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Le Temps de la Strategie
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| Produits | 2007 | 2008 | Evolution | 2009 | Evolution
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|---|---|---|---|---|---|
| Mac Bureau | 4,020 | 5,603 | 39% | 4,304 | -23%
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| Mac Portables | 6,294 | 8,673 | 38% | 9,472 | 9%
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| Total Mac | 10,314 | 14,276 | 38% | 13,780 | -3%
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| Ipod | 8,305 | 9,153 | 10% | 8,091 | -12%
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| Services musicaux | 2,496 | 3,340 | 34% | 4,036 | 21%
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| Iphone | 123 | 1,844 | NC | 6,754 | 266%
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| Periphériques | 1,260 | 1,659 | 32% | 1,470 | -11%
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Steve Jobs présente la derniere innovation d'Apple : l'Ipad
4. Think different !
Tout au long de son parcours, Steve Jobs s'est efforcé de cultiver la différence en jouant sur le design des produits et leur simplicité d'utilisation. Cet effort permanent a guidé son existence. Peut-être doit-il cette recherche de l'essentiel à la quête spirituelle qu'il avait entreprise dans sa jeunesse. Son but ultime : offrir des produits technologiques esthétiques qui aident à agir et à penser avec facilité et plaisir.
Carmine Gallo a publié un livre intitulé " The Innovation Secrets of Steve Jobs ", dans lequel, il montre comment Steve Jobs a construit son développement professionnel et entrepreneurial sur le thème de la différenciation permanente. Voici le résumé de ces huit secrets d’innovation publiés dans le journal Businessinsider du 29 septembre 2010 et traduit en français par le site canadien InnovClass
1. Faites ce que vous aimez d’abord, et avec passion !
La passion est le moteur de l'innovation. Pour être innovateur, il est donc nécessaire de suivre sa passion jusqu'au bout, surtout si elle vous conduit à quelques succès.
2. Pensez différemment de votre vision
Avez-vous une vision ? Pensez différemment de votre vision. Entourez-vous de personnes qui partagent votre vision. Steve Jobs est entouré de personnes qui sont déterminées à transformer ses idées en innovations.
3. Changez votre manière de penser
Changez votre manière de penser. Il n’y a point d’innovation sans créativité et selon Jobs, la créativité c’est l’art de connecter des informations différentes car cela permet de d'éclairer l’expérience humaine.
4. Vendez des rêves, pas des produits !
Voyez vos clients différemment. Pour Jobs, les personnes qui achètent les produits d’Apple ne sont pas des consommateurs. Ce sont des personnes avec des rêves, des espoirs et des ambitions. Les produits que Jobs proposent ont pour but d’aider les gens à atteindre leur rêve.
5. Dites non à 1 000 choses
Pensez le design de vos produits autrement. Selon Jobs la simplicité est la finalité de la sophistication. L’innovation rime avec aller à l’essentiel. Éliminer tout le superflu et mettre en valeur ce qui est nécessaire. Les designs des produits d’Apple en sont la preuve.
6. Créer des expériences inoubliables
Pensez votre marque de commerce autrement. Jobs a fait des boutiques d’Apple l’étalon or du service à la clientèle. Ce qui explique que la boutique Apple est devenue le meilleur détaillant en introduisant des innovations si simples que toute entreprise peut adopter pour mieux se entrer émotionnellement en relation avec sa clientèle.
7. Maîtriser votre message
Jobs a toujours lancé les produits de la société Apple en créant des évènements. Le lancement de ses produits ressemble souvent à un évènement artistique. Vous pouvez avoir l’idée la plus innovatrice du monde, si vous ne pouvez pas séduire les gens avec votre idée, ça ne marchera pas.
8. Votre marque de commerce c’est vous même !
Selon l’auteur du livre, Carmine Gallo, tous ces principes d’innovation sont voués à l’échec si vous n’êtes pas le symbole vivant de votre marque. Si vous êtes à la recherche d’idées pour améliorer l’image de votre entreprise, n’oubliez jamais une chose : votre première marque de commerce c’est vous-même.
Votre manière de parler, de marcher et d’agir reflète votre marque de commerce. Mais plus important, ce que vous pensez de vous-même aura le plus grand impact dans la création de nouvelles idées qui vont faire croître votre entreprise et amélioreront la qualité de vie de vos clients. Par conséquent, vous devez d’abord regarder au fond de vous-même et estimer votre potentiel de base. Imaginez ensuite ce que vous pouvez réaliser en affaires avec votre potentiel et votre inspiration. Imaginez enfin ce que vous pourrez accomplir si vous aviez Steve Jobs à vos côtés pour orienter vos décisions. Pensez : Qu’est ce Steve Jobs aurait fait à ma place ? "
L'analyse de cette expérience managériale si singulière met en évidence combien le dirigeant de cette entreprise a su sur la durée " orchestrer " le génie humain de ses collaborateurs. En combinant des forces contradictoires, il a contribué à la création d'une entreprise " symphonique ". Ce terme emprunté à Pierre Levy (1995) convient bien pour définir le talent managérial de Steve Jobs ; il définit la capacité d'un manager à susciter une action collective harmonieuse et synchronisée avec les besoins de son environnement.
Carmine Gallo a publié un livre intitulé " The Innovation Secrets of Steve Jobs ", dans lequel, il montre comment Steve Jobs a construit son développement professionnel et entrepreneurial sur le thème de la différenciation permanente. Voici le résumé de ces huit secrets d’innovation publiés dans le journal Businessinsider du 29 septembre 2010 et traduit en français par le site canadien InnovClass
1. Faites ce que vous aimez d’abord, et avec passion !
La passion est le moteur de l'innovation. Pour être innovateur, il est donc nécessaire de suivre sa passion jusqu'au bout, surtout si elle vous conduit à quelques succès.
2. Pensez différemment de votre vision
Avez-vous une vision ? Pensez différemment de votre vision. Entourez-vous de personnes qui partagent votre vision. Steve Jobs est entouré de personnes qui sont déterminées à transformer ses idées en innovations.
3. Changez votre manière de penser
Changez votre manière de penser. Il n’y a point d’innovation sans créativité et selon Jobs, la créativité c’est l’art de connecter des informations différentes car cela permet de d'éclairer l’expérience humaine.
4. Vendez des rêves, pas des produits !
Voyez vos clients différemment. Pour Jobs, les personnes qui achètent les produits d’Apple ne sont pas des consommateurs. Ce sont des personnes avec des rêves, des espoirs et des ambitions. Les produits que Jobs proposent ont pour but d’aider les gens à atteindre leur rêve.
5. Dites non à 1 000 choses
Pensez le design de vos produits autrement. Selon Jobs la simplicité est la finalité de la sophistication. L’innovation rime avec aller à l’essentiel. Éliminer tout le superflu et mettre en valeur ce qui est nécessaire. Les designs des produits d’Apple en sont la preuve.
6. Créer des expériences inoubliables
Pensez votre marque de commerce autrement. Jobs a fait des boutiques d’Apple l’étalon or du service à la clientèle. Ce qui explique que la boutique Apple est devenue le meilleur détaillant en introduisant des innovations si simples que toute entreprise peut adopter pour mieux se entrer émotionnellement en relation avec sa clientèle.
7. Maîtriser votre message
Jobs a toujours lancé les produits de la société Apple en créant des évènements. Le lancement de ses produits ressemble souvent à un évènement artistique. Vous pouvez avoir l’idée la plus innovatrice du monde, si vous ne pouvez pas séduire les gens avec votre idée, ça ne marchera pas.
8. Votre marque de commerce c’est vous même !
Selon l’auteur du livre, Carmine Gallo, tous ces principes d’innovation sont voués à l’échec si vous n’êtes pas le symbole vivant de votre marque. Si vous êtes à la recherche d’idées pour améliorer l’image de votre entreprise, n’oubliez jamais une chose : votre première marque de commerce c’est vous-même.
Votre manière de parler, de marcher et d’agir reflète votre marque de commerce. Mais plus important, ce que vous pensez de vous-même aura le plus grand impact dans la création de nouvelles idées qui vont faire croître votre entreprise et amélioreront la qualité de vie de vos clients. Par conséquent, vous devez d’abord regarder au fond de vous-même et estimer votre potentiel de base. Imaginez ensuite ce que vous pouvez réaliser en affaires avec votre potentiel et votre inspiration. Imaginez enfin ce que vous pourrez accomplir si vous aviez Steve Jobs à vos côtés pour orienter vos décisions. Pensez : Qu’est ce Steve Jobs aurait fait à ma place ? "
L'analyse de cette expérience managériale si singulière met en évidence combien le dirigeant de cette entreprise a su sur la durée " orchestrer " le génie humain de ses collaborateurs. En combinant des forces contradictoires, il a contribué à la création d'une entreprise " symphonique ". Ce terme emprunté à Pierre Levy (1995) convient bien pour définir le talent managérial de Steve Jobs ; il définit la capacité d'un manager à susciter une action collective harmonieuse et synchronisée avec les besoins de son environnement.
La publicité d'Apple en 1997
5. Steve Jobs : un entrepreneur schumpeterien
David Mourey, professeur de Sciences Economiques et Sociales distingue clairement dans un de ses nombreux articles la croissance " smithienne " de la croissance schumpétérienne.
Pour Adam Smith, la prospérité dépend de la taille des marchés : " En effet, plus le marché est grand, étendu, plus la demande potentielle est élevée et plus la capacité d’un agent économique à échanger le surplus de sa production sur sa propre consommation progresse ". (Mourey, 2007)
Avec la mondialisation, l'internationalisation des marchés devrait permettre d'augmenter la taille des marchés et donc la richesse des nations. Cependant, l'actualité montre tous les jours, autant par ceux qui disparaissent que ceux qui survivent, que cette croyance correspond à une vision économique dépassée. Elle a été formalisée en 1776 par Adam Smith dans son livre Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Elle repose sur une vision quantitative de l'offre, comme si l'offre des producteurs allait comme par magie rencontrer une demande équivalente de la part des marchés.
Ce miracle serait possible, selon cet auteur, grâce à la division du travail. Chaque acteur individu ou nation étant de plus en plus spécialisé aurait nécessairement besoin des produits ou services fabriqués par les autres.
Si ce modèle s'est avéré opérant pendant la révolution industrielle pour les pays européens, il apparait aujourd'hui peu adapté. En effet, malgré les évolutions technologiques et l'amélioration de la productivité globale du travail, ces pays ne pourront jamais lutter contre les coûts des salaires des pays émergents comme la Chine (qui elle, par contre, s'inscrit complètement dans le modèle smithien).
Le modèle schumpétérien s'avère plus adapté aux pays occidentaux, à la condition qu'ils puissent [" se débarrasser des oeillères qui ne laisse pas voir aux économistes autre chose que la concurrence des prix. Dès que la concurrence des qualités et l'effort de vente sont admis dans l'enceinte sacrée de la théorie, la variable prix cesse d'occuper sa position dominante ".]i
La vraie concurrence pour Schumpeter (1883 - 1950) est liée à l'innovation. Le premier à développer une innovation aura plus de chance de s'enrichir que celui qui reste rivé sur les coûts.
Car l'économie, selon lui est en transformation permanente, c'est " un ouragan perpétuel " où des activités se détruisent d'elles-mêmes à cause de l'apparition de nouvelles. L'économie n'est pas stationnaire comme Smith et ses continuateurs l'affirmaient, elle est biologique. Voici ce qu'il dit à ce sujet dans son livre Capitalisme, Socialisme et Démocratie (1942) :
" Le capitalisme, répétons-le, constitue, de par sa nature, un type ou une méthode de transformation économique et, non seulement il n'est jamais stationnaire, mais il ne pourrait jamais le devenir. Or, ce caractère évolutionniste du processus capitaliste ne tient pas seulement au fait que la vie économique s'écoule dans un cadre social et naturel qui se transforme incessamment et dont les transformations modifient les données de l'action économique : certes, ce facteur est important, mais, bien que de telles transformations (guerres, révolutions, etc.) conditionnent fréquemment les mutations industrielles, elles n'en constituent pas les moteurs primordiaux. Le caractère évolutionniste du régime ne tient pas davantage à un accroissement quasi-automatique de la population et du capital, ni aux caprices des systèmes monétaires - car ces facteurs, eux aussi, constituent des conditions et non des causes premières. En fait, l'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle - tous éléments créés par l'initiative capitaliste ".
Il est donc celui plus important d'analyser en permanence ce processus de destruction créatrice qui constitue la donnée fondamentale du capitalisme que de " rechercher la maximisation du profit ".
Les stratèges et les économistes devraient selon lui considérer " ce comportement, d'une part, comme le dénouement d'une tranche d'histoire ancienne et, d'autre part, comme une tentative pour s'adapter à une situation appelée, à coup sûr, à se modifier sans délai - comme une tentative, de la part de ces firmes, à se maintenir en équilibre sur un terrain qui se dérobe sous leurs pieds ".
Il n'hésite pas à condamner cette logique gestionnaire, encore très présente aujourd'hui quand il affirme : " En d'autres termes, le problème généralement pris en considération est celui d'établir comment le capitalisme gère les structures existantes, alors que le problème qui importe est celui de découvrir comment il crée, puis détruit ces structures. Aussi longtemps qu'il n'a pas pris conscience de ce fait, le chercheur se consacre à une tâche dépourvue de sens, mais, dès qu'il en a pris conscience, sa vision des pratiques capitalistes et de leurs conséquences sociales s'en trouve considérablement modifiée ".
La concurrence la plus redoutable selon Schumpeter n'est pas celle qui se bat sur les prix mais celle qui apporte sur un marché une innovation radicale. " Du même coup, en premier lieu, est jetée par-dessus bord la conception traditionnelle du fonctionnement de la concurrence. Les économistes commencent - enfin - à se débarrasser des œillères qui ne leur laissaient pas voir autre chose que la concurrence des prix. Dès que la concurrence des qualités et l'effort de vente sont admis dans l'enceinte sacrée de la théorie, la variable prix cesse d'occuper sa position dominante ".
Schumpeter avait également bien repéré combien il était difficile pour les élites de sortir du paradigme dominant : " Néanmoins, l'attention du théoricien continue à rester exclusivement fixée sur les modalités d'une concurrence enserrée dans un système de conditions 1 notamment de méthodes de production et de types d'organisation industrielle) immuables. Mais, dans la réalité capitaliste (par opposition avec l'image qu'en donnent les manuels), ce n'est pas cette modalité de concurrence qui compte, mais bien celle inhérente à l'apparition d'un produit, d'une technique, d'une source de ravitaillement, d'un nouveau type d'organisation (par exemple l'unité de contrôle à très grande échelle) - c'est-à-dire la concurrence qui s'appuie sur une supériorité décisive aux points de vue coût ou qualité et qui s'attaque, non pas seulement aux marges bénéficiaires et aux productions marginales des firmes existantes, mais bien à leurs fondements et à leur existence même. L'action de cette modalité de concurrence dépasse celle de la concurrence des prix tout autant que les effets d'un bombardement dépassent ceux d'une pesée sur une porte ; de plus, son efficacité est tellement plus grande que la question de savoir si la concurrence, au sens ordinaire du terme, joue plus ou moins rapidement devient relativement insignifiante : en tout état de cause, le levier puissant, qui, à la longue, rehausse la production en comprimant les prix, est d'un tout autre calibre ".
Par son parcours, Steve Jobs semble magnifiquement illustrer la pertinence des intuitions schumpétériennes qui furent, elles aussi, très en avance sur leur temps.
Pour Adam Smith, la prospérité dépend de la taille des marchés : " En effet, plus le marché est grand, étendu, plus la demande potentielle est élevée et plus la capacité d’un agent économique à échanger le surplus de sa production sur sa propre consommation progresse ". (Mourey, 2007)
Avec la mondialisation, l'internationalisation des marchés devrait permettre d'augmenter la taille des marchés et donc la richesse des nations. Cependant, l'actualité montre tous les jours, autant par ceux qui disparaissent que ceux qui survivent, que cette croyance correspond à une vision économique dépassée. Elle a été formalisée en 1776 par Adam Smith dans son livre Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. Elle repose sur une vision quantitative de l'offre, comme si l'offre des producteurs allait comme par magie rencontrer une demande équivalente de la part des marchés.
Ce miracle serait possible, selon cet auteur, grâce à la division du travail. Chaque acteur individu ou nation étant de plus en plus spécialisé aurait nécessairement besoin des produits ou services fabriqués par les autres.
Si ce modèle s'est avéré opérant pendant la révolution industrielle pour les pays européens, il apparait aujourd'hui peu adapté. En effet, malgré les évolutions technologiques et l'amélioration de la productivité globale du travail, ces pays ne pourront jamais lutter contre les coûts des salaires des pays émergents comme la Chine (qui elle, par contre, s'inscrit complètement dans le modèle smithien).
Le modèle schumpétérien s'avère plus adapté aux pays occidentaux, à la condition qu'ils puissent [" se débarrasser des oeillères qui ne laisse pas voir aux économistes autre chose que la concurrence des prix. Dès que la concurrence des qualités et l'effort de vente sont admis dans l'enceinte sacrée de la théorie, la variable prix cesse d'occuper sa position dominante ".]i
La vraie concurrence pour Schumpeter (1883 - 1950) est liée à l'innovation. Le premier à développer une innovation aura plus de chance de s'enrichir que celui qui reste rivé sur les coûts.
Car l'économie, selon lui est en transformation permanente, c'est " un ouragan perpétuel " où des activités se détruisent d'elles-mêmes à cause de l'apparition de nouvelles. L'économie n'est pas stationnaire comme Smith et ses continuateurs l'affirmaient, elle est biologique. Voici ce qu'il dit à ce sujet dans son livre Capitalisme, Socialisme et Démocratie (1942) :
" Le capitalisme, répétons-le, constitue, de par sa nature, un type ou une méthode de transformation économique et, non seulement il n'est jamais stationnaire, mais il ne pourrait jamais le devenir. Or, ce caractère évolutionniste du processus capitaliste ne tient pas seulement au fait que la vie économique s'écoule dans un cadre social et naturel qui se transforme incessamment et dont les transformations modifient les données de l'action économique : certes, ce facteur est important, mais, bien que de telles transformations (guerres, révolutions, etc.) conditionnent fréquemment les mutations industrielles, elles n'en constituent pas les moteurs primordiaux. Le caractère évolutionniste du régime ne tient pas davantage à un accroissement quasi-automatique de la population et du capital, ni aux caprices des systèmes monétaires - car ces facteurs, eux aussi, constituent des conditions et non des causes premières. En fait, l'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle - tous éléments créés par l'initiative capitaliste ".
Il est donc celui plus important d'analyser en permanence ce processus de destruction créatrice qui constitue la donnée fondamentale du capitalisme que de " rechercher la maximisation du profit ".
Les stratèges et les économistes devraient selon lui considérer " ce comportement, d'une part, comme le dénouement d'une tranche d'histoire ancienne et, d'autre part, comme une tentative pour s'adapter à une situation appelée, à coup sûr, à se modifier sans délai - comme une tentative, de la part de ces firmes, à se maintenir en équilibre sur un terrain qui se dérobe sous leurs pieds ".
Il n'hésite pas à condamner cette logique gestionnaire, encore très présente aujourd'hui quand il affirme : " En d'autres termes, le problème généralement pris en considération est celui d'établir comment le capitalisme gère les structures existantes, alors que le problème qui importe est celui de découvrir comment il crée, puis détruit ces structures. Aussi longtemps qu'il n'a pas pris conscience de ce fait, le chercheur se consacre à une tâche dépourvue de sens, mais, dès qu'il en a pris conscience, sa vision des pratiques capitalistes et de leurs conséquences sociales s'en trouve considérablement modifiée ".
La concurrence la plus redoutable selon Schumpeter n'est pas celle qui se bat sur les prix mais celle qui apporte sur un marché une innovation radicale. " Du même coup, en premier lieu, est jetée par-dessus bord la conception traditionnelle du fonctionnement de la concurrence. Les économistes commencent - enfin - à se débarrasser des œillères qui ne leur laissaient pas voir autre chose que la concurrence des prix. Dès que la concurrence des qualités et l'effort de vente sont admis dans l'enceinte sacrée de la théorie, la variable prix cesse d'occuper sa position dominante ".
Schumpeter avait également bien repéré combien il était difficile pour les élites de sortir du paradigme dominant : " Néanmoins, l'attention du théoricien continue à rester exclusivement fixée sur les modalités d'une concurrence enserrée dans un système de conditions 1 notamment de méthodes de production et de types d'organisation industrielle) immuables. Mais, dans la réalité capitaliste (par opposition avec l'image qu'en donnent les manuels), ce n'est pas cette modalité de concurrence qui compte, mais bien celle inhérente à l'apparition d'un produit, d'une technique, d'une source de ravitaillement, d'un nouveau type d'organisation (par exemple l'unité de contrôle à très grande échelle) - c'est-à-dire la concurrence qui s'appuie sur une supériorité décisive aux points de vue coût ou qualité et qui s'attaque, non pas seulement aux marges bénéficiaires et aux productions marginales des firmes existantes, mais bien à leurs fondements et à leur existence même. L'action de cette modalité de concurrence dépasse celle de la concurrence des prix tout autant que les effets d'un bombardement dépassent ceux d'une pesée sur une porte ; de plus, son efficacité est tellement plus grande que la question de savoir si la concurrence, au sens ordinaire du terme, joue plus ou moins rapidement devient relativement insignifiante : en tout état de cause, le levier puissant, qui, à la longue, rehausse la production en comprimant les prix, est d'un tout autre calibre ".
Par son parcours, Steve Jobs semble magnifiquement illustrer la pertinence des intuitions schumpétériennes qui furent, elles aussi, très en avance sur leur temps.
L'économie vue par Schumpeter : un cycle permanent de destruction - création d'activités (Voir à partir de 33')
Bibliographie et sitographie
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© Les 4 temps du management - ISSN 1760-5482

3.29 Steve Jobs : Hommage à un entrepreneur schumpétérien (1955 - 2011)














Devenons des entrepreneurs schumpétériens !