Connectez-vous S'inscrire

Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Vendredi 31 Octobre 2014
11:27

3.31 La valeur : un concept clé pour construire des stratégies innovantes (1)



Introduction : Le concept de valeur à fait l'objet de nombreuses controverses en économie

Les 4 Temps du Management
Selon les auteurs, il existe deux grands systèmes de conception de la Valeur : une conception objective et une conception subjective.

- La conception objective de la valeur se construit à partir des éléments réels qui ont été mis en jeu dans la fabrication d'un produit ou d'un service : matières, recherche - développement, investissement machines, temps de travail, coût de distribution, profits etc... Il est possible de mesurer les différents agrégats qui constituent le produit et le service et ainsi de définir le " juste prix ". On retrouvera dans cette vision des auteurs comme Adam Smith, David Ricardo (1772-1823), Karl Marx

- La conception subjective de la valeur repose sur " la désidérabilité " du bien par le consommateur. C'est le désir de celui-ci qui fonde la valeur. Il s'agit donc d'une estimation qui est faite par les acteurs économiques en fonction davantage de ce qu'il représente que des coûts réels liés aux ressources mobilisées pour le fabriquer. La valeur par exemple d'une oeuvre d'art s'inscrit dans cette conception. Il est impossible de définir son prix en fonction de son coût de fabrication mais en fonction d'une évaluation subjective attribuée par le marché. Des auteurs très anciens comme Démocrite, Saint Thomas Daquin, ou les scolastiques espagnoles ont inspiré cette conception qui a été reprise par des économistes comme Turgot, Jean Baptiste Say, Condillac, Carl Menger et Leon Walras.

L'effondrement de pans entiers de notre économie nous invite très sérieusement à revisiter les théories qui ont fondé nos raisonnements. Dans le premier article de cette série sur la Valeur, nous nous proposons d'approfondir les théories classiques portées par Adam Smith, Ricardo et Karl Marx. Ce retour (trop rapide) sur ces auteurs nous permettra de constater qu'ils ne sont pas, encore aujourd'hui, sans influencer nos stratégies de développement et plus prosaïquement nos pratiques de gestion.
Pour découvrir la ligne éditoriale et toutes les ressources du site, cliquez sur S'abonner (dans la barre bleue du titre à gauche)
3.31 La valeur : un concept clé pour construire des stratégies innovantes (1)
Rédigé le Samedi 8 Octobre 2011

Commentaires articles

1.Posté par Matthieu CHABRIER - Marine DECLAS - Alicia DUFOSSE - Johanna GUILLEMAIN le 31/01/2012 18:58 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
La valeur a deux interprétations.

Une interprétation libérale donnée par les économistes classiques dont le chef de file était Adam Smith. Pendant longtemps, la valeur d'un bien était évaluée en fonction de la quantité de travail qui était investit pour produire ce bien.
Puis, de nouveaux économistes ont mis en évidence les limites de cette interprétation.

La valeur objective d'un bien trouve ses limites dans le domaine de l'art notamment où les produits échangés ne dépendent pas du temps qu'il a fallut pour les réaliser. La valeur du bien dépend bien de l'appréciation qu'a l'acheteur et de l'utilité subjective qu'il trouve à se procurer ce bien.

L'article nous propose de lier les concepts de valeurs et d'innovations.

Dans nos sociétés modernes, la production industrielle tend a être délocalisée, dans ce contexte comment continuer à créer de la valeur?
Schumpeter avait qualifié ce procédé de destruction-créatrice, ce procédé trouvait sa source dans plusieurs phénomènes (nouveaux marchés, nouveaux équipements ...). La destruction créatrice devait générer un renouvellement des métiers et obliger les nations à investir dans l'innovation.

Afin de continuer à produire de la valeur, les entreprises avaient intérêt à investir dans la recherche et développement. L'innovation a généré un phénomène qu'Alfred Sauvy appellera la théorie du déversement.
Cette théorie montre que les gains de productivité génèrent des déversements d'emplois d'un secteur à un autre. Le secteur primaire compte de moins en moins d'ouvriers et la production des biens industriels diminue. Or, la valeur des biens industriels est souvent calculée en fonction de la valeur travail.
Comme celle ci diminuait, il fallu trouver une nouvelle source de production de valeur.

Puisque l'avenir n'était plus dans la production industrielle, Alfred Sauvy souleva l'idée que nos sociétés développées emploieraient désormais la population pour créer les machines permettant les gains de productivité. La création de machines apparentée à de l'innovation serait la nouvelle source de valeur des entreprises.

Cependant, il est clair que la valeur travail au sens classique perdait de son sens, comment évaluer la valeur du bien par le temps passé en recherche et développement?

C'est pourquoi nous rejoignons votre conclusion provisoire qui montre les limites de raisonner en valeur objective. Il est essentiel aujourd'hui de redéfinir le concept de valeur autrement que par le travail physique. Les entreprises doivent interpréter le concept de valeur comme une opportunité pour elles d'innover afin de créer un nouveau type de valeur susceptible de séduire de nouveaux consommateurs.

2.Posté par HENAUX F. le 05/02/2012 19:47 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
La valeur, du mot latin valor, a pris cour des siècles plusieurs significations : bravoure, combativité, mérite, qualité etc... Selon le Petit Larousse Illustré , la valeur est en première défintion, je cite : "Prix selon lequel un objet peut-être échangé, vendu, en partie son prix en argent". Arrive en sixième définition, celle j 'aurais mis en premier place : "Ce qui par quoi on est digne d 'estime, sur le plan moral, intellectuel, physique, etc..."

En tant qu 'ingénieur, ce mot me disait "variable" principalement. Avec les cours de finance qui me sont transmis cette année, j'ai découvert les termes de valeur actualisée, valeur marchande, valeur d'acquisition, valeur nette, valeur brute, valeur mobilière, valeur d'échange, valeur comptable, valeur de liquidation, valeur de marché, valeur travail...

Comme -ci, ce mot avait perdu de sa valeur !

Derrière ces termes, n 'apparaît que l'argent.

Le proverbe dit : "L 'argent n 'a pas d'odeur". Il est donc lié à personne, il est impersonnel. Il n 'a pas d 'odeur.
Tous les moyens sont bons pour l'utiliser, c'est devenu un agrément, un plaisir. C'est le règne de l’argent, celui-ci devient la valeur principale peut-être de nos sociétés occidentales : j'ai l 'argent donc je suis.

C’est au détriment probablement d’autres valeurs : amour, amitié, partage, solidarité ....

3.Posté par Nicolas GAGNE le 06/02/2012 14:55 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Les différentes thèses cherchant à évaluer la valeur nous amène à nous poser au niveau du management la question suivante: comment évaluer la valeur du travail et/ou d'un employé.

Avant toute chose, il est indispensable de ne pas confondre coût et valeur. Le coût du travail se limite à l'étude de divers agrégats financier (salaire, cotisations,...) et peut s'évaluer de manière comptable.

La valeur est un élément beaucoup plus subjectif ou vont s'opposer divers écoles de pensée; par exemple des classiques estiment que la valeur du travail correspond à la valeur que le travailleur ajoute au produit. Cette évaluation de la valeur du travail a été à la base de la critique du capitalisme par Marx estimant que le travailleur est exploité, son employeur ne lui procurant que le minimum vital en échange de sa force de travail.

On peut voir qu'il y a un fossé, entre la théorie et la pratique et que la valeur n'est pas estimée de la même manière pour tous et par tous. Ainsi en France certains vont pouvoir estimer que leur travail leur permet à peine de survivre (exemple des salariés sans domicile à Paris) et que certaines incompréhensions continuent de susciter des débats concernant l'évaluation de la valeur du travail (les salaires des grands patrons et les parachutes dorés).

La difficulté concernant l'évaluation de la valeur du travail tiens en conclusion au fait que cette notion est purement subjective.

Leadership 1 - Blandine Molin, Arthur Bailly, Nicolas Gagne, Julien Nicot

4.Posté par Amine SOUFIANI et Zineb CHAOUKI Leadership 2 le 13/02/2012 14:30 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Après la lecture de cet article, on ne peut que constater le grand gap qui existe entre les théories, les pensées des auteurs classiques de l’économie, et ce qui existe actuellement dans les systèmes capitalistes et plus particulièrement dans les marchés financiers.

La notion de valeur des titres financiers, dans l’économie financiarisé que nous connaissons actuellement, est très différente de la conception des économistes classiques. Elle s’éloigne radicalement des fondamentaux qui mesurent la valeur d'un bien (quantité et coût du travail, valeur d'usage, valeur d'échange, Productivité, Rareté…) et devient strictement captive des techniques et outils financiers (Titrisation, Agences de notation, marchés de produits dérivés, fonds spéculatifs…), développés par la théorie financière du 20ème siècle, qui a largement estompé les différences entre capitaux propres et capitaux d’emprunt (Merton Miller et Franco Modigliani), favorisant l’endettement et l’effet de levier, mais aussi rendant la rentabilité financière comme objectif ultime, et principal indicateur de performance des entreprises. Comment peut-on parler, dans ce cas, de valeur sur ce type de marchés, quand les fondamentaux économiques qui ont fait le rayonnement de certaines économies sont considérés aujourd'hui comme obsolètes.

On a tous constaté les risques de ces théories financières modernes, qui ont mené à une crise financière mondialisée, puisque les grandes économies mondiales capitalistes et libérales ont, dans l’optique de dynamiser l'économie, créées un système surdimensionné régit par des règles contraires aux fondamentaux économiques, sans mettre en place de régulateur pour orienter ce système vers le développement de l’économie, de l’industrie, de l’innovation et de l'intérêt commun. Il s’agit d’une erreur non négligeable, communément tolérée, qu’il faut aujourd’hui revoir et reconstruire sur de nouvelles bases (productivité, utilité publique, responsabilité sociale et écologique, bien être des salariés et de la société en général).

Faudra-t-il un retour aux bases solides de l’économie selon la vision classique (industrie, productivité, avantages comparatifs…) qui ont favorisé une croissance historique lors des trente glorieuses, faudra-t-il définanciariser l’économie mondiale ?

5.Posté par Audrey POUMAROUX le 23/02/2012 20:28 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Les économistes dits « classiques » déterminent la Valeur au sens économique par le duo quantité de travail et les coûts nécessaires à la production d’un bien ou d’un service. En effet, cette définition semble être imparfaite à notre époque où la notion de la valeur d’échange se révèle primordiale. Autrement dit, le marché dépend des échanges de marchandises entre entreprises et pays. Les dernières crises économiques et financières ont démontré que cette conception de la Valeur est erronée. Elle ne mène qu’au chaos économique. Le monde du travail semble perdre le souffle car elle continue à privilégier la valeur quantitative du travail qui aliène les salariés. Il semble évident que cette méthode n’est plus efficace car les hommes ont besoin de satisfaction et de reconnaissance au travail afin d’être productif. La valeur de l’homme semble désormais être au centre de ce cercle vertueux de la croissance. Par conséquent, les entreprises qui désirent réussir et être pérennes devront désormais allier à leur stratégie la Valeur au sens quantitatif mais aussi qualitatif. La difficulté à venir sera de mettre en pratique cette stratégie quand on sait que durant des décennies le monde du travail s’est obstiné à valoriser la Valeur au sens quantitatif et aliénant. Voilà tout l’enjeu des prochaines années pour les gouvernements mais aussi les entreprises, les écoles de commerce.

Audrey Poumaroux et Esther Anouma

Nouveau commentaire :

Editorial | Le Temps de l'Action | Le Temps des Equipes et des Projets | Le Temps de la Strategie | Le Temps des Valeurs | Le Manager en Action