Le Management au service de l'Intelligence Collective de l'Action

Anthropologie du Management et des Organisations

Dimanche 5 Février 2012
2:26
Le Temps de l'Action

1.26 Comment lutter contre la morosité au quotidien ?



1. La tristesse semble envahir la société toute entière

Les 4 Temps du Management
Nous sommes une société qui s'attriste. Chacun peut le reconnaitre dans sa propre intériorité comme dans le regard de ses concitoyens. La tristesse dont nous voulons parler n'est pas celle que nous pouvons ressentir devant la perte d'un être cher. Il s'agit de cette tristesse collective qui traverse notre société toute entière et que la seule grisaille météorologique ne pourrait à elle seule expliquer. Celle-ci se traduit concrètement par une consommation d'anti-anxiolytiques et d'hypnotiques deux fois supérieurs aux autres pays européens, comme le montre le rapport de l'office parlementaire des politiques de santé présenté en juin 2006.

Cette tristesse sociale s'exprime à travers des signes multiples subjectivement sensibles et objectivement repérables :
- Nous mettons de plus en plus d'énergie et de temps à accomplir notre travail et nos efforts sont rarement récompensés. Nous avons davantage l'impression de défendre " péniblement " nos positions plutôt que de progresser ; quand la satisfaction ne se limite pas simplement à ne pas régresser. La consultation à ce propos du dernier rapport de l'Institut de veille sanitaire (2008) est édifiant concernant le développement du mal-être dans certaines professions (p 42).
- Nous constatons à l'évidence que le niveau de vie de nos concitoyens régresse. Cela est confirmé non seulement par la publication d'indicateurs économiques plus ou moins " cosmétisés " mais par l'observation de personnes proches confrontées à des situations économiques ou sociales difficiles.
Bref, la crise économique n'est pas une donnée abstraite mais à un impact bien réel dans la vie émotionnelle de chacun. La aussi, les indicateurs publiés par l'Observatoire Nationale de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale : montrent que cette perception correspond bien à une réalité sociale qui se dégrade.

La question qui se pose est la suivante : comment ne pas se laisser contaminer par cette " tristesse collective ambiante " qui sape nos énergies individuelles ?

2. Quelles sont les origines de cette tristesse sociale ?

Les 4 Temps du Management
Les origines de cette tristesse sociale sont évidemment multiples. Nous posons l'hypothèse que la double crise économique et culturelle que nous traversons contribue à désenchanter le monde en détruisant les idéaux qui nous ont soutenus jusqu'à présent.

Page suivante


Lu 3039 fois
Notez



Commentaires articles

1.Posté par Yves le 12/07/2010 10:39
BonjourJe me suis permis de reprendre, dans le site http://www.alain-mallart.com/blog , un long extrait de votre article "Comment lutter contre la morosité au quotidien ?", en vous citant naturellement. Ce papier est vraiment intelligent. Cordialement à vous.
http://www.alain-mallart.com/blog

2.Posté par helmus jacques le 25/07/2010 18:00
Cet article et commentaires (video) très savants ca n'est que le moteur en panne qui essaie de se réparer lui meme... il nous faut voir et arreter d'agir selon notre problématique générale, prendre du recul....notre façon de voir teinte la réalité, et la réalité finie par devenir ce que nous en faisons.
Trop d'intellectualisme (en France) tue(on ne sait plus ce qu'on cherche) et c'est pourquoi les autres pays sont moins moroses car c'est d'abord notre façon de penser qui est à changer.
Penser oui mais penser juste en relation avec la réalité(et la réalité n'est pas toujours ce que l'on croit...).
Nous sommes heureux enfant fondamentalement et a force d'apprendre à penser à etre heureux on finit par ne plus l'etre...(éducation pour l'avenir mais pas pour l'instant, avoir au lieu d'etre).
Ce changement commence par l'école où on apprend dès le plus jeune age qu'à penser abstraitement.
Changeons d'abord le fondement, l'école, optons pour une éducation moins intellectuelle plus sociale et sur les actes ainsi que la compréhension du tout, de la réalité et petit à petit et tout ira mieux.
Etre heureux pour ce qu'on fait au lieu de chercher à avoir.... là est surement la question....
Il faut vraiment nous remettre en cause, si ca ne va pas de façon chronique ce n'est pas toujours l'exterieur....

http://wmp.fr

3.Posté par Marius le 25/04/2011 11:47
Papier vraiment intéressant ! L'approche de l'auteur est intelligente et sort vraiment des sentiers battus.
Jean-Marc

4.Posté par La bonne oreille le 25/04/2011 11:49
Vous avez tout à fait raison, ceci m'a inspiré le texte suivant:

Voeux pieux d'un enfant du siècle à un véritable dirigeant

Le confort matériel est la fenêtre que nos pères ont choisi pour atteindre le bonheur, balayant progressivement le poids de la spiritualité dans nos considérations. En caricaturant, nous n'avons pendant des siècles qu'effacer un système insatisfaisant par un autre, sans se soucier des avantages, des leçons, et des bienfaits accumulés jusqu'alors ; nous avons peut-être oscillé entre raison et intuition sans véritablement exploiter leur intéraction.

Ce "déficit d'espoir" est riche d'enseignements ...
La vie répète ses leçons avec toujours plus d'intensité jusqu'à ce nous les comprenions et agissions en conséquence. Cependant telle un professeur, elle peut aussi choisir de se retirer si nous n'accordons pas d'importance à ses enseignements et ne travaillons pas assez.
Aujourd'hui plus que jamais, elle menace de partir. Nous en avons collectivement conscience à un niveau intuitif, et en même temps s'obstinons à l'ignorer au niveau de nos actions quotidiennes. C'est cette contradiction intérieure qui, à mon humble avis, génère notre désespoir.
Ce texte est intéressant, il est vrai, mais comporte un risque : sombrer dans un humanisme de reflexion, certes plein de bonnes intentions mais illusoire dans l'action. Nous le savons car nous avons déjà tenté cette piste à maintes reprises sans succès ... Ce que nous batirons doit nécessairement se fonder sur un examen approfondi de notre passé, afin de trier le bon grain du mauvais, et d'enrichir notre modèle de nos erreurs.
Si l'on remonte le temps, cette "ère du vide" était annoncée par de nombreux signes (comme par exemple la très médiatisée crise des 30's et son prolongement en conflit généralisé) et par les écritures. En cause NOTAMMENT: le processus de création de la monnaie, le taux d'intérêt sans risque. Sans entrer dans un débat technique, c'est comme si les individus et les nations jouaient à la "chaise dansante", et que le ou les gagnants voulaient encore jouer mais sans remettre de chaise ... En d'autres termes, la monnaie est créée pour le principal de nos dettes, mais l'on "oublie" les intérêts, ce qui biaise la compétition, crée un sentiment d'injustice (cf. les attaques à "oeillère" de l'opinion publique contre les banquiers), et épaissit le mur de peur entre frères humains.

... Et heureusement, n'est pas une fatalité.
Ces temps difficiles sont une nouvelle occasion pour réhabiliter l'"humanité" à un niveau local et initier un nouveau processus de progrès ... matériel ET spirituel cette fois. Certains penseurs contemporains appellent cela le "capitalisme intelligent" ...
Ma version s'appellerait plutôt "l'égoïsme intelligent" et propose dans un premier temps la supression du taux d'intérêt sans risque entre concitoyens . Les "gagnants" pourront aider les "motivés" à croire en eux-mêmes, à initier et concrétiser des projets, ré-apprendront à travailler ensemble, à se respecter, à disseminer, et à réussir, le tout dans un sentiment de justice et d'équité (non pas d'égalité).
Les relations humaines aux niveaux local puis national s'en trouveraient mécaniquement améliorées et nos dirigeants retrouveraient leur légitimité. C'est un point clé si nous voulons faire évoluer notre système de valeurs, véritables fondements d'un idéal commun ... Sun Tse parlait déjà de "doctrine" concernant les atouts d'un Général.
Nous finirions peut-être par comprendre et intérioriser que l'"on ne peut vivre heureux dans un environnement malheureux", et dès lors, TOUS et à TOUT niveau réserver une partie de nos investissements et/ou de notre temps dans le bonheur de notre voisin de palier ...

Loin d'être une vérité, ce voeux pieux est une simple piste de reflexion adressée à un dirigeant véritable et respecté, ses collaborateurs, et ses amis. Les réactions sont plus que bienvenues, car importantes pour la faire évoluer.

La Bonne Oreille

5.Posté par Mathieu DUMONT le 19/05/2011 00:37
Ce texte est fort intéressant et répond à la question que je me pose chaque matin lorsque je prends les transports en commun, pourquoi toutes les personnes que je croise font la tête comme s'ils venaient de vivre un drame personnel? Biensûr, cela n'est heureusement pas le cas, mais malheureusement il existe une réponse à cela. Je vais tenter humblement de donner mon petit avis sur cette question. Tout d'abord les chiffres donnés dans ce texte sont extraordinairement graves, vous vous rendez compte que l'on consomme 2 fois plus de médicaments du type anti-anxiolitiques que nos voisins européens! Cela traduit un mal être profond. Pour moi, une des principales raisons expliquant ce grave phénoméne se situe dans une sorte de désenchantement au travail. Le mal être au travail se développe de manière exponentielle. 1 français sur 3 est heureux au travail, cela fait froid dans le dos. Après différentes expériences professionnelles je me suis aperçu que le manque de reconnaissance de notre travail était particulièrement lié à ce genre de situation. Lorsqu'une personne se donne corps et âme dans un projet pour le rendre dans les temps notamment et que son supérieur jette un coup d'oeil aussi furtif qu'un coup de fusil, le travailleur se sent lésé, il se sent inutile et cela conduit très rapidement à des situations de démotivation latentes. Je comprends beaucoup mieux les chiffres graves qui nous sont communiqués dans ce texte. Cette explication ne s'attarde que sur la sphère "travail" mais elle très importante et devrait être source d'enrichissement personnel et ce n'est véritablement plus le cas. La démotivation des travailleurs en manque de reconnaissance est en constante augmentation.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter
B i u  QUOTE  URL

Editorial | Le Temps de l'Action | Le Temps des Equipes et des Projets | Le Temps de la Strategie | Le Temps des Valeurs | Histoires et Metaphores