Dans ce genre de situation, la colère n'est pas bonne conseillère car elle consiste souvent à se défouler sur les personnes ; ce qui a pour conséquence d'affaiblir l'estime d'elles-mêmes. Cette attitude conduit généralement les acteurs dans des situations conflictuelles, qui peuvent se terminer par une rupture toujours douloureuse.
Il importe d'inviter son collaborateur dans un entretien, dont le motif doit être cordialement présenté. " Je souhaiterais vous voir pour qu'on prenne le temps d'affiner votre mission ou vos objectifs car je me demande si nous ne sommes pas en train de prendre une mauvaise direction. Il faut agir pendant qu'il en est encore temps ".
Dans l'entretien il est important de rappeler les enjeux dans lesquels l'entreprise se situe avant de se concentrer sur les faits et non sur les qualités des personnes : " Notre stratégie est la suivante... Le problème que nous rencontrons actuellement est le suivant... Voilà ce qui se passe... Qu'en pensez-vous ? " ou " Quel est votre point de vue ? "... Pensez-vous qu'il soit pertinent de continuer sur ce mode ? Il est important que l'entretien soit vécu comme un temps de réflexion visant à
revenir à la rationalité, plutôt qu'au défoulement des émotions. Généralement, cet exercice de mise en perspective, suffit pour ramener le sujet dans la bonne direction...
Il est cependant nécessaire de conclure l'entretien par des décisions et un plan d'action avec l'engagement de refaire le point prochainement en fixant un rendez-vous précis. On peut, si besoin, confirmer cet entretien par une lettre en gardant évidemment le double.
Daniel Eppling et Laurent Magnie, consultants chez
Krauthammer International, dans leur livre
" Quel manager êtes-vous ? " proposent aussi des solutions qui vont dans ce sens. Ils insistent sur le fait de pouvoir mettre le collaborateur face au " réel " tout en veillant à préserver, dans un premier temps en tout cas, la qualité de la relation. Ils distinguent 4 attitudes possibles qui correspondent pour eux à des niveaux de compétences managériales bien identifiées :
1. Le manager
réagit et indique immédiatement au collaborateur ce qui lui pose problème ou l'irrite.
2. Le manager convoque son collaborateur et lui
impose le changement à mettre en oeuvre.
3. Le manager analyse avec son collaborateur le problème et
suggère des solutions.
4. Le manager s'appuie sur la méthode de résolution de problèmes et
construit avec son collaborateur un plan d'action.
Lemoigne fait appel à la métaphore du " hors jeu " pour gérer ce type d'incident. Il suggère d'accorder 3 cartons jaunes au joueur avant d'envisager une expulsion " immédiate et fulgurante " après la 3° reprise en main.
Un entretien de recadrage doit être
un entretien d'aide et de progrès. Les salariés ont droit à l'erreur. Il ne s'agit pas seulement de sanctionner mais de s'appuyer sur le problème
pour faire grandir le collaborateur. La première étape est d'abord une étape
maïeutique. Si les choses devaient s'envenimer, il serait alors préférable de s'appuyer sur les règles du droit social pour traiter le problème. (Convocation par lettre recommandée, 48h avant l'entretien, puis confirmation du motif du litige, 24h après l'entretien, avec mise à pied et ou licenciement pour faute professionnelle ou grave).
Face à une dérive, le pire consiste à ne rien faire. Les autres membres sont toujours lucides, dans ce genre de situation. Ils apprécieront qu'un manager soit
le garant de la rationalité du groupe et de l'équité entre ses membres. Ne rien faire peut s'assimiler à
" non assistance " à personne en danger.