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Anthropologie du Management et des Organisations

Mercredi 8 Février 2012
4:08
Le Temps des Valeurs

4.26 A Du pouvoir et des hommes


Présentation de l'auteur :

Jean-Pierre Friedman
Jean-Pierre Friedman est docteur en psychologie et psychanalyste. Consultant auprès de grands groupes industriels, il a enseigné la psychologie du pouvoir dans de nombreuses grandes écoles, dont l'ENA.

En 1984, il a notamment réalisé avec Yvan Dalain un film sur une expérience sociologique inédite, en réunissant dans un refuge jurassien, des racistes et des victimes du racisme. Durant quatre jours, ils vont confronter leurs points de vue et apprendre à vivre ensemble. Au cours de cette expérience, les phénomènes de pouvoir se révèlent peu à peu.

L'article que nous proposons ici est un extrait de son livre "Du pouvoir et des hommes" edité par les éditions Michalon. Nous remercions l'auteur et l'éditeur de nous accorder le droit de diffuser ce chapitre.

Introduction

Du pouvoir et des hommes
" Le pouvoir est une maladie mentale. On peut la diagnostiquer à divers stades, depuis les intoxiqués légers dont l'état peut empirer brusquement, jusqu'aux malades en phase terminale. La Fontaine disait : " Ils n'en mourraient pas tous, mais tous étaient atteints "... Aidé par beaucoup de curiosité et un peu de chance, j'ai pu côtoyer nombre d'hommes de pouvoir. Psychothérapeute, j'ai reçu leurs confidences. Consultant, j'ai travaillé avec eux. Dans l'entreprise, en politique ou à l'université, j'ai reconnu la même odeur de sang et retrouvé les mêmes grands fauves, de la race de ceux qui, à défaut de devenir roi des animaux, veulent régner sur les Français. " Jean-Pierre Friedman (Du pouvoir et des hommes)


1. Le pouvoir, c'est la vie

Simone de Beauvoir
Commençons par ceux qui ont envie de commander. Pour la plupart des gens ordinaires, la vie est un passage qu'il convient de franchir le mieux, ou le moins mal possible, selon les contrées et les époques. Pour d'autres, ce n'est que le moyen d'accéder à une vie meilleure dans l'au-delà. Ceux que j'appelle les hommes de pouvoir, même quand ce sont des femmes. Simone de Beauvoir n'a-t-elle pas affirmé que la moitié des hommes sont des femmes et ont d'autres préoccupations. Le bonheur ne les intéresse pas.

Tout au moins pas n'importe quel bonheur. A notre époque, prompte au larmoiement et à l’autocompassion, ils ont une singularité : ils ne se plaignent jamais. Toujours souriants, sauf quand les circonstances les contraignent provisoirement à affecter un air grave, ils auraient pourtant toutes les raisons de se plaindre. Attaqués de toutes parts, coincés entre des agendas tyranniques, la pression obsessionnelle des sondages, les échéances électorales multiples, les mandats encore trop nombreux, les intrigues du sérail et les exigences de leur vie privée souvent tumultueuse, ces gens, en permanence pressés ou sommés d'agir, souffrent pour la plupart de surmenage.

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Jean-Pierre Friedman

Commentaires articles

1.Posté par Didier le 27/06/2010 14:03
Cet article est le développement d'un postulat, mais le postulat est trop incomplet pour être exact..

L'auteur écrit ceci : " notre époque, prompte au larmoiement et à l’autocompassion".

Et ce n'est que très partiellement vrai. Certains vivent un telle époque et d'autre une autre en toute contemporanité. Ainsi, beaucoup de gens, et certainement parmi les lecteurs, prennent ce larmoiement comme travers d'une dérive de la société. Beaucoup accordent assez d'importance à ce qu'ils font de leur vie, à lui donner une autre valeur que la simple vie biologique, pour ne pas se laisser déborder par la santé, ne pas prendre les vacances pour une obligation, sans pour autant être des malades de pouvoir.

A l'extrême, on peut trouver les artistes et Molière mourrant en scène n'a toujours pas fait l'objet d'une fatwa syndicale.
On peut aussi trouver de nombreux acteurs des associations à but humanitaire élargi, dont un ministre n'est pas le modèle unique (pas de nom, du reste il y en a plusieurs).
Il y a aussi tout ceux qui s'établissent à leur compte, lassés de travailler avec des démotivés permanents et peu soucieux de commander à ceux qui préfèrent être statiques.
Il y a une énorme contingent d'employés élévés avant le milieu des années 70 et qui considèrent le travail comme le laboureur (et ses enfants) de La Fontaine.
Il y a tous les vrais chrétiens qui ont appris que les talents (c'est une monnaie) doivent servir à progresser et connaissent la maxime, aide-toi le ciel t'aidera.

Ca fait beaucoup de monde. Suffisemment pour que le raisonnement de cxet article soit non fondé.
Mais comme il n'existe rien qui tombe du ciel, il y a bien une raison à cet article.
A mon sens, elle est celle-ci.
Ceux pour qui "larmoiement autocompassion" sont choses normale font beaucoup plus de bruuit que les autres. Ceci dans une société où, pour trouver écho dans les media, il est préférable de faire partie d'une minorité (probablement opprimée).
D'ailleurs, les pleurs et les grincements de dents font plus de bruit que le travail.

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