Il y a du nouveau sous le soleil auvergnat. Depuis quelques jours à peine, la petite société Auversun, installée sur un ancien site Michelin dans la banlieue de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), produit ses tout premiers panneaux photovoltaïques. C'est là l'aboutissement d'un projet né il y a deux ans, et qui a réussi à voir le jour en dépit de la crise et de la frilosité des banques.
" J'ai créé beaucoup d'entreprises dans ma vie, mais j'avoue que celle-ci a été la plus difficile à monter ", reconnaît Gérard Escot. Ce chef d'entreprise auvergnat aguerri de 54 ans est déjà à la tête de plusieurs autres sociétés, notamment dans le secteur des télécommunications.
" Les locaux, que nous allons acheter à Michelin en juillet, existaient déjà. C'est surtout dans les machines qu'il a fallu investir, environ 3 millions d'euros ", explique le dirigeant. Matériel allemand, savoir-faire suisse et espagnol, Gérard Escot est allé chercher le meilleur du solaire chez les voisins européens les plus avancés en la matière.
Grâce à un investissement de quelque 9 millions d'euros, financé en grande partie par des actionnaires privés, Auversun produit déjà 300 panneaux photovoltaïques par jour. Mais elle ne compte évidemment pas s'arrêter là. Sur un secteur où la concurrence demeure " très violente ", lui font face deux géants français,
Photowatt et
Tenesol, filiale de
Total et
EDF (voir " La Tribune " du 19 juin). Mais Gérard Escot croit à sa belle aventure. " Mon objectif n'est pas d'être le numéro un, mais de fabriquer le meilleur produit ". Rien à voir avec le bon marché chinois !
Les panneaux, fabriqués à Clermont, sont destinés au marché des particuliers et ils devraient, dans un premier temps, être vendus dans toute l'Europe, puis, rapidement à destination de l'Afrique et du Moyen-Orient, où le groupe de Gérard Escot est déjà bien implanté.
Auversun, qui emploie pour le moment une vingtaine de personnes, ambitionne de passer à 60 salariés avant la fin de l'année. " Je crois à l'explosion du marché du solaire ", prédit le PDG qui table, dès l'an prochain, sur un CA de 40 millions d'euros.
Le site d'Auversun
Le Soleil tombe dans le panneau