Cette section a pour but de donner quelques conseils généraux pour une entreprise désireuse d'exporter.
1. Le Diagnostic export
Il consiste à établir les forces et les faiblesses de l'entreprise pour savoir si elle a intérêt à exporter, si elle est capable de le faire, et si elle dispose déjà de ressources ou de relations facilitant l'implantation dans certains pays.
Un exemple de grille de diagnostic export
Les CCI proposent des dispositifs pour aider une entreprise dans son diagnostic.
2. La recherche d'informations
Une recherche efficace passe par :
- La définition de l'objet de la recherche : qu'est-ce que je veux savoir ?
- L'identification des informations utiles : de quelles informations ai-je besoin ?
- La définition de la méthodologie : comment vais-je rechercher l'information ?
- La définition d'un planning : comment de temps cela va me prendre ?
- L'établissement d'un budget : quels sont les moyens à ma disposition ?
On distingue trois types d'étude :
- L'étude exploratoire vise à établir une première sélection de pays cibles, à partir d'informations de base sur telle région du monde ou tel pays : données économiques, financières et monétaires ; infrastructures ; indicateurs géographiques et démographiques ; environnement politique... La plupart des informations sont disponibles gratuitement sur internet, mais il est toujours intéressant de compléter ces données par des témoignages de terrain ou des avis d'expert, par exemple lors de rencontres organisées par une CCI.
- L'étude de marché globale sert de base pour dégager la stratégie d'exportation à suivre. Elle comporte une partie descriptive sur le marché du pays cible - caractéristiques du marché, de la concurrence, de la clientèle, contraintes légales... - et une partie prescriptive - adaptation de l'offre au marché local (fonctionnalités, packaging, contraintes légales, prix), choix du mode de distribution, stratégie marketing, partenaires potentiels à contacter...
- L'étude de marché ponctuelle va approfondir un élément précis de l'offre commerciale : produit, prix, promotion, distribution...
La recherche d'informations peut être réalisée en interne, sous-traité à un prestataire ou confiée à un jeune (28 ans maximum) en
Volontariat International en Entreprise (VIE) pour une mission de 6 à 24 mois.
Le dispositif VIE est géré par
Ubifrance :
- L'entreprise contacte Ubifrance pour le recrutement d'un VIE ;
- L'agence présélectionne des candidats potentiels et gère toutes les formalités administratives (versement du salaire, protection sociale, etc.) ;
- L'entreprise donne une avance de 3,5 mois à Ubifrance sur les indemnités perçues par le VIE
- Chaque mois, l'entreprise rembourse l'agence ;
- A la fin de la mission, Ubifrance reverse l'avance à l'entreprise ;
Les PME peuvent se regrouper pour mutualiser les coûts d'un VIE ou profiter du parrainage d'un grand groupe pour réduire certains frais (l'hébergement par exemple).
3. La prospection
L'entreprise peut approcher clients et partenaires étrangers depuis la France, en visitant les salons spécialisés ou en rencontrant des délégations étrangères venant en France. C'est le moyen le moins coûteux et le plus sûr pour débuter à l'export.
Pour prospecter à l'étranger, elle a le choix entre deux approches :
- La prospection individuelle : visite de foires et de salons à l'étranger, missions d'approche... Les services exports des chambres de commerce et les conseillers d'Ubifrance peuvent faciliter la préparation de la mission de prospection et proposer des aides financière ; UbiFrance propose notamment la
SIDEX, une aide financière destinée à réduire les frais d'hébergement lors d'une opération de prospection. La mission économique du pays cible peut aussi, contre rémunération, organiser le programme des rendez-vous avec les contacts ciblés et fournir une fiche détaillée sur chacun d'eux. Enfin, le portage par un grand groupe, à travers le " portage abri ", est un bon moyen de réduire les frais d'hébergement à l'étranger (que ce soit pour un salon ou pour installer un stagiaire).
- La prospection collective : l'entreprise peut participer à une opération labellisée, initiée par un opérateur qui peut être un organisme, une association, une personne morale de droit public ou privé. Cette opération regroupe au moins cinq entreprises et leur permet de bénéficier d'aides financières dans le cadre de leur prospection. Dans le cadre du portage à l'international, certains grands groupes organisent aussi des missions collectives avec des PME partenaires.
Si l'équipe de prospection désire emmener des échantillons qui ne sont pas destinés à la vente, par exemple lors d'une exposition, l'entreprise peut demander à sa CCI un carnet ATA qui simplifiera les formalités douanières. Le carnet devra être rédigé à la CCI pour validation et lui être restitué après le retour en France.
Une entreprise peut obtenir un crédit d’impôt pour les dépenses de prospection commerciale, plus couramment appelé crédit d'impôt export. Pour bénéficier de ce crédit, l'entreprise doit être une PME au chiffre d'affaire annuel inférieur à 50 millions d'euros et avoir recruté un salarié ou un jeune en VIE dont la fonction principale est le développement de ventes à l'export. Les dépenses couvertes concernées par le crédit d'impôt couvrent :
- Les frais et indemnités de déplacement et d’hébergement liés à la prospection commerciale menée dans un but d'exportation en France ou à l’étranger ;
- La recherche d’information marchés ;
- La participation à des salons et foires ;
- La promotion des produits et services de l’entreprise.
4. La maîtrise de l'environnement réglementaire et logistique
Vendre à l'étranger implique :
- D'adapter son produit : respect des normes techniques, sanitaires, qualitatives (par exemple, procédures de certification obligatoire) ; modification de conditionnement et d'emballage ; documentation à traduire...
- D'anticiper les risques juridiques liés à la propriété industrielle/intellectuelle : dénomination commerciale, protection de la marque et du brevet, protection contre la contrefaçon...
- D'adapter son offre commerciale : connaître les différents types de contrats internationaux de vente (Incoterm) et choisir le plus adapté; établir les délais et le système de paiement en fonction des attentes des clients et des risques du marché; traduction des documents commerciaux ; s'informer sur les usages commerciaux du pays cible...
- De connaître les règles douanières : choix du régime douanier adapté ; remplir la Déclaration d’Echange de Biens en cas d'exportation au sein de l'Union Européenne, ou le Document Administratif unique qui sert de déclaration aux douanes en cas d'exportation en dehors de l'Union Européenne...
- De s'informer sur la législation en matière de transports internationaux.
5. L'évaluation et la couverture des risques
On peut regrouper les risques liés à une opération commerciale à l'étranger en cinq catégories :
- Les risques avant la commande : prospection infructueuse, par exemple ;
- Les risques entre la commande et l'expédition : risque économique (l'augmentation du coût de revient), risque de fabrication (l'acheteur est insolvable par exemple)...
- Les risque d'expédition : formalités douanières ; détérioration, vol ou destruction de tout ou partie de la marchandise ;
- Les risques après réception des marchandises: risques d'appel abusif de caution, risques de crédit (non-règlement de la transaction), risques de change, responsabilité civile produit (fabricant /vendeur responsable des dommages causés à tout consommateur du produit), risques liés au personnel ;
- Les risques transversaux : les risques politiques (guerre civile, par exemple), juridiques (changement de règlementation, introduction de nouvelles normes, etc.) ou de catastrophe naturelle.
L'interlocuteur principal pour la couverture des risques est la
COFACE, qui gère pour le compte de l'état six types d'assurances (descriptions tirées du site de la COFACE) :
- L'assurance prospection " couvre le risque d’échec ou de succès insuffisant pour amortir les dépenses engagées afin de prospecter les marchés étrangers " ;
- L'assurance préfinancement facilite la mise en place des crédits de préfinancement ;
- L'assurance caution permet à l'entreprise de " faire émettre les cautions nécessaires à ses contrats en assurant la banque qui l'accompagne " ;
- L'assurance change " protège contre les fluctuations de change " ;
- L'Assurance-crédit export couvre du risque d’interruption du contrat ou de la défaillance financière d'un client ;
- L'Assurance investissement " protège les investissements à l’étranger contre les risques politiques ".