Tous s'accordent aujourd'hui à reconnaître que nous sommes entrés dans
une économie de la connaissance. Cette nouvelle réalité nous amène
à repenser la façon dont celle-ci est distribuée.
Jusqu'à présent sa distribution reposait sur une conception du pouvoir qui privilégiait
un modèle hiérarchique de transmission considérant
" le sachant " comme le seul
détenteur propriétaire de la connaissance. Or aujourd'hui cette représentation devient
anachronique compte tenu à la fois du volume des informations qui circulent dans les organisations fonctionnant de plus en plus en réseau et de l'accélération de leur obsolescence.
La transmission du savoir ne peut donc plus seulement s'opérer
dans une relation verticale et exclusive avec celui qui a
le statut de sachant. Elle est devenue un bien qui appartient à tous et qui
prend paradoxalement de la valeur en se partageant (Ballay, 2003).
Bourdieu considère l'espace pédagogique comme
un lieu de reproduction de l'ordre social. L'espace pédagogique n'est pas donc pas seulement un lieu de transmission de contenus de connaissances mais aussi
un lieu de reproduction des modèles du pouvoir dominant.
Face aux
mutations que connaissent aujourd'hui nos organisations, il est temps de s'interroger non seulement sur
la pertinence des contenus transmis aux apprenants mais aussi sur le type de
relations qui s'instaurent entre les acteurs à cette occasion. Il ne s'agit donc plus seulement de transmettre des connaissances actualisées mais aussi de contribuer dans l'espace pédagogique même,
à l'émergence d'une société plus coopérative.
L'existence du cyberspace constitue
un autre monde virtuel qui se superpose sur le monde réel. Il n'est évidemment pas sans conséquences sur les relations que les acteurs peuvent tisser entre eux. Il favorise
une transversalité qui s'accompagne d'une transformation des rapports sociaux. Dans la mesure où chacun peut librement contribuer à
l'enrichissement cognitif de l'Autre en partageant les informations ou les connaissances qu'il détient, il peut contribuer de façon significative au développement de relations plus égalitaires.
Leur simplicité d'utilisation et leurs usages sont en train de se généraliser.
Pierre Levy a une vision plutôt positive de ce phénomène en considérant que celles-ci pourraient devenir
" un moyen de proférer une parole plurielle, sans passer par des représentants ". En d'autres termes, elles pourraient selon lui permettre de transformer les groupes humains en
" cités intelligentes " où le lien aurait autant de valeur que le bien.
En procurant aux groupes humains des moyens de
" mettre en commun leurs forces mentales ", elles peuvent favoriser l'apprentissage de la
coopération et contribuer
au développement de sociétés et d'organisations plus démocratiques.