Dans un univers violent, la violence se retourne souvent contre les acteurs eux-mêmes. Cela se traduit, alors, par un discours intrapsychique relevant de l'automutilation. Les pulsions agressives ne parvenant pas à s'actualiser, celles-ci se retournent contre le sujet sous forme de " processus d'auto-dévalorisation inconscients ".
Les individus n'ont d'ailleurs pas toujours conscience de ce travail souterrain d'auto-persécution ; ils n'en perçoivent souvent que les effets " physiques ". L'individu ressent un manque d'énergie et un manque d'enthousiasme qui le rend plus fragile face à l'adversité.
Les techniques " verbales d'auto-suggestion " :
La première étape d'une démarche " écologique " consistera à prendre conscience des discours sadiques que nous nous pouvons avoir à notre égard. Chaque fois que nous nous surprenons à nous dévaloriser exagérément nous pouvons par exemple déposer 1 Euros dans une tirelire et se payer un cadeau quand nous avons atteints 100 Euros.
Le deuxième étape consistera à se reprogrammer en répétant une phrase clé qui sera une véritable antidote des injonctions négatives que nous aurons le plus souvent surprises dans notre esprit. Par exemple, si nous constatons que nous sommes sous l'influence d'un " Fait plaisir ", l'antidote pourra être : " Tu as le droit de penser à toi " ou Tout simplement " Tu as des droits ". Le lecteur pourra aisément vérifier ce type d'injonctions en faisant également
le test présenté dans la lettre 3
Une fois l'injonction " paralysante " ou " déprimante " bien identifiée, la phase de reconstruction pourra s'opérer. Il faudra alors choisir une phrase à prononcer ou à écrire qui doit être acceptée par notre inconscient. C'est pourquoi celle-ci ne relève pas du hasard. Il ne s'agit pas d'une répétition, mécanique comme on a trop tendance à vouloir réduire, par exemple, la méthode Couet. Les mots que nous choisissons dans ce cas, devront véritablement plaire à notre inconscient. On peut le vérifier en cherchant à observer leur résonance dans notre conscience quand on les prononce. Ils doivent être absolument associés à une réelle conviction.
Eric Berne conseille de faire cette cure sur 21 jours pour que la suggestion puisse s'imprégner. Le principe est simple : " Nous sommes ce que nous pensons ". Nous favorisons l'impact des évènements en fonction de ce que nous pensons de nous mêmes.
Les techniques d'auto-suggestion ne relèvent pas d'un processus magique. Elles s'appuient sur des capacités déjà présentes que nous mobilisons peu, par ignorance. Avec un peu d'attention, on augmente le degré de conscience, ce qui permet d'influencer des niveaux de conscience psychique qui, habituellement, non seulement nous échappent mais aussi nous dominent.
Les système d'auto-suggestion varient selon les sujets. Certains seront plus à l'aise avec des canaux spécifiques comme la voix intérieure (se parler soi-même), les images ou les sons. L'utilisation d'une musique par exemple peut aussi constituer un excellent support de suggestion. Il s'agira dans ce cas de choisir une musique qui suscitera des émotions positives pouvant contribuer à sa propre consolidation. Pour que l'effet de suggestion ait lieu, il importe de procéder dans la durée, sous la forme, par exemple, d'une cure de 21 jours.
Les techniques visuelles d'auto-suggestion :
D'autres préfèrent faire appel à des techniques de visualisation. La première étape consiste à se mettre dans un état de relaxation dit " état alpha ". Cet état est très facile à obtenir. Il est entièrement naturel. C'est celui que nous ressentons lorsque nous éprouvons le besoin de dormir. Pour le retrouver, il suffit de s'allonger et de se détendre ou tout simplement de rester assis les yeux fermés en écoutant sa respiration jusqu'à ce que le calme s'installe.
La méthode de visualisation comprend deux étapes bien distinctes :
1° La désensibilisation : Une fois relaxé, donc, on peut penser à la situation anxiogène qui nous préoccupe : cela peut-être une intervention publique, une négociation, etc. Lorsqu'on visualise bien la situation, l'exercice peut amener à se détendre jusqu'à ce que la situation soit vécue au niveau de l'imaginaire comme sans danger. Il faut souvent plusieurs séances pour y parvenir.
2° Le conditionnement positif : Une fois, la phase de désensibilisation effectuée, on peut " travailler " la situation en se représentant le comportement souhaité. Il faut sans doute, là aussi, plusieurs séances pour construire cette représentation.
Voir le bon coté des choses :
Chacun d'entre nous a tendance à dramatiser et à voir le verre à moitié vide plutôt qu'à moitié plein. Apprendre à relativiser les émotions négatives est un exercice salutaire pour cultiver une conscience positive.
Le jeu consiste à trouver les cotés positifs d'une situation plutôt que de se concentrer exclusivement sur les aspects négatifs. On peut aussi se projeter dans le temps et se demander comment dans 20 ans par exemple, verrions-nous cette même situation.