Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Mercredi 8 Février 2012
2:43
Le Temps de l'Action

1.16 Procrastination : Vous reportez toujours au lendemain, hé bien " faites-le maintenant " !



1. Définition de la procrastination

Les 4 Temps du Management
La procrastination consiste à remettre au lendemain ce que nous devrions faire maintenant. Il s'agit d'une forme d'inhibition d'Action. Nous devrions passer à l'action, traiter le problème mais finalement nous restons immobiliser devant elle. La procrastination n'est pas proportionnelle à l'importance de la tâche. Elle peut parfois s'appliquer à des tâches dont les conséquences sont très importantes. La procrastination est aveugle. Elle s'accompagne d'une difficulté également à mesurer les conséquences de l'inhibition d'action. Il faut bien admettre dans certains cas, qu'il s'agit plus que d'un simple dysfonctionnement mais d'une véritable pathologie comportementale. " On peut procrastiner une tâche, un projet, une décision mais aussi le bonheur de sa vie " (John Clark).

2. Les causes de la procrastination sont multiples

1.16 Procrastination : Vous reportez toujours au lendemain, hé bien " faites-le maintenant " !
Nous en avons identifié au moins 10 (Cochez celles qu'il vous arrive de pratiquer) :
1. Vous n'avez pas le temps parce que vous êtes constamment confronté(e) à des urgences.
2. Vous ne savez pas le faire et vous attendez d'y voir plus clair avant de vous lancer.
3. Vous pensez que vous ne savez pas le faire ou pas assez pour bien le faire. Vous êtes perfectionniste et finalement vous doutez de vous-mêmes, ce qui vous empêche de passer à l'action, (Cf. Estime de soi).
4. Vous attendez d'être sous pression pour le faire car sans une certaine dose de stress, vous avez du mal à démarrer.
5. Vous n'avez tout simplement pas envie de le faire et vous préférez privilégier ce qui vous procure le plus de plaisir rapidement.
6. Vous êtes peut-être fatigué(e) et vous avez l'impression de ne pas avoir assez d'énergie pour faire une chose qui vous parait difficile.
7. Vous avez un problème relationnel avec la personne qui vous a confié cette tâche. Vous estimez que cela ne fait pas partie de votre mission. C'est un singe... Vous ressentez alors une certaine colère.... qui vous empêche de passer à l'action.
8. La tâche vous paraît tellement compliquée grandiose que vous ne savez pas par quel bout commencer et cela vous conduit à procrastiner.
9. Cela ne paraît pas vital. Vous estimez qu'il ne s'agit pas d'une priorité.
10. Cela vous angoisse tellement que vous préférez attendre espérant, sans doute, inconsciemment qu'un miracle va vous sortir de là.

Petit exercice d'application :

1° Faites la liste des tâches ou activités que vous tendance à constamment reporter, parfois même au point de les oublier (alors qu'elles peuvent être très importantes...)
2° Regardez la liste des causes de procrastination et pour chaque tâche indiquez le numéro de la cause qui pourrait expliquer le retard.

3. Des solutions pour passer à l'action

1.16 Procrastination : Vous reportez toujours au lendemain, hé bien " faites-le maintenant " !
La procrastination s'accompagne toujours d'une non décision. Pour passer à l'acte, la décision est une étape préalable. Les solutions que nous proposons ne visent pas à moraliser le lecteur en l'emmenant à prendre de bonnes résolutions. Pour s'en sortir, il s'agit plutôt de renforcer le Moi. Nous pensons, en effet, que c'est en favorisant une prise de conscience des conséquences de l'inhibition d'action qu'on peut espérer un changement de comportement. Les injonctions " surmoïques " (Y'ka ! faut qu'on !) sont vite limitées. Dans certains cas, un accompagnement de type coaching peut s'avérer nécessaire. Ce n'est parfois que dans le dialogue avec autrui que l'inconscient peut accepter de relâcher son emprise.

Voici quelques techniques simples pour sortir de cette inhibition d'Action :

1°) Projetez-vous dans l'avenir. Que se passera-t-il si vous ne passez pas à l'action ? Commencez par les conséquences les plus réalistes puis imaginez le pire et écrivez-les. Ne vous contentez pas d'une représentation superficielle. Essayez de vous voir dans cette situation jusqu'à ce que vous ressentiez émotionnellement les conséquences de votre comportement. Quels sentiments ressentez-vous ?
2°) Découpez la tâche à faire en plusieurs étapes et commencez à en faire un petit morceau. Dites que vous ne le ferez que quelques minutes, juste pour commencer. Cette technique s'appelle le plan de 5 minutes. Elle suffit parfois à créer l'impulsion. L'efficacité de cette méthode repose sur la réduction de l'ampleur du problème. Cette opération " cognitive " permet de rendre la tâche moins grandiose et rend possible l'action.
3°) Choisissez un moment où vous êtes le plus en forme pour vous lancer. Au besoin, prenez un peu de repos avant, car une tâche qu'on aime pas faire demande plus d'énergie qu'une tâche désirée. Il est plus facile de prendre un RV avec un ami que d'aller chez le dentiste; surtout si vous redoutez l'intervention.
4°) Récompensez-vous chaque fois que vous avez progressé(e) dans la tâche, ou encore mieux, après l'avoir terminée. Dites-vous par exemple : lorsque j'aurai fini cette tâche, j'irai au cinéma ou je prendrai un bon bain...
5°) Laissez venir à votre conscience tous les sentiments qu'il vous arrive d'éprouver à propos de cette tâche. Au besoin notez-les sur une feuille. Cela vous permettra peut-être de prendre conscience de l'émotion parasite qui se cache derrière le symptôme.
6°) Demandez-vous à quoi pourrait vous servir cet échec si vous ne réalisez pas cette tâche ? De quoi voulez-vous vous punir ? Qui voulez-vous atteindre à travers ce comportement ? Pourquoi éprouvez-vous un plaisir à vous mettre dans la difficulté ? Quels bénéfices allez-vous en tirer ? L'avez-vous bien mérité ?
7°) Vous pouvez aussi, tout simplement, déléguer à une autre personne cette difficulté, si vous ne parvenez pas à la surmonter. Cela vous coûtera parfois moins cher de payer un prestataire que de rester en inhibition d'action.

4. Passez à l'action

1.16 Procrastination : Vous reportez toujours au lendemain, hé bien " faites-le maintenant " !
Si cet article vous a inspiré, profitez-en pour passer à l'action :
- Faites la liste des activités ou tâches à propos desquelles vous procrastinez.
- Hiérarchisez-les avec la méthode ABC.
- Fixez-vous des RV avec vous mêmes pour travailler sur ces tâches, en les signalant d'une couleur particulière, sur Outlook ou votre agenda. En enregistrant les actions de façon anticipée, vous les retrouverez au fur et à mesure du temps qui passe.


Le concept d'inhibition d'Action développé par Henri Laborit



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Commentaires articles

1.Posté par Magalie BARDEAU le 26/05/2009 13:40
La procrastination est un bien joli mot que je viens de découvrir à travers cet article bien qu’elle fasse partie de mon quotidien. Je pense être une spécialiste de la procrastination, d’ailleurs, je pourrais en être récompensée mais je ne suis probablement pas la seule.

Quelque part, nous le sommes tous un petit peu. Soyons honnête. Qui n’a jamais remis au lendemain le repassage en faisant l’état des lieux de la pile de linge, ou le jardin en découvrant le nombre de mauvaises herbes ou encore la séance de sport qui vous ferez tellement de bien mais là aujourd’hui vous n’êtes pas disposez, vous êtes trop fatigué et en plus vous n’avez pas le temps ? Qui n’a jamais usé de ses excuses pour ne pas faire certaines choses ? En toute honnêteté, presque tout le monde l’a déjà fait au moins une fois ou le fera probablement un jour. Pour des choses banales cela pourraient presque paraître normal. Par contre au travail, cela peut prendre des proportions excessives si l’on n’arrive pas à identifier des priorités pour traiter les différents travaux et là il faut vraiment se soigner.

Même si je pense que dans certains cas, il est difficile de pouvoir se soigner malgré le fait que la personne ait conscience de son problème. Pour ma part je me suis vite rendu compte que je procrastinais, mais la procrastination me sert quelque part de motivation et me permet de réussir, il est difficile pour moi de faire autrement. Je me nourri de l’urgence, du stress et de l’adrénaline que cela déclenche pour être plus opérationnelle. J’essaie régulièrement de faire des listes mais je n’arrive jamais à la terminer pour la simple et bonne raison que les objectifs de cette liste sont probablement démesurés : c’est le problème du perfectionniste. Le fait de trop vouloir bien faire nous ralenti car nous voulons que notre travail soit parfait. D’ailleurs, il ne le sera pas pour autant mais nous cherchons à nous rapprocher de cette perfection, en effectuant de nombreuses recherches qui nous font perdre un temps infini car bien souvent nous n’exploitons pas les données recueillies.

La procrastination chronique et problématique concerne 20% de la population générale et environ 50% des étudiants selon des études internationales. Devant un si grand nombre de personnes touchées, certaines questions peuvent se poser.

Cet article propose dix causes qui sont réelles et démontrées par de nombreux psychologues. Mais qu’en est-il de l’origine de la procrastination ? Notre société ne nous pousserait-elle pas à agir de la sorte ?

En effet, nous vivons dans une société ou le mot travail rime avec productivité. Il faut tout faire vite et bien et tout de suite. Tout le monde est impatient et veut tout dans la minute qui suit. Il paraît donc difficile de faire autrement. Comment un cadre qui est submergé par des dossiers à traiter pourrait-il faire ? Il est probablement obligé de travailler dans l’urgence pour faire son travail. Il n’y a donc rien d’étonnant qu’il commence par le plus attractif et le moins pénible. Je n’essaie pas de chercher des excuses, mais l’origine de la procrastination. Comment autant de personnes peuvent être touchées par la procrastination ? Comment peut-on l’expliquer si ce n’est pas un phénomène dû à notre société actuelle ?

Magalie BARDEAU MERH 2009

2.Posté par Stéphanie Grand le 26/05/2009 22:50
Procrastination : art ou addiction ?Ayant fait partie de la communauté des 'procrastinateurs', j'ai lu avec attention l'article et partage l'avis de l'auteur sur la définition, les causes et les solutions.

Pendant longtemps, j'ai fait mienne la maxime 'rien ne sert de courir, il faut arriver à temps'. Je ne travaillais que sous pression, seul le resultat comptait, car au final je passais à l'action, à la dernière minute, mais à temps.
Les conséquences de ces reports, je les subissais seule puisque ce report s'accompagnait d'une bonne dose de stress, des nuits blanches et une forte culpabilité.En effet, la procrastination n'est que l'inhibition de l'action, non son nihilisme.

Si elle est choisie, assumée, elle peut donc être un art, malheureusement, elle est souvent, pour ne pas dire tout le temps, subie par celui qui la pratique.Et comme toute addiction, il est nécessaire d'y faire face, de reconnaître son problème et de le résoudre.

A mon sens, les solutions sont nombreuses mais avant tout il faut trouver celle qui nous convient, et effectivement cela peut passer par le dialogue avec autrui.Cela passe surtout par une confrontation avec soi-même, et une volonté de s'en sortir à toute épreuve et faire sienne la maxime 'ne remets pas à demain ce que tu peux faire le jour même'.

Pour ceux qui hésitent encore, on ressent une tel bonheur quand on arrive enfin à dépasser la procrastination, que les efforts consentis en valent la peine, et finissent par ne plus en être....

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