tout s'empile. En matière de fonctionnement collectif, il arrive de joindre l'inutile au désagréable !
L'enjeu est important car
les organisations inutilement compliquées n'atteignent pas leurs objectifs majeurs et deviennent
très fragiles. Pour différentes raisons : stratégie incomprise, objectifs perçus comme contradictoires ou peu réalistes, découragement, coopération transversale insuffisantes, activités sans valeur ajoutée, effets pervers des règles adoptées, perte de sens …
Notons au passage qu'il ne faut
pas confondre complexité et complication, comme
Dominique Genelot l'a montré dans son ouvrage
Manager dans la complexité. Le comportement d'un groupe humain est complexe car il y a une part d'imprévisible, et il faut agir, décider, dans l'incertitude. Le plan d'un moteur d'avion est compliqué, mais à force d'analyse on arrive à comprendre comment cela fonctionne. Le code du travail, lui, est devenu inutilement compliqué.
Un nouvel axe de progrès a été découvert par nombre d'entreprises : il faut sim-pli-fier.
Simplifier ce qui est devenu inutilement compliqué. Certes, l'intention est louable, mais comment dépasser l'incantation ? Quels-sont les ingrédients de la simplicité ? Quels-sont les fondements de la simplicitologie ? Peut-on répondre simplement à ces questions ? Les lignes qui suivent esquissent une réponse en proposant
14 leviers pour la simplicité du fonctionnement des entreprises.