Les processus proposés ne relèvent pas de la
magie. Ils mobilisent des éléments psychiques bien identifiés.
Dans le plan d'action anti-souci de niveau 1 la question 3
" Demandez-vous, ce qui se passerait si le pire arrivait ? " est une technique utilisée par le psychiatre américain
F. Perls qui posait l'hypothèse qu'à chaque souci était accroché un fantasme.
Tant que ce fantasme reste accroché à la préoccupation, il entretient
une intensité dramatique si élevée que cela suscite
une angoisse de mort qui paralyse le sujet.
Cet exercice
très salutaire peut être pratiqué à maintes occasions : chaque fois
qu'on rencontre une situation anxiogène (Par exemple parler en public, etc.). En se posant cette question,
on rend conscient le fantasme imaginaire qui hante le sujet ; ce qui permet de se rendre compte
du coté irrationnel que nous attribuons à l'évènement. Cette prise de conscience permet alors un
ressaisissement et ramène l'évènement
à une plus juste dimension. Cette
amplification du souci fonctionne comme un
révélateur qui permet de passer, comme dans un laboratoire de photographie, du négatif au réel.
Dans l'exercice
d'identification des priorités fondamentales, l'accent est mis sur
l'identification des idéaux. Les idéaux constituent ce que
Freud a appelé
" l'Idéal du Moi ". On connait son importance dans la dynamisation du sujet et des groupes
(Auber,
De Gaulejac,
Enriquez).
La dépression nerveuse s'accompagne toujours d'un affaiblissement de l'Idéal du Moi. Sans idéaux pas de convictions; sans convictions,
l'individu devient incertain. Pour
Marcel Gauchet, les sociétés traditionnelles
procuraient aux individus des idéaux qui leur permettaient de supporter les vicissitudes de l'existence humaine. Dans les sociétés post modernes, cet héritage est souvent mis en question. C'est selon lui,
la dissolution des valeurs du passé, liée à l'évolution plus rapide des mentalités qui serait
à l'origine des grandes incertitudes que chacun en tant que sujet ressentirait aujourd'hui.
L'angoisse fondamentale ne serait ainsi plus contenue ou étayée et flotterait dans la conscience
des individus livrés seuls à eux-mêmes, face à des questions qui étaient auparavant partiellement pris en charge par
la culture.
Les 2 méthodes mettent l'accent
sur le renforcement de l'estime de soi. On remarquera en effet qu'à plusieurs reprises on propose au lecteur de reprendre contact avec
des évènements positifs passés qui
ont contribué à renforcer l'estime de lui-même. On vise ici
à recharger, au moins provisoirement le sujet,
au niveau narcissique pour libérer
l'énergie soit
pour passer à l'action (pour le plan d'action anti-soucis de niveau 1), soit
pour se projeter avec conviction dans l'avenir (pour l'identification des priorités fondamentales). Si le 1° exercice vise à faciliter chez le sujet
le retour à l'action, le second vise
à consolider la personne dans ses fondements en lui permettant de reprendre contact avec ses
valeurs et des idéaux essentiels.
Une fois les actions et les priorités identifiées, il est important de pouvoir
les intégrer dans des outils de gestion du temps. C'est pourquoi nous recommandons
la pratique des check-lists qu'il est conseillé de
visualiser régulièrement. En effet, il arrive fréquemment que sous
la pression du quotidien nous ayons tendance à
procrastiner et à oublier
les décisions prises lors de ces 2 moments de réflexion. Certains aspects évoqués dans cet article avaient été déjà abordés dans l'article: [l'Art de faire des Check-lists] article:149. Nous reviendrons plus tard sur
l'intérêt de la visualisation pour donner de la
force à ces décisions.
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