La procrastination s'accompagne toujours d'une
non décision. Pour passer à l'acte, la décision est une étape préalable. Les solutions que nous proposons ne visent pas à moraliser le lecteur en l'emmenant à prendre de
bonnes résolutions. Pour s'en sortir, il s'agit plutôt de renforcer le Moi. Nous pensons, en effet, que c'est en favorisant une prise de conscience des conséquences de l'inhibition d'action qu'on peut espérer un changement de comportement. Les injonctions " surmoïques " (Y'ka ! faut qu'on !) sont vite limitées. Dans certains cas, un accompagnement de type coaching peut s'avérer nécessaire. Ce n'est parfois que dans le dialogue avec autrui que l'inconscient peut accepter de relâcher son emprise.
Voici quelques techniques simples pour sortir de cette inhibition d'Action :
1°) Projetez-vous dans l'avenir. Que se passera-t-il si vous ne passez pas à l'action ? Commencez par les conséquences les plus réalistes puis imaginez le pire et écrivez-les. Ne vous contentez pas d'une représentation superficielle. Essayez de vous voir dans cette situation jusqu'à ce que vous ressentiez émotionnellement les conséquences de votre comportement. Quels sentiments ressentez-vous ?
2°) Découpez la tâche à faire en plusieurs étapes et commencez à en faire un petit morceau. Dites que vous ne le ferez que quelques minutes, juste pour commencer. Cette technique s'appelle le plan de 5 minutes. Elle suffit parfois à créer l'impulsion. L'efficacité de cette méthode repose sur la réduction de l'ampleur du problème. Cette opération " cognitive " permet de rendre la tâche moins grandiose et rend possible l'action.
3°) Choisissez un moment où vous êtes le plus en forme pour vous lancer. Au besoin, prenez un peu de repos avant, car une tâche qu'on aime pas faire demande plus d'énergie qu'une tâche désirée. Il est plus facile de prendre un RV avec un ami que d'aller chez le dentiste; surtout si vous redoutez l'intervention.
4°) Récompensez-vous chaque fois que vous avez progressé(e) dans la tâche, ou encore mieux, après l'avoir terminée. Dites-vous par exemple : lorsque j'aurai fini cette tâche, j'irai au cinéma ou je prendrai un bon bain...
5°) Laissez venir à votre conscience tous les sentiments qu'il vous arrive d'éprouver à propos de cette tâche. Au besoin notez-les sur une feuille. Cela vous permettra peut-être de prendre conscience de l'émotion parasite qui se cache derrière le symptôme.
6°) Demandez-vous à quoi pourrait vous servir cet échec si vous ne réalisez pas cette tâche ? De quoi voulez-vous vous punir ? Qui voulez-vous atteindre à travers ce comportement ? Pourquoi éprouvez-vous un plaisir à vous mettre dans la difficulté ? Quels bénéfices allez-vous en tirer ? L'avez-vous bien mérité ?
7°) Vous pouvez aussi, tout simplement, déléguer à une autre personne cette difficulté, si vous ne parvenez pas à la surmonter. Cela vous coûtera parfois moins cher de payer un prestataire que de rester en inhibition d'action.