Connectez-vous S'inscrire

Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Vendredi 18 Mai 2012
10:32

User-agent: Mediapartners-Google Disallow:
Le Temps de l'Action

1.14 Libérez votre créativité avec les techniques heuristiques



1. Distorsions cognitives et nouvelles formes de compétitivité

Les 4 Temps du Management
Le monde a changé mais nos esprits y sont-ils préparés ? Ce n'est pas si sûr ! Chacun a appris à privilégier l'ordre alors que nous devons chaque jour affronter le désordre. Nous avons été dressés à respecter les règles alors que l'innovation passe par la capacité des acteurs à sortir du cadre. Or Norbert Alter nous rappelle que l'innovation ressemble étrangement à une forme de transgression. Tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il existe aujourd'hui une certaine distorsion entre notre structure cognitive et les caractéristiques de l'univers que nous sommes en train de traverser.

Les qualités cognitives qui sont aujourd'hui nécessaires reposent selon Edgar Morin, par notre capacité à évoluer dans la complexité, à supporter l'incertitude. On peut même se demander si ces contradictions ne sont pas à l'origine de l'accroissement significatif de la consommation d'anxiolytique et d'antidépresseurs sans parler de drogues plus dures : (Modiodal, Caféine HD, voire cocaïne). Cette anxiété s'explique peut-être par le fait que nous devons innover en faisant appel à des fonctions cognitives qui ne sont pas adaptées. Watzlawick parlerait à ce sujet de " double bind ". Comment, en effet, être créatifs, agiles et souples quand toutes notre éducation, nos formations et notre culture ont récompensé les qualités inverses ? Cette fascination pour l'ordre est encore bien ancrée quand on voit la glorification que nous faisons des procédures " qualité " les plus extrêmes (ex : Six Sigma).

Nous sommes en plein paradoxe et les résultats que nous cherchons à développer ne sont pas au rendez-vous de nos efforts. En témoigne les pôles de compétitivité qui sont pour un certain nombre d'entre eux peu satisfaisants et qui globalement tardent à produire les innovations dont nous avons tant besoin pour nous différencier et rentrer dans la salvatrice " compétitivité hors prix ", qu'on peut considérer comme une des issues possibles à ce qu'il faut bien appeler une crise gravissime. C. Blanc dans son rapport sur " l'écosystème de la croissance " nous rappelait à ce propos qu'il était urgent d'agir. Nous le rejoignons quand nous constatons que la croissance en 2009 se situera à 1% et qu'environ 17,86% de personnes se trouveront, ou privés d'emplois ou en situation de précarité professionnelle indiscutable.

Pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau droit

2. Auto-diagnostic de vos préférences cognitives

Les 4 Temps du Management
Connaître comment fonctionne son propre système cognitif peut constituer un exercice salutaire pour optimiser certaines potentialités. Dans les tests que nous vous proposons gratuitement et qui proviennent de notre nouvelle centrale de tests, vous pourrez vous-même diagnostiquer vos propres préférences cérébrales et celles de vos collaborateurs. Ce qui compte ce n'est pas de détenir soi-même la totalité des fonctions mais que votre équipe, votre entreprise fonctionne, en effet, comme un cerveau collectif.

La typologie développée par le docteur Herrmann est très opérante. Les préférences de chacun sont aisément repérables à travers ses comportements " cognitifs ". Il suffit d'observer comment on raisonne soi-même ou comment raisonnent ses collaborateurs. Des tests fiables peuvent confirmer l'analyse comportementale.

Ned Herrmann distingue 4 grandes types d’orientation cognitive qu’il sera ensuite possible de croiser. Comme toute typologie, elle a ses limites. Elle ne prétend pas définir la totalité du fonctionnement d'un individu, mais elle permet de mettre en évidence des points clés :

- Le comportement dit cerveau gauche.
- Le comportement dit cerveau droit.
- Le comportement “ cortical ”.
- Le comportement “ limbique ”.

Les deux premières catégories renvoient à un découpage verticale droite/gauche du cerveau, tandis que les deux suivantes sont liées à un découpage horizontale du cerveau.

Les chercheurs attribuent au cerveau gauche la capacité d'analyse fine de la réalité. On utilise souvent l'image de microscope pour définir cette capacité. Grâce à cet instrument, il est possible d'analyser la matière dans le détail en séparant les uns des autres. Si on prend l'exemple de la cellule, celle-ci est découpée en de nombreux éléments ayant chacun leurs caractéristiques propres. Le cerveau gauche serait la fonction cérébrale soutenant la rationalité. Une personne dite " cerveau gauche " est capable d'aller très loin dans l'analyse des détails. C'est une fonction très utile pour analyser des chiffres, corriger des fautes d'orthographes, remplir des procédures. Elle permet de maîtriser le réel. Cependant avec un microscope, on risque de perte de vue l'ensemble et de s'enfermer dans le symptôme immédiat. C'est le reproche que certains font d'ailleurs à la médecine " allopathique " qui développe un raisonnement reposant sur une logique d'exclusion.

Le cerveau droit serait selon ces chercheurs dédié à la pensée créative ; Celle-ci ne repose pas sur une logique séquentielle des informations qui sont traitées les unes après les autres mais sur une démarche dite associative. Celle-ci consiste à laisser venir les idées, les images, les émotions qui surgissent autour d'un thème de réflexion. Cette forme de pensée privilégie l'intuition et surtout la représentation. Par association se construit peu à peu une vision, une " gestalt "qui donne naissance à une forme. Elle ne s'appuie pas sur le raisonnement logique mais analogique. On peut la comprendre en étudiant en particulier le fonctionnement onirique. Les rêves procèdent par métaphore, métominie, déplacement, etc. Le cerveau droit gère l'activité de l'imagination. Il ne se concentre pas sur les détails mais sur l'ensemble. On retiendra l'image du macroscope proposée par Joël de Rosnay dans son livre " Le macroscope ". Au lieu de se concentrer sur les détails, on cherche à cultiver une vision panoramique et à faire des synthèses. Ce mode de fonctionnement est particulièrement utile dans les activités de créativité. De façon générale, c'est une activité cognitive qui a été particulièrement censurée. C'est pourtant d'elle, dont nous avons besoin aujourd'hui pour innover. On l'a met en oeuvre notamment quand nous faisons parfois des gribouillis, lorsque nous réfléchissons sur une idée qui n'est pas encore clarifiée.

La partie supérieure du cerveau est appelée la partie corticale. On lui attribue les capacités de conception abstraite tandis que la partie inférieure appelée “ limbique ” renvoie à l'aspect pragmatique concret. Le cerveau limbique met en oeuvre ce que le cerveau cortical conçoit ou imagine.

En croisant les 4 variables on a ainsi 4 types de préférences cérébrales privilégiées :

Le cortical gauche qui analyse de façon abstraite un problème. C'est probablement celui qu'on privilégie dans l'analyse des chiffres. C'est le cerveau de l'ingénieur du bureau des méthodes, du mathématicien ou du comptable qui manipule des données quantitatives abstraites.

Le cortical droit qui combine des informations entre elles parfois d'origine très diverses et qui peut donner naissance à des innovations.

Le limbique gauche organise les informations et peut fabriquer les procédures qui permettent l'action ordonnée.

Le limbique droit va donner du lien social et passer par une communication affective ; cette fonction favorisant les échanges et la relation.

Pour caricaturer et simplifier, Herrmann nous propose 4 types de fonctionnement cognitifs :
L'analyste (Cortical gauche).
Le créatif inventeur (Cortical droit).
L'organisateur (Limbique gauche).
Le communicateur (Limbique droit).

Etes-vous cerveau droit ou cerveau gauche ? (test gratuit)
Découvrez vos préférences cérébrales avec le test QI approfondi (payant)

3. Comment développer les fonctions de créativité au quotidien

Les 4 Temps du Management
Nous avons besoin de développer notre créativité. Nous ne pensons pas que cela puisse se faire par simple incantation ou par le biais de " prêts à penser " méthodologiques. C'est par un entraînement quotidien et coutumier qu'il est possible de développer cette fonction.

Tony Buzan dans " Dessines-moi l'intelligence " s'est efforcé de faire connaître cette manière de raisonner qu'il a appelé " la pensée heuristique ". Les " académiciens " détenteurs de l'ordre de la connaissance ont tendance à sourire devant ces travaux et à les considérer comme des recettes simplistes. Selon Norbert Alter, lorsqu'une idée commence à faire sourire, c'est qu'elle sort des conventions : C'est le début de l'innovation. En réalité, il faut reconnaître à Tony Buzan le mérite d'avoir vulgarisé une conception de la pensée qui existe depuis la nuit des temps : la pensée intuitive. Il a le mérite d'avoir ouvert la voie sur une démarche beaucoup plus développée dans les pays d'Europe du Nord (comme en Finlande), puisqu'elle est enseignée dès les écoles maternelles. (Cf. .Vidéo)

3. Quelques outils innovants pour développer sa créativité au quotidien

Les 4 Temps du Management
Pour mettre en pratique la démarche heuristique, il existe plusieurs outils simples :
- Le Mindmapping qui consiste à utiliser une feuille A4 en position horizontale. On met une bulle au centre de la feuille qui caractérise le sujet qu'on étudie puis, on fait émerger les idées clés en les inscrivant chacune dans une bulle autour de la bulle centrale puis, on développe les associations d'idées en dessinant des arborescences avec un mot clé par fil.
- Le logiciel Mindmanager a repris les techniques heuristiques et propose un logiciel très puissant et très simple d'utilisation (cf. Notre programme de e-formation).
- Le papetier Oxford est en train de sortir un cahier qui permet de mettre en forme les idées des collaborateurs lors de réunions créatives : le PaperShow disponible dans notre boutique).

Pour découvrir la diversité des outils heuristiques consulter le site petillant.com en cliquant ici

Bibliographie, sitographie et filmographie


La Finlande commence très tôt a enseigner les techniques heuristiques


Comment avoir de bonnes idées : un reportage d'Henri Kaufman


Une conférence de la neuro-anatomiste Jill Bolte Taylor (18' 25) sous titrée en français


Les enjeux présents et futurs de la mondialisation des ressources cognitives




Lu 2341 fois
Notez



Commentaires articles

1.Posté par Patrice Bégie le 02/06/2009 10:38
La créativité libérée et ... stimulée.

L'outil de visualisation dit heuristique que Tony Buzan a fait naître va bien au delà de l'organisation des idées. Et il suffit de se livrer à l'exercice pour découvrir empiriquement quel potentiel formidable recèlent à la fois l'outil, quel qu'il soit, et la démarche même de mindmapping.

L'idée de base est de faciliter l'appropriation d'un ensemble d'idées et de pouvoir les visualiser sous forme d'une image. Néanmoins, une liste "jetée" basiquement sur une feuille de papier répond en grande partie à cet objectif de clarification. La puissance de la démarche est à rechercher un peu plus avant dans la phase de conceptualisation _ pardon pour cette cuistrerie.

Clairement, quelle que soit sa capacité mentale, au démarrage d'une réflexion, schématiser est toujours une étape profitable. L'intérêt, selon moi, de cette visualisation est d'autoalimenter le processus de créativité. Je pense, d'autre part, que cet accélérateur est en grande partie permis par l'usage d'un produit logiciel, même non spécifique.

Même si l'idée "qu'un bon schéma vaut mieux qu'une analyse purement textuelle" est par trop réductrice, il faut considérer aussi que la présentation sous forme d'un dessin ou d'une arborescence est souvent éclairante. Si ce n'est pas le cas, le problème est plus fondamental ...
Tout un chacun aura facilement expérimenté ce truisme sans qu'il soit besoin de faire, en l'occurence, un dessin !
Le point à partir duquel _ on y arrive, la modélisation peut produire un effet que je qualifie de tonifiant est celui auquel on parvient au terme de la phase d'exploration de l'idée (ensemble d'idées, problème, sujet, ...).
Sans égard aux conclusions passionnantes auxquelles ont abouti les recherches de Tony Buzan sur le cerveau et l'apprentissage et des multiples auteurs qui se sont intéressés à cet aspect, je crois que la méthode et l'outil numérique produisent par eux mêmes des idées sinon nouvelles du moins plus accessibles.

Les nouvelles technologies ont contribué à augmenter le flot d'informations disponibles notamment dans l'environnement professionnel, mais pas seulement. Et c'est un heureux phénomène que le logiciel, dédié tel Mindmanager ou générique tel un tableur ou traitement de texte, permette de regrouper, associer et au final visualiser les idées.
L'informatique profite pleinement à l'utilisateur dans la dimension mobile des objets représentants les thèmes et sous thèmes formalisés. En quelques clics, les items peuvent êtres déplacés, reliés, réagencés, restructurés (déstructurés !), et c'est là que se situe le potentiel formidable de la carte heuristique.

Les avantages immédiats sont indubitablement un gain de temps apporté par la possibilité de tester des combinaisons d'idées très simplement, de percevoir (et faire percevoir) clairement des associations, d'enrichir rapidement le contenu.
Plus largement, la dimension logicielle ouvre des possibilités de disposer de bases de réflexion en versions multiples, d'échanger aisément de manière collaborative en phase de brainstorming, d'illustrer et de présenter avec un niveau de qualité graphique constant.

En conclusion, l'enrichissement des idées devient plus rapide, plus simple et plus compréhensible, ce qui libère autant d'énergie créatrice. Pourquoi s'en priver ?

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter
B i u  QUOTE  URL


Dans la même rubrique :
1 2

Editorial | Le Temps de l'Action | Le Temps des Equipes et des Projets | Le Temps de la Strategie | Le Temps des Valeurs | Histoires et Metaphores