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Anthropologie du Management et des Organisations

Vendredi 10 Février 2012
4:20
Un espace d'échanges sur les enjeux et les pratiques du Management

Les enjeux narcissiques des acteurs dans les organisations

 Albert
Mercredi 30 Janvier 2008

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Vincent de Gaulejac et Nicole Aubert nous avaient révélés les fondements du contrat 'souterrain' qui caractérise notre relation à l'entreprise. Leur analyse s'appuit sur les instances de la personalité définies par Freud, en particulier de 'l'Idéal du Moi'. Ils nous expliquent que certains sujets en faille narcissisme, c'est à dire en déficit d'estime d'eux mêmes ,sont prêt à se perdre pour obtenir cette reconnaissance dont il ont tend besoin pour se sentir exister.

L'histoire du trader Jérôme Kerviel le confirme. Il a expliqué au Procureur de la République de Paris, Jean Claude Marin les motivations qui l'ont poussé dans cette conduite de surenchère: 'Il espérait apparaître comme un trader d'exception, un anticipateur des marchés'. Le gain espéré n'etait donc pas pécunier mais narcissique (Il n'y a pas eu d'enrichisement personnel). Pour obtenir 'l'amour', 'la reconnaissance' des chefs, il s'agissait d'apparaître comme le plus puissant des traders. Jérôme avait dû quand même avoir du succès dans ces précédentes spéculations, puisque en plus de sa rémunération fixe, il estimait qu'il méritait de recevoir 300 000 Euros de primes en 2007 en plus de ses 60 000 euros de salaire fixe. Ne s'est il pas laisser griser par la réussite et finalement traverser une phase 'mégalomaniaque'? Apparemment son organisation n'a pas su le ramener à temps à la raison et il se retrouve aujourd'hui en transgression.

Un autre fait divers qui s'est passé à Clermont - Ferrand dans l'entreprise Michelin montre combien l'attachement à l'entreprise peut - être profond et conduire à des comportements d'amour ou de haine qu'on peut retrouver, tant la simlitude semble grande, dans la relation amoureuse.

Le 14 Janvier Marwan (Cf. La Montagne du 30 Janvier), un jeune ingénieur de 32 ans a été mis en examen pour 'abus de confiance, violation d'un secret de fabrique et de livraison à une entreprise étrangère d'informations dont la divulgation est de nature à porter atteinte aux 'intérêts fondamentaux de la nation'.

Il aurait tenté de diffuser auprès de Bridgestone des secrets de fabrication et différents projets confidentiels liés à la branche poids lourd; une activité qui représente près de 40% du CA.

7 e-mails envoyés du 7 août au 11 décembre 2007 montrent qu'il prétendait posseder 2600 fichiers contenant les perspectives de développement de la branche dans les 5 ans à venir.

L'origine de son comportement ne serait pas, selon lui vénale. En Octobre 2006, il aurait eu un conflit assez sérieux avec sa hiérarchie sur le fonctionnement de son équipe, dont il serait resSorti 'meurtri'. Il aurait donner sa démission en espérant que l'entreprise le retiendrait; ce qui n' pas été le cas. il en aurait ressenti une certaine amertume qui l'aurait conduit à envisager, à ce qui ressemble à une sorte de vengeance, même s'il s'en défend. 'Je me suis engagé dans un jeu qui pour moi, comblait un manque'. 'C'était une sorte de lien que je voulais maintenir avec Michelin, une réaction humaine affective'.

N'est ce pas là quelque chose qui ressemble au dépit amoureux. La perte de l'objet aimé réveillerait une sorte de haine 'archaîque' qui ressemble à un fantasme d'abandon.

En mettant constamment les acteurs dans une sorte précarité affective qui consiste à conditionner la reconnaissance au degré de renoncement à soi - même, les organisations en faisant appel à des méthodes de management 'managinaires' ne sont - elles pas aussi complice de ce processus qu'il faut bien quailifier de névrotique ?







 CécileR
Mardi 14 Avril 2009

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Ce processus 'névrotique' ne serait-il pas la résultante d'un management trop négatif mettant en avant les erreurs et non les réussites?

Les deux exemples cités dans l'article ci-dessus concernent des personnes ayant eu accès à un certain degré d'information, de confidentialité ou encore de pourvoir...
Il s'agissait donc de personnes ayant des responsabilités et subissant sans doute une certaine pression.

La question que je me pose est donc la suivante : ce comportement presque 'amoureux rancunier' n'est-il pas le résultat d'une équation mélangeant un certain degré de responsabilité (donc de pression) ainsi qu'un management insuffisamment positif?

Partant de ce postulat, ne devrions-nous tous pas avoir ce type de comportement?

Je pense que non. Les personnes ayant ce type de comportement névrotique auraient déjà, selon moi (et cela n'engage que moi) un terrain affectif trop développé et sensible. C'est-à-dire qu'elles ne parviendraient pas distinguer le personnel de l'affect.
 GrégoryM
Mercredi 15 Avril 2009

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Bonjour à vous,

Pour ma part, je suis d'accord avec Cécile dans la mesure où l'accès à des informations plus ou moins secrètes sont un moyen de se responsabiliser et de se manager soi-même, faire appel à sa propre éthique.
Comportement névrotique dans certains cas, la soif de pouvoir sur les autres peut nous faire franchir la ligne rouge de l'éthique. Après, c'est notre devoir personnel de ne pas céder et de manager sa 'névrose'...

à bientôt sur le forum
 Olivier03
Lundi 20 Avril 2009

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Bonjour,

La question posée par Cécile est pertinente. Qu'est ce qui fait que certaines personnes ont à un moment donné un comportement de déviance ?

Selon l'article ce comportement est lié à un management défaillant ou la reconnaissance n'est possible qu'au détriment de soit même. Mais ce comportement de déviance ne trouve t-il pas sa source dans l'évolution des mentalités du monde actuel ou l'individualisme et l'égoïsme prennent le pas sur les valeurs humaines de collectivisme et de partage.

Dans un monde ou l'on demande sans cesse d'être mobile, de n'avoir aucune attache, de se surpasser au travail (au détriment du reste), où la valeur de l'individu est proportionnelle à son niveau d'étude et à sa position dans l'entreprise et où la peur du chômage est quasi permanente, ces comportements de déviance ne sont-ils pas finalement l'unique échappatoire des hommes à la pression informelle qu'ils subissent depuis leur plus tendre enfance ?

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