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Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Vendredi 18 Avril 2014
20:11

2.12 La régulation des émotions : une nécessité pour la santé psychique des équipes



1. Collection de timbres, inhibition d'action et névroses de groupe

Les 4 Temps du Management
Chaque acteur, en situation de haute performance, accumule un certain nombre de frustrations. Lorsque celles-ci atteignent une certaine intensité, les acteurs peuvent être amenés à exprimer leur souffrance sous une forme socialement, difficilement supportable.

L’image de la collection de timbres a été proposée par E. Berne pour caractériser ce processus émotionnel. Lorsque nous allons dans un grand magasin, nous recevons en échange de nos achats des timbres ou des points que nous collectons dans un carnet. Lorsque le carnet est plein, nous avons droit à un cadeau. Il en est de même concernant nos émotions. Nous les refoulons jusqu’à ce que cela ne soit plus possible. Alors, nous exprimons ce que nous ressentons, parfois, avec beaucoup de violence.

La plupart du temps, les managers gestionnaires ont tendance à négliger cette dimension en considérant qu’ils peuvent en faire l'économie. Cette relative " schizoïdie " peut avoir des conséquences méconnues, notamment en termes de comportements professionnels problématiques soit vis-à-vis des clients ou entre les collaborateurs eux-mêmes.

Le principe est simple : quand les acteurs accumulent trop de souffrance, celle-ci cherche à se résoudre à travers des dysfonctionnements sociaux plus ou moins " clandestins " qui génèrent des " coûts cachés " non seulement économiques mais aussi " symboliques " qui impactent l'engagement des acteurs. Sur le plan collectif, la grève peut être un exemple des conséquences d'une régulation insuffisante. Sur le plan des individus, on peut aussi considérer que le suicide soit aussi une tentative désespérée et dramatique de résoudre une collection de timbres trop importante.

Le neurophysiologiste Henri Laborit considère que chaque fois que nous ne parvenons pas à transformer nos émotions en action, en d'autres termes de "vider la collection de timbres ", nous risquons d'entrer en " inhibition d'action ". C'est ce processus qui serait, selon lui, à l'origine de toutes les pathologies physiques, sociales ou psychologiques.

Cependant dans une organisation, de nombreux dysfonctionnements ne rendent pas toujours possible l'Action. Ce qui génère une accumulation d'émotions que les gestaltistes appellent " les émotions inachevées ". Si celles-ci ne sont pas régulées, elles restent bloquées dans le corps. On parle alors de somatisation des affects. i[Cette dynamique ne s'opère pas seulement au niveau des individus mais aussi au niveau d'un " corps social ".
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2.12 La régulation des émotions : une nécessité pour la santé psychique des équipes
Rédigé le Jeudi 24 Avril 2008

Commentaires articles

1.Posté par caratruffe le 22/05/2009 22:46 | Alerter
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Ayant personnellement vécu cette expérience, je suis tout à fait d'accord avec l'image de la collection de timbres et les conséquences lorsque le carnet est plein.

Ayant toujours été quelqu'un qui ne disait jamais non, qui ne contrariait jamais ma hiérarchie, je me suis retrouvé avec des actions à réaliser à chaque fois plus difficiles avec les moyens alloués(toujours moins), voire impossibles à faire. J'ai beaucoup intériorisé, tout en sachant que je n'arriverai pas à atteindre mes objectifs. Et là des troubles somatiques ainsi que des sentiments d'inhibition sont apparus. Sentant que mon carnet de timbre était quasiment plein, je n'ai plus pu refouler mes émotions. J'ai essayé d'expliquer à mon n+1 que je n'avais pas les moyens de réaliser les actions demandées sauf à disposer de moyens humains et financiers supplémentaires et je me suis heurté à un mur. Et bien sur, je n'ai pas été écouté , voire pas cru par mon n+2 qui ne connaissait rien à mon domaine d'activité(afin de ne pas contrarier ma direction qui est habituée à ce que personne ne dise non à rien, mon n+1 lui avait remonté que je refusais de faire et que j'y mettais de la mauvaise volonté). Cette fois-ci, le carnet de timbres était plein : j'ai fait un burn out et il a fallu que je m'arrête quelques semaines. J'ai consulté un psychologue. Puis j'ai repris mon travail avec la volonté 'prononcée' de ne plus collectionner les timbres.

A mon retour, sachant que les mêmes causes produisent les mêmes effets, j'avais 2 solutions : lutter dans le même environnement (mais pas à armes égales car je sais par expérience que la direction ne désavoue jamais ouvertement la ligne hiérarchique) ou 'fuir'. Connaissant le principe de mes managers qui ne traitent que les conséquences et pas les causes dans ce genre d'épisode, contre toute attente après mûre réflexion, j'ai demandé à changer de service et de fonction. Car une fois que la collection de timbres est complète, je pense qu'il ne faut surtout pas en recommencer une nouvelle dans le même environnement.
Il a fallu que pendant 4 mois chaque semaine j'aille relancer mon directeur pour un changement d'affectation, car bien sûr cette fois encore on ne m'a pas cru. J'ai mis 6 mois pour arriver à changer de service.

Même des mauvaises expériences on en retire des choses positives : à chaque fois qu'on me propose un timbre, je dis non et le refuse car je ne suis plus collectionneur. Maintenant c'est mon remplaçant qui les collectionne car les distributeurs de timbres sont toujours les mêmes ….

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