Face à la concurrence mondiale les entreprises sont aujourd'hui invitées (contraintes?) à développer des stratégies d'innovation. Celles - ci reposent principalement sur la mobilisation des intelligences et l'engagement collectif des acteurs.
Les organisations néo libérales caractérisées par une recherche de rentabilité à court terme pour satisfaire l'actionnaire ont privilégié l'approche calculatrice par les ratios. Or celle - ci s'avère à l'usage insuffisante pour susciter la logique de don (Alter, 2009) qui rend possible les échanges entre les membres d'une communauté. Le don repose sur l'intensité et la fiabilité des liens qui unissent les acteurs. Si dans les sociétés archaiques ce sont les liens qui permettent la circulation des biens (Mauss), ce sont eux aussi qui, dans les organisations modernes, favorisent l'échange des connaissances entre les membres d'une même communauté.
Cette compréhension de ce qui fonde de la vie sociale commence enfin à pénétrer péniblement les théories managériales dominantes encore très marquées par une conception hiérarchique voire primaire du pouvoir . Face à l'urgence de développer de nouveaux modèles économiques reposant sur la circulation et l'échange des connaissances dans les organisations, n'est - il est pas temps de se demander s'il ne faut pas repenser nos modèles managériaux pour que l'innovation soit réellement possible dans les organisations ?
Pour mener à bien cette interrogation, nous tenterons de revisiter quelques utopies managériales pratiquées qui ont marqué l'histoire du management et d'observer quelques expériences contemporaines remarquables qui tentent d'équilibrer de façon plus démocratique les rapports de pouvoir dans l'organisation entre ceux qui créent la valeur à partir du travail, ceux qui coordonnent leurs efforts et ceux qui les financent.