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Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Vendredi 24 Octobre 2014
14:40

Le Temps de l'Action

1.29 L'expérience optimale ou le plaisir au travail !



1. Qu'est-ce que l'Expérience optimale selon le psychologue Mihaly Csikszentmihaly

Les 4 Temps du Management
Que ce soit au travail ou durant vos loisirs, il vous est peut-être déjà arrivé de vivre de temps à autre des moments où vous parvenez à vous focaliser entièrement votre énergie sur la tâche que vous réalisez, où vous vous sentez maîtres du moindre de vos mouvements, où vos pensées s'enchainent avec élégance, où vos sens paraissent merveilleusement aiguisés, où vos préoccupations quotidiennes disparaissent comme par enchantement...

Le psychologue Mihaly Csikszentmihaly désigne ce genre d'épisodes par le nom de flow - expérience optimale en français. Depuis près de 35 ans, il accumule les recherches et les ouvrages sur le sujet. Le livre qui l'a fait connaître auprès du grand public est Vivre : la psychologie du bonheur, paru en 1990 aux Etats-Unis et traduit quatorze ans après en France.

Pour Csikszentmihaly, l'expérience optimale est caractérisée par huit éléments :
- La tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ;
- La cible visée est claire ;
- L’activité en cours fournit une rétroaction immédiate ;
- La personne exerce le contrôle sur ses actions ;
- L’individu se concentre sur ce qu’il fait ;
- L’engagement de l’individu est profond et fait disparaître toute distraction ;
- La perception de la durée est altérée ;
- La préoccupation de soi disparaît, mais paradoxalement, le sens de soi est renforcé à la suite de l’expérience optimale.

Examinons un peu plus en détail chaque élément dans un contexte professionnel.

2. Les caractéristiques de l'expérience optimale

Les 4 Temps du Management
2.1 La tâche entreprise est réalisable mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ;
- La cible visée est claire ;
- L’activité en cours fournit une rétroaction immédiate.


Ces trois éléments vont de pair et se rapprochent des principes du management par objectif. Même si la tâche est imposée, un individu a toujours une marge de manoeuvre pour l'adapter à ses capacités : il peut par exemple séparer sa tâche en lots plus faciles à aborder et plus courts ou tenter " d'épicer " une tâche qui lui semble ennuyeuse (" ça, je peux le faire sans problème, mais comment le faire plus rapidement, plus facilement, avec une meilleure qualité, etc. ") pour la transformer en jeu stimulant !

Les 4 Temps du Management
2.2 La personne exerce le contrôle sur ses actions.
Ce paramètre dépend bien entendu la définition et de la nature de la tâche : moins nous avons de latitude dans la façon d'accomplir notre tâche, plus notre engagement en pâtira.
Il dépend aussi de l'expertise de l'individu. Par exemple, si nous devons constamment interrompre la progression d'une tâche parce que nous ne savons pas comment accomplir telle ou telle action, nous aurons du mal à vivre une expérience optimale !

Les 4 Temps du Management
2.3 L’individu se concentre sur ce qu’il fait ; l’engagement de l’individu est profond et fait disparaître toute distraction.
La concentration est une aptitude essentielle : nous ne donne le meilleur de nous-mêmes que pour les tâches sur lesquelles nous sommes concentrés ! La concentration dépend de la façon dont la tâche a été définie, mais aussi de la motivation intrinsèque de l'individu pour la tâche. S'il est heureusement possible de rester concentré sur une tâche qui ne correspond pas à nos aspirations profondes, l'expérience est clairement plus satisfaisante si elle nous parait importante ou qu'elle est en phase avec nos valeurs et notre personnalité !

Bien entendu, les conditions extérieures affectent la concentration : bruit, va-et-vient, téléphone, mails, etc. Cependant, Il est possible d'améliorer sa capacité de concentration via une activité physique régulière ou des pratiques méditatives.

Pour limiter les distractions, on peut aussi signaler clairement à ses collaborateurs que l'on ne veut pas être dérangés pendant un certain temps, en le disant tout de go ou en mettant un casque audio sur les oreilles par exemple.

L'ordinateur'ordinateur est une source continue de distractions, entre la messagerie électronique, les flux RSS, les tweets, les recherches sur internet qui dévient de leur objet initial… Fermer un maximum d'applications non directement utiles est une solution, mais on peut aussi avoir recours aux logiciels dit " zenware ", aux fonctionnalités épurées et qui proposent souvent un mode " anti-distraction " pour travailler plus sereinement.

Enfin, lorsque les pensées commencent à vagabonder, il faut faire l'effort de se recentrer sur la tâche en cours, ce qui est plus facile si la tâche a été définie selon les trois conditions énoncées plus haut.

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2.4 La perception de la durée est altérée.
Un individu pleinement concentré n'a pas la même perception du temps que dans son état " normal ", par exemple, il peut avoir l'impression que le temps file plus vite ou au contraire qu'il s'étire à l'infini. Afin d'éviter de rater un rendez-vous ou une réunion, l'utilisation d'un chronomètre ou un équivalent informatique comme PC Chrono peut s'avérer judicieuse.

Les 4 Temps du Management
2.5 La préoccupation de soi disparaît, mais paradoxalement, le sens de soi est renforcé à la suite de l’expérience optimale.
Au cours d'une expérience optimale, l'individu est tellement focalisé sur ce qu'il accomplit qu'il occulte toutes ses autres préoccupations : il ne fait plus qu'un avec sa tâche. Toutefois, après avoir ainsi employé ses capacités au maximum, il pourra se découvrir de nouvelles aptitudes, ce qui renforcera sa confiance en soi. Et le souvenir du sentiment de plénitude éprouvée lors de l'expérience l'apaisera certainement.
En d'autres termes, un individu parvenant régulièrement à un état d'expérience optimale lors de son travail verra sa satisfaction et sa productivité décuplées !

3. Comment cultiver l'état de flow pour développer son efficacité personnelle et .... collective

Les 4 Temps du Management
Cultiver l'état de " flow " est un exercice utile pour apprendre à développer son efficacité personnelle. On peut en s'inspirant des théories des scénarios de réussite de Jerry Fletcher développer sa propre capacité à cultiver cet état " d'expérience optimale ". Pour y parvenir, nous proposons aux lecteurs la méthode suivante :

1°) Il s'agit dans un premier temps de se remémorer 3 situations passées significatives où nous avons été particulièrement efficace. Il est important de sélectionner des situations de réussite où le succès est venu sans trop de difficultés, avec éventuellement des résultats supérieurs aux efforts investis.

Après cet effort de mémoire, l'exercice consiste à décrire, par écrit, de façon assez précise les différentes étapes des processus cognitifs, émotionnels et sociaux qui ont été mis en jeu. La plupart du temps on constatera avec étonnement que ces processus comportent des similitudes assez étonnantes. En fait, selon Jerry Fletcher, il n'y a évidemment pas de recettes universelles du succès mais c'est comme si chacun d'entre nous avait sa propre recette, son propre formule de réussite.

2°) Après cet exercice portant sur 3 expériences passées significatives, le lecteur est invité à repérer les activités, professionnelles ou de loisir, où il réussit le mieux et surtout avec aisance. Nous l'encourageons là aussi à identifier les processus cognitifs, émotionnels et sociaux qu'il met en jeu à cette occasion. Il constatera qu'il y a un lien évident avec les 3 expériences passées significatives.

3°) Un dernier aspect de la méthode consiste à cultiver la prise de conscience au quotidien de l'état dans lequel il se trouve quand il effectue une action. Y prend-t-il du plaisir ou pas ? Cette vigilance permettra de repérer, au plus vite, si nous sommes dans le " flow " ou pas. Si nous sommes en dehors, quels processus sommes-nous en train de mettre en jeu ? Nous est-il possible alors de réorienter notre action en appliquant la formule du succès que nous avons identifiée précédemment ?

Cette méthode peut être aussi réalisée en groupe. Selon Jerry Fletcher la dynamique du succès reposerait aussi sur une formule qu'un collectif pourrait consciemment mettre en place.

Conclusion

Les 4 Temps du Management
Le plaisir au travail est à la fois une source d'efficacité et une preuve que nous sommes dans l'efficacité. Il existe deux notions d'efficacité : l'efficacité masochiste qui consiste à " redoubler d'efforts pour atteindre nos buts " et l'efficacité " épicurienne " qui passe par le développement d'une véritable intelligence de l'action.

La réussite en effet n'est pas liée au degré de souffrance éprouvée mais à la pertinence de l'action : si nous souffrons durablement alors que les résultats ne sont pas à la hauteur des efforts fournis, c'est peut-être tout simplement que nous n’allons pas dans la bonne direction

Bibliographie


Mihaly Csikszentmihalyi : créativité, satisfaction et expérience optimale (en anglais)



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Commentaires articles

1.Posté par ISABEL LOPES le 06/05/2011 19:00 | Alerter
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Cet article est intéressant, car on retrouve beaucoup de similitudes entre les effets de l’expérience optimale avec ceux qui ont été identifiés dans le plaisir au travail, et nous pousse à nous interroger sur notre modèle de management actuel : une logique de résultat, d’avoir et d’action « prônant la souffrance comme une condition nécessaire à la performance », mais qui ne conduit finalement qu’à accentuer l’aliénation ressentie par l’individu au travail, et à un coût tôt ou tard sur la compétitivité et la performance de l’entreprise et de l’individu.

La performance de l’entreprise et de l’individu serait peut-être plutôt à rechercher:

- Au niveau collectif, dans une organisation plus éthique et responsable prenant en compte à la fois les besoins économiques de l'entreprise et la dimension humaine de l’individu: Une valorisation du travail des individus passant par une mobilisation de leur intelligence (appel à leur capacité de créer, transformer, innover), à un développement de la coopération entre les parties (une certaine liberté d’action avec une autorité et responsabilité partagées) permettant le don.

- Au niveau individuel, dans la responsabilité de l’individu de faire un travail sur lui-même pour diminuer cette souffrance ressentie et retrouver une liberté d’action en :

-> Retrouvant sa volonté d’être l’acteur de sa propre vie: arrêter d’être « sous le joug de ses peurs » qui le conduisent à opter pour un travail sécuritaire; mais plutôt faire le pari de retrouver le plaisir au travail en « choisissant » un travail correspondant à ses désirs, ses valeurs et aspirations profondes.

->Cultivant un certain « état d’être » dans son travail : se concentrer sur son action dans l’instant présent, arrêter de se projeter dans le futur et dans cette logique d’avoir, et retrouver un comportement altruiste et des valeurs éthiques: accomplir sa tâche en se respectant et en respectant l’autre en vue de sa préservation et celle d’autrui… .

2.Posté par Steven GUEGAN le 12/05/2011 10:53 | Alerter
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J'ai trouvé cet article très prenant et notemment la méthode de Jerry Fletcher que j'ai pu tester. Cela m'a permis de découvrir certains processus dont j'ai recours pour arriver à cet état de flow. Ces processus que j'employerai davantage me permettront de me raprocher plus facilement de l'expérience optimale.

Le fait de pouvoir allier efficacité et plaisir me semble indispensable pour sépanouir professionnellement. L'ensemble des caractéristiques de l'expérence optimale me paraissent juste et sont des conditions indispensables mais je voulais revenir sur certaines d'entre elles :

2. 4 La perception de la durée est altérée:
En effet la sensation que le temps passe à une vitesse impressionnante est très présente. C'est pourquoi certains salariés semblent avoir des journées à rallonge faute de travail et de pouvoir ressentir cet état de flow.

Je pense que l'utilisation de chrono peut très vite devenir une distraction ou un élément perturbateur. Je conseilllerai l'utilisation d'une alarme qui me semble plus efficace.

2.5 La préoccupation de soi disparaît, mais paradoxalement, le sens de soi est renforcé à la suite de l’expérience optimale

Toute la difficulté ici est de rester dans cet état de flow même après la fin d'une première tâche. Il est très facile de se déconcentrer et notre état de plénitude n'arrange pas toujours les choses.

Je pense que l'expérience optimale pour l'ensemble d'un groupe doit être très délicate à atteindre: difficulté de concentration, davantage de distractions, implication souvent plus faible, ect.

3.Posté par EMILIE WALCZAK le 14/05/2011 12:01 | Alerter
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L’expérience optimale au travail bien que perçu comme utopique par certaines organisations (mode de management archaïque, compétitivité prix), fait partie intégrante du succès de l’entreprise tant dans sa performance économique que pour la santé des salariés.

Il est pertinent pour comprendre le plaisir au travail, comme l’a fait l’auteur, de dissocier l’aspect collectif de celui de l’individuel :
- D’une part, le groupe peut fournir du plaisir à l’individu puisqu’il se sent protégé. Le sujet pourra être stimulé par ses pensées et aura l’impression de former un tout, comme l’expose Kaës dans son livre « Les théories psychanalytiques du groupe ». Ainsi, le principe d’appartenance, rend plus fort, motive et permet l’épanouissement de l’individu.
- D’autre part, quand le sujet effectue une tâche, il a besoin d’éprouver de la satisfaction, il souhaite tout contrôler, gagner en créativité, relever « le » défit. Il se met à l’épreuve :« l’au delà du moi », afin de s’accomplir dans le résultat mais aussi dans ses propres besoins de jouissance.

Ainsi, le sujet devra s’écouter et cultiver l’état de « flow », est intéressant pour qu’il s’analyse et qu’il découvre son mode de fonctionnement intrinsèque : « sa formule de réussite ou de succès ». Ceci pourra lui permettre de prendre confiance en lui et de repérer les moments « sensationnels » de bonheur.

Cependant, tout individu a besoin de reconnaissance au travail. Il doit aussi gérer ses émotions, garder un esprit positif et donner du sens à son travail afin de s'épanouir pleinement.

« C’est simplement le principe du plaisir qui détermine le but de la vie, qui gouverne dès l’origine les opérations de l’appareil psychique », selon Freud.

4.Posté par Malik BOUDJEMAA le 14/05/2011 16:33 | Alerter
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Article très intéressant !

Un petit commentaire concernant l'aspect de plaisir et non l'aspect d'efficacité au travail car il me semble tout à fait logique que prendre du plaisir à effectuer une tâche procure une plus grande efficacité.

Cependant, ne faudrait-il pas séparer la sphère professionnelle de la sphère privée ?

Reproduire cet état d'expérience optimale et ainsi de réel plaisir me semble tout à fait possible dans notre vie privée. Généralement nous sommes maitres de nos actes et notre esprit n'est pas conditionné par une quelconque présence extérieure (présence plus ou moins négative).

Par contre il me semble assez délicat de reproduire un état d'expérience optimale au niveau professionnel. En effet, même si le management prôné par l'entreprise met en avant l'idée d'être réellement autonome, de pouvoir agir de notre propre chef sur ce que l'on souhaite faire pour mener nos projets, il y aura toujours des barrières qui je pense nous empêcherons d'une manière ou d'une autre d'atteindre l'expérience optimale.

Certes, nous pouvons prendre du plaisir à travailler, mais il me semble délicat d'atteindre cet état de jouissance intérieure lorsque nous évoluons dans un environnement trop normé, c'est-à-dire dans un environnement où notre marge de manœuvre se trouvera tôt ou tard limité.

5.Posté par Erwan AUDEBERT le 16/05/2011 16:45 | Alerter
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Ynwa
Etant apprenti chez France Telecom, le titre de l’article m’a interpellé. A l’instar d’autres fleurons industriels et commerciaux, le groupe France Telecom traverse une crise sociale sans précédents. Les observateurs s’interrogent et mettent en exergue nombre de raisons qui ont conduit, inexorablement, aux drames humains largement relayés par les médias. Des pratiques managériales inadaptées (doux euphémisme) font trop souvent l’apologie de l’effort. Il faut souffrir pour progresser. Souvenons-nous, « il faut mouiller la chemise ! »

« Passons donc de « l'efficacité masochiste qui consiste à " redoubler d'efforts pour atteindre nos buts " et l'efficacité " épicurienne " qui passe par le développement d'une véritable intelligence de l'action. »

L’expérience optimale, quelle étrange sensation.

Elle plonge l’individu dans un aparté de la réalité. Cette dernière est déformée, le bruit parasite de son environnement disparaît. Son niveau de concentration est si intense qu’il ne perçoit qu’une infime partie de la réalité. Toute son attention est tendue vers un seul objectif. (Je crois qu’à l’instant où j’écris ce post, j’en fais l’expérience). Seuls les engourdissements ou la faim peuvent sortir l’individu de sa « torpeur productive ». C’est ainsi qu’Alain Prost est décrit par son ingénieur Bernard Dudot dans La science de la course, lorsqu’il lui retrace les essais. Assis dans son cockpit, les yeux fermés, le « professeur » détaille seconde par seconde le bruit du moteur, le passage des rapports, le comportement du châssis, la limite d’adhérence des pneumatiques, le timing freinage-accélération… Tous les paramètres de course sont restitués avec un détail que l’ingénieur n’a jamais connu, même avec Schumacher. Voilà un exemple d’expérience optimale reproduite régulièrement. C’est une illustration de la dynamique du succès de Jerry Fletcher. Mais tout le monde ne s’appelle pas Alain Prost…

On aura rapidement compris l’intérêt que cette expérience optimale représente au sein de l’entreprise. Plongés dans cet état, la productivité des employés serait non seulement optimisée, mais ceux-ci seraient heureux ! Formule magique ou utopie ? Réunir les conditions de l’expérience optimale durablement à tous les niveaux de l’entreprise semble irréalistes en l’état.

Toutefois, l’article est intéressant, dans la mesure où il offre une méthode. Je viens d’effectuer le petit travail d’identification des processus cognitifs, émotionnels et sociaux. La passion semble être un dénominateur commun des situations dans lesquelles je suis particulièrement efficace. Or, professionnellement, tout ne passionne pas… Il me faut donc identifier d’autres processus d’efficacité optimale, sinon je risque de ne pas connaître une expérience optimale durable…

6.Posté par Aline Borgogno le 16/05/2011 23:20 | Alerter
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J’ai également trouvé cet article très intéressant à l’aune d’un contexte ou justement on parle plus de « souffrance au travail », de stress et du suicide ou tentative de suicide des employés de France Télécom. Il est effectivement très important de rappeler que l’efficacité ne doit pas nécessairement se faire dans la souffrance et l’intensification des efforts. Et qu’il est possible de prendre de trouver du plaisir dans le travail à grâce à la satisfaction personnelle et le sentiment de dépassement de soi. Ce que je trouve intéressant dans la méthode Jerry Fletcher, c’est que cette manière d’envisager le travail est proactive et permet de reprendre la maîtrise de soi, de retrouver la volonté d’être acteur de sa propre vie. C’est en effet un sentiment qui se détériore de plus en plus au profit d’un sentiment général de fatalité kafkaïenne, de désillusion face à un épanouissement qui semble inaccessible. Or d’après Mihaly Csikszentmihalyle, le sentiment de maîtrise, d’autonomie et de marge de manœuvre est un des éléments clé pour accéder au Flow, à l’expérience optimale.

Je suis totalement d’accord avec le fait que c’est le sentiment d’autosatisfaction qui permet l’efficience à travers le renforcement de la confiance en soi provocant un « sentiment de plénitude » que l’on pourrait aussi appeler un sentiment de toute puissance. Et il est vraiment nécessaire de redévelopper une approche épicurienne du travail afin de développer « l’intelligence de l’action », l’efficience et non l’efficacité par la souffrance.
Cependant, l’expérience est-elle une réponse satisfaisante pour répondre aux problèmes de souffrance au travail ? Je pense qu’il donne de très bonne pistes mais que cette expérience reste un flow occasionnel qu’il est impossible de maintenir durablement.

7.Posté par Caroline Grenier le 17/05/2011 09:48 | Alerter
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Cet article est tres intéressant et montre que tout un chacun est responsable de son état d'esprit au travail.

En effet ce que j'ai pu retenir de ce texte c'est qu'il existe des éléments qui caracterisent cet état de flow qu'a identifié Mihaly Csikszentmihaly. Il suffirait donc, dans la logique de les appliquer à soi même pour entrer dans ce sentiment de bien être.
Bien sur il n'est pas qu'appliquable au monde du travail, nous avons tous ressentie dans nos activités privées des grands moments de bonheur, mais la mentalité ou l'effet de groupe peut faire que cet état peut etre difficile a atteindre au travail. La hiérarchie, les collègues, les objectifs... sont autant de facteurs qui conjugués peuvent entrainer les salariés dans un état tout autre.

C'est pourquoi je pense qu'il est de la responsabilité de l'individu de se conditionner pour être dans un état de l'experience optimale au travail.
C'est comme cela que je comprend la technique de Jerry Fletcher, qui permet justement de trouver NOTRE technique propre pour atteindre ce sentiment de bonheur. Le fait de déterminer notre mode de fonctionnement pour prendre du plaisir, nous donne la possibilité de réitérer l'experience.

Comme nous avons tous pu l'observer sur nous même, nous sommes plus efficaces quand nous prenons du plaisir au travail. Les objectifs ne sont pas une contrainte mais un moyen de se réaliser et d'être reconnu ; le temps ne se déroule plus comme a l'accoutumé, mais souvent de façon plus rapide ; et bien sur notre état ne nous fait voir que les bons cotés des chose qui peuvent nous arriver.

8.Posté par Clémentine CHATELUS le 17/05/2011 16:46 | Alerter
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Cet article nous présente finalement, comment en se concentrant au maximum, on peut arriver à un sentiment de plaisir et de maitrise. On peut se rendre compte via cet article que le plaisir est conditionné par la réussite du challenge ou du projet. Ce plaisir est d'ailleurs d'autant plus grand que le niveau du challenge estimé par l'individu est élevé. Grâce la réussite de ce challenge difficile et du sentiment de plaisir ressenti, cela va augmenter la confiance en soi de l'individu.

Pour qu'il y ait ce sentiment de réussite, il devra y avoir un réel challenge pour l'individu et surtout un réel effort à fournir. Cet effort est ici la concentration nécessaire pour réaliser la tâche. Le plaisir et donc le bonheur de l'individu dépend finalement de sa capacité à se dépasser (effort de concentration) et de sa vision (niveau d'échelle) de difficulté de résolution d'un problème.

Le plaisir de l'individu va ainsi dépendre de sa capacité à estimer ses capacités/compétences par rapport à une situation difficile. Cela pourrait-il alors expliquer pourquoi certaines personnes ne sont jamais satisfaites d'elles-mêmes, et ce qui pourrait paraitre au vue des autres individus comme une réelle réussite, n'est finalement ressenti par l'individu comme une courte réussite et donc une faible satisfaction?
Les personnes qui visent alors "toujours trop haut", sont elles condamnées à ne pas connaitre le bonheur et la satisfaction?

Au sein de l'entreprise, le manageur doit-il veiller à donner des tâches et missions à ses employés en ayant pleinement conscience qu'ils arriveront à réussir ces challenges avec un effort accessible par l'individu ou doit il prendre le risque de confier des missions qui pourraient aux yeux de son employés être insurmontables, pour que ce dernier se dépasse et que s'il réussit soit encore plus satisfait et heureux, mais qu'un échec aux effets fortement négatifs sur l'individu est également envisageable?

9.Posté par Boris BREUIL ESC CLERMONT le 17/05/2011 21:10 | Alerter
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Article interessant, qui nous fait prendre conscience d'un état dans lequel on a pu se retrouver sans s'en rendre compte, avec comme mentionner des résultats parfois bien supérieurs à ceux escomptés. Par contre retrouvé cet état de concentration "optimal" n'est pas toujours evident et avoir conscience de la possibilité de l'atteindre à nouveau et d'avoir les clès pour y arriver est un facteur important pour la réalisation de projets en cours ou futur et un avantage non négligeable.

En effet la distraction est un des pires ennemi de la concentration lorsqu'un projet est à réalisé, et je me permettrai d'ajouter que celle-ci prend des tournures parfois très importantes lorssque le sujet à traiter ne nous passionne pas. Tout peut devenir pretexte à mettre en "stand by" pour un temps plus ou moins court le travail à réaliser.

Avoir conscience de l'état de "flow" et des moyens à employer pour l'atteindre est une avancé en terme de comportement à adopté face à un travail. Il est ensuite à l'individu d'avoir réellement la volonté d'atteindre cet état et de sa responsabilité de s'employer à l'atteindre. Une fois un état de "surpassement" atteint l'individu verra plus loin en terme d'objectif et pourra certainement enisager des choses jusqu'alors impensable et s'ouvrir des portes nouvelles que ce soit au sein de son entreprise, du monde du travail mais également en dehors.

Qoiqu'il en soit cet article est un réel apport pour moi et avoir conscience de cet état de "flow" et des bienfait que celui-ci peut apporter m'inciterons lors de prochains travaux à tout mettre en oeuvre pour l'atteindre, surtout lorsque la lassitude et la tentation lié à la distraction apparaitra.


10.Posté par FANGET ERIKA le 18/05/2011 14:50 | Alerter
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Cet article est très intéressant, en effet il nous montre qu'il est possible de concilier le travail et le plaisir. Une chose dont on parle très peu. Je pense que les entreprises devraient pousser leurs collaborateurs vers cet état d'esprit en leur donner les clés d'un succès aussi bien professionnel que personnel. Car le fait d'être motivé sur un projet et de se concentrer dessus, de fournir les efforts nécessaire apporte à l'individu une certaine satisfaction qui se ressentira également dans sa vie personnel.
En opposant la souffrance au travail, phénomène de plus en plus présent dans le monde professionnel, on voit bien que le lien entre la vie professionnel et vie privé est très faible, puisque cela amène des personnes à une telle détresse professionnelle qu'ils en arrivent à se ôter la vie.
L'entreprise ne peux en aucune sorte être à l'origine d'un tel drame, pour cela il semble inévitable pour l'entreprise de communiquer sur l'expérience optimale, pour qu'il puisse ensuite adapter leur environnement professionnel, personnel à leur mission. Cela permettra au collaborateur de se faire plaisir dans son travail et aussi d'être efficace et performant.

11.Posté par Hugo VUILLERMOZ le 15/02/2012 21:12 | Alerter
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L’analyse du psychologue Mihaly Csikszentmihaly sur ce qu’il nomme « flow » nous rappelle forcément à chacun une expérience déjà vécue.
En ce qui me concerne, je définirai ce phénomène comme une concentration intense sur un objectif donné et dont l’utilisation des ressources à notre disposition pour l’atteindre est optimale, dans le sens ou nôtre concentration est telle qu’elle nous isole du monde extérieur et de ses épiphénomènes récurrents pouvant en général perturber nôtre travail.
Cela rejoint son analyse sur le découpage en 8 caractéristiques de « l’expérience optimale» que je trouve assez juste.

En revanche, son analyse sur la réappropriation des processus cognitifs ayant entraîné cet état semble limitée et purement mathématique. A mon sens, pour qu’il y ait répétition de cet état, il faut :
1) Un sujet qui nous intéresse et sur lequel nous ayons déjà eu envie de réfléchir sans pour autant s’y consacrer sérieusement mais en glanant des informations de façon sporadique ;
2) L’obligation de résultat et de recherche induite par nôtre hiérarchie ;
3) Parvenir à commencer, pas dans le sens classique ou les éléments extérieurs peuvent nous perturber, mais en rentrant littéralement dans le sujet. Le plus dur est donc de sortir de cet état de fainéantise, et le fait de déjà s’intéresser au sujet nous permet à mon sens de réussir à le dépasser.

Dans ce cas, on peut travailler sur un sujet sans s’arrêter facilement 10 heures de suite, ce qui s’explique par le fait que ce n’est plus uniquement une tâche banale que l’on nous a confiée, mais bien d’un travail que l’on fait pour soi, renforçant ainsi nôtre efficacité et le rendu final du travail. Le danger est donc de ne plus s’arrêter en cumulant les journées rallongées et le point positif est un réel épanouissement au travail. Il faut alors simplement parvenir à se raisonner en mettant par exemple un vibreur pour ne pas partir trop tard le soir. C’est un dilemme il faut bien l’avouer que tout le monde aimerait avoir sur son lieu de travail.

Par ailleurs, je ne partage pas son avis sur l’efficacité collective d’un tel état dans le sens où il ne peut à mon sens pas exister. Cet état est purement individuel. En revanche, il peut être mis au service du collectif.
- Pour cela il faut que tous les membres d'un même projet aient un réel « désir », passion pour le sujet.
- Il faut également un découpage stricte et une organisation très précise entre ses membres, afin qu’ils puissent parvenir à travailler chacun de leur côté comme tout travail de groupe l’exigerait.
--> La seule différence réside dans la mise en commun qui doit être beaucoup plus riche, mais engendrera certainement des débats plus passionnés.

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