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Les 4 Temps du Management - Réinventer le Management
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Les 4 Temps du Management

Futurologie

Et si les managers s'inspiraient de la science-fiction pour innover ?


Quel lien existe-t-il entre le cinéma de science-fiction et l'innovation médicale ? La science-fiction n'est-elle qu'une simple source d'inspiration ? Le médical influence-t-il aussi la science-fiction ?

Dans cet article, nous avons essayé de répondre à ces problématiques tout en démontrant qu'il existe, derrière un tel sujet, un intérêt pour les managers, et tous les membres d'une entreprise.

Vous trouverez sur la droite de ce paragraphe, une vidéo plongée dans l'univers de la science-fiction, qui résume ce que vous lirez ci-dessous.

Cet article a été rédigé par Maxime DORNEVAL, Ayessa PELAGE, Romain PEYTIER, et Hugo PICHON, tous les trois étudiants au sein du MGE3 du Groupe ESC Clermont, et tous les trois en formation en alternance.


De nos jours, la télévision, les films et les séries sont indispensables au quotidien, c’est pour cela que le choix d’écrire sur ce sujet assez original du lien possible entre le cinéma et l’innovation a été fait. Tous ces moyens audiovisuels font partie de notre vie de tous les jours et encore plus en ce moment, avec la crise sanitaire qui nous pousse à en consommer davantage du fait de rester confiner chez soi. Alors la question s’est posée de savoir si tout cet univers fictif que nous regardons sur nos écrans a déjà trouvé son utilité dans la vraie vie, et s’il existe des exemples concrets. 

De fil en aiguille, une enquête sur le sujet a été menée et  nous sommes tombés sur toutes les innovations traitant de la science-fiction dans plusieurs domaines : l'automobile, le militaire, le médicale, etc. 

Mais il y a eu une préférence sur les innovations médicales du fait de leur importance dans nos vies, et encore plus de nos jours, notamment avec la gestion de la crise COVID-19.
Aujourd’hui, le domaine de l’innovation est un secteur de pointe, nous parlons même d’ultra-compétition. Il existe des exemples très connus : de la course à l’armement, jusqu’à la course à l’énergie verte, en passant par la course vers mars, aucun domaine n’y échappe. Le Business Insider France a même déterminé quels seront les « 4 secteurs de l’innovation qui vont exploser d’ici 10 ans », nous retrouvons donc la mobilité, l’économie verte, le secteur du bâtiment est également pris en compte, et enfin, nous voyons apparaître le domaine du médical. L’innovation est devenue un terme très commun, mais que veut-il vraiment dire ? D’après le manuel d’Oslo (2005), référence incontournable en matière d’innovation et édité en 2005 par l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), l’innovation est : « la mise en œuvre, la commercialisation ou l’implantation, par une entreprise, et pour la première fois, d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé (de production) nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques d’une entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations avec l’extérieur ». Mais cette définition a sensiblement évolué au fil des années, et continue encore d’être modifiée suivant les contextes dans lesquels elle est prise en compte. 

De nos jours, l’innovation est présente partout, on la retrouve dans tous les domaines confondus ; elle semble être un processus quasi naturel. Dans le domaine médical, l’innovation est un marché mondial qui se chiffrerait à 200 milliards d’euros et qui progresserait de 6% tous les ans d’après le Figaro. La France se place même comme une des nations têtes d’affiche de la course à l’innovation médicale, notamment avec des inventions telles que le cœur artificiel de chez Carmat, le robot Rosa de chirurgie-mini-invasive de Medtech, ou encore la plateforme échographique révolutionnaire, Aixplorer, de SuperSonic Imagine. D’ailleurs, de nombreuses start-ups françaises ont vu le jour, notamment dans le domaine des implants chirurgicaux et orthopédiques. En effet, nous avons Medicrea, Spineguard, Spineway, Vexim, Spinevision ou encore Implanet.

Il est important de parler d’innovations médicales dans notre société et encore plus avec la crise sanitaire actuelle du COVID-19 qui frappe notre pays et le monde entier et qui met tout le monde dans une position d’incapacité car on est face à l’inconnue, le président de la République Emmanuel Macron l’a dit lui-même. Ce dernier a également déclaré “Quand je regarde autour de nous, personne n’était prêt ! Personne !” lors d’un entretien avec des journalistes pour expliquer sa gestion de la crise du coronavirus. Est-ce normal ? Ces propos peuvent s’illustrer par le taux de mortalité que ce virus a engendré qui s’élève à plus de 28 000 décès en France. Cela pousse à penser qu’il faut revoir dans son intégralité le système de santé français. Système qui, avant cette pandémie, était déjà remis en cause avec les grèves du corps médical depuis le début de l’année 2019. En effet, les professionnels de santé sont exacerbés par leurs conditions de travail et demandent plus de moyens. Nous voyons bien ici les enjeux et les attentes qu’il y a en termes d’innovations médicales dans nos sociétés contemporaines.

Mais d’où peuvent provenir ces innovations ?

L’art en général a toujours été vu comme une source d’inspiration. Et qui de mieux que Jules Verne et son imagination débordante pour illustrer cela. Cet adepte de romans d’aventures avait exploré le voyage sous toutes ses formes : en sous-marin, en dirigeable ou encore même en capsule spatiale. En effet, cet écrivain français du XIXe siècle a imaginé de nombreuses œuvres dans lesquelles apparaissent des technologies, totalement irréalistes et inimaginables pour l’époque, mais que nous utilisons aujourd’hui. L’invention fictive la plus célèbre se trouve dans son livre sorti en 1869 « Vingt mille lieues sous les mers ». Il s’agit du Nautilus qui est un sous-marin électrique très puissant. A cette époque, l’utilisation de l’électricité n’en n’était qu’à ses débuts. D’ailleurs ce n’est qu’en 1884 que de vrais sous-marins ont été construits par des ingénieurs qui ont aussi utilisé la même source d’énergie : l’électricité, pour les faire fonctionner. Nous pouvons évoquer également la capsule spatiale imaginée dans son livre « De la Terre à la Lune » sorti en 1865 où trois hommes décident d’aller sur la Lune à bord d’un projectile. Et ce n’est qu’en 1965 que le premier lancement sur la Lune a été fait presque dans les mêmes conditions. On pourrait continuer car la liste est longue concernant les imaginations technologiques de Jules Verne qui ont réellement été créées, la vidéoconférence avec son « phonotéléphote », le drone de guerre, etc. Mais l’important est de voir l’influence de cette forme d’art, qu’est l’œuvre de littérature, sur les technologies utilisées aujourd’hui qui ont aussi été des innovations à un moment donné.

Si on s’oriente vers un art spécifique comme la science-fiction (SF), on peut voir qu’il existe des corrélations avec l’innovation. En 2017, Michaud T. explique que la question d’utiliser les fictions dans la vie réelle se pose de plus en plus souvent et donne des exemples concrets avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA), la Nano Regions Alliance (NANORA) et Orange Labs qui ont fait appel à la SF pour avancer dans leurs projets respectifs. Prenons l’ESA, par exemple, qui a synthétisé toutes les œuvres de SF sur le thème du spatial pour son projet ITSF (Innovative Technologies of Science Fiction) afin de faire prendre conscience à ses ingénieurs de l’utilité de l’imaginaire dans ce qu’ils font. Dans ce rapport ITSF, ont été répertoriées par des spécialistes toutes les technologies invraisemblables détenues dans la SF afin de définir leurs objectifs. Ici la SF a toute son importance dans l’innovation. D’ailleurs ils le stipulent clairement : « Ce projet a servi de modèle à plusieurs institutions, qui ont estimé que la science-fiction pouvait être utile à leurs activités de prospective. » (Michaud, T., 2017). De plus, Rumpala Y. aussi est sur la même lancée car, en 2010, à travers son article « Ce que la science-fiction pourrait apporter à la pensée politique », il montre que le fait de s’aider de la SF pour mieux comprendre le présent suscite des questionnements et fait poser des hypothèses. Tout cela justifie de son caractère heuristique.

À l’inverse, dans l’article de Lehoucq R. datant de 2017, c’est le réel qui inspire la SF. En effet, selon lui, elle explore le réel via des expériences de pensées, comme le fait la science avec Einstein, pour mieux s’inspirer de nous. Alors ici, la SF, qu’on associe généralement à une dimension inexplicable et/ou imaginaire du fait de la présence du fantastique ou encore de la fantaisie, est fondée sur la science, sur des faits réels car elle s’appuie sur des progrès scientifiques ou encore techniques pour construire la fiction qu’elle va raconter.

En restant dans ce style d’art, on peut dire que l'on trouve un lien entre le cinéma “SF” et l’innovation. En effet, il y a Skype dans Métropolis, la perfection génétique de l’humanité dans Bienvenue à Gattaca ou encore la commande vocale dans l’Odyssée de l’espace. Par ailleurs, tout en restant dans l’art cinématographique, recentrons-nous sur les innovations dans le domaine du médical. Bien que ces innovations telles que l’eau de Dakin comme nouvel antiseptique, la transfusion sanguine ou encore la médecine d’urgence, soient pour la majorité issues de la Grande Guerre, du fait de l’important flux de blessés et du nombre de nouvelles blessures qui ont permis de développer de nouvelles techniques de soins, le cinéma a aussi joué un rôle. Dans le film « L’aventure intérieure » sorti en 1987, le lieutenant Pendleton est miniaturisé à bord d’un vaisseau pour être injecté dans l’organisme d’un lapin. On peut se demander si ce film a pu inspirer les innovations sur la miniaturisation des instruments de bloc opératoire. La chirurgie mini-invasive, quant à elle, a été reconnue mondialement en 1994, moins d’une dizaine d’années plus tard…

C’est exactement ce point de vue, mêlant le cinéma aux innovations médicales, qui nous a intéressé et sur lequel nous nous sommes posés la question :
 

Cinéma et innovations médicales : le 7ème art est-il toujours une fiction ?


LA MANIPULATION GÉNÉTIQUE, TRAVAIL SUR LA DURÉE.

A travers le mélange entre le 7ème art et la recherche médicale la limite est mince. Tout d’abord replaçons les choses dans leur contexte.

Qu’est-ce que la manipulation génétique ? Tout être vivant est composé d'un ADN universel qui contient toute l'information génétique permettant son développement, son fonctionnement et sa reproduction. Ces informations sont concentrées dans une cellule où un génome est installé (ensemble du matériel génétique codé) qui contient des chromosomes et qui lui transporte des gènes. C'est au niveau du génome que la science va utiliser, reproduire ou intégrer des gènes étrangers pour modifier le vivant.


A présent, il faut voir les liens entre le cinéma et la réalité de la manipulation génétique. Les exemples sont nombreux. Il y une flopée de films entre autres : Jurassic park, Time Out, Gattaca, mais encore Spider Man ou Peur bleues. Dans ces différents films le point commun est une altération du génome que ce soit sur des humains ou des animaux. Ces modifications permettent de contrôler, explorer ou rendre plus fort un organisme vivant.


De la fiction à la réalité.

La médecine elle aussi utilise la manipulation génétique, à travers différents aspects tels que :
 
La procréation médicalement assistée (PMA), également appelée assistance médicale à la procréation (AMP), est un ensemble de pratiques cliniques et biologiques où la  médecine intervient plus ou moins directement dans la procréation. Voici donc des exemples possibles de PMA :
·     La fécondation in-vitro
·     La gestation pour autrui (GPA) désigne l'ensemble des méthodes de PMA dans lesquelles l'embryon est implanté dans l'utérus d'une femme tierce, on peut alors parler de "mère porteuse".
 
La science a donc permis via ses avancées de pouvoir permettre de donner la vie à des personnes étant stériles ou infertiles.
 

Star Wars, épisode II - L'attaque des clones (2002)
Star Wars, épisode II - L'attaque des clones (2002)
Le clonage ou l’art de la copie imparfaite.

Le terme « clone » désigne un objet ou un organisme considéré comme identique à un autre. En biotechnologie, le clonage désigne la reproduction en laboratoire de gènes, cellules ou organismes à partir d'une même entité originale. Par conséquent, il est possible de produire des copies génétiques exactes du gène, de la cellule ou de l'organisme original.
Dans le monde végétal, le clonage n'est pas un phénomène sensationnel car les boutures, les greffes, les pousses, sont toutes des manières de produire des exemplaires d'une même espèce à base d'une seule cellule.
 
Le clonage humain est un phénomène qui à la base est entièrement naturel via les jumeaux, mais qui est extrêmement compliqué à reproduire en laboratoire.
 

L’HYBRIDE, ENTRE ESPOIR ET CONTROVERSE.

The Amazing Spiderman (2012)
The Amazing Spiderman (2012)
Fantasme d’hier et d’aujourd’hui, l’hybridité de l’homme est vue comme une invention du siècle prochain pour certains… Mais où en sommes-nous aujourd’hui ?
 
Un hybride inter-espèce ?
 
En 2012, Sony sortait son reboot de Spiderman : The amazing Spiderman, et discutait d’une nouvelle forme d’hybride. 
Contextualisons : le professeur Connors, chirurgien dans l’armée américaine perd son avant-bras droit lors de la guerre de Corée. Ne pouvant plus pratiquer la chirurgie pour des raisons évidentes, celui-ci se spécialise en biologie, et s’intéresse plus particulièrement aux reptiles. Leur capacité à se régénérer le fascine, et il décide donc de baser ses recherches sur un gène en particulier afin de réaliser son rêve de retrouver son bras. Suite à certaines péripéties, le professeur Connors décide, dans l’urgence, de s’injecter un fluide, fruit de ses travaux, en l’état. Dans un premier temps c’est une réussite : son bras repousse. Malheureusement, cette injection va le transformer en sorte de lézard humain : un hybride. Il pense alors que sa nouvelle forme, plus intelligente, plus forte, et plus rapide, constitue la prochaine étape de l’évolution de l’humanité, et s’en suit une lutte acharnée qui se terminera par son arrestation.
 
Outre le fait que nous sommes ici dans de la pure fiction, la question de l’hybride est régulièrement soulevée : et si l’homme pouvait se baser sur ce qui existe chez les autres mammifères, notamment ceux dont l’ADN se rapproche de l’ADN humain, afin de guérir des maladies, via un transfert inter-espèces ?


Des expérimentations déjà lancées. 
 
Prenons l’exemple de la France : imaginez notre pays du haut de ses 24 000 demandeurs de greffes en 2018, ne plus avoir besoin de donneurs… humains. C’est le rêve fou de certains chercheurs spécialisés dans la génétique inter-espèces.
En 2017, National Geographic nous rapportait que le premier hybride humain-animal venait d’être créé, prouvant ainsi que des cellules humaines peuvent être implantés chez certains animaux et survivre afin de grandir dans l’animal hôte, dans ce cas-là c’était un cochon.
Cette réussite a permis de créer la première chimère : un organisme vivant qui possède des cellules originaires de deux espèces différentes.
 
C’est en 2018 que l’expérience a été renouvelée avec succès, des chercheurs ont réussi à créer un deuxième hybride : un embryon de mouton, humain à 0,01% au niveau cellulaire.
 
Malheureusement pour la recherche, les embryons en question n’ont pas pu être emmenés au-delà de 28 jours par manque d’autorisation, mais cela a tout de même permis au chercheur d’avancer, et donc de se rapprocher encore plus de la culture d’organes humains viables en laboratoires.


Le fantasme de l’hybride et de l’homme bionique.
 
Vous souvenez-vous du film I, robot ? Sorti en 2004 ce film a été considéré comme « une véritable fable dévoilant une intelligence de mise en scène et un don de conteur » (ÉcranLarge, 2004). Mais surtout, cette œuvre a été considérée comme une manière de rêver, rêver d’un futur où l’homme et la machine peuvent vivre une relation, certes ambiguë, mais fusionnelle.
Dans ce film, Will Smith est un exemple d’hybride : mi-homme, mi-robot, c’est-à-dire que deux espèces qui n’étaient pas faites pour être compatibles ont pu être greffées l’une à l’autre de manière viable. N’est-ce pas magnifique ? Pouvoir greffer quelqu’un avec une malformation d’un bras mécanique qu’il peut contrôler à sa guise.
Mais le fantasme sur l’hybride ne date pas du XXIème siècle, il était déjà présent bien avant, notamment dans les années 1970. C’est dans ces années-là que les fans de séries télévisées ont pu découvrir L’homme qui valait trois milliards, et Super Jainie deux fictions qui font partie du même univers, et dans lesquelles les personnages principaux sont sauvés de justesse d’une mort très certaine grâce notamment à l’implantation de membres bioniques.
Peu de temps après le succès de ces séries, un film sur le sujet de l’hybride a fait parler de lui : RoboCop. Sorti en janvier 1988 et intimement lié à la théorie de l’hybride, ce film avance également l'argument de la place de l’éthique concernant l’homme-robot : à quel moment l’homme devient machine ? Pouvons-nous dire qu’à un certain point la machine prend le pas sur l’homme ? L’homme a-t-il toujours une conscience ?


Des recherches bien avancées, mais encore perfectibles. 
 
Dans une vidéo publiée en 2016, Le Future Mag d’Arte nous proposait un contenu sur Hugh Herr, un homme qui se considère, à juste titre, comme un miraculé. Fan d’escalade, il s’est retrouvé piégé par le blizzard en haute montagne, pendant trois jours, et ce alors qu’il n’avait que 17 ans. Le verdict est sans appel : il faut amputer les deux jambes pour le sauver d’un destin encore plus funeste.
 
Oui mais voilà. Là où certaines personnes vont abandonner, certaines autres vont s’illuminer. Il ne se lèvera le matin que pour atteindre un seul objectif : non seulement remarcher un jour, mais surtout remarcher normalement. Car pour lui, les prothèses existantes sur le marché ne sont pas satisfaisantes, il veut arrêter d’intégrer des corps étrangers sur lui-même, il veut créer des prothèses qui épouseront le corps humain, et surtout qui permettront à la personne concernée de retrouver une démarche quasi normale.
 
C’est pourquoi il reprit ses études afin de mélanger des connaissances en mécaniques et en biologie, et ainsi créer ce qu’il appelle aujourd’hui : des prothèses bioniques.
Le verdict est sans appel : il a réussi à créer les « toutes premières prothèses à moteur, qui imitent la fonction musculaire perdue ». La différence principale avec les prothèses de jambe classiques, c’est que celle-ci injecte de l’énergie dans la démarche de son porteur. « Ces prothèses ne sont pas passives comme la plupart des autres : elles sont actives. Ces prothèses s’adaptent même aux variations de terrains grâce à des capteurs, ce qui permet de conserver une démarche naturelle même quand le relief ou notre rythme de marche diffèrent ».
 
Mais Hugh Herr (2016) n’est pas le seul à penser et repenser autour des prothèses. Il a présenté ses prothèses en 2016 à Zurich lors d’une compétition appelée le Cybathlon. Cet événement regroupe des athlètes équipés de technologies bioniques. « Nous organisons une compétition autour des biotechnologies, avance Robert Riener (2016), professeur à l‘école polytechnique fédérale de Zurich, et créateur de l’événement, et nous récompensons les athlètes intelligemment, nous donnons une médaille au pilote, mais aussi au créateur ».
 
Cette compétition nous permet de comprendre que Hugh Herr (2016) n’est pas le seul à travailler sur l’amélioration des prothèses et autres objets bioniques, la plupart des athlètes présents au Cybathlon travaillent en étroite collaboration avec des laboratoires de recherche privés.
 
Pour finir sur le sujet de l’hybride homme bionique, le professeur Hugh Herr (2016) ajoute que « l’objectif n’est pas seulement de permettre aux personnes invalides de retrouver une forme d’indépendance et des sensations humaines, mais aussi d’améliorer le quotidien des personnes dites valides, notamment en les équipant d’exosquelettes ».

LES EXOSQUELETTES : AVÈNEMENT DES SURHOMMES ?

Prototype pour utilisation industrielle de Hyundai.
Prototype pour utilisation industrielle de Hyundai.
Tout d’abord, qu’est-ce qu’un exosquelette ? 
 
Il existe 2 définitions selon le site Futura Planète   :
La première, qui parle d'un exosquelette d’un point de vue de la zoologie, L'exosquelette, ou cuticule, est l'enveloppe dure externe d'un arthropode (crustacé, insecte, arachnide...). Il protège l'animal et sert d'accroche aux muscles, permettant les mouvements, comme le squelette interne des vertébrés.
La deuxième, qui elle est basée sur la robotique. Dans ce domaine, un exosquelette est un équipement articulé et motorisé fixé sur le corps au niveau des jambes et du bassin, voire également sur les épaules et les bras. Il facilite les mouvements en ajoutant la force de moteurs électriques. Les exosquelettes, encore en développement, sont destinés notamment aux fantassins des forces armées pour leur permettre de marcher longtemps et de porter des charges lourdes en réduisant leur fatigue. Ils sont également étudiés pour des professions civiles où l'on porte des charges lourdes : par exemple les secteurs du bâtiment et médical, pour les soins infirmiers.
Nous allons nous concentrer sur la 2ème définition pour la raison suivante : le rêve. Qui n’a jamais rêvé étant petit(e) de pouvoir soulever une voiture ou de grosses charges ? De Captain America à Superman, en passant par certains Disney’s comme Les Indestructibles ou Hercule, les références cinématographiques dans ce domaine sont multiples.


Une utilisation grand public dans un avenir proche ?

Un film qui montre l’utilisation poussée d’un exosquelette est Iron Man. Dans celui-ci, on peut observer le personnage principal du film revêtir un exosquelette très avancé technologiquement qui lui permet de voler, avoir une force surhumaine, ainsi que d'avoir accès à une multitude d’autres gadgets.
Aujourd’hui, voir l’apparition d’un exosquelette comme celui d’Iron Man est impensable. Cependant, des recherches et des tests sont en cours dans plusieurs entreprises pour produire des exosquelettes plus basiques ayant comme fonction d’aider les personnes travaillant avec de lourdes charges. Ils peuvent aussi améliorer les capacités des soldats comme vu dans les films Elysium ou Edge of Tomorrow.
Pour de nombreuses personnes, pouvoir augmenter sa capacité physique est un rêve. Dans le domaine militaire, il s’agit d’un avantage stratégique afin de bénéficier de « super-soldats », dans la médecine cela pourrait aider les médecins à être plus précis et pouvoir aider des patients à réutiliser leurs membres après un grave accident.

Exosquelette médical aidant les patients à remarcher.
Exosquelette médical aidant les patients à remarcher.
Le cinéma a montré l’utilisation de ces exosquelettes (le plus souvent l’aspect militaire) et ses applications. En revanche, il n’est pas impensable de voir des exosquelettes dans le futur proche même si le film Iron Man montre des tests ratés qui pourraient être de vraies erreurs dans la vraie vie (un malfonctionnement qui tord le corps d’un utilisateur d'un exosquelette par exemple), avec les avancées technologiques de maintenant cette fantaisie pourrait rapidement devenir réalité. 

UN HABILE MÉLANGE ENTRE LE CINÉMA ET L’ÉVOLUTION SCIENTIFIQUE.

La médecine a fait d’immenses progrès depuis des années avec des technologies toujours plus poussées, toujours plus précises. La médecine est au service de l’évolution, notamment pour soigner ou prolonger l’espérance de vie. Mais la finalité ne serait-elle pas d’obtenir des humains « parfait » qui ne tomberaient pas malade ? Qui serait plus forts, plus vifs, plus intelligents ?
 
L’homme, comme dans divers secteurs, s’efforce de comprendre ce qui l’entoure et puise son inspiration dans plusieurs domaines, tels que la nature avec le bio mimétisme qui a vu la création des avions par exemple en copiant la forme d’un oiseau, ou encore des hélicoptères en s’imprégnant des libellules. Mais le cinéma est aussi une source d’inspiration technologique et de projets à développer.
 
Quel enfant ne rêve pas de voir des dinosaures fouler le sol de notre terre en vrai comme dans Jurassic Park ? Quel général ne souhaiterait pas avoir une armée de clone comme dans Star Wars afin d'éviter les pertes humaines ? 
 
Il faut bien nuancer toutes ces évolutions et ces recherches. Mais une chose est certaine, c’est que l’art et donc le 7ème art est une source d’inspiration, de rêve pour la médecine car, dans le cinéma, on peut se permettre des scénarios qui semblent irréels et qui pourtant sont à l’abris des regards en plein développement au service de l’humanité. Ces scénarios poussent souvent le grand public à la réflexion, non au jugement, à l’inverse de certaines innovation médicale souvent jugées trop rapidement.
 
Bon, quelque chose est sûr : ce n’est pas en regardant des films à longueur de temps que les médecins trouvent des idées de technologies innovantes ou d’amélioration de techniques médicales. Le cinéma n’est bien entendu pas LE vecteur de développement de la médecine mais a donné sa contribution d’une certaine façon. Ce 7ème art détient des petites pépites qui, une fois considérées à leur juste valeur, débouchent sur des innovations médicales. Nous l’avons vu à travers les exemples cités dans l’article comme Robocop pour l’homme hybride ou encore la manipulation génétique avec Bienvenue à Gatacca. Même s’ils restent des fictions, ces films peuvent tout de même être reconnus pour avoir impulsé certaines innovations médicales. Le professeur Hugh Herr nous l’a montré avec l’invention de la prothèse bionique. Une fois cette prothèse à moteur combinée à l’être humain, nous obtenons également une espèce d’homme hybride. N’est-ce pas incroyable ? Cela prouve bien qu’il y a un lien entre cet art qu’est le cinéma et ce qui nous importe davantage, les avancées médicales.


Mais alors, un mariage est-il possible entre la médecine et d’autres formes d’arts ?

Depuis le début de cet article, nous avons discuté de quelques formes d’arts comme la littérature ou encore le cinéma. Mais quel autre art pouvons-nous associer à la médecine ? La musique ? La danse ? Et pourquoi pas l’art abstrait ?
Dans certains articles, ces œuvres d’arts ont un lien particulier avec la médecine. Celui des auteurs Mandeep R. Mehra, Hilary R. Campbell, écrit en 2018, parle d’une œuvre spécifique, la Joconde, qui a suscité de nombreux débats. Ce portrait questionne le regard magnifique de Mona Lisa mais aussi très troublant. Ce chef d’œuvre n’a pas suscité que l’intérêt des historiens de l’art, des amateurs de critiques, des écrivains ou encore des médias... Non. Il a également suscité l’intérêt de la médecine. En effet, des médecins se sont alors penchés sur le sujet en imaginant que cette beauté intrigante provienne d’une maladie. L’hypothèse d’une hyperlipidémie est alors émise. Des diagnostics médicaux sont alors réalisés pour tenter de justifier les petites imperfections de ce tableau. D’après ces mêmes auteurs, les médecins auraient justifié les nodules lipidiques se trouvant près des paupières par un taux de cholestérol élevé, les mains enflées par un problème d’ordre cardiaque, son sourire figé par une paralysie faciale unilatérale ou encore un problème vasculaire cérébral, et tout cela causé par l’hyperlipidémie. Mais ils parlent aussi de l’hypothyroïdie comme maladie la plus probable et justifient cela en posant l’hypothèse qu’elle aurait sans doute accouché quelques jours auparavant ce qui pourrait être accompagné d’une névrose de la thyroïde, comme on en trouve parfois lors d’une grossesse. Alors ici la médecine s’intéresse et va même jusqu'à questionner l’art à travers un chef d’œuvre datant du XVIe siècle.
Par ailleurs, l’art abstrait peut s’associer à la médecine pour d’autres motifs. Dans un article de Julie-Anne De Queiroz, publié en mars 2015, nous voyons que l’art sert de système d’éducation. En effet, durant les visites faites au musée du Louvre, des jeunes étudiants en médecine sensibilisent le grand public aux enjeux de santé en prenant les œuvres en guise d’exemples. Voici le témoignage du cardiologue Rosenbaum à la Pitié-Salpêtrière : « En médecine, on doit regarder les signes et leur donner sens. On parle même de  “tableau clinique”. Entraîner les étudiants à aiguiser leur regard sur un tableau les aidera à être plus attentifs face à leurs patients ». Une étude américaine de l’université de Yale l’a démontré également. Intégrer l’art dans l’apprentissage des futurs médecins est une bonne initiative. Au Louvre, l’idée est de pouvoir faire un exercice de traduction de la pensée médicale au grand public et c’est exactement ce même exercice qui leur sera demandé en tant que médecin vis-à-vis de leurs futurs patients. Donc, au final, tout le monde y gagne. Les visiteurs en apprennent un peu plus sur la médecine et les étudiants découvrent un nouvel art. Comme dirait Voltaire, « tout va bien dans le meilleur des mondes ».
Une concordance est donc possible entre la médecine et l’art sous toute ses formes… Ou presque ?
Nous nous trouvons dans un tournant important des pratiques managériales de tous les secteurs confondus. En effet, cette crise nous pousse à repenser nos organisations, nos méthodes de travail, nos relations aux autres, etc.. Les managers de demain seront ceux qui auront évolués et qui auront su s’adapter à ce changement systémique notamment à travers l’innovation. Nous pensons que cette innovation peut venir de partout et même de la science-fiction qu’ils ne doivent donc pas négliger. Pour cela, ils doivent avoir une ouverture d’esprit large et creuser plus dans ce sens pour voir ce qu’il y a d’intéressant de ce côté-là car nous l’avons vu dans cet article, tout n’est pas que fictif. Et comme l’a démontré les articles académiques relativement récents de Michaud T (2017) et Lehoucq R (2017), la science-fiction, qui s’inspire de la vie réelle, a toute son importance dans les innovations. Alors soyez pragmatiques !

Bibliographie

Manuel d’Oslo, 3e édition, OCDE, 2005
 
Michaud, T. (2017). Science-fiction et innovation. Futuribles, 416(1), 55-66. 
 
Lehoucq, R. (2017). Science et science-fiction, un duo détonant. Futuribles, 416(1), 39-54. 
 
Rumpala, Y. (2010). Ce que la science-fiction pourrait apporter à la pensée politique. Raisons politiques, 40(4), 97-113.

Sitographie

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Ces vraies inventions tirées des livres de science-fiction. (2016). Retrieved 13 April 2020, from https://fr.sputniknews.com/presse/201611291028921013-science-fiction-inventions/
 
Exosquelette. (2020). Retrieved 2 June 2020, from https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/zoologie-exosquelette-433/
 
Exosquelettes. Ce qu’il faut retenir - Risques - INRS. (2020). Retrieved 2 June 2020, from http://www.inrs.fr/risques/exosquelettes/ce-qu-il-faut-retenir.html
 
Fleitour, G. (2012). MINI CHIRURGIE, MAXI INNOVATION - Technos et Innovations. Retrieved 13 April 2020, from https://www.usinenouvelle.com/article/mini-chirurgie-maxi-innovation.N172240
 
Gueffier, S. (2018). 11 novembre 1918 : les 7 innovations médicales qui ont changé notre vie. Retrieved 13 April 2020, from https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/11-novembre-1918-7-innovations-medicales-qui-ont-change-notre-vie-1552320.html
 
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Hugo PICHON
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