Commençons par ceux qui ont envie de commander. Pour la plupart des gens ordinaires, la vie est un passage qu'il convient de franchir le mieux, ou le moins mal possible, selon les contrées et les époques. Pour d'autres, ce n'est que le moyen d'accéder à une vie meilleure dans l'au-delà. Ceux que j'appelle les hommes de pouvoir, même quand ce sont des femmes.
Simone de Beauvoir n'a-t-elle pas affirmé que la moitié des hommes sont des femmes et ont d'autres préoccupations. Le bonheur ne les intéresse pas.
Tout au moins pas n'importe quel bonheur. A notre époque, prompte au larmoiement et à l’autocompassion, ils ont une singularité : ils ne se plaignent jamais. Toujours souriants, sauf quand les circonstances les contraignent provisoirement à affecter un air grave, ils auraient pourtant toutes les raisons de se plaindre. Attaqués de toutes parts, coincés entre des agendas tyranniques, la pression obsessionnelle des sondages, les échéances électorales multiples, les mandats encore trop nombreux, les intrigues du sérail et les exigences de leur vie privée souvent tumultueuse, ces gens, en permanence pressés ou sommés d'agir, souffrent pour la plupart de surmenage.
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