L'analyse pertinente de cet équilibre passe généralement par les 7 points suivants :
1. Vocation
La définition de la vocation permet d'exprimer à quel besoin fondamental du marché répond l'entreprise.
Par exemple :
La vocation de l'entreprise
MICHELIN n'est pas la fabrication de pneus mais d'aider les clients à se déplacer. Pour répondre à cette vocation, l'entreprise MICHELIN développe différentes activités comme le pneumatique, l'édition de cartes, de guides, d'un site Internet
(Viamichelin), la vente de GPS, etc.
La vocation de
BIC est de fabriquer des produits jetables utiles à la vie quotidienne. Pour répondre à ce besoin, l'entreprise fabrique des stylos jetables, des rasoirs et des briquets.
Elle a aussi fabriqué des planches à voile. Mais cette expérience a failli être un fiasco. Pendant les trois premières années, cette activité a été déficitaire. Elle aurait même pu compromettre sérieusement l'équilibre financier de l'entreprise sans des fonds propres importants provenant principalement des résultats importants générés par son succès sur les produits jetables.
BIC a connu également des déboires importants dans la fabrication et la vente de parfums, produits trop éloignés de sa vocation initiale.
La vocation de
Waterman, c'est l'écriture. Pour répondre à ce besoin dit générique,
Waterman fabrique des stylos et des supports papiers.
Un dernier exemple : la vocation d'une librairie n'est pas la distribution de livres mais de favoriser l'accès à la connaissance et à la culture. Par conséquent, il est cohérent pour une librairie de développer des rayons dans le domaine des CD Roms d'apprentissage, de la musique ou de la distribution de film. Nous avons rencontré un cas réussi de diversification dans la TV éducative.
Identifier le ou les besoins fondamentaux auxquels l'entreprise peut répondre est rarement immédiat. Il faut souvent avoir balayé l'ensemble de l'analyse stratégique pour répondre à cette question.
2. Métiers
La notion de " métier " est souvent confondue avec celle de " vocation ". Les métiers représentent l'ensemble des savoir-faire mobilisés par l'entreprise pour fabriquer ses produits ou services. On parle de macro-compétences.
MICHELIN, par exemple, possède plusieurs métiers :
- la fabrication de pneus à partir de mélanges de caoutchouc
- L'édition de cartes et de guides
Chaque métier est constitué d'une grande variété de compétences classées généralement par domaine ou par famille. L'image qui représente le mieux la notion de métier est celle de " grappe de raisin ". Une grappe est un métier rassemblant un ensemble de grains. Chaque grain représentant une compétence clé.
Michel Serres et
Michel Authier font appel à l'image de l'arbre. Ils ont fondé un modèle, " l'arbre des compétences ", pour représenter l'ensemble des compétences d'une entreprise.
Au centre de l'arbre, dans le tronc, se retrouvent les savoirs les plus partagés par la communauté de travail. Chaque branche correspond à un domaine de compétences, chaque ramification à une compétence spécifique. On peut aller jusqu’aux épines qui représentent une unité de compétence encore plus petite. On parle alors de micro-compétence.
La question de la représentation des compétences est encore mal résolue. Ces premières tentatives de modélisation nous laissent encore sur notre faim, mais c'est un début intéressant pour représenter une donnée abstraite et intangible par définition.
3. Positionnement
Le positionnement consiste à placer les produits, les services ou les marques de l'entreprise dans l'imaginaire du client.
Philip Kotler, auteur d'un manuel reconnu sur le Marketing le considère comme une perception qui dépend des attributs que le consommateur lui associe.
Ces attributs permettent une différenciation vis-à-vis des concurrents. Ils sont uniques et ne peuvent pas être facilement copiés par les concurrents.
Le concept de positionnement est essentiellement marketing et existe pour chaque segment de marché. En stratégie, c'est ce qui permet de reconnaître les spécificités de l'entreprise. Pour l'identifier, on peut se poser les questions suivantes :
· Qui sont les clients ?
· Qu'offrons-nous de particulier à nos clients ?
· Comment allons-nous faire connaître aux clients le caractère spécifique de nos activités ?
· Ce n'est pas ce que nous aimerions être, c'est ce que nous sommes réellement ?
Les deux principaux types de positionnement sont le prix ou la valeur client.
Dans le cas de l'entreprise
BABOU, par exemple, le client s'attend à trouver des produits utiles à la vie quotidienne ou de décoration pas chers. Le prix est le critère numéro 1 qui retient l'attention du client.
Les pneus Michelin sont achetés non pas à cause de leur prix mais pour leur robustesse, leur sécurité et leur performance. La valeur client l'emporte sur le critère prix. Ici c'est le critère usage qui se détache associé à une image de sérieux et de fiabilité. Quand un client achète des pneus provenant des pays de l'Est, il se les procure généralement à des prix bas mais il sait que ces pneus sont de moins bonne qualité. Le monde automobile est un univers qui permet de comprendre assez facilement la notion de positionnement.
4. La segmentation stratégique
Pour raisonner de façon pertinente, il est important de ne pas se perdre dans les détails.
Michaël Porter propose de regrouper les produits ou services de l'entreprise en groupe d'activités homogènes. On appelle ces groupes homogènes d'activités ou de services des DAS (Domaines d'Activités Stratégiques) ou des DAC (Domaines d'Activités Compétitifs).
Les DAS sont une simple convention permettant d'avoir un processus de raisonnement identique pour un même groupe d'activités.
Pour une grande Ecole de Commerce par exemple, on peut considérer qu'il existe plusieurs DAS ayant chacun leur logique de fonctionnement et de développement : DAS Formation initiale, DAS Formation Continue, Etudes et Recherches, Conseil.
Un exemple de segmentation est présenté dans le guide " Vigilance " du développement stratégique.
5. Analyse des chaînes de valeur
L'analyse de la chaîne de valeur consiste à étudier comment l'entreprise créée de la valeur pour le client. Elle consiste à analyser une activité en la confrontant à une double analyse :
1° L'analyse interne qui explore les points forts et les points faibles des différents services supports (Fabrication, Commercialisation, Finances, RH, etc.)
2° L'analyse externe qui tente de recenser les menaces et les opportunités du secteur.
6. Analyse du portefeuille d'activités : Avez-vous suffisamment de Vaches à Lait ?
La matrice du BCG date un peu mais elle a le mérite de permettre de positionner les DAS d'une entreprise sur deux critères importants :
- l'attrait du secteur qui se définit par le taux de croissance du secteur
- la valeur ajoutée créée par l'activité
A partir de cette matrice, nous distinguons 4 types d'activités :
1. Les activités " Poids Morts " qui sont sur un secteur à faible croissance et génère des pertes pour l'entreprise.
2. Les activités " Dilemmes " qui sont sur un secteur plutôt en développement mais à rentabilité faible.
3. Les activités " Vedettes " qui sont sur un secteur à forte croissance et qui pourraient générer une rentabilité forte si les investissements de lancement ne consommaient pas une grande partie de la valeur ajoutée créée.
4. Les activités " Vaches à Lait " qui sont sur un secteur à croissance moyenne mais avec une bonne valeur ajoutée.
Une entreprise qui n'a pas de " Vaches à Lait " est une entreprise en danger car elle ne possède pas la possibilité de se recréer. Il est donc essentiel de surveiller si la ou les Vaches à Lait sont suffisantes et pérennes.
La notion de " Valeur Ajoutée " ne doit pas être envisagée uniquement sous l'angle financier. La " Valeur Ajoutée " renvoie avant tout à la " Valeur Client" c'est la Valeur d'usage perçue par le client. Un parfum de luxe a par exemple une valeur d'usage forte pour certains clients, c'est ce qui explique qu'ils sont prêts à payer un certain prix pour se procurer ce produit.
Il est important également d'analyser que la place occupée par les activités dans le portefeuille d'activités est liée à la place qu'elles occupent dans la courbe de vie des produits. Il y a une cohérence entre la courbe de vie des produits qui renvoie au temps et la valeur ajoutée créée.
7. La capacité concurrentielle de l'entreprise
Aujourd'hui une entreprise est confrontée à une double concurrence :
- La concurrence explicite, visible qui correspond aux autres entreprises du secteur connu.
- La concurrence émergente ou cachée que l'on peut néanmoins déceler en passant par l'analyse des sites d'achats sur Internet. Il est assez stupéfiant de constater que des concurrents sont en train d'émerger en proposant leur service sur des sites d'achat; nous en explorons systématiquement deux : http://www.alibaba.com et http://www.rechfadik.com
Après avoir analysé les concurrents, on peut mettre en évidence les facteurs clés de succès nécessaires pour occuper les meilleures places. Il suffit ensuite de positionner les différents acteurs sur ces différents facteurs clés de succès et de définir des axes de progrès pour se rapprocher des meilleurs.
[Les 7 Points clés de l'analyse stratégique]url:
La matrice du BCG
La courbe de vie des produits
La méthode de Michaël Porter pour l'analyse d'un DAS